Les fédéralistes regroupent sous la Révolution française les Français qui se sont soulevés en province en réaction à l'élimination des Girondins le . Les insurrections fédéralistes provoquèrent le renforcement de la Terreur et du pouvoir central.

Le fédéralisme est souvent associé, à tort, avec l'idéologie et les objectifs politiques des députés de la Gironde. En particulier, l'utilisation dans le langage « courant » de l'opposition « Girondins/Jacobins » comme synonyme de « fédéralistes/centralistes » relève largement du mythe politique.

Les insurrections fédéralistes

L'affrontement entre Montagnards et Girondins culmine le lorsque, sous la pression des sans-culottes parisiens, la Convention vote l'arrestation de 29 députés girondins. Ces derniers s'enfuient en province, là où ils ont leur appui.

Hors de Paris, le coup de force des Montagnards provoque un malaise mais la plupart des provinciaux, par respect ou par crainte de la Convention nationale, se limitent à des protestations écrites. Quelques régions entrent toutefois en rébellion. Le transforme l'affrontement politique entre Montagnards et Girondins en guerre civile. L'insurrection toucha plus particulièrement une partie de la Normandie, le Bordelais, le Lyonnais (voir Soulèvement de Lyon contre la Convention nationale) et le Midi méditerranéen. Cette fracture intervient alors que le gouvernement révolutionnaire affronte une impressionnante coalition européenne et la révolte de la Vendée. Les Montagnards craignent que les différents opposants se regroupent.

L'écrasement des insurrections Dès le , la victoire républicaine à Brécourt a raison de la révolte fédéraliste en Normandie. Les représentants en mission, munis de pouvoirs dictatoriaux, réussirent à vaincre les autres zones de soulèvements. Marseille résiste jusqu'en , Lyon soutient un siège de deux mois et Toulon, secouru par les Anglais, se rend le à la suite notamment des manœuvres d'artillerie du jeune Napoléon Bonaparte. À la différence de la situation vendéenne, les Girondins n'ont pas réussi à obtenir un fort soutien populaire. L'œuvre décentralisatrice de la Constitution de 1791 est définitivement ruinée.

Le « fédéralisme Girondin » : un lieu commun largement mythique L'historien Jean-Pierre Jessenne prévient que, malgré son nom, Jean-Pierre_Jessenne, Histoire de la France : Révolution et Empire 1783-1815, Paris, Hachette, 1993, p. 141. Plutôt qu'une remise en cause du centralisme révolutionnaire, ce "fédéralisme" se définit comme une tentative de libérer Paris du joug des sans-culottes.

On peut également citer les travaux de l'historienne Anne de Mathan, spécialiste de l'histoire de la Gironde, qui note que la qualification de "fédéralistes" pour les Girondins relève largement du mythe. En particulier, Buzot, souvent cité parmi les principaux porteurs d'une vision "fédéraliste", s'écrie le : . De même, Brissot s'insurgeait dès 1791 sur les intentions fédéralistes qu'on lui prêtait : . En réalité, le qualificatif de "fédéralistes" et le mythe qui s'est construit autour est largement le fait des Montagnards, qui ont utilisé ce terme pour discréditer la tentative de leurs adversaires de fédérer les départements pour les renverser à la Convention, en les accusant de vouloir nuire à l'unité de la République.

Toutefois, en dehors de ces considérations d'affrontement Girondins/Montagnards, l'existence d'un mouvement fédéraliste en France n'en est pas moins réelle. La révolution française étant en réalité assez décentralisatrice jusqu'à 1795 (y compris dans la répression sous la Terreur), certains historiens ont avancé l'existence d'un "fédéralisme Jacobin".

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Jean-Pierre Jessenne, Histoire de la France : Révolution et Empire 1783-1815, Paris, Hachette, 1993

Articles connexes Soulèvement de Marseille contre la Convention nationale

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