Un petit train routier, souvent appelé « petit train », est un véhicule articulé routier utilisé pour le transport de passagers ou comme train touristique. Principalement utilisé à des fins touristiques, il se compose d’un tracteur routier, qui prend la plupart du temps l’apparence d’une locomotive, auquel est attelé une ou plusieurs remorques, dont l’apparence fait penser à des wagons.

Description gauche|vignette|Un petit train touristique routier se compose d’un tracteur et de remorques. Le petit train routier est un moyen de transport en commun composé d’un tracteur routier tirant une ou plusieurs remorques. Sa capacité varie en fonction du nombre de remorques et de la capacité de ces dernières, mais également en fonction de la législation en vigueur dans le pays où il circule.

Étymologie Le terme de petit train routier n’a pas d’étymologie au sens propre et est un terme propre à la langue française. Il n’a en effet pas d’équivalent dans les autres langues, qui lui préfèrent les termes de train touristique ou de train routier (ou sans rails). On retrouve ainsi la traduction de train routier dans la plupart des langues slaves (tchèque, slovaque et ukrainien notamment), l‘anglais (trackless train) ou encore l’espagnol (tren sin vías), tandis que le terme de train touristique s’impose en italien (trenino turistico), en norvégien (turisttog) ainsi qu’en polonais (kolejka turystyczna).

Il reprend en effet le mot train, un ensemble ferroviaire composé d’une ou plusieurs locomotives tractant un certain nombre de remorques, en raison de sa technique, qui consiste à tracter une ou remorques à l’aide d’un tracteur routier. Le terme petit semble provenir du fait de la taille du véhicule, plus petite qu’un train classique, tandis que le terme routier est lié à sa conception de véhicule routier monté sur pneux.

Histoire vignette|Le Fadgl Auto Train à San Francisco lors de l’Exposition universelle de 1915.

Les débuts des petits trains avec les expositions universelles Il est difficile de dater précisément l’apparition des petits trains touristiques routiers. L’un des plus anciens dont il est possible de retrouver la trace est le Fadgl Auto Train., utilisé pour transporter les visiteurs sur un parcours de entre le hall des machines et le bâtiment du Massachusetts lors de l’Exposition universelle de 1915, qui se déroule à San Francisco. Le véhicule est construit spécifique pour l’événement par la société Fageol Auto Train Inc., créée à l’automne 1914 par quatre associés : Edward P. Brinegar, A.T. O'Connell et les frères Rollie B. et Frank R. Fageol. Edward Brinegar fournit le capital pour fonder l’entreprise ainsi qu’un bureau d’étude, tandis que Frank Fageol loue un atelier pour construire les machines.

Il est alors conçu sur la base de la Ford T, dont le châssis est renforcé et le moteur Ford 4 cylindres est limité grâce à un système conçu par Rollie Fageol. Chaque motrice pèse (environ ) et se déplace à grâce à quatre roues en caoutchouc de de largeur (environ ). Elles sont dirigées par un conducteur et se conduisent avec un volant identique à celui de la voiture sur laquelle il est basé.

Deux (ou trois en fonction des sources) remorques sont tractées par la motrice. Elles sont montées sur un essieu à roues jumelées, reliés à l’élément précédent et suivant par une barre diagonale montée sur un axe, permettant à l’ensemble de suivre exactement le même tracé. Un frein installé sous chaque remorque permet d’arrêter le train. Ceux-ci sont automatiques et descendent vers la route au fur et à mesure que l’ensemble ralentit, ce qui permet un arrêt en douceur. Elles se composent de deux rangées de sièges placées perpendiculairement au sens de circulation et installées dos à dos et placées, n’étant séparées que par un couloir pour le conducteur. Aucun marche n’est nécessaire pour embarquer, la hauteur du sol des remorques étant à peine plus haut que la route afin de permettre aux usagers de monter par un simple pas.

Selon les sources, entre 16 et 20 unités circulent tout au long de l’Exposition. Après la fermeture de celle-ci, ils sont revendus à une entreprise de Chicago qui les utilisent dans les allees du Lincoln Park.

L’Exposition universelle de 1937, qui se déroule à Paris, est à nouveau traversée par un petit train, mais celui-ci est désormais électrique.. Une motrice tire quatre petits wagons : ceux-ci se composent de deux banquettes placées face à face dans l’axe de la route.

Une attraction à destination des enfants au début des années 60

Les premiers petits trains pour adultes à partir des années 70 alt=Photographie en couleurs d’un petit train sur pneus multicolore avec trois wagons rouge et blancs sur une route au bord de l’herbe. En arrière-plan, on distingue un lac et des montagnes sous un ciel laiteux.|vignette|En 1974, Annecy est l’une des premières villes françaises à disposer d’un petit train à vocation touristique.

Les petits trains à vocation touristiques se développent en France à partir du milieu des années 1970, avant de connaitre un essor depuis les années 1980. L’un des premiers connus est celui d’Annecy, qui roule sur la promenade du Pâquier en 1974.

