Mangareva (en tahitien Ma'areva) est la principale et la plus centrale des îles de l'archipel des îles Gambier. Elle est administrativement divisée en sous-zones ou communes associées ou villages ou unités géographiques de recensement de Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF) (les districts) qui sont : Rikitea, Kirimiro, Gatavake, Atituiti, Akaputu et Taku. Le village de Rikitea ou “Commune de Rikitea – zone Gambier”, îles Gambier), est le chef-lieu de l'île ainsi que de l'archipel des Gambier.

Géographie Situation Mangareva est situé à au sud-est de Tahiti. L'île mesure de longueur pour une surface totale de terres émergées de . Les points culminants de l'île sont le mont Duff à d'altitude et le mont Mokoto à .

Administrativement, il n'y a qu'une seule commune (Commune de Rikitea - Zone Gambier) pour l'archipel ; La commune des Gambier est composée de 16 îles rattachées., mais l'Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF) utilise ce découpage géographique pour le recensement de la population (Rikitea concentrant la majorité de la population et des services). A échelle infra-communale, existe le concept de District Le district est (source). Dans chaque district, on trouve les « quartiers » qui sont l'unité de base pour la diffusion du recensement (source).

Climat Mangareva possède un climat équatorial (Köppen: Af) avec des températures élevées et des pluies modérément fortes toute au long de l'année.

Démographie En 2017, la population totale de Mangareva est de personnesAtlas de Polynésie : Mangareva, Direction des ressources marines du Gouvernement de la Polynésie française, consulté le 27 février 2019. principalement réparties dans sept villages (ou districts) : Rikitea (511 habitants), Gatavake, Kirimiro, Taku, Akaputu, Atirikigaro et Atiaoa ; son évolution est la suivante :

1983 1988 1996 2002 2007 2012 2017 1239 1384 Sources ISPFPopulation, naissances et décès entre deux recensements (RP), Institut de la statistique de la Polynésie française (ISPF), consulté le 27 février 2019. et Gouvernement de la Polynésie française. La densité de peuplement était de 90 (RGP 2017) hab/km² ; avec 386 ménages. Les classes d'âge étaient : - 0 à 9 ans : 216 (16%) - 10 à 19 ans : 242 (17%) - 20 à 59 ans : 814 (59%) - 60 et plus : 112 (8%)

Histoire L'île de Mangareva a été abordée durant le premier millénaire ap. J.C. par les Polynésiens qui y ont élevé des marae. Cette île commerçait beaucoup avec d'autres, dont en particulier les îles Pitcairn et Henderson. Cependant ces premiers habitants ont surexploité les ressources de l'île, ce qui a eu pour conséquences de distendre les liens avec les autres îles..

La séquence archéologique de Mangareva documente l'occupation de l'île entre environ 1200 apr. J.-C. et le début du , période confirmée par huit datations au radiocarbone (issues d'échantillons de fouilles faite en 1959). Des recherches récentes sur Pitcairn et Henderson montrent que ces îles formaient avec Mangareva une sphère d'interactions à long terme, suggérant l'existence de dépôts culturels antérieurs (800–1200) à Rikitea. Les données indiquent une colonisation initiale vers 700–800 apr. J.-C., cohérente avec celle de l'île de Pâques et d'Henderson, dont les assemblages archéologiques présentent des similitudes. Les travaux linguistiques associent les langues originelles de Mangareva, Henderson, Pitcairn et de l'île de Pâques à un premier sous-groupe polynésien oriental formé à cette époque ; un contact secondaire avec des locuteurs marquisiens, entre 1100 et 1300, aurait transformé le mangarévien en langue marquisique, diffusée ensuite jusqu'à Rapa.

La première mention de l'île par un Européen est faite par le navigateur anglais James Wilson le : il y séjourne une semaine... L'île est aussi visitée durant quinze jours à partir du par Frederick William Beechey qui la nomme « Pear Island », puis le par l'explorateur français Jules Dumont d'Urville qui y fait escale durant onze jours.

Au , Mangareva devient un territoire français peuplé alors d'environ habitants autochtones vers 1850..

