Cornelis Everaert, né à Bruges vers 1480 et mort dans cette ville le , est un poète et dramaturge des Pays-Bas méridionaux. Ses pièces sont écrites dans le style des rhétoriciensMak, ..
Biographie Il avait les devises : (Je viens pour apprendre) et (Si bien expliqué), cette dernière étant l'anagramme de son nomFrederiks et Van den Branden, .. De profession, il était teinturier et foulonnier, comme son père CornelisWillems, .. En outre, il était clerc associé à la gilde des archers de Saint-Sébastien. C'est à leur « roi » qu'à l'occasion d'une de leurs fêtes, il présenta son jeu Van der BekeTe Winkel, .. Il était membre, peut-être facteur, des chambres de rhétorique brugeoises Le Saint-Esprit () et Les Trois Saintes ().
À un concours de poésie à Nieuport, il remporta le premier prix pour son premier esbatementUn genre de farce., datant de 1512 : , c'est-à-dire l'essence ou la nature insondable de la femmeTe Winkel, ..
Notoriété posthume
En 1556, à la mort de ce grand rhétoricien, Eduard de Dene composa en son honneur un poème où il indique qu'Everaert aurait éduqué maint artiste talentueux ()Geirnaert, ..
Un jeu de table anonyme à trois personnages () du Livre de l'amour (), publié à Anvers chez Guillaem van Parijs en 1580, lui est attribué sur des bases stylistiques ainsi qu'en raison des noms des chambres de rhétorique et , cités dans les vers conclusifsGeirnaert, .. Cette pièce ne daterait pas d'avant 1540Geirnaert, ..
Œuvre Remarques générales
« » « Les rhétoriciens font rire les gens, mais eux, ils pleurent. Ainsi, le bénéfice de l'art est minime. » Cornelis EveraertWorp, .
Entre 1509 et 1538, mais avec une interruption de 1513 à 1523, il écrivit 35 jeux sérieux et comiques. Aux premiers appartiennent ceux traitant les sujets dévotionnels (dix jeux) et sociopolitiques (dix moralités), aux derniers les jeux de table et les sept esbattements, presque tous des pièces de circonstance. Ainsi, le jeu des laboureurs serviables et des négociants () de 1526 fut écrit à l'occasion du traité de Madrid.
Quoiqu'il dénonce, ne le cédant en rien à ses contemporains, les mauvaises mœurs des prêtres et surtout des moines, qu'il dépeint avec sa raillerie spirituelle dans ses farces et dans ses pièces sérieuses, il demeure toutefois un fils crédule de l'Église au début de la Réforme, qui ne désapprouve même pas le supplice du bûcher auquel les « hérétiques » étaient condamnés, comme il l'indique à quelques reprises dans ses piècesTe Winkel, .. Dans ses pièces conservées, il se présente comme un homme conservateur du Moyen Âge, qui veut résoudre les problèmes religieux et sociaux par des moyens complètement désuets à son époque. Son sentiment social prononcé le pousse à critiquer l'ordre établi, tout en dépassant parfois largement les bornes de la bienséance, comme en témoigne l'interdiction par les autorités de la représentation de certains jeux. Cependant, dans les pièces tolérées est réclamé le respect du peuple dû au gouvernement .
Dans le jeu du vignoble (), de 1533, le dramaturge critique de façon virulente le péché de la hérésie (« ») ; cette pièce est une adaptation de la parabole des ouvriers envoyés à la vigne. Le jeu de la pluie légère () traite de la victoire remportée à Pavie en 1525. Le jeu du combat (), en fait celui de la cupidité, fut interdit parce que l'auteur se serait trop éloigné de la vérité (). Le jeu de la monnaie inégale () subit le même sort.
