Pierre-UlricIl est parfois désigné par Paul-Ulric dans certaines sources. Dubuisson, né le et mort guillotiné le à ParisParis, État civil reconstitué, vue 27/51., est un acteur, dramaturge, directeur de théâtre et historien français.

Biographie Fils d'un médecinSon père Pierre Dubuisson, originaire du diocèse d'Angers, a effectué des études de médecine à Paris et à Reims, docteur dans cette dernière ville en 1738, il s'installe à Laval en 1741. Sa mère Marie Laforge, meurt le 25 avril 1751. criblé de dettesIl est condamné par défaut en 1758 pour des dettes à Laval., ce dernier devient médecin du roi à Fort-Saint-Pierre à la Martinique, en 1750Il se fait nommer avant son départ médecin du roi au Fort Saint-Pierre de la Martinique. Il semble y être resté. Il envoie en 1769 de Saint-Domingue à l'Académie des Sciences des Observations sur l'origine, la croissance et les usages du bambou aux Iles du Vent, lues par Gabriel de Bory, et incluses dans l’Histoire de l'Académie royale des Sciences, année 1769, publiées à Paris, 1772, p. 57-58., et confie ses trois enfants à son oncle l'abbé Dubuisson et à une tante à Angers.

À la fin de ses études, il rejoint son père en MartiniqueIl est présent lors du cyclone des 13-14 août 1766 qui dévaste toute la colonie. Voir sa description dans ses Lettres critiques (p. 46-7). vers 1766. Ses ambitions littéraires le font revenir en France en 1770Il revient à Angers auprès de ses sœurs, et vend la maison de la Perle à Laval, provenant de sa famille maternelle.. Il rejoint Paris où il publie de façon anonyme en 1771 un poème en vers libres Le Tableau de la volupté, ou les Quatre parties du jour. Cet ouvrage est critiqué dans la Correspondance littéraire, philosophique et critiqueGrimm, Diderot, d'Alembert, etc., publiée par Maurice Tourneux, Paris, 1877, t. IX, p. 350.. En 1777, il joue également à Gand et à Maëstricht dans la même troupe que Fabre d'Églantine.

En 1778, il effectue un nouveau voyage dans les Antilles à Saint-Domingue où il est directeur général de la poste royale à Saint-Domingue. Il est témoin du développement de la révolte des colonies anglaises d'Amérique. Il donne une pièce, L'École des pères, ou les Effets de la prévention, représentée au Cap-Français, qui subit un échec retentissant.

En 1778, il retourne en France et publie un ouvrage sur la Révolution de l'Amérique anglaise. Il y fait jouer ses pièces de théâtre (Nadir, Le Vieux Garçon) qui sont des échecs cuisants. Il se lance alors dans des activités révolutionnaires. Sous la menace d'une lettre de cachet, il se réfugie à Bruxelles, où il compose ou traduit des livrets d'opéra.

De 1783 à 1790, sa vie se partage entre la Belgique et Paris. Partisan de la Révolution, il se désespère de pouvoir jouer un rôle en France. En Belgique, il se prononce contre le parti de Van der Noot. Il est incarcéré et mis en liberté en 1790. De retour à Paris, il prend part à la journée du 10 août 1792 et se montre très assidu au club des Jacobins dont il est devenu le secrétaire, sans prendre encore parti dans le conflit Girondins-Montagnards.

Envoyé vers la fin de 1792 en Belgique comme commissaire du pouvoir exécutif auprès du général Dumouriez, il se lie avec l’aventurier Pierre-Jean Berthold de Prosly. Il fait partie du Comité insurrectionnel secret qui tente dans la nuit du de faire assassiner 22 députés girondins, , selon ses termes. Une indiscrétion sauve pour cette fois ceux qui devaient périr, le .

Quelques mois plus tard, il se rallie à Jacques-René Hébert. Dénoncé par Robespierre comme ayant voulu semer la discorde parmi les Jacobins, il est jugé coupable de collusion avec l'étranger par le Tribunal révolutionnaire. Condamné à mort, il est guillotiné en place publique à Paris le à l'âge de 48 ans.

Œuvres Théâtre L'École des pères, ou les Effets de la prévention, Cap-Français, 21 mars 1778. Nadir, ou Thamas-Kouli-Kan, tragédie en 5 actes et en vers, Paris, Théâtre de la Nation, 31 août 1780, . Le Vieux Garçon, comédie en 5 actes, en vers, Paris, Théâtre de l'Odéon, 16 décembre 1782. Trasime et Timagène, tragédie en 5 actes et en vers, Rouen, Grand Théâtre, 1783. Le Nouveau Sorcier, comédie en trois actes, Théâtre de Gand, 29 janvier 1785. Albert et Émilie, tragédie, Paris, Théâtre de l'Odéon, 30 avril 1785. Scanderberg, tragédie en 5 actes et en vers, Paris, Théâtre de l'Odéon, 9 mai 1786. Le Roi Théodore à Venise, opéra héroï-comique en 4 actes, musique de Giovanni Paisiello, Vienne (Autriche), 1786. Hélène et Francisque, opéra-comique en 4 actes, Château de Versailles, août 1786. L'Impresario in angustie, ou le Directeur dans l'embarras, opéra bouffe en 2 actes, musique de Domenico Cimarosa, Paris, Théâtre de Monsieur, , . L'Arbre de Diane, vaudeville en 3 actes, Bruxelles, Théâtre de la Monnaie, Les Époux mécontents, opéra-comique en 3 actes, musique de Stephen Storace, Théâtre Montansier, La Villageoise enlevée, vaudeville en 3 actes, Paris, Théâtre-Français, 5 juillet 1790. Le Curieux indiscret, opéra bouffe en 3 actes, Paris, Théâtre Montansier, 23 septembre 1790. Les Époux mécontents, ou le Divorce, Bruxelles, Théâtre de la Monnaie, 4 mars 1791. La Revanche, ou les Deux Frères, opéra en 3 actes, Théâtre des Amis de la Patrie, 11 janvier 1792. Les Talismans, opéra en 3 actes, Théâtre des Amis de la Patrie, 12 janvier 1792. Flora, opéra en 3 actes, Théâtre des Amis de la Patrie, 4 février 1792. Zélia, ou le Mari à deux femmes, drame en trois actes mêlé de musique, d'après Goethe, musique de Prosper-Didier Deshayes, Théâtre des Amis de la Patrie, 3 juin 1794, . Zelia, ou la Grille enchantée, Théâtre italien de Paris, 26 novembre 1796. Stella, drame en 3 actes, mêlé de musique, d'après Goethe, s. d., . Varia Le Tableau de la volupté, ou les Quatre parties du jour, poème en vers libres, 1771. Abregé de la Révolution de l'Amérique anglaise, depuis le commencement de l'année 1774 jusqu'au premier janvier 1778, 1778, . Nouvelles considérations sur St-Domingue, en réponse à celles de M. H. D., 1785. Lettres critiques et politiques sur les colonies et le commerce des villes maritimes de France, adressées à G.-T. Raynal, avec Dubucq, 1785, .

Notes et références

Bibliographie Auguste-Philippe Herlaut, Autour d'Hébert. I. Deux témoins de la Terreur : le citoyen Dubuisson, le cidevant baron de Haindel, Paris, Clavreuil, 1958

Sources

Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne, Paris, 1855, t. XL ; Jean-Barthélemy Hauréau, Histoire littéraire du Maine. Paris, 1872, t. IV. ; , t. II ; Archives nationales, W lA 76 et W 339. T 1683. et T 1685, . ; Archives de la Comédie française. Dossiers d'auteurs : Dossier Dubuisson.

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