L'église Saint-Armel est une église catholique située à Ploërmel, en France.

Localisation L'église est située dans le département français du Morbihan, sur la commune de Ploërmel.

L’église Saint-Armel se situe aujourd’hui au centre de la ville. Ce n’était toutefois pas le cas au XVIᵉ siècle. À cette époque, elle longeait l’intérieur du mur des fortifications. Seules les façades nord et ouest étaient dégagées et, jusqu’en 1750, la fortification, vieille de cinq siècles, dissimulait entièrement la façade sud. En raison de son état de délabrement, ce mur, haut de trente pieds, fut abattu et la douve fut comblée avec ses débris, donnant ainsi naissance à la place de l’église. Au nord, la place Saint-Armel date également de 1750. Avant cette date, l’emplacement était en partie occupé par un cimetière.

Jusqu’en 1750, seule la façade nord de l’église était visible. Aujourd’hui, la façade sud est la plus facilement observable dans son intégralité. Quant au chevet, les habitations construites à quelques mètres de celui-ci empêchent d’en avoir une vue d’ensemble. Cette disposition des maisons pourrait suivre le noyau primitif de la ville, alors restreint par la présence des fortifications. D’après André Mussat, de nombreuses villes bretonnes ont conservé une structure héritée de leurs anciennes constructions militaires. Il s’agit d’un trait commun à l’ensemble de la France aux XVᵉ et XVIᵉ siècles, période durant laquelle " les églises eurent de la peine à se construire dans un tissu urbain très dense et des espaces clos militaires de petites dimensions ".

Historique L'édifice est classé au titre des monuments historiques par la liste de 1840.

Les archives du presbytère de Ploërmel mentionne l'existence d'une chapelle Saint Armel qui aurait précédé la construction de l'actuelle église. D'après les archives du château de Crévy, le clocher d'une église paroissiale se serait écroulé en 1508. Par cette chute : "la plupart de la dite église tomba par terre" et l'on décida de "réédifier et construire tout de neuf la dite église et chanceau d'ycelle". L'ouvrage de Sigismond Ropartz mentionne un fragment de mur roman dans la partie nord-est de l'édifice. Fragment toujours visible aujourd'hui.

Fondée au , l'église a été reconstruite entre 1511 et 1602. Le portail nord, de 1530 environ, présente des scènes de l’Évangile, et des scènes populaires.

L'édifice a été un peu endommagé par les bombardements américains des 12 et .

Les vitraux abimés au terme de la Seconde Guerre mondiale sont restaurés au cours d'une longue campagne de travaux qui s'étalent de 1954 à 1970. Le vitrailliste chargé de la tâche est Jacques BonyLes vitraux de l'église Saint-Armel de Ploërmel..

Architecture Extérieur Le clocher L’abbé Marmagnant avance que l’ancienne église comportait un clocher central, à la manière des églises romanes. À la suite de son effondrement, une nouvelle église fut construite, avec un nouveau clocher. Celui-ci, frappé par la foudre en 1727, fit ensuite l’objet d’une reconstruction partielle. D’après les archives municipales, la tour s’arrêtait alors après le premier étage et était surmontée d’une flèche en bois recouverte de plomb.

Un bourgeois de Ploërmel, Pierre Josse, notaire royal qui vivait au XVIIIe siècle, nous livre dans son « journal » quelques renseignements sur la flèche et le sinistre de 1727. Il rapporte tout d’abord que la lanterne fut descendue « de la hauteur de bien quarante pieds » (environ 12,15 mètres) et précise que le clocher était « la plus belle pièce qu’on eut pu voir de la hauteur qu’il avait ». L’abbé Marmagnant signale également le mauvais état de la flèche. En 1710, un architecte de Vannes, « le sieur Delourme », vint l’examiner. Constatant son état de délabrement, il déclara être surpris de voir encore le sommet du clocher en place. À la suite de cette visite, la démolition commença en 1718 et la lanterne fut descendue.

