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vignette|upright|alt=Agent de police en uniforme portant un gilet pare-balles réglementaire et un fusil d'assaut, dans une rue.|right|Un policier londonien portant un gilet pare-balles en 2005.

vignette|alt=Équipements de combat saisis par la police, exposés sur une table.|right|Gilets pare-balles (en haut) et armes, lors d'une saisie.

Le gilet pare-balles est un équipement principalement destiné à protéger le thorax, l'abdomen et le dos contre le tir d'armes à feu en empêchant la pénétration de la balle et en absorbant son impact.

Description De nos jours, les gilets sont surtout fabriqués avec des fibres tissées serrées, principalement le Kevlar. Ils sont utilisés en général par l'armée et les forces de l'ordre (police, gendarmerie, douanes, surveillance pénitentiaire...). Ce type de gilet peut alors protéger celui qui le porte contre les projectiles d'armes de poing et de certains fusils, ainsi que les shrapnels de certains dispositifs explosifs comme les grenades. Des plaques de métal ou de céramique peuvent être glissées dans des pochettes prévues à cet effet sur le devant et à l'arrière des gilets, afin de leur permettre d'arrêter des munitions d'une puissance supérieure à la protection offerte par le seul gilet, au détriment du poids, qui peut être augmenté de plusieurs kilogrammes par les plaques. Les forces de police portent généralement le gilet seul, tandis que les plaques de céramique ou de métal sont utilisées par les armées nationales ou les forces spéciales d'intervention policière, tels le SWAT américain ou le GIGN, la BRI ou encore le RAID français. Mais les gilets pare-balles ne sont conçus que pour protéger d'un certain niveau de menace et ne sont donc pas infaillibles. Il existe des armes très efficaces pouvant les percer, comme les munitions perforantes d'armes de poing telles que la 5,7x28mm ou la 7N21 russe dont le noyau est en acier.

Vue d'ensemble Des plaques de métal (acier ou titane), de céramique ou de polyéthylène fournissent une protection supplémentaire au niveau des organes vitaux. Elles permettent une protection efficace contre toutes les munitions d'armes de poing (sauf quelques exceptions) et la plupart des fusils. Ces « gilets pare-balles tactiques » sont devenus un standard dans le domaine militaire, car le gilet pare-balles classique n'offre pas assez de résistance contre les projectiles de fusils d'assaut, armes que les forces militaires risquent le plus souvent d'affronter. Le CRISAT NATO () recommande les plaques de titane.

Contrairement aux armures de métal des deux guerres mondiales, les gilets pare-balles modernes ne dévient pas les balles mais stoppent, plutôt, les projectiles en absorbant l'énergie cinétique qu'ils dégagent et en la redistribuant sur la plus grande portion du corps possible. C'est un peu le même principe que les raquettes hivernales, qui répartissent le poids de la personne sur une plus grande surface afin qu'elle ne s'enfonce pas dans la couche de neige. Pour le gilet, c'est donc l'énergie cinétique de la balle qui est redistribuée, afin qu'elle ne pénètre pas le corps. Cette disposition déforme un peu la balle, ce qui diminue son pouvoir de pénétration. Bien que les gilets pare-balles empêchent les projectiles de pénétrer l'organisme, ce dernier absorbe malgré tout l'énergie déployée par la balle, ce qui peut causer des traumatismes internes. Même si la plupart du temps on s'en sort avec un bleu, l'impact peut causer de graves blessures, telles qu'une hémorragie interne, des déchirures au niveau des tissus ou encore des fractures des côtes.

La majorité des gilets pare-balles offrent une protection limitée contre les flèches, les pics à glace, les coups de couteau, les munitions dont la pointe est effilée ou les munitions perforantes. Étant donné que l'énergie déployée par ce type d'objet est répartie sur une surface très restreinte, ils peuvent traverser certains gilets. Certains modèles sont cependant spécialement conçus pour contrer les objets tranchants tels que les couteaux, ils sont principalement utilisés par les gardiens de prison. Des matériaux tels le Dyneema (une alternative au Kevlar) offrent une plus grande protection contre les lames.

