Pierre Gripari, né le à Paris et mort le à Paris Relevé des fichiers de l'Insee, est un écrivain français.
Il est principalement connu pour ses histoires loufoques et merveilleuses destinées à la jeunesse, les plus célèbres étant réunies dans Les Contes de la rue Broca. Si ses œuvres restent très appréciées, il est toutefois une figure polémique par son basculement à l'extrême droite, ses prises de position antisémites et sa sympathie assumée pour le fascisme.
Biographie Pierre Gripari naît d'un père ingénieur, franc-maçon, originaire de Mykonos et d'une mère coiffeuse et médium, originaire de RouenPrésentation de l'auteur, de La Sorcière de la rue Mouffetard, Folio junior, février 1990.On retrouve nombre d'éléments biographiques dans un livre d'entretiens avec Alain Paucard réalisés en 1984, Gripari mode d'emploi.. Au cours de sa vie, il n'a presque jamais quitté Paris.
Ses parents meurent durant la Seconde Guerre mondiale. Il est d'abord élève au lycée BuffonVoir Anne Martin-Conrad, Pierre Gripari, L'Age d'homme, 2001, pp. 93-94.. Il doit abandonner ses études littéraires au lycée Louis-le-Grand pour exercer divers petits métiers : commis agricole, clerc expéditionnaire chez un notaire et même, à l'occasion, pianiste dans des bals de campagne. De 1946 à 1949, il s'engage comme volontaire dans les troupes aéroportées.
De 1950 à 1957, il est employé à la Mobil Oil, où il assume les fonctions de délégué syndical de la CGT. Il arrête de travailler pour écrire. Mais ne parvenant pas à se faire publier, il travaille comme garçon de bibliothèque au CNRS.
En 1962, il se fait connaître par une pièce de théâtre, Lieutenant Tenant., créée à la Gaîté-Montparnasse, puis un récit autobiographique, Pierrot la lune, publié aux éditions de la Table ronde en 1963. Sa carrière d'auteur débute. Mais ses œuvres suivantes ne rencontrent pas le succès. Ayant quitté le CNRS pour vivre de sa plume, il connaît la pauvreté.
Refusé successivement par dix-sept éditeurs, il trouve une maison d'édition en 1974 : Vladimir Dimitrijević, patron des éditions L'Âge d'Homme ( disait-il), lui accorde une totale liberté d'auteur en acceptant systématiquement tous ses livres.
Pierre Gripari a également été critique théâtral pour le journal Écrits de Paris, ainsi que collaborateur du Spectacle du monde et de Défense de l'Occident. Il intervenait fréquemment à la radio, sur deux antennes idéologiquement différentes : Radio Courtoisie, qui rediffuse régulièrement une longue causerie sur Gogol (que Gripari, russophone, lisait dans le texte), et France Culture, dans les émissions de Bertrand Jérôme, avec de très fréquentes apparitions aux Papous dans la tête. Dans cette émission, Bertrand Jérôme annonce sa mort le . Le , il consacre une émission spéciale à Pierre Gripari, réunissant 90 minutes de moments d'humour extraits des archives.
Mort le à 65 ans à l'hôpital Saint-Joseph à Paris des suites d'une opération chirurgicale, il est incinéré le au crématorium du Père-Lachaise, et ses cendres sont dispersées au jardin du souvenir du cimetièreLe cimetière du PERE-LACHAISE : chroniques des années 90.
Personnalité Il se définissait lui-même comme Entre rue Broca et rue de la Folie-Méricourt, et quoiqu'il fût aussi épicurien, il menait une vie de bohème quasiment monacale. Indifférent à toute ambition matérielle, il s'accommodait de la pauvreté pour ne jamais tomber dans la compromission.
Pierre Gripari était membre de Mensa.
Homosexualité Gripari se déclare homosexuel et traite aussi de l'homosexualité, qu'il vit sans complexes, sur un ton à la fois ironique et tragique. Sa conception des choses de l'amour constitue la base de son pessimisme.
Positions politiques Communiste de tendance stalinienne de 1950 à 1956, il se rapproche ensuite des milieux d'extrême droite (il sera ainsi membre d'Europe-Action). Néanmoins, son absence ultérieure d'engagement politique ferme manifeste son désintérêt profond de la politique active, bien qu'il participe au comité de parrainage du journal d'extrême droite Militant au cours des années 1980Christophe Bourseiller, Les Ennemis du système, .. Il s'intéresse aux religions pour en pointer le folklore, souvent sous forme de pastiche. Il a ensuite participé au Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (GRECE) et figuré au comité de patronage de Nouvelle École, la revue éditée par cette association..
