Valérie Pécresse , née Roux le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), est une femme politique française.
Ancienne élève de HEC et de l'ENA, elle est membre du Conseil d'État de 1992 à 2015 et enseignante à l'Institut d'études politiques de Paris de 1992 à 1998.
Conseillère du président de la République Jacques Chirac de 1998 à 2002 puis députée de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) dans la deuxième circonscription des Yvelines en 2002. Réélue en 2007, elle ne siège pas en raison de son entrée au premier gouvernement Fillon, sous la présidence de Nicolas Sarkozy.
Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche de 2007 à 2011, elle mène la réforme de l'autonomie des universités. Elle est ensuite ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'État et porte-parole du troisième gouvernement François Fillon de 2011 à 2012.
En , elle est élue présidente du conseil régional d'Île-de-France, succédant au socialiste Jean-Paul Huchon. En , elle abandonne son mandat de députée, qu'elle avait retrouvé en 2012.
Elle fonde le mouvement Soyons libres en 2017 et quitte le parti Les Républicains (LR) en 2019.
Réélue en 2021 à la tête de la région Île-de-France, elle adhère à nouveau à LR et devient la première femme candidate du parti à une élection présidentielle. lors de celle de 2022, l'emportant au second tour d'une primaire interne face à Éric Ciotti.
À l'issue du premier tour, elle se classe à la cinquième position et obtient des suffrages exprimés. Ce score est le plus bas de l’histoire du parti à une élection présidentielle et n'ouvre pas droit au remboursement par l’État de sa campagne.
Situation personnelle Naissance et famille
Valérie Anne Émilie Roux naît le à Neuilly-sur-Seine. Elle est la fille de Dominique Roux, universitaire et ancien président de la société Bolloré Telecom au sein du groupe Bolloré, et de Catherine BertagnaWho's Who in France, notice consacrée à Valérie Pécresse, édition 2013, .Who's Who in France, notice consacrée à Dominique Roux, édition 2013, .. Son grand-père maternel Louis Bertagna, psychiatre, catholique et résistant, hébergea le journal Témoignage chrétien, paru clandestinement pendant l'Occupation, et soigna plus tard l'anorexie de Laurence, fille de Jacques Chirac.
Elle épouse le Jérôme Pécresse, qui deviendra directeur général adjoint d'Imerys, puis vice-président exécutif d’Alstom et président d'Alstom Renewable Power.. De cette union, naissent trois enfants.. Elle est élevée dans le catholicisme..
Scolarité et études Elle étudie à l'école privée Sainte-Marie de Neuilly.. À , elle se perfectionne en russe à Yalta, dans un camp d’été des jeunesses communistes.. Elle obtient son baccalauréat à .. Elle étudie ensuite le japonais, qu'elle perfectionne à Tokyo en vendant des caméscopes et des liqueurs..
Passée par les classes préparatoires économiques et commerciales au lycée privé Sainte-Geneviève à Versailles., elle intègre l'École des hautes études commerciales de Paris (HEC Paris), dont elle sort diplômée en 1988.. Elle se présente pour entrer en classe préparatoire aux concours de la haute fonction publique à l'Institut d'études politiques de Paris, où Richard Descoings est membre de son jury, et à celle de l'université Paris-Dauphine.. Elle rejoint cette dernière et intègre l'École nationale d'administration (ENA).
Valérie Pécresse sort classée de la promotion Condorcet (1990-1992)... En 1991, elle fait partie des élèves qui occupent un amphithéâtre de l'école pour protester contre la décision de transférer l'ENA à Strasbourg.. La même année, alors qu'elle effectue son stage de l'ENA à Moscou, elle rencontre Sergueï Jirnov, un officier espion du KGB qui se fait passer pour un journaliste... Pendant sa scolarité à l'ENA, elle effectue aussi un stage ouvrier chez William Saurin..
Elle intègre la promotion 2002 des Young Leaders de la French-American Foundation-France...
Carrière au Conseil d'État De 1992 à 1998, elle enseigne le droit constitutionnel à l'Institut d'études politiques de Paris.
À sa sortie de l'ENA, elle entre au Conseil d’État. Auditrice en 1992, elle est promue maître des requêtes en 1993. De 1993 à 1998, elle est conseillère juridique auprès du chef du service juridique et technologie de l'information. Parallèlement de 1995 à 1998, elle est commissaire du gouvernement auprès de la section du contentieux du Conseil d’État et secrétaire générale du conseil supérieur de l'Agence France-Presse (AFP). Elle démissionne du Conseil d’État en et explique ce choix en se disant .. Elle est radiée des cadres le ..
Patrimoine Le couple Pécresse étant marié sous le régime de la communauté de biens, c'est le patrimoine du couple qui est estimé. Il correspond en 2022 à un ensemble de propriétés estimé et à un portefeuille de valeurs mobilières .. Selon d'autres sources, le patrimoine propre de Valérie Pécresse s'élève à ..
Le couple Pécresse aurait touché un total de « d'euros » en primes, variables et retraites divers à date de ... Jérôme Pécresse, président d'Alstom Renouvelables, avait touché en 2015 une rémunération totale de (soit moins de pertes dans la vente d'actions) ainsi qu'une retraite-chapeau d'un million d'euros supplémentaires grâce à la vente à General Electric. Plusieurs médias et personnalités politiques reprochent ainsi à Valérie Pécresse pendant la campagne présidentielle de 2022 de s'être , en contradiction avec des déclarations antérieures....
Parcours politique Débuts L'élection présidentielle de 1981 de François Mitterrand suscite de vives discussions au sein de sa famille. À l'âge de , elle va devant le Panthéon. pour le soutenir le jour de son investiture.