Les gilets pare-balles, sans l'ajout de plaques de protection, n'offrent pratiquement aucune protection contre les munitions de fusil ou même certaines munitions de pistolet tirées par des carabines, car leur vitesse et leur pouvoir de pénétration sont beaucoup plus grands. La seule exception est le .22 Long Rifle, qui est arrêté par les gilets pare-balles, même s’il est tiré par un fusil.

Histoire Veste en soie Les premiers gilets pare-balles étaient faits de soie ou de linSite "TPE Shear Thickening Fluid", page Histoire des gilets pare-balles.. Ils ressemblaient aux jaques, vêtements matelassés médiévaux constitués de 18 à 30 couches de tissu afin d'offrir une protection maximale contre les flèches. Le , , médecin et naturaliste de Tombstone, dans l'État de l'Arizona, assistait à un duel d'armes à feu entre deux hommes, et . En examinant Storms, il découvrit que le mouchoir de soie de l'homme plié dans sa poche de poitrine avait ralenti quelque peu la balle qui l'avait touché. Il a extrait la balle intacte de la blessure avec deux épaisseurs de soie enroulées autour. Le docteur Goodfellow documenta plusieurs autres cas où des tissus de soie auraient protégé des personnes d'une blessure par balle..

À Chicago, un prêtre polonais du nom de utilisa la découverte de Goodfellow, pour développer l'un des premiers gilets pare-balles, vers la fin du XIXe siècle. Très coûteux, le gilet fait de plis de soie d'une épaisseur totale d'environ 10 à 12 mm pouvait arrêter les balles les plus lentes tirées par des armes de poing à poudre noire. Le gilet coûtait dans les US à l'époque. Des versions de ce tissu épaisses de 25 mm sont mentionnées par un journal en 1902 comme pouvant arrêter des balles de plomb des fusils militaires à n'importe quelle distance. Recouvert de 1,6 mm d'acier ce dernier peut également stopper des balles de fusil en acier tirées à une distance de 230 m, et d'une distance de 45 m si l'épaisseur de la plaque d'acier est doublée..

Un tissu similaire protégeant la voiture du roi et de son épouse, créé par l'inventeur polonais Jan Szczepanik avec Casimir Zeglen en 1901, sauva la vie d'Alphonse XIII d'Espagne lors d'une attaque à la bombe en .

Le , François Ferdinand, l'archiduc d'Autriche, possédait une de ces vestes mais ne la portait pas lors de son assassinat. Cependant, elle n'aurait pas pu le protéger de la balle de .32 ACP tirée par Gavrilo Princip qui l'a atteint au cou.

Plastrons d'acier

vignette|alt=Armure constituée de plaques de métal reliées.|right|upright=0.5|Armure corporelle d'infanterie allemande (Sappenpanzer), 1918. vignette|gauche|Plusieurs armures américaines après des tests de tir en 1918.

Durant la Première Guerre mondiale, les États-Unis développèrent plusieurs types d'armure, incluant le Brewster Body Shield, fait d'un alliage de nickel, de chrome et d'acier. Cette armure pouvait arrêter les balles du , qui pouvaient atteindre la vitesse de . Cependant, cette armure était encombrante et très lourde (). Un autre type d'armure fut conçu, en , par le . Ce plastron, basé sur une armure du , pesait , mais était considéré comme trop bruyant et contraignant. Un gilet sur mesure, fait d'acier en écailles attachées à une doublure de cuir pesant , fut aussi développé. Étant ajusté au corps, il était apprécié comme plus confortable que les autres types d'armures.

