Alfred Pellan (né Alfred Pelland, à Québec, le - mort à Laval, le ) est un peintre, un muraliste, un illustrateur et un costumier québécois, domicilié à Auteuil (Laval).. pendant près de quarante ans. Il est le premier peintre québécois à s'être illustré sur la scène française (plus précisément en 1935). Vingt ans plus tard, à la suite d'une exposition à Paris, son œuvre est reconnue au Québec et au Canada.
Biographie Alfred Pellan naît à Québec, le . Sa mère, Régina Damphousse, meurt lorsqu’il est en bas âge, et son père Alfred Pelland, mécanicien de locomotive., élève les trois enfants. Lorsqu’il est à l’école, il couvre de dessins les marges de ses cahiers et réussit très bien ses cours d’arts plastiques, alors que les autres matières l'ennuient. En 1920, Alfred Pellan s'inscrit à l'École des beaux-arts de Québec. Il y obtient les premiers prix de cours supérieurs et y décroche des médailles en peinture, dessin, sculpture, croquis, anatomie et publicité. Il vend sa première toile à l’âge de dix-sept ans à la Galerie nationale du Canada (aujourd’hui le Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa). Puis, il obtient en 1926 la première bourse d'études en arts du Québec, ce qui lui permet de demeurer plusieurs années à Paris et de séjourner à Venise, notamment. Il poursuit des études à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris (1926-1930)., où il obtient en 1928 « un Premier prix de peinture » (atelier Lucien Simon). Après l'expiration de sa bourse, il prolonge son séjour à Paris, avec l'aide de son père, jusqu'en 1940, travaillant souvent seul tout en fréquentant les académies de la Grande Chaumière, Colarossi et Ranson. Il gagne le premier prix à l'exposition d'art mural de 1935 à Paris. Il côtoie plusieurs des artistes les plus connus de l'époque (dont : Picasso, Matisse, Derain, Dali…) et, en parcourant l'Europe, . Venu faire un bond à Québec, en 1936, dans le but d'être nommé professeur à l'École des Beaux-Arts de sa ville natale, il avait été refusé par le jury, qui l'avait trouvé trop « moderne ». Ses premières oeuvres étaient surtout des natures mortes, qui s'inscrivent dans une forme de cubisme académique, où se lisent, outre l'influence de Picasso et celle de Matisse.
Quand arrive la Seconde Guerre mondiale, il s'empresse de retourner au Québec (1940) et s'installe dans la métropole, Montréal. Il rapporte des œuvres qui sont louangées dans des expositions à Québec et à Montréal. Les œuvres cubistes ou surréalistes qu'il ramène avec lui sont, cependant, alors considérées comme trop avant-gardistes : la plupart ne trouvent pas preneur. De 1943 à 1952, pour survivre, il enseigne à l'École des beaux-arts de Montréal. Son opposition active aux fondements théoriques du directeur de l'École pousse ce dernier (Charles Maillard) à démissionner en 1944. L'école devient dès lors plus libérale dans son approche. En effet, Pellan est ouvertement contre l'académisme et s'engage pour un art indépendant, davantage ouvert à l'universalité et à l'évolution.
Pendant les années 1940, il illustre des recueils de poésie et conçoit des costumes et des décors pour le théâtre. Son style prend de la maturité, se développe encore, pendant cette période. Le surréalisme l'attire de plus en plus : son imagerie devient plus érotique et ses peintures, aux couleurs toujours saisissantes, deviennent plus grandes, plus complexes et plus texturées. Ne croyant pas aux écoles d'art, il est cosignataire, au début de 1948, de « Prisme d'yeux », un manifeste rédigé par Jacques de Tonnancour prônant la liberté d’expression dans l’art, un regroupement qui réclame un art libre de toute idéologie. Plus tard, cette même année, un autre groupe se forme, plus radical, qui signe le manifeste « Refus global » alors proposé par Borduas, reléguant dans l'ombre le premier manifeste, comme si les deux manifestes étaient totalement opposés et incompatibles l'un avec l'autre.
En 1950, un an après leur mariage, Alfred Pellan et sa femme Madeleine Poliseno, s'installe dans leur maison canadienne sur les rives de la rivière des Mille Îles dans le quartier Auteuil à Laval. Dans le but de rendre leur demeure plus adaptée au besoin de Pellan, le couple effectue quelques rénovations. L’étage est agrandi pour installer l’atelier de l’artiste ainsi qu’un lieu d’exposition. L'ancien hangar devient un deuxième atelier et un garage.
En 1952, Alfred Pellan reçoit une bourse de la Société royale du Canada et retourne à Paris jusqu'en 1955, avec celle qu'il avait épousée en 1949. Pendant ce séjour et sous le patronage des gouvernements de France et du Canada, le musée national d'Art moderne de la Ville de Paris accueille une exposition de 181 de ses œuvres. Il devient le premier Canadien à présenter une telle exposition individuelle à Paris.
Revenu au Québec depuis deux ans, il reprend ses cours de peinture en 1957 comme professeur au Centre d'art de Sainte-Adèle tout en vivant dans sa maison d'Auteuil à Laval, où il avait élu domicile en 1950. Sa réputation ne cesse ensuite de s'étendre auprès des experts canadiens : il se fait connaître dans différentes expositions, solo ou collectives, et reçoit des commandes de murales, qui établissent sa renommée dans l'ensemble du pays. vignette|Photographe inconnu, Pellan dans l’atelier de sculptures de Jean Bailleul à l’École des beaux-arts de Québec, 1923, Épreuve à la gélatine argentique, 12 x 17 cm, MNBAQ, Fonds Madeleine et Alfred Pellan (P38.S17.D23.P1) Plusieurs monographies et documentaires lui sont consacrés, de son vivant déjà, et il reçoit une cascade de récompenses et d'honneurs.
À partir de 1978, Alfred Pellan combat une leucémie, et il ne produit que cinq œuvres durant sa dernière période de dix ans. Domicilié à Auteuil (Laval), il meurt à Laval, le . Il est inhumé au Parc du Souvenir, un cimetière situé avenue des Perron à Auteuil.
Son épouse (depuis 1949, quand elle avait 23 ans, et lui, 43), Maddalena Poliseno, ou Madeleine Pelland, qu'il a connue quand elle était étudiante à l'École des beaux-arts de Montréal, lui survit jusqu'au .
Le fonds d'archives d'Alfred Pellan est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec..
Expositions Expositions individuelles 1939 - Galerie Jeanne Bûcher, Paris 1940 - Musée des beaux-arts de Montréal 1942 - Galerie Bignou, New York 1954 - Coq Liban, Paris 1955 - Musée national d'Art moderne, Paris (rétrospective de 81 œuvres) 1956 - Hôtel de ville de Montréal 1957 - Laing Galleries, Toronto 1960 - Hommage à Pellan, Galerie Denyse Delrue, Montréal 1960 - Galerie nationale du Canada 1960 - Musée des beaux-arts de Montréal 1960 - Musée du Québec, Québec 1961 - Musée des beaux-arts de l'Ontario, Toronto 1961 - Roberts Gallery, Toronto 1968 - Winnipeg Art Gallery 1969 - Musée d'art contemporain de Montréal 1971 - Pellan, creation for the Theatre, Roberts Gallery, Toronto 1972 - Musée du Québec, Québec 1972 - Musée des beaux-arts de Montréal 1973 - Galerie nationale du Canada 1977 - Galerie Signal, Montréal 1981 - Les Dessins d'Alfred Pellan, Galerie nationale du Canada Rétrospectives posthumes 1993 - Musée d'art contemporain de Montréal 1993 - Musée national des beaux-arts du Québec (à Québec) 2005 - Musée d'art contemporain des Laurentides (à Saint-Jérôme) 2006 - Maison des arts de Laval 2008 - Musée national des beaux-arts du Québec (à Québec) 2013 - Musée national des beaux-arts du Québec (à Québec).
Expositions collectives 1934 - Salon d'automne, Paris 1935 - exposition du groupe « Forces nouvellesFrançois-Marc Gagnon, André Gladu, Paris 1926-1940, dans Vie des arts, , Paris, mars–printemps 1987, . », Paris, galerie Billiet-Vorms 1936 - Galerie Bernheim, Paris 1938 - Exposition des Surindépendants, Paris 1938 - salon de la Nouvelle génération, Paris, galerie Billiet-Vorms 1941 - Exposition annuelle de la Société d'art contemporain de Montréal 1942 - Addison Gallery of American Art, Phillips Academy, Andover (Massachusetts) 1944 - Groupes de Peintres Canadiens, Rio de Janeiro, Brésil 1946 - Premier Salon des réalités nouvelles, Paris 1949 - Exposition nationale canadienne, Toronto 1952 - Exposition internationale de la Biennale de Venise, Italie 1954 - Salon de mai, d'art moderne, Paris 1957 - 35 Peintres contemporains, Musée des beaux-arts de Montréal 1959 - Wallraf-Richartz Museum, Zeitgenossische Kunst, Cologne, Allemagne 1963 - Muzeum narodwe w warszawie, Nowoczesne Malarstwo Kandyjskie, Pologne 1964 - Wilson, Pellan, Lemieux, McEwen, Plaskett, musée Galliera, Paris 1964 - Canadian Painting 1939-1963, Tate Gallery, Londres 1964 - Fifteen Canadian Artists, Washington Gallery of Modern Art 1965 - Fifteen Canadian Artists, musée d'art moderne de San Francisco 1967 - La Peinture au Canada, Pavillon du Canada, Terre des Hommes, Montréal 1967 - Modern Art in Advertising, Institut d'art de Chicago 1968 - Dix Peintres du Québec, musée d'art contemporain de Montréal 1975 - A Survey of Canadian Painting, Musée des beaux-arts de l'Ontario 1979 - Dessin et surréalisme au Québec, musée d'art contemporain de Montréal 1983 - Le paysage canadien, Exposition itinérante, Londres, Madrid, Paris 1985 - Six manières un langage, musée du Québec, Québec 1988 - Borduas and Other Rebels, Dresdnere Gallery, Toronto Exposition posthume (pour chacun des peintres) 1989 - Pellan, Fortin, Gagnon, Maison des arts de Laval
Œuvres
Peintures
Jeune Fille au col blanc, 1934?, huile sur toile, 91,7 x 73,2 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. Fruits au compotier, 1934?, huile sur contreplaqué, 80 x 119,8 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. Nu de femme, 1935?, huile sur carton, 24,6 x 20 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. La Spirale, 1938?, huile sur toile, 73 x 54 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. Vénus et le taureau, 1938?, huile sur toile, 73,5 x 50 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. Fleurs et dominos, 1940 ou peu avant, huile sur toile, 116 x 89,4 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. Homme et femme, 1943-1947, huile sur toile marouflée sur contreplaqué, 167 x 208 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. Citrons ultra-violets, 1948, huile, feuille d'or et peinture fluorescente sur toile, 208 x 167,3 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. S'abstenir, 1958, huile et gouache sur toile, 60,6 x 93,7 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. Et le soleil continue, 1959 (1ere version, vers 1938), huile, silice et tabac sur toile, 40,6 x 55,8 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. Slurch, 1970, huile et silice sur toile, 63,3 x 91,5 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. Série noire - C, 1971, huile sur toile marouflée sur bois, 36,8 x 68,5 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. Bestiaire 24e, 1981, huile et silice sur contreplaqué, 122 x 122 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. Bestiaire 26e, 1984, huile et pastel à l'huile sur toile, 121,9 x 121,9 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec.
Masques
Masque 60, 1971, acrylique sur masque de plastique, 21,7 x 17 x 11 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. Feste, 1971, acrylique sur masque de plastique, 21,7 x 17 x 11 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. Olivia, 1971, acrylique sur masque de plastique, 21,7 x 17 x 11 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. Valentin, 1971, acrylique sur masque de plastique, 21,7 x 17 x 11 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. Malvolio, 1971, acrylique sur masque de plastique, 21,7 x 17 x 11 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. Prêtre, 1971, acrylique sur masque de plastique, 21,7 x 17 x 11 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec. Sire André, 1971, acrylique sur masque de plastique, 21,7 x 17 x 11 cm, Musée national des beaux-arts du Québec, Québec.