Au printemps 1998, un an après les élections législatives de 1997, Jacques Chirac la recrute, alors qu’elle a aussi été sollicitée par l’équipe de Lionel Jospin.. Elle devient ainsi chargée de mission pour les études, la prospective et la société de l'information, son domaine de compétence au Conseil d'État, à la présidence de la République française, dont elle devient conseillère technique de 2000 à 2002, date de son premier mandat d'élue. Jacques Chirac avait nommé un an avant elle son père Dominique Roux au collège de l'Autorité de régulation des télécoms.
Députée des Yvelines En 2002, Pierre Bédier et Henri Cuq lui proposent d'être candidate, sous l'étiquette UMP, à la succession et avec l'accord de Franck Borotra, député chiraquien sortant de la deuxième circonscription des Yvelines. Elle élimine au premier tour l'ancien général Philippe Morillon (UDF), puis est élue à députée, avec 65,1 % des voix exprimées face à la candidate radicale de gauche, Anne Nègre., un score dans la fourchette de ceux du prédécesseur Franck Borotra, 67 % en 1993 et 60 % en 1997.
À l'Assemblée nationale, elle est d’abord rapporteure du budget des prisons et de la protection judiciaire de la jeunesse, puis elle devient une spécialiste des questions familiales , des questions scolaires, universitaires et de recherche. Elle est membre de la commission des lois puis de la commission des affaires sociales et culturelles.
Dès , Valérie Pécresse est parallèlement secrétaire générale adjointe de l'UMP, chargée des études et du centre d'études politiques. L'ex-Premier ministre Alain Juppé déclare alors à son propos : .. Elle est ensuite porte-parole nationale de l'UMP avec Luc Chatel.
En , elle est aussi élue conseillère régionale d'Île-de-France sur la liste conduite par Jean-François Copé..
En , le Premier ministre, Dominique de Villepin, la charge d'un rapport sur la conciliation vie familiale-vie professionnelle. Directrice de la revue de l'UMP Les débats de l'Union, adversaire du Front national, elle défend, en , dans un entretien publié par le quotidien Le Monde, l'idée d'une ..
Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche vignette|redresse|Valérie Pécresse à la Maison de la Mutualité à Paris en 2007.
Le , à la suite de la victoire de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle, Valérie Pécresse est nommée ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans le premier gouvernement FillonSon cabinet est dirigé par Philippe Gillet. Marie-Danièle Campion est directrice-adjointe de cabinet chargée des questions de vie étudiante et de revalorisation des carrières et Jean-Philippe de Saint-Martin, directeur adjoint de cabinet chargé des moyens et de l'évaluation..
Elle conserve son poste dans le deuxième gouvernement Fillon, formé après les élections législatives de , lors desquelles elle est réélue députée dans sa circonscription, dès le premier tour, avec 54,80 % des suffrages exprimés..
Au gouvernement, elle fait voter, dès 2007, la loi sur l'autonomie des universités (loi LRU), soutenue par la Conférence des présidents d'université, mais contestée par une partie des universitaires et par des étudiants. Cette réforme est dès lors présentée par la droite comme l'une des principales réussites du mandat de Nicolas Sarkozy. Elle met en place son plan de réforme du CNRS. Elle annonce en un « plan Campus » doté de cinq milliards d’euros, lui aussi contesté, qui doit faire émerger en France dix pôles universitaires d'excellence de niveau international. Elle apporte également son soutien au projet de cluster technologique Paris-Saclay, qui constitue l'un des volets du Grand Paris.
gauche|vignette|Valérie Pécresse, lors d'une visite du musée du Quai Branly, en novembre 2008.
En 2008, à l'occasion de la conférence internationale organisée à Kuala Lumpur par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), elle défend et participe à la création du groupe intergouvernemental d'experts sur la biodiversité, Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services (IPBES).. Elle défend également la cause environnementale en 2010, quand elle prend la défense des climatologues contre le climato-sceptique Claude Allègre, après que ceux-ci l'eurent interpellée collectivement.. En réponse à cet appel, elle charge l'Académie des sciences d'organiser un grand débat scientifique autour du réchauffement climatique..
vignette|Valérie Pécresse, Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, le 2 juin 2009 à Paris.
Début 2009, son projet de décret de réforme du statut des enseignants-chercheurs suscite à nouveau un mouvement de protestation. Le , elle devient présidente de la fédération UMP des Yvelines en remplacement de Gérard Larcher. Proche de Pierre Bédier et d'Henri Cuq, elle soutient la candidature d'Alain Schmitz à la tête du conseil général des Yvelines malgré le soutien de Nicolas Sarkozy à Christine Boutin..
Conseillère régionale d’Île-de-France vignette|Valérie Pécresse lors du lancement la campagne des élections régionales de 2010 en Île-de-France du parti UMP à Paris. Elle remporte la primaire UMP pour les élections régionales de 2010 en Île-de-France, le , avec 59,9 % des suffrages, contre le secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement, Roger Karoutchi.. La liste qu'elle mène est devancée au second tour par celle du socialiste Jean-Paul Huchon, qui recueille 56,69 %..
Dans les Yvelines, où elle se présente, sa liste obtient 50,54 % des voix.. Le , elle est élue présidente du groupe de la Majorité présidentielle au conseil régional d'Île-de-France, succédant à Roger Karoutchi..
Elle conserve ses attributions ministérielles dans le troisième gouvernement Fillon, formé le .
En 2010, elle crée un think tank de débats d’idées, qui veut incarner une droite réformatrice, Le Labo des idées. Cette entité émet plusieurs propositions, comme la baisse des dépenses publiques de d’euros, la réforme de la formation professionnelle ou le passage à une société numérique..