La Fabrique genevoise (localement, simplement « La Fabrique ») est l’ensemble des métiers de l’industrie bijoutière et horlogère genevoise au . Elle fait partie des traditions vivantes de Suisse.

Dénomination Selon Antony Babel, l’usage du terme « la FabriqueOn utilise une dénomination similaire pour désigner l'industrie de la soie à Lyon et différentes villes françaises à la même époque. » pour désigner l’ensemble des entreprises indépendantes liées à l’horlogerie genevoise remonte au début du . La Fabrique s’oppose à la grande manufacture ou la . Par extension, le terme désigne l’industrie horlogère genevoise presque jusqu’à la fin du Antony Babel, La Fabrique genevoise, ..

Historique

L’horlogerie genevoise naît - assez tardivement - de l’orfèvrerie, dont la première mention à Genève remonte à 1290Antony Babel, op. cit., .. Si le développement de l’orfèvrerie genevoise est mal connu, il est cependant notable, en particulier à cause de l’importance économique des foires genevoises : à la fin du , on compte une vingtaine d’orfèvres, dont beaucoup sont d’origine étrangère (allemande, en particulier)Ibid..

La république protestante

Le succès de la réforme calviniste au permet le développement de l’horlogerie, d’abord en proscrivant le luxe et l’apparat - ce qui force les orfèvres à une reconversion -, ensuite en accueillant de nombreux artisans et gens de métiers pourchassés en France en raison de leurs convictions religieuses (). Le premierUn titre contesté par Antony Babel, qui avance une liste de seize horlogers précédant Charles Cusin, mais sans donner d’autre précision (Ibid. ). horloger officiellement connu à Genève est le Bourguignon Charles Cusin en 1574David Landes, L'Heure qu'il est, ..

Le , les « Ordonnances et règlements sur l’estat des orlogiers » sont approuvées par le pouvoir politique. On y fixe les conditions de formation au métier d’horloger - l’apprentissage dure cinq ans - et les conditions d’exercice de la profession. Le texte vise également à lutter contre la concurrence. Ce n'est pourtant qu'au milieu du que l'horlogerie genevoise l'emporte sur l'orfèvrerie.

Une fois son statut officiellement reconnu, l'industrie horlogère va rapidement se spécialiser et la division du travail y est précoce (1660). La spécialisation des tâches et la forte hiérarchisation sociale et économique qu'elle suppose permet aux femmes d'accéder à certains métiers horlogers (, , polissageAntony Babel, ), et une expansion régionale de l'industrie horlogère dans le pays de Gex, le Jura vaudois et le Faucigny (fabrication des « blancs », ébauches), le travail de « finissage » étant réservé au centre genevoisAntony Babel, .

Au se développe une spécialité qui fera la réputation internationale de la Fabrique de Genève, la peinture sur émail. La renommée de la Fabrique s'étend à toute l'Europe : des horlogers genevois sont appelés à Berlin en 1686, à la cour d'Angleterre, auprès de Louis XIVAntony Babel, La Fabrique genevoise, .… Elisabeth Terroux fait partie de ces peintres miniaturistes qui maîtrisent l'art de la peinture sur émail.

Annexes

Bibliographie

Antony Babel, La Fabrique genevoise, collection « Institutions et Traditions de la Suisse romande », Édition Victor Attinger, Neuchâtel, 1938 Alfred Dufour, Histoire de Genève, Que sais-je ?, PUF, 1997 David S. Landes, L'Heure qu'il est. Les horloges, la mesure du temps et la formation du monde moderne, Gallimard, 1987 (en particulier le chapitre 15 « Multum in parvo »)

Articles connexes Domestic system Établissage Rubanerie Verlagsystem

Liens externes

Dictionnaire professionnel illustré de l’horlogerie, article « Fabrique ». Voltaire au secours des cabinotiers de Saint-Gervais L’intoxication au mercure dans la Fabrique genevoise (à la fin du ) par Liliane Mottu-Weber.

Notes et références

Catégorie:Horlogerie suisse Catégorie:Histoire économique de la Suisse Catégorie:Histoire du canton de Genève Catégorie:Histoire de l'industrie Catégorie:Tradition vivante du canton de Genève