Le Dictionnaire des écrivains de langue française (Larousse, 2001) le qualifie d' et commente :
En , Gripari déclare néanmoins avec le plus parfait sérieux au National, organe nationaliste-révolutionnaire du Front national créé par François Duprat en : Il a également tenu à de nombreuses reprises des discours haineux contre les juifs ainsi que des propos misogynes. Ces prises de position lui valent d'être considéré à la fin de sa vie comme une figure controversée, même si certains de ses proches veulent avant tout y voir une appétence pour la provocation.
Style et thèmes de prédilection Gripari a exploré à peu près tous les genres. Excellent connaisseur des patrimoines littéraires nationaux, il sait aussi mettre à profit les mythes et le folklore populaire, sans dédaigner les récits fantastiques et la science-fiction. Il est ainsi parvenu à créer tout un univers. On lui doit aussi bien des romans que des nouvelles, des poèmes, des récits, des contes, des pièces de théâtre et des critiques littéraires.
Son œuvre littéraire est marquée par l'érudition, la citation et l'exercice de style. Il s'essaie à des genres variés : roman épistolaire (Frère gaucher ou Le Voyage en Chine), roman de chevalerie (Le Conte de Paris), science-fiction (Vies parallèles de Roman Branchu)...
Thèmes Parmi les thèmes récurrents de ses ouvrages figurent : l'histoire du ; le refus des prétentions totalitaires ; l'Europe comme patrie spirituelle ; l'homosexualité ; la critique des monothéismes, notamment la religion juive, qu'il jugeait totalitaire et raciste. De fait, certains comme Pierre-André Taguieff, qui le qualifie d' et lui attribue une , considèrent cet antijudaïsme comme antisémite.
D'autres, comme son éditeur Vladimir Dimitrijević, contestent qu'il ait été antisémite et considèrent ses attaques contre le judaïsme, dans certains de ses articles de presse et romans, comme une critique respectable de la religion juive (Vladimir Dimitrijević, contribution à l'ouvrage Pierre Gripari, Dossiers H, Éditions L'Âge d'Homme, 2001)..
Écrivain pour enfants Pierre Gripari est surtout connu du public comme un écrivain pour enfants. Son œuvre la plus célèbre, les Contes de la rue Broca, paraît en 1967. Elle comprend plusieurs histoires mettant en scène le merveilleux, dans le cadre familier d'un quartier du Paris contemporain. Certains personnages sont des enfants d'immigrés
Les premières éditions des Contes, aux Éditions de la Table ronde, passent inaperçues, mais leur réédition par Gallimard apporte à Gripari succès et célébrité. À la fin des années 1970, les illustrateurs Fernando Puig Rosado et Claude Lapointe contribuent à populariser ces contes.
Ce recueil est traduit notamment en Allemagne, au Brésil, en Bulgarie, en Grèce, en Hongrie, en Italie, au Japon, en Pologne et en Thaïlande.
Prix 1976 : prix Voltaire pour l'ensemble de son œuvre 1982 : prix Pierre-de-Régnier de l’Académie française pour Moi, Mitounet-Joli 1988 : prix de l'Académie française pour Contes cuistres
Œuvres 1962 : Lieutenant Tenant, théâtre, Éditions Arthème Fayard 1963 : Pierrot la Lune, roman, Éditions La Table Ronde, 307 p 1964 : L’Incroyable Équipée de Phosphore Noloc racontée par un témoin oculaire avec quelques détails nouveaux sur les gouvernements des îles de Budu et de Pédonisse, roman, Éditions La Table Ronde, 273 p 1965 : Diable, Dieu et autres contes de menterie, nouvelles, Éditions La Table Ronde. Rééd. en Folio, 1980, 1988 1967 : Contes de la rue Broca, contes, Éditions La Table Ronde, 214 p. - illustré par Claude Lapointe dans la version intégrale (Grasset, 2012). ; 1968 : La vie, la mort et la résurrection de Socrate-Marie Gripotard, roman, Éditions La Table Ronde, 310 p. 1972 : L’Arrière-monde et autres diableries, nouvelles, Éditions Robert Morel éd., 246 p. Rééd. en 1973 aux Éditions Gérard en Belgique, Marabout S.F., . Rééd. en 1980 aux Éditions l’Âge d’Homme, collection Poche-Suisse 1973 : Gueule d’Aminche, roman, Éditions Robert Morel édité., 214 p. 1975 : Frère Gaucher ou le voyage en Chine, roman, Éditions L’Âge d’Homme, 245 p. 1975 : Le Solilesse, poèmes, Éditions L’Âge d’Homme, 119 p. 1976 : Rêveries d’un martien en exil, nouvelles, L’Âge d’Homme, 194 p. Rééd. Livre de poche , 1990. Rééd. L’Âge d’Homme, 2010 1976 : Histoire du Prince Pipo, de Pipo le cheval et de la Princesse Popi, roman pour enfants, Éditions Grasset-Jeunesse, 79 p., illustrations de Gérard Brun, Robert Constantin, Alain Gauthier, Jean-Marie Gauthier, Bernard Giroudroux, Gérard Hauducœur, René Hausman, Claude Lapointe, Alain Letort, Jean-Claude Marol, Tito Topin, Michel Trichet, Dominique Bauerlé, Philippe Delangle, Philippe Poirier. Rééd. 1992, coll. Grands lecteurs, Éditions Grasset-Jeunesse 1977 Pièces enfantines, Éditions L’Âge d’Homme, 170 p. Rééd. de Texas Jim, 1980, coll. Renard poche, L’École des Loisirs, illustrations de Philippe Dumas. Rééd. Crac ! dans le sac !, 1984, avec Inspecteur Toutou, coll. Neuf, L’École des Loisirs, illustrations de Philippe Dumas. Rééd. 1999. L’Âge d’Homme. 1977 : Pedigree du vampire, anthologie, Bibliothèque fantastique, Éditions L’Âge d’Homme, 227 p. 1978 : Les Vies parallèles de Roman Branchu, roman, Éditions L’Âge d’Homme, 178 p. 1978 : Nanasse et Gigantet, conte en forme d’échelle, Éditions Grasset-Jeunesse, illustrations de Jean-Luc Allart. 1978 : Pirlipipi, deux sirops, une sorcière, Éditions Grasset-Jeunesse, illustrations de Claude Lapointe (repris dans les Contes de la Folie-Méricourt en 1983). 1979 : Café-théâtre, Éditions L’Âge d’Homme, 175 p. 1980 : Le Conte de Paris, roman, Éditions L’Âge d’Homme, 186 p. 1980 : L’Évangile du rien, anthologie, L’Âge d’Homme, 197 p. 1981 : Paraboles et fariboles, nouvelles, Éditions L’Âge d’Homme, 193 p. 1981 : L’Enfer de poche, poèmes libertins, Éditions L’Âge d’Homme, 112 p. 1981 : Critique et autocritique, recueil d’articles, Éditions L’Âge d’Homme, 163 p. 1982 : Moi, Mitounet-Joli, roman, Éditions Julliard/L’Âge d’Homme, 206 p. prix Pierre de Régnier de l'Académie française 1982 : Les Chants du Nomade, poèmes, Coll. Le Bruit du Temps, Éditions L’Âge d’Homme, 139 p. 1982 : Pièces mystiques, Éditions L’Âge d’Homme, 223 p. 1982 : Pièces poétiques, Éditions L’Âge d’Homme, 202 p. 1982 : Patrouille du conte, roman, Éditions L’Âge d’Homme, 160 p. ; rééd. 2010 ; rééd. Les Sept Cavaliers, préf. Alain Paucard, 261 p., 2025 1983 : Reflets et réflexes, essai, Éditions L’Âge d’Homme, 102 p. 1983 : Les Contes de la Folie Méricourt, contes, Éditions Grasset-Jeunesse, illustré par Claude Lapointe, 79 p. 1984 : Rose Londres, Histoire de Prose, roman, Coll. Le Manteau, Éditions Julliard/L’Âge d’Homme, 236 p. 1984 : Du rire et de l’horreur, anatomie de la « bien bonne », anthologie, Éditions Julliard/L’Âge d’Homme, 132 p. 1985 : La Rose réaliste, nouvelles, Coll. Contemporains, Éditions L’Âge d’Homme, 172 p. 1985 Jean-Yves à qui rien n’arrive, roman pour enfants, Éditions Grasset-Jeunesse, illustrations de Claude Lapointe, 90 pages. Rééd., 1991, coll. Grands lecteurs, Éditions Grasset-Jeunesse. 1985 : Adaptations théâtrales, Éditions L’Âge d’Homme, 177 p. 1985 : Gripari, mode d’emploi, Entretiens d’Alain Paucard avec Pierre Gripari, enregistrés les , et , Pierre Gripari se chargeant de la rédaction définitive, Éditions L’Âge d’Homme, coll. Le Bruit du Temps, 145 p. 1986 : Le Canon, roman, Éditions L’Âge d’Homme, 157 p. 1986 : Le Septième Lot, roman, Julliard/L’Âge d’Homme, 200 p.