Les Allemands quant à eux ont utilisé massivement dès 1916 des plastrons d'acier pour protéger leurs guetteurs dans la guerre de tranchée, les Sappenpanzer, en acier trempé d’une épaisseur de 22 mm, qui pesaient en moyenne entre 9 et 11 kilos. Cette cuirasse présentait divers inconvénients car le soldat équipé avait des difficultés à lancer une grenade, à manier un fusil et le poids de la cuirasse était une gêne considérable. Fin 1917, plusieurs modifications sont apportées : ajout d’une sangle dorsale, d’une découpe pour épauler le fusil et de crochets pour arrimer des charges lourdes ou au moins un ceinturon. Entre 400 000 et 500 000 exemplaires de la Sappenpanzer auraient été produites entre 1916 et 1918.

En 1923, Leo Krause déposa un brevet américain pour un gilet pare-balle en tissu contenant des plaques de duralium et permettant d'arrêter les balles de pistolet. Les plaques étaient chacune enfermée dans une poches de tissu et se superposaient partiellement l'une sur l'autre comme des tuiles. Chaque poche était agrafée en sa partie la plus haute à une toile placée derrière. Un matelassage en soie de Chine était également présent devant et derrière les poches contenant les plaques métalliques. Il n'hésitait pas à se faire prendre en photo portant son gilet et se faisant tirer dessus pour en faire la promotion.

Gilet capitonné Vers la fin des années 1920 et le début de 1930, des membres de groupes criminels des États-Unis commencèrent à porter des vêtements rembourrés de coton. Beaucoup moins chers que les armures d'acier, ces gilets pouvaient absorber l'impact de munitions d'armes de poing tel le .22 Long Rifle, .25, .32 S&W Long, .380 ACP et le .45 ACP qui se déplacent à des vitesses approchant les . Plusieurs services de police comme le FBI se dotèrent alors d'une munition plus puissante, la .357 Magnum, afin de répondre à ces protections.

Seconde Guerre mondiale Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis développèrent des armures pour l'infanterie, mais la plupart des modèles étaient trop lourds et contraignaient trop les mouvements. De plus, ces armures étaient incompatibles avec les équipements existants. La société développa, parallèlement, un gilet à l'épreuve des shrapnels de la Flak allemande pour les pilotes de la RAF (). Ces gilets, faits de plaques de manganèse insérées dans une veste de nylon balistique développé par la firme Dupont, ne pouvaient cependant pas arrêter une balle. Des plaques en composite de fibre de verre, appelées et développées par la Dow Chemical Company dès , furent également utilisées par des Marines lors des dernières phases de la bataille d'Okinawa. Les plaques Doron insérées dans des vestes en nylon balistique conféraient une protection relative face aux éclats d'explosions et autres fragments. Cette même technologie fut ensuite utilisée à bien plus grande échelle durant la guerre de Corée et la guerre du Vietnam dans les années 50.

L'armée japonaise produisit aussi quelques types d'armure pour l'infanterie durant la Seconde Guerre mondiale, mais ils ne furent pas convaincants. Les tentatives de l'armée américaine reprirent au milieu de 1944, avec la production de plusieurs types d’armure telles les T34, T39, T62E1 et M12.

L'Armée rouge soviétique développa, quant à elle, des modèles de gilets pare-balles nommés SN-38, SN-39, SN-40 et SN-42. « Stalynoi Nagrudnik » étant la traduction de « Gilet d'acier » et le numéro représentant l'année de conception. Seul le SN-42, fait de deux plaques d'acier pressées, entra finalement en production. D'une épaisseur de et d'un poids de , il fut fourni au SHISBr (Génie de combat), au Tankodesantniki (des soldats d'infanterie embarquant sur les chars de combat lors d'un assaut) et à certaines brigades de blindés. L'armure SN protégeait contre des balles de la MP40 allemande tirées à plus de 100-125 mètres, ce qui donna un avantage important lors de batailles urbaines (comme à Stalingrad). Malgré tout, son poids la rendait inutilisable pour l'infanterie à pied et la munition de 7,92 × 57 mm tirée par la Mauser Karabiner 98k et la MG42 la traversait facilement.

De 1945 à 1990