Au , en juillet 1966, les Mangareviens sont exposés aux retombées radioactives dues aux essais nucléaires de l'armée française à Moruroa et Fangataufa (lesquels ont pris fin en 1996) : les responsables militaires ont connaissance des doses reçues par l'île et de leurs effets, mais les Mangareviens ne parviennent pas à faire reconnaître leurs maladies comme liées à ces essais et à en obtenir réparation : cette information ne sera rendue publique qu'en 1998 par le journaliste Vincent Jauvert, ..

En 2012, il y avait 305 résidences principales sur l'île, 1048 électeurs inscrits et 19 élus dans le conseil municipal (en )

Environnement et biodiversité L'île et son environnement marin abritent une riche biodiversité, même si en partie dégradée par l'exploitation ou la surexploitation de certaines ressources naturelles. Ce patrimoine est encore incomplètement inventorié ...

Retombées des essais nucléaires Cette île et son environnement marin font partie des zones touchées par les retombées des 41 « tirs » aériens effectués de 1966 à 1974 pour les essais nucléaires français réalisés dans le Pacifique sudCommission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité ; Rapport V3 Compte rendu de la mission préliminaire de contrôles radiologiques sur l'île de Mangareva et les atolls de Rureia et Hao (Polynésie française), étude faite en 2005 par la CRIIRAD à la demande de la Commission d'Enquête sur les conséquences des essais nucléaires (sur le site de l'IAEA). Lors de ces tirs, les populations étaient abritées dans des hangars ou des bunkers équipés d'un système de filtration – par charbon de bois activé – de l'iode radioactif et du césium présents dans l'airVoir photo page 7 et p 47 du rapport déjà cité de la CRIIRAD. Cependant, l'île a été officiellement exposée à des retombées radioactives importantes, en particulier en 1966 et 1971Revue Damoclès . Ainsi, le , le niveau de radiation aux Gambier était plus de fois supérieur à celui relevé, en France métropolitaine, après le passage du nuage de Tchernobyl (et plus de 100 fois supérieur, le , à Tureia) ; la radioactivité de la pluie a dépassé, aux Gambier et à Tureia, et le , elle était . À Tureia, le , elle .

Une étude faite par la CRIIRAD s'est basée sur des mesures radiométriques au niveau du sol par scintillomètre DG5, et sur l'analyse d'échantillons solides (béton, remblais, terres spécifiques) ainsi que sur des carottages de sol et ou de sédiment carottages faits à la pelle (carré de 10x10 cm) par strates de 10 centimètres (...) bien qu' ; source : p. 21/145 du rapport déjà cité de la CRIIRAD afin de reconstituer la contamination au moment des retombées, et déterminer la contamination résiduelle actuelle. Le seul radionucléide artificiel émetteur gamma encore détecté dans les horizons superficiels est le césium 137 (dans les 3 strates de chaque carottage : Taku (0,7 à 1,8 Bq/kg sec), Taravai (3,1 à 6,8 Bq/kg sec), Rikitea (0,5 à 2,8 Bq/kg sec). La radioactivité due au césium 137 (à Taravai) est le double d'ailleurs, sans doute en raison de la situation de sous-bois, qui est propice à une interception plus forte et à une meilleure fixation du césium dans les sols.

Le tritium radioactif a été absorbé par les plantes et se montrait encore en 2005 nettement plus concentré dans les cernes du bois de cocotier (il y a 23 ha de cocoteraie sur l'île dont 11,85 ha en SAU) formé après les essais qu'avant et aujourd'huiVoir texte et photo page 51 et suivantes du rapport déjà cité de la CRIIRAD.. Dans le bois de cocotier le taux de césium diminue (décroissance radioactive). À l'inverse, le taux de carbone 14 n'a cessé de croître selon la CRIIRAD, Voir p. 53 du rapport déjà cité de la CRIIRAD.

