est un film américain réalisé par Oliver Stone et sorti en 1991. Il traite de l'enquête autour de l'assassinat du président américain John Fitzgerald Kennedy en 1963.
Kevin Costner incarne Jim Garrison, procureur de La Nouvelle-Orléans. Trois ans après l'assassinat de John F. Kennedy, Jim Garrison remet en cause les conclusions du rapport de la commission Warren. Il démonte notamment les nombreuses invraisemblances contenues dans le dossier officiel et oriente son enquête vers la possibilité d'un complot. Le film met également en scène Tommy Lee Jones, Kevin Bacon, Gary Oldman, Sissy Spacek, Joe Pesci ou encore Donald Sutherland.
Le scénario du film s'appuie sur le livre On the Trail of the Assassins du procureur de district Jim Garrison ainsi que sur le travail du journaliste indépendant Jim Marrs. Oliver Stone a décrit ce récit comme un « contre-mythe » au « mythe fictif » de la commission Warren. L'adhésion du film aux théories du complot a suscité la controverse. De nombreux grands journaux américains ont publié des éditoriaux accusant le réalisateur-scénariste de propager des mensonges, notamment l'affirmation selon laquelle Kennedy aurait été assassiné dans le cadre d'un coup d'État visant à installer son vice-président Lyndon B. Johnson à sa place.
Malgré la controverse, JFK est salué par la critique notamment pour l'interprétation des acteurs, sa mise en scène, sa musique, son montage et sa photographie. Après un démarrage timide, le film a progressivement gagné en popularité au box-office, rapportant plus de 205 millions de dollars dans le monde. Il s'est ainsi classé sixième plus gros succès de 1991 au niveau mondial et est à ce jour le plus grand succès commercial d'Oliver Stone. Il reçoit huit nominations aux Oscars 1992, dont celui du meilleur film, et en remporte deux statuettes : meilleure photographie pour Robert Richardson et meilleur montage pour Joe Hutshing et Pietro Scalia. C'est le premier des trois films que le réalisateur consacre à des présidents américains avant Nixon (1995) et W. : L'Improbable Président (2008).
Synopsis vignette|130px|Dwight D. Eisenhower lors de son discours de fin de mandat en 1961 Lors de son discours de fin de mandat en , le président sortant Dwight D. Eisenhower met en garde contre le développement du complexe militaro-industriel. Il est remplacé par John F. Kennedy, dont le mandat est marqué par le débarquement de la baie des Cochons et la crise des missiles de Cuba, jusqu'à son assassinat à Dealey Plaza à Dallas, le . Lee Harvey Oswald, ancien Marine et transfuge soviétique présumé, est arrêté pour le meurtre du policier J. D. Tippit et inculpé des deux meurtres, mais il est tué par Jack Ruby, propriétaire d'une boîte de nuit quelques jours plus tard. Le Procureur de district de La Nouvelle-Orléans Jim Garrison et son équipe enquêtent alors sur les liens potentiels entre la Nouvelle-Orléans et l'assassinat du président, notamment le pilote privé et militant David Ferrie, mais leur enquête est publiquement réprimandée par le gouvernement fédéral. Jim Garrison clôt donc l'affaire et passe à autre chose.
L'enquête est rouverte en 1966 lorsque Jim Garrison parcourt le rapport de la commission Warren chargé d'enquêter sur l'assassinat. Le procureur y relève de nombreuses inexactitudes, notamment la théorie de la balle unique. Avec l'aide de son équipe, composée notamment de Susie Cox, Lou Ivon, Bill Broussard ou encore Numa Bertel, Jim Garrison interroge des personnes liées à Oswald et Ferrie. Parmi elles, Willie O'Keefe, un prostitué condamné à cinq ans de prison pour racolage, affirme avoir vu Ferrie discuter avec un certain Clay Bertrand de l'assassinat de Kennedy et avoir brièvement rencontré Oswald. Jim Garrison et son équipe émettent l'hypothèse que Lee Harvey Oswald n'a jamais fait défection et qu'il était en réalité un agent double de la CIA, trahi et piégé pour l'assassinat. thumbnail|left|Le Texas School Book Depository, ici en 1963, vu de . En 1967, Jim Garrison et son équipe interrogent plusieurs témoins, dont , une enseignante qui affirme avoir vu un tireur ouvrir le feu depuis une petite colline herbeuse. Les services secrets l'ont menacée pour qu'elle déclare que trois coups de feu provenaient du Texas School Book Depository, d'où Oswald aurait tiré sur Kennedy. Son témoignage a ensuite été modifié par la commission Warren. L'équipe de Garrison effectue également un tir d'essai avec un fusil Carcano vide provenant du dépôt et conclut qu'Oswald était un tireur trop mauvais pour avoir tiré ces coups de feu et qu'il y avait plus d'un tireur. Garrison en vient à penser que « Bertrand » est en réalité l'homme d'affaires très influent de La Nouvelle-Orléans, Clay Shaw. Ce dernier est ensuite interrogé discrètement par Garrison. Il nie alors connaitre David Ferrie, Willie O'Keefe ou Lee Harvey Oswald.