L’essor dans les années 1980

La prise de conscience écologique et le développement des petits trains électriques en France

Usages vignette|Le petit train routier électrique lors de l’exposition universelle de Paris en 1937.|gauche L’utilisation du petit train touristique routier évolue au fil du temps. Au moment de son apparition dans les années 1910, celui-ci a principalement une vocation de navettes au sein d’expositions ou de parcs. On en retrouve dans la plupart des expositions universelles, notamment celles de San Francisco en 1915 et Paris en 1937, ou encore lors de la Bundesgartenschau de Stuttgart en 1961. Il permet alors aux passagers qui l’empruntent de se rendre d’un côté à l’autre de l’exposition sans se fatiguer, tout en profitant de cette innovation technique qui s’améliore également au fil du temps : si les premiers sont à moteurs thermiques, ceux de l’exposition universelle de Paris sont électriques, et ceux du Bundesgartenschau en 1961 dispose de wagons couverts. vignette|Un petit train pour enfants en Inde. En dehors de ces expositions, le petit train conserve une image d’attractions pour enfants, et s’adapte : en 1966, lorsqu’Ivo Dotto dépose le brevet du petit train sur pneumatiques, celui-ci arbore un aspect assez simpliste et s’avère être assez bas et très étroit.. Il est alors principalement à vocation des centres de vacances ou des parcs d’attractions, mais commence également à apparaitre dans les villes. On trouve encore des petits trains à l’attention des enfants dans certains centres commerciaux vignette|Le petit train, devenu touristique, propose des visites commentés comme ici au Cap d‘Agde, où il arrive en 1982,|gauche À partir des années 1980, le petit train s’impose comme un élément touristique, destiné à promouvoir et faire découvrir la ville. Le circuit est alors commenté et s’orientent principalement sur le centre historique. Cet usage est aujourd’hui le plus répandu, et le petit train est parfois autorisé à entrer dans des lieux habituellement interdits au public. Ainsi, de 2008 à 2015, le petit train de Toulon propose une visite dans l’enceinte du port militaire. . Organisées en partenariat avec la Marine nationale et le préfet maritime de la Méditerranée dans le cadre d’une démarche d’ouverture sur la société civile., ce parcours est toutefois très réglementé, avec la présentation obligatoire d’une pièce d’identité pour les personnes de plus de 15 ans, une interdiction formelle de photographier ou filmer les installations, la présence d’agents de sécurité à bord, une fouille des sacs à l’entrée et une inspection du petit train, incluant le châssis qui est observé grâce à un miroir. Cette visite est abandonnée à la suite du renforcement de l’opération Sentinelle, après les attentats du 13 novembre 2015. vignette|A Argelès-sur-Mer, les petits trains assurent le transport urbain. Le petit train revient, dans certains cas, à ses fondamentaux. En effet, certaines communes font le choix de l’utiliser comme navettes pour assurer le transport urbain en lieu et place d’autobus conventionnels. Le cas le plus connu en France est la commune d‘Argelès-sur-Mer, où le transport urbain est assuré depuis 1986 à l’aide de petits trains.. Longtemps exploitée par la société Trainbus, le contrat est confié depuis 2023 au groupe Keolis, au travers de sa filiale Pages et le service de petits trains intègrent un réseau plus global, baptisé d’Aqui.. Ce type de service est également mis en place dans les communes voisines de Saint-Cyprien. et Canet-en-Roussillon., où il est également exploité par la société Trainbus, mais on le trouve également de manière plus anecdotique en stations de ski, où il sert alors de navettes au pied des pistes. C’est notamment le cas aux Gets, où le petit train assure la liaison entre les télécabines du Mont Chéry et des Chavannes., et à Val Cenis, où il relie le centre de Lanslevillard aux Essarts... vignette|On trouve des petits trains dans certains parcs, comme ici à la Tête-d'Or de Lyon.|gauche On retrouve également des petits trains en dehors de l’espace public. Il est complexe de citer tous les lieux où il est possible d’en trouver dans ce cadre, mais on peut toutefois noter, pour les lieux publics, le Lézard du Parc de la Tête-d'Or à Lyon. ou encore le parc des châteaux de Chantilly ou de Versailles.. Les lieux privés ouverts au public se dotent également quelquefois de petits trains routiers pour les utiliser au titre de navettes, à l’image du parc du Puy du Fou.., ou pour proposer des visites guidées. C’est notamment le cas aux Salins d'Aigues-Mortes., au domaine royal de Jarras., au zoo Cerza à Lisieux. ou encore à la Cité du train... Enfin, de manière plus anecdotique, on note l’existence d’un petit train routier dans l’enceinte du parc d’attractions Disneyland Paris. Construit sur mesure par le constructeur français Prat Trains., il prend l’apparence de Casey Junior, le train du long-métrage Dumbo, et apparait pour la première fois le . à l’occasion de la parade du Monde merveilleux de Disney... Il se compose alors d’une motrice, sur laquelle se trouve perchée l’éléphant Dumbo, et de quatre wagons : un tender, une draisine à bras, une cage avec deux girafes factices et une voiture à passagers. Il conserve son aspect d’origine et apparait de manière plus ou moins régulière jusqu’à l’été 2006. Il réapparait par la suite sous diverses couleurs et divers noms : Disney Character’s Express en bleu et blanc à partir de 2007, le Train en Fête de Minnie rouge à pois blancs en 2009. À partir de 2010, il devient multicolore, d’abord sous le nom de Disney All Stars Express, puis le Disney Dance Express en 2011, et enfin le Train Disney du anniversaire. Par la suite, il réapparait de manière occasionnelle pour le printemps de Minnie, où il est couvert de fleurs..

Technologie Le tracteur adopte généralement la carrure d'une locomotive à vapeur (d'où la dénomination de train). La plupart des petits-trains fonctionnent au diesel, mais il existe toutefois certains engins propulsés par l'électricité. Aucun guidage matériel n'est installé, le véhicule restant classé comme véhicule routier. Il est ainsi conduit par un conducteur titulaire du permis de conduire de catégorie D transport de personnes, aussi titulaire d'une autorisation préfectorale de circulation dans un itinéraire déterminé avec les caractéristiques du petit train routier touristique et l'entreprise du petit train routier touristique est titulaire d'une licence de transport.

Pratique gauche|vignette|Un petit train avec le capot moteur levé.

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