Mane est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le nom de ses habitants est Manarains..
La commune utilise le nom de domaine internet Mane-en-Provence, mais le nom officiel est bien Mane.
Elle a reçu le label « village et cité de caractère ».
Géographie thumb|left|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Mane et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).
Le village est situé entre la montagne de Lure et le Luberon à d’altitude.. Il se trouve au cœur du pays de Forcalquier et des magnifiques paysages provençaux. Vastes champs cultivés, plateaux et collines vallonnées encadrent le village sous un des ciels les plus purs de Provence.
Géologie
vignette|Mane, vu de l’ouest Relief
Hydrographie
Mane est traversée par la Laye, ainsi que par plusieurs de ses affluents, notamment : le ravin de la Combe crue, le ravin de Saint-Estève, le ravin de l'été.
Voies de communication et transports
Voies routières Mane est traversée par la route départementale 4100, ancienne route nationale 100 reliant Avignon et Apt à Forcalquier et La Brillanne. L'autoroute A51 (Gap-Marseille) est à de Mane par Forcalquier.
Services autocars Lignes régionales, réseau Zou ! Mane est desservie par trois lignes du réseau Zou !. : 1 ligne EXPRESS :
+ LigneTracé Marseille ↔ Manosque ↔ Mane ↔ Forcalquier
2 lignes de PROXIMITÉ : + LigneTracé Forcalquier ↔ Mane ↔ Manosque Avignon ↔ Apt ↔ Mane ↔ Forcalquier ↔ La BrillanneHoraires et tarifs Zou ! Ligne 915
Environnement
La commune compte de bois et forêts, soit de sa superficie.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Provence, Languedoc-Roussillon, caractérisée par une pluviométrie faible en été, un très bon ensoleillement (), un été chaud (), un air très sec en été, sec en toutes saisons, des vents forts (fréquence de 40 à 50 % de vents > ) et peu de brouillards. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Dauphin à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Risques naturels et technologiques
Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Forcalquier auquel appartient Mane est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Mane est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt, inondation (dans la vallée de la Laye), mouvement de terrain : certains versants de la commune sont concernés par un aléa moyen à fort.
La commune de Mane est de plus exposée à un risque d’origine technologique, celui de transport de matières dangereuses par route. Il s’agit surtout du transport de matières premières à destination ou de produits finis en provenance des usines Arkema de Saint-Auban. Les départementales RD4100 (ancienne route nationale 100) et RD13 peuvent être empruntées par les transports routiers de marchandises dangereuses.
Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) de la commune a été approuvé en 2006 pour le risque de mouvement de terrain et le Dicrim n’existe pas.
La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle pour des inondations et des coulées de boue : en 1986, 1987, 1990, 1994, 2011, et des glissements de terrain en 1994. Aucun séisme n’a jamais été fortement ressenti dans la commune. Seul celui du , dont l’épicentre se trouvait à Saint-Paul-sur-Ubaye, a été ressenti avec une intensité macro-sismique de III sur l’échelle MSK (les objets suspendus se balancent).
Hameaux
Châteauneuf La Laye
Urbanisme
Typologie Au , Mane est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Forcalquier, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Manosque, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (65,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (67,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (34,5 %), forêts (29,3 %), terres arables (21,1 %), zones agricoles hétérogènes (9,6 %), zones urbanisées (2,9 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (1,6 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (1 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Budget et fiscalité +L'imposition des ménages et des entreprises à Mane en 2009. Taxe Part communale Part intercommunale Part départementale Part régionale Taxe d'habitation 4,50 % 30,30 % 5,53 % 0,00 % Taxe foncière sur les propriétés bâties 13,63 % 8,94 % 10,80 % 2,36 % Taxe foncière sur les propriétés non bâties 42,08 % 31,69 % 47,16 % 8,85 % Taxe professionnelle 14,52 % 6,37 % 47,16 % 8,85 %
Jumelages
Toponymie vignette|Panneau d'entrée depuis Saint-Michel-l'Observatoire.
Le nom du village, tel qu’il apparaît pour la première fois dans les textes en 1103 (castel de Manoa), est interprété de différentes manières. Pour Charles Rostaing., il s’agