Franz Hessel, né le à Stettin et mort le à Sanary-sur-Mer, est un écrivain, traducteur et lecteur de maison d'édition allemand. Franz Hessel est le fils d'un banquier juif berlinois. Il a un frère, l'historien (1877-1939). De son mariage avec Helen Grund, naîtront deux enfants, Ulrich (1914-2003), et Stéphane Hessel (1917-2013). Il est l'auteur de nombreux poèmes, volumes de proses et romans, bien souvent construits autour d'expérience réelles, racontées à la première personne par le narrateur.

Biographie Ses parents, Fanny et Heinrich Hessel, s'installent à Berlin en 1880, et rejoignent l’église luthérienne. En 1900, lorsque le père de Franz Hessel meurt, il laisse une grande fortune, permettant à son fils de mener une vie insouciante à Munich et à Paris. En 1901, il intègre l'université Louis-et-Maximilien de Munich, où il publie notamment quelques poèmes.

De 1906 jusqu'à peu de temps avant la Première Guerre mondiale, Hessel vit à Paris, où il fréquente les milieux artistiques de Montparnasse, en particulier le célèbre café du Dôme, où les artistes étrangers se rencontrent. C’est à cette époque qu’il rencontre le marchand d’art et écrivain français Henri-Pierre Roché et la jeune peintre allemande Helen Grund, qu’il épouse en 1913. Après la guerre, la famille s’installe dans la villa Heimat à la périphérie de Schäftlarn, au sud de Munich. En 1920, alors que son mariage est déjà brisé, il publie le roman Romance à Paris (ou Romance parisienne), dans lequel il relate ses années passées à Paris et la rencontre avec celle qui deviendra son épouse.

Dans les années 1920, Hessel vit à Berlin et travaille comme éditeur chez Rowohlt Verlag. En plus de son travail d'écriture, il traduit des œuvres de Giacomo Casanova, Stendhal, Honoré de Balzac et réalise notamment avec Walter Benjamin une traduction de trois volumes d'À la recherche du temps perdu de Marcel Proust. Avec l’éditeur Paul Mayer et le propriétaire de la maison d’édition Ernst Rowohlt, Hessel préside tous les trimestres ses soirées d’auteurs auxquelles participent les plus grands écrivains de l’époque.

Il devient l’un des premiers représentants allemands du concept baudelairien de la flânerie, et en 1929, il publie un recueil d’essais sur ce thème consacré à son Berlin natal, Spazieren in Berlin. Dans sa critique littéraire parue la même année, Walter Benjamin décrit le recueil comme En conclusion, Benjamin écrit :

L'œuvre de Hessel a en grande partie sombré dans l'oubli durant le , à cause de sa stigmatisation par le national-socialisme, en tant qu'auteur de confession juive. C'est seulement dans les années 1980 qu'elle fut redécouverte, notamment à travers l'évocation du ménage à trois que l'auteur avait mené avec son épouse Helen Grund et Henri-Pierre Roché, qui a raconté cette histoire dans son roman Jules et Jim (1953), devenu célèbre à travers l'adaptation cinématographique qu'en fit François Truffaut.

Exil, internements et mort en France thumb|Plaque commémorative pour les exilés allemands et autrichiens de Sanary. En , Franz Hessel et sa famille fuient les persécutions nazies et se réfugient à Paris, où ils vivront jusqu'en . Craignant l’avancée des envahisseurs allemands, ils s'installent à Sanary-sur-MerLaura Goult, L'Enlèvement d'Europe : réflexion sur l'exil intellectuel à l'époque nazie, éd. L'Harmattan, 2010, ., village de la Côte d'Azur où sont réfugiés des intellectuels et artistes allemands depuis 1933. Franz Hessel est interné une première fois en au camp de Colombes parce qu'il est citoyen allemand. Libéré grâce à l'intervention de Gabriële Buffet-Picabia, il est à nouveau interné en avec son fils Ulrich, et de nombreux autres émigrés comme Lion Feuchtwanger, au camp des Milles, près d'Aix-en-Provence, d'où il est libéré grâce aux démarches de sa femme. La famille se retrouve pour Noël à Sanary-sur-Mer, mais ayant subi un AVC dont il ne se remet pas et souffrant de dysenterie, Franz Hessel s'y éteint le . et il est enterré au cimetière de SanaryStéphane Hessel, Danse avec le siècle, éd. Seuil, 1997p. 56. Helen, Ulrich et Stéphane assistent à l'enterrement en compagnie d'amis intellectuels et d'artistes exilés comme les peintres Erich Klossowski et Anton Räderscheidt, ou encore les écrivains et Alfred Kantorowicz.

Œuvre Sämtliche Werke (Œuvres complètes), I, II, III, IV & V, Oldenburg, 1999

Romans Der Kramladen des Glücks, 1913 Pariser Romanze, 1920 Heimliches Berlin, 1927

Essais Von den Irrtümern der Liebenden (Des erreurs des amoureux), 1922 Sieben Dialogue (Sept dialogues), 1923 Teigwaren Leicht gefärbt (Pâtes légèrement colorées), 1926 Nachfeier (Lendemain de fête), 1929 Spazieren in Berlin (Promenades dans Berlin), 1929 Marlene - Ein Porträt, 1931, essai sur la personne derrière la vedette Marlène Dietrich Ermunterungen zum Genuss (Exhortation au plaisir), 1933 Promenades dans Berlin, préface de Stéphane Hessel, éditions de L'Herne, 2012

Poésie Die Witwe von Ephesos (La Veuve d'Ephèse), 1925, poème dramatique

Traductions aux éditions Rowohlt

Œuvre traduite en français Le bazar du bonheur, [Kramladen des Glücks] (roman), traduit de l'allemand par Léa Marcou, postface de Bernd Witte, Calmann-Lévy, 1992 Le bazar du bonheur, suivi de Romance parisienne, [Kramladen des Glücks, Pariser Romanze] (romans), traduit de l'allemand par Léa Marcou, postface de Bernd Witte, 10/18 domaine étranger, 1993 Marlène - Un portrait, traduit de l'allemand par Josie Mély, éditions du Félin, 1997 Des amants et de leurs erreurs [Irrtümern der Liebenden] (récits), traduit de l'allemand par Jean Ruffet, Seuil, 1997 Le dernier voyage [Alter Mann] (roman), traduit de l'allemand par Françoise Borie, postface de Bernd Witte, Le Promeneur, 1997 Encouragements au plaisir [Ermunterungen zum Genuss] (nouvelles), trad. de l'allemand par Jean Ruffet, Seuil, 2001 Promenades dans Berlin, traduit de l'allemand par Jean-Michel Beloeil, Avant-propos de Stéphane Hessel, présentation de Jean-Michel Palmier, L'Herne, 2012 Flâneries parisiennes, précédé de L'art de se promener, traduit de l'allemand, préfacé et annoté par Maël Renouard, Payot & Rivages, 2013 Berlin secret [Heimliches Berlin] (roman), traduit de l'allemand par Danielle Risterucci-Roudnicky, préface de Walter Benjamin, postface de Manfred Flügge, Albin Michel, 2017

Notes et références

Références

Voir aussi Bibliographie Laura Goult, L'Enlèvement d'Europe : réflexion sur l'exil intellectuel à l'époque nazie, Éditions L'Harmattan, Paris 2010

Françoise Borie, Franz Hessel : un flâneur de deux rives, Éd. Suger, Saint-Denis 1999 Gregor Ackermann, Hartmut Vollmer (ed.): Über Franz Hessel. Erinnerungen – Porträts – Rezensionen. Igel Wissenschaft, Oldenburg 2001. : Die eingebildete Metropole. Berlin im Feuilleton der Weimarer Republik. Metzler, Stuttgart 1992. Gerd-Rüdiger Erdmann, Zwei Flaneure in Berlin – auf den Spuren von Franz Hessel und Walter Benjamin. VBB, Berlin 2020. (ed.), Franz Hessel: «Letzte Heimkehr nach Paris». Franz Hessel und die Seinen im Exil. Arsenal, Berlin 1989.

Lien interne Walter Benjamin

Liens externes

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