C'est dans les farces qu'Everaert déploie le plus son art. Dans ces pièces comiques, il vise les femmes en particulier ; la cause des désaccords conjugaux réside généralement dans le sang-froid de l'homme et la trop grande avidité de la femmeVan Moerkerken, .. Dans l'esbattement du méchant et de l'impertinent (), une femme adultère ouvre la pièce par un monologue où elle se plaint de son mari, dont le corps manque de vigueur et de joie, cité de Willems, .. De façon indécente, elle fait savoir qu'elle est hantée par le désir brûlant de s'amuser avec un autre homme, ne fût-ce qu'un bedeau ou un clercWillems, .. Dans l'esbattement du pêcheur (), une femme en détresse confesse à son mari que celui-ci n'est le père biologique que de l'aîné de leurs trois fils, le cadet et le benjamin étant respectivement du valet et du chapelainKalff, ..
Sa pièce la plus connue est l'esbattement de la petite bourgeoisie et de la tribulation () : les gens ordinaires, par une trop grande prospérité induits à la richesse, la cupidité et d'autres péchés, sont retenus de cette dépravation « grâce » à la tribulation, c'est-à-dire les troublesTer Laan, .Kalff, .. Le pauvre ouvrier (« ») est appris qu'en vivant au-dessus de ses moyens, il s'est infligé ses malheurs à lui-même. Après avoir reconnu sa culpabilité, il reçoit d'une personnification du sentiment raisonnable (« »), qui lui rappelle en passant le sort de Job, un tabouret appelé « Patience » (« »), sur lequel il peut s'appuyer. Le pauvre ouvrier, complètement convaincu, se promet :
« . » « Volontiers, je vais patienter et m'appuyer sur ma canne, en toute quiétudeKalff, .. »
Everaert devrait être considéré comme un génie incompris en son temps, car aucun rhétoricien et que peu de dramaturges avant ou après lui n'atteignirent un niveau comparable dans le genre comique.
Par son orthodoxie assagie, où l'élément éthique est prédominant, par l'intérêt porté à la vie sociale et domestique, qui relègue les questions religieuses à l'arrière-plan, et par la volonté de versifier des morceaux légers et joyeux à une époque turbulente, Everaert représente une attitude caractéristique de nombreux catholiques romains de son tempsKalff, ..
Ressources Les 35 pièces du manuscrit de Bruxelles La Bibliothèque royale de Belgique à Bruxelles possède le manuscrit de 35 de ses pièces.
, 1509 ; , 1511 ; , 1512 ; , 1525 ; , 1526 ; , 1513 ; , 1525 ; , 15?? ; , 152? ; , 1527 ; ; , 1528 ; ; , 1526 ; , 1530 ; ; , 1529 ;
, 1530 ; , 1531 ; ; , 1512 ; , 1511 ; , 1530 ;
, 1530 ;
Willems, .. Notes et références
Sources Frederiks, Johannes Godefridus, et Frans Jozef Peter van den Branden. « Cornelis Everaert », , Amsterdam, L.J. Veen, 1888-1891, . Geirnaert, Dirk. « Een Brugse bruiloft met Everaert? », , année 1987-1988, Gand, , 1990, . Kalff, Gerrit. Geschiedenis der Nederlandsche letterkunde, ., Groningue, J.B. Wolters, 1907, . Mak, Jacobus Johannes. « Everaert, Cornelis », (réd. Gerrit Jan van Bork et Pieter Jozias Verkruijsse), Weesp, De Haan, 1985, . Ter Laan, Kornelis. « Cornelis Everaert », , , La Haye/Jakarta, G.B. van Goor Zonen's Uitgeversmaatschappij, 1952, . Te Winkel, Jan. De ontwikkelingsgang der Nederlandsche Letterkunde II. Geschiedenis der Nederlandsche letterkunde van Middeleeuwen en Rederijkerstijd (2), Haarlem, Les Héritiers F. Bohn, 1922, impr., . Van Moerkerken, Pieter Hendrik. De satire in de Nederlandsche kunst der middeleeuwen, Amsterdam, S.L. van Looy, 1904, . Willems, Jan Frans. « Cornelis Everaert, tooneeldichter van Brugge », , ., Gand, , 1842, . Worp, Jacob Adolf, Geschiedenis van het drama en van het tooneel in Nederland, ., Groningue, Wolters, 1903, . Liens externes
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