Certains témoins clés, pris de panique, refusent de témoigner, tandis que d'autres, comme Jack Ruby et David Ferrie, meurent dans des circonstances suspectes. Avant sa mort, David Ferrie confie à Jim Garrison l'existence d'un complot visant à assassiner le président Kennedy. Garrison rencontre à Washington D. C. un personnage haut placé se présentant comme « X », qui affirme que la sécurité de Kennedy à Dallas a été délibérément négligée. Il évoque également un coup d'État au sommet de l'État, impliquant des membres de la CIA, de la mafia, du complexe militaro-industriel, des services secrets américains, du FBI et le vice-président de l'époque, Lyndon B. Johnson, soit comme complices, soit comme ayant eu intérêt à étouffer l'affaire. X suggère que Kennedy a été tué parce qu'il voulait retirer les États-Unis de la guerre du Vietnam, mettre fin aux actions contre Cuba et démanteler la CIA. X encourage Garrison à poursuivre l'enquête et à engager des poursuites contre Shaw. Peu après, Garrison inculpe Shaw de complot en vue d'assassiner Kennedy. thumb|Jim Garrison ici en 1968 Le mariage de Jim Garrison est mis à rude épreuve lorsque sa femme, Liz, se plaint qu'il consacre plus de temps à l'enquête qu'à sa famille. Après un appel téléphonique inquiétant à leur fille, Liz accuse son mari d'égoïsme et d'attaquer Shaw uniquement en raison de son homosexualité. Certains membres de l'équipe du procureur commencent à douter de ses motivations et désapprouvent ses méthodes, et quittent l'enquête. L'un d'eux, Bill Broussard, se révèle plus tard être un agent infiltré du FBI depuis un certain temps. Bill Broussard joue même un rôle périphérique dans une tentative d'incriminer Jim Garrison dans les toilettes d'un aéroport. De plus, Jim Garrison est critiqué dans les médias pour avoir gaspillé l'argent des contribuables, en enquêtant sur cette théorie du complot. Jim Garrison, de plus en plus méfiant envers son propre gouvernement, soupçonne un lien avec l'assassinat de Martin Luther King () et celui de Robert F. Kennedy ().
Le procès de Clay Shaw se déroule en 1969. Jim Garrison y réfute la thèse de la balle unique et propose un scénario où trois assassins auraient tiré six coups de feu, faisant accuser Lee Harvey Oswald des meurtres de John F. Kennedy et J. D. Tippit, dans le but d'installer Johnson à la présidence afin qu'il puisse intensifier la guerre du Vietnam et enrichir l'industrie de la défense. Cependant, le jury acquitte Shaw après moins d'une heure de délibération. Malgré l'échec de l'accusation, Jim Garrison gagne le respect de sa femme et de ses enfants par sa détermination et renoue ainsi des liens avec sa famille.
Épilogue du générique du fin Le générique de fin mentionne ensuite plusieurs évènements. En 1979, Richard Helms (directeur de la CIA de 1966 à 1973 et directeur des opérations secrètes en 1963) a admis que Clay Shaw avait travaillé avec la CIA. Ce dernier meurt d'un cancer du poumon en 1974, mais aucune autopsie ne sera alors autorisée sur lui. En 1978, Jim Garrison est élu juge de la cour d'appel de Louisiane et sera réélu en 1988. Le générique mentionne aussi les morts en Asie du Sud-Est ainsi que les pertes et les dépenses astronomiques liées au conflit (220 milliards de dollars dépensés). Entre 1976 et 1979, une enquête du Congrès des États-Unis évoque un et recommande la poursuite de l'enquête par le département de la Justice. En 1991, le département de la Justice n'a encore rien fait. Les dossiers de la House Select Committee on Assassinations sont au secret jusqu'en 2029. Le générique mentionne ensuite la phrase () puis que le film est ()...