Le clocher resta dans cet état jusqu’en 1727, année où survint un nouvel événement. « Dans la nuit du 17 au 18 juillet, à trois heures du matin, le tonnerre tomba sur le milieu du clocher de Saint-Armel du costé du petit clocher, mit le feu qui causa une grande perte » (journal de Pierre Josse). À la suite de ce sinistre, le reste du clocher finit par être démoli en 1732. Pierre Josse affirme que le charpentier du Bois de la Roche, Gouërin, associé à Jean Ruand de Taupont, entreprit la démolition le jeudi 21 août 1732. Celle-ci dura trois mois, tandis que la reconstruction débuta dès 1733.

Plutôt que de construire une nouvelle flèche, il fut décidé d’exhausser la maçonnerie d’un étage. Une date, inscrite sur la balustrade, atteste cette réédification. Depuis lors, hormis une consolidation réalisée en 1850 au moyen de tiges de fer, aucune autre réfection importante n’est mentionnée.

La forme de la tour est simple, « quasi anonyme » (André Mussat), mais dessinée et exécutée avec précision. Il s’agit d’une tour en granit, dépourvue de flèche et de dôme, surmontée d’une balustrade de couronnement, à l’image de celle de la cathédrale Saint-Pierre de Rennes. Elle appartient au même type architectural que la tour de Louvigné-du-Désert, caractéristique de ce que l’on a pu qualifier d’« architecture neutre » du XVIIIe siècle.

Plusieurs étages, séparés par de larges corniches, composent la tour. Le rez-de-chaussée correspond à l’entrée occidentale ; le premier étage abrite l’orgue ; le deuxième s’ouvre vers l’extérieur par une porte située au niveau de la tourelle ; enfin, le troisième étage accueillait les cloches. Les trois étages sont percés de fenêtres. Celui qui correspond à la nef est éclairé par une fenêtre ogivale ornée d’un vitrail, tandis que les deux étages supérieurs présentent des fenêtres brisées.

La tourelle La tourelle est construite dans le même appareil de granit. De plan octogonal, elle abrite l’escalier qui permet d’accéder au sommet de la tour. Prenant appui sur un rez-de-chaussée circulaire, elle s’élève sur six niveaux polygonaux. Une corniche délimite le rez-de-chaussée et les cinq étages supérieurs, tous de dimensions similaires, à l’exception du dernier, partiellement interrompu par le toit en ardoise qui le couronne.

Intérieur À l'intérieur, on trouve une voûte en bois ornée de sablières richement sculptées, des verrières (dont l'Arbre de Jessé, 1552), des ornementations, les gisants des ducs Jean II et Jean III ainsi que celui de Philippe de Montauban, chancelier d'Anne de Bretagne. À l'origine les tombeaux des deux ducs étaient placés dans l'église des Carmes. L'église ayant été détruite par la Ligue, les deux tombeaux ont été déplacés dans l'église du prieuré Saint-Nicolas en 1591. Réinstallés dans la nouvelle église des Carmes, ils y demeurent jusqu'à la Révolution française. En 1790, les parois des tombeaux sont détruites et les gisants déposés. C'est le conseil général du Morbihan qui fait restaurer les deux gisants, en 1820, lesquels sont ensuite déposés sur un nouveau et unique tombeau placé dans l'église Saint-Armel.

Le plan L'église suit l'orientation traditionnelle est-ouest des édifices gothiques. Elle se divise en trois nefs séparées par de fines arcades très hautes. Ce "parti haut" comme le nomme André Mussat, (historien de l'art français du ), très utilisé dans les églises urbaines de la fin du et pendant tout le , offre une solution au problème de l'éclairage de la nef centrale. Le transept possède des bras de taille inégale. Cette irrégularité s'explique par l'existence d'un mur de fortification au sud de la ville.