Les eaux de distribution ne présentent pas ou plus d'excès de radioactivité selon les analyses faites en 2005. L'étude conclut que dans les domaines terrestre et de l'eau potable, sur Mangareva (et Tureia et Hao) les analyses d'échantillons abiotiques n'ont pas révélé d'anomalies radiologiques susceptibles en 2005 de mettre en péril la santé publique, mais que des radionucléides ont été accumulés ou bio-accumulés dans certains sols, sédiments, bois ou végétaux ; le rapport recommande des analyses complémentaires (faites avec des moyens plus importants) sur la faune, la flore et les réseaux trophiques terrestres et aquatiquesVoir p. 116 et suivantes du rapport déjà cité de la CRIIRAD (chap 9 : Principales conclusions et recommandations).

Économie L'économie de l'île de Mangareva est fortement dépendante du tourisme balnéaire, mais aussi culturel avec la cathédrale Saint-Michel construite en pierre de corail et coquillage, ou d'autres ruines laissées par les missionnairesNouviale G (1989). Notes sur la vie d'un missionnaire de 1912 à 1945. Bulletin de la Société des Études Océaniennes, 20(246), 28-35. (résumé). Par ailleurs, se trouvait sur la pointe nord-est de l'île un bunker, désormais détruit, qui servait dans les années 1960, à l'époque des essais nucléaires, à protéger les militaires lors des tirs nucléaires français. Un autre bunker, près de Rikitea, construit initialement pour protéger la population, servait de lieu d'entreposage pour la commune et fut lui aussi détruit en . Une génératrice à gaz alimente une partie de l'île en électricité.

Grâce à l'aérodrome de Totegegie construit en 1967 et situé sur le motu homonyme, Air Tahiti assure des liaisons régulières depuis l'aéroport international de Tahiti Faa'a situé à . Il accueille, en moyenne, environ 220 vols et passagers par anStatistique de l'aérodrome de Totegegie, Union des aéroports français, consulté le 28 février 2019..

Culture Les mythes et les légendes orales mangaréviennes rapportent que c'est de cet atoll qu'est parti, vers l'est, un groupe de navigateurs à la recherche de terres nouvelles, qui atteignit Rapa Nui (la « grande Rapa ») et aperçut la mythique HawaikiHistoire des littératures, tome I, « Littératures océaniennes », par Patrick O'Reilly et Jean Poirier, Encyclopédie de la Pléiade, 1956, ..

L'île est le siège de la cathédrale Saint-Michel de Rikitea.

Notes et références Notes

Références

Annexes

Articles connexes Liste des volcans de France Îles Tuamotu Îles Pitcairn

Liens externes

Essais nucléaires en Polynésie. Les retombées sur Mangareva.

Bibliographie Asia, N. The NN Miklouho-Maclay's collections from the Museum of Anthropology and Ethnography-MAE and its source-evaluation and attribution problems (as shown on the examples of a drum and a bier to support for a corps from the Mangareva Island) Les collections NN Miklouho-Maclay du Musée d'Anthropologie et d'Ethnographie-MAE et ses problèmes d'évaluation des sources et d'attribution (à partir des exemples d'un tambour et d'une bière destinée à soutenir un corps de l'île de Mangareva) (notice Inist-CNRS). Bescherelle, E. (1895). Florule bryologique de Tahiti et des iles de Nukahiva et Mangareva. publisher not identified. Janeau, V. F. (1908). Essai de grammaire de la langue des îles Gambier, ou Mangaréva. Impr. Zech. Kirch, P. V., & Conte, É. (2009). Combler une lacune dans la préhistoire de la Polynésie orientale: nouvelles données sur l'archipel des Gambier (Mangareva). Le Journal de la Société des Océanistes, (128), 91-116. Kirch, P. V. (2004). Solstice Observation in Mangareva, French Polynesia: New Perspectives from Archaeology. Archaeoastronomy, 18. Laval, H. (1968). Mémoires pour servir à l'histoire de Mangareva: ère chrétienne 1834-1871. FeniXX. Laval, H., Desmedt, M., & Buck, P. H. (1938). Mangareva : l'histoire ancienne d'un peuple polynésien. Mémoires ethnographiques conservés aux archives de la Congrégation des sacré-cœur de Picpus. Maison des pères des sacré-cœur. Orliac, C. (2002). Le dieu Rao de Mangareva et le Curcuma longa. Le Journal de la Société des Océanistes, (114-115), 201-207.