Le générique s'achève avec la mention qu'en 1992, suite à ce film, le congrès a voté la formation d'un comité chargé de consulter les dossiers et de décider de leur ouverture éventuelle au grand public.
Fiche technique
Titre original et français : JFK Titre québécois : JFK - Affaire non-classée Réalisation : Oliver Stone Scénario : Oliver Stone et , d'après les livres On the Trail of the Assassins de Jim Garrison et Crossfire: The Plot That Killed Kennedy de Jim Marrs Musique : John Williams Photographie : Robert Richardson Montage : Joe Hutshing et Pietro Scalia Décors : Costumes : Production : , Oliver Stone, et Arnon Milchan Sociétés de production : Warner Bros., StudioCanal, Regency Enterprises, Alcor Films, Ixtlan et Camelot Distribution : Warner Bros. Budget : . Pays de production : Langue originale : anglais Format : couleurs - 2,35:1 - Dolby Surround - Genre : Drame politique, Thriller, historique, film de procès Durée : 189 minutes, 206 minutes (version director's cut 2001) Dates de sortie : Canada, États-Unis : France :
Distribution
Kevin Costner (VF : Bernard Lanneau, VQ : Marc Bellier) : le procureur Jim Garrison Tommy Lee Jones (VF : Claude Giraud, VQ : Léo Ilial) : Clay Shaw Gary Oldman (VF : Vincent Violette, VQ : Jean-Luc Montminy) : Lee Harvey Oswald Kevin Bacon (VF : Thierry Ragueneau, VQ : Daniel Picard) : Willie O'Keefe Laurie Metcalf (VF : Véronique Augereau, VQ : Marie-Andrée Corneille) : Susie Cox Jay O. Sanders (VF : Richard Darbois, VQ : Pierre Chagnon) : Lou Ivon Michael Rooker (VF : Philippe Peythieu, VQ : Alain Zouvi) : Bill Broussard Sissy Spacek (VF : Céline Monsarrat, VQ : Claudine Chatel) : Liz Garrison Joe Pesci (VF : Roger Crouzet, VQ : Benoît Marleau) : David Ferrie Jack Lemmon (VF : Serge Lhorca, VQ : Hubert Fielden) : Jack Martin Edward Asner (VF : Claude Joseph, Michel Fortin {scène supplémentaire}, VQ : Ronald France) : Guy Banister Walter Matthau (VF : Jean-Claude Michel, VQ : Yves Massicotte) : le sénateur Donald Sutherland (VF : Jean-Pierre Moulin, VQ : Alain Clavier) : « X » (inspiré de ) John Candy (VF : Jacques Frantz, VQ : Jacques Brouillet) : Dean Andrews Wayne Knight (VF : Daniel Kenigsberg, VQ : Normand Lévesque) : Numa Bertel Gary Grubbs (VF : Michel Derain) : Al Oser Martin Sheen (VF : Michel Papineschi) : le narrateur (voix, non crédité) Brian Doyle-Murray (VF : Mario Santini, VQ : Alain Gélinas) : Jack Ruby Jim Garrison (VF : Michel Gudin, VQ : Jean Brousseau) : Earl Warren Pruitt Taylor Vince (VF : Gilbert Lévy, VQ : François Godin) : , un témoin Jo Anderson (VF : Françoise Cadol, VQ : Hélène Mondoux) : , un témoin Ellen McElduff. (VF : Regine Teyssot, VQ : Élizabeth Lesieur) : , un témoin Vincent D'Onofrio (VF : Georges Caudron ; VQ : Jacques Lavallée) : Bill Newman, un témoin Lolita Davidovich (VF : Kelvine Dumour, VQ : Élise Bertrand) : Beverly Oliver, la fille du Carousel Club Sally Kirkland : la prostituée Rose Cheramie Frank Whaley (VF : Ludovic Baugin) : le « faux » Oswald Tony Plana (VF : Rafaël Gozalbo) : le cubain anti-castriste , Beata Poźniak (VF : Laurence Crouzet) : Marina Oswald Porter Gary Carter (VF : Ludovic Baugin) : , une relation de Oswald Willem Oltmans (VF : Hervé Jolly) : George de Mohrenschildt, une relation de Oswald Bob Gunton (VF : Hervé Bellon, VQ : Jacques Lussier) : un des journalistes télévisés Peter Maloney : le colonel Finck, médecin légiste John Finnegan (VF : Yves Barsacq) : Juge Haggerty