La voûte de la nef principale Sa fausse voûte en lambris imite la forme des voûtes de pierres en berceau. Cependant à la différence de ces dernières, des arcs brisés en bois maintiennent les lâmes de chêne qui la compose. Soutenus par des sablières basses posées sur l'épaisseur des murs, les arcs convergent vers des clés de voûte en bois. Des sablières aux frises sculptées d'influence renaissante partent neuf poutres mordues à leurs bases de mâchoires de dragons travaillés dans le chêne. Ces poutres, espacées d'environ trois mètres cinquante les unes des autres, fonctionnent comme des étrésillons en maintenant l'écartement de la voûte.Plusieurs vitraux sont protégés au titre des monuments historiques.

Les bas-côtés L'irrégularité des travées engendre des voûtes sur plan barlong ou plus ou moins carré. Ces travées s'inscrivent dans le gothique tardif français : en étoile, formée par des liernes et tiercerons liés à des clés de voûte, elle montrent que l'architecture bretonne a su combiner les particularités régionales, les influences anglo-normandes avec des tendances françaises plus constantes comme le gothique flamboyant.

Les vitraux Une partie des vitraux d'origine furent endommagés lors des guerres de Religion à la fin du . Un certain Messire Armel Nycolas procèdera à leur restauration. A ce sujet, l'étude de l'abbé Marmagnant signale "(...) il n'y a pas encore longtemps encore on lisait sur certains vitraux la date de 1602 (...)".

En 1944, un bombardement détruira les deux-tiers des vitraux. De nouveaux seront ajoutés par le maître verrier Jacques BONY. Ce n'est qu'à partir de 1961 que l'église recouvrera la totalité des vitraux.

Nécropole gauche|vignette|Cénotaphe de Jean II et Jean III de Bretagne. L'église abrite le cénotaphe des ducs Jean II et Jean III de Bretagne. À l'origine les tombeaux des deux ducs étaient placés dans l'église des Carmes. L'église ayant été détruite par la Ligue, les deux tombeaux ont été déplacés dans l'église du prieuré Saint-Nicolas en 1591. Réinstallés dans la nouvelle église des Carmes, ils y demeurent jusqu'à la Révolution. En 1790, les parois des tombeaux sont détruites et les gisants déposés. C'est le conseil général du Morbihan qui fait restaurer les deux gisants, en 1820, lesquels sont ensuite déposés sur un nouveau et unique tombeau placé dans l'église Saint-Armel.

Chronologie 1436 : Construction des contreforts du chevet 1508 : Effondrement du clocher 1511 : Réfection des contreforts du chœur et reconstruction du chœur 1553 : Le porche nord est achevé 1556 : La tour est achevée 1591 : les tombeaux des ducs sont déplacés dans l'église du prieuré Saint-Nicolas 1622 : Réfection de la voûte située au-dessus de l'autel de la Vierge 1648 : Deuxième réfection de la voûte entre la sacristie et l'autel du Sacré Coeur Fin du XVIIème : Les vitraux sont endommagés 1710 : L'abbé Delourme visite Saint-Armel et constate le mauvais état de la tour 1718 : Début de la démolition du clocher 1727 (28 et 29 juillet) : La flèche de la tour est frappée par la foudre 1732 : Le reste du clocher est démoli 1733 : Début de la reconstruction de la tour 1739 : Réfection de la voûte de la nef principale 1790 : les parois des tombeaux sont détruites 1820 : restauration des deux gisants 1850 : consolidation du clocher 1944 : Un bombardement détruit les deux tiers des vitraux 1947 : les voûtes sont entièrement restaurées Fin XIXème :Deux écussons creusés sont rajoutés sur la façade ouest 1953 : la porte sud est restaurée 1961 : Saint-Armel recouvre la totalité de ses vitraux

Références

Bibliographie . . . . . .

Annexes Articles connexes Liste des monuments historiques de 1840 Monuments historiques de Ploërmel Liste des églises du Morbihan

Liens externes

Ploermel, Saint-Armel Ploermel Catégorie:Monument historique classé en 1840 Catégorie:Monument historique à Ploërmel