Ryentchinii Tchoinom (), né le à Darkhan Sum, et décédé le , est un poète et romancier mongol de Mongolie. Connu pour sa poésie dissidente, il subit l'emprisonnement et la censure sous le régime socialiste de la République populaire mongole pour avoir dénoncé l'effacement de l'héritage culturel mongol et le conformisme d'État.

Biographie Tchoinom naît en 1936 au sein d'une famille d'éleveurs bouriates dans le sum de Darkhan, situé dans l'aimag de Khentii. Il est scolarisé pendant quatre ans, mais la mort de son père en 1950 le contraint à abandonner ses études. Il développe un vif intérêt pour le dessin et la technologie. En 1953, il trouve un emploi de copiste, typographe et imprimeur. En 1956, Tchoinom contracte la tuberculose. Après des soins en 1957, il commence à travailler comme artiste. Jusqu'en janvier 1967, son parcours alterne entre des périodes d'activité artistique, des traitements médicaux lourds pour une tuberculose osseuse récurrente et des phases d'écriture poétique.

Tchoinom commence à écrire des poèmes dès 1954. En 1961, il compose son poème épique (nairaglal) intitulé Altai, inspiré par l'écrivain national kazakh Abay Kunanbayev. Il publie ensuite un roman en vers, Khün (L'Homme), en 1964. Par la suite, le contrôle idéologique restreint drastiquement ses possibilités de publication, et seuls quelques poèmes épars paraissent officiellement. Exclu des circuits d'édition officiels, Tchoinom consigne son œuvre dans des carnets clandestins. Ses écrits non publiés mêlent des hymnes mélancoliques à l'alcool et à sa propre condition de poète, des poèmes d'amour doux-amers, ainsi que des hommages aux gloires passées de la Mongolie, qu'il estime détruites par un gouvernement philistin. Il y intègre des accusations poétiques et des piques sarcastiques contre le parti-État unique, critiquant notamment les Grandes Purges :Visé par une enquête en raison de rumeurs concernant sa poésie jugée antisociale, il est condamné et incarcéré dans une colonie de travaux forcés de 1969 à 1973. Malgré la détention, il continue d'écrire, revenant sans cesse sur le thème de la grandeur passée et du présent torturé des peuples mongols et bouriates, comme en témoigne son long poème Buriat composé en 1973. À sa sortie de prison, Tchoinom reste placé sous une stricte surveillance policière. Il meurt à la fin du mois de mai 1979.

Vie privée Tchoinom se marie en 1962 avec sa première épouse, Lhagwajaw, avec qui il a un enfant avant de divorcer deux ans plus tard. En 1965, il épouse Nina, sa seconde femme, qui lui donne deux enfants. Cependant, la belle-famille impose le divorce en 1967 en raison de l'alcoolisme du poète. Ce second divorce, cumulé à l'interdiction de publier ses œuvres et aux rechutes de sa tuberculose osseuse, aggrave considérablement sa dépendance à l'alcool.

Réhabilitation et postérité L'œuvre de Tchoinom demeure interdite et marginalisée jusqu'à la fin de la période communiste. En 1989, dans le contexte de la libéralisation politique, ses écrits reçoivent leurs premiers éloges publics. Un processus de réimpression et de redécouverte de ses poèmes survivants commence alors, faisant de lui une figure majeure de la résistance littéraire mongole.

Œuvres Gal morin tsag () Gereeslel () Eejdee ailgaj khelsen ügs () Zaluu nas () Sümtei budaryn chuluu () Tal () Ulaan devter () Okhindoo bichsen zakhidal () Khün ()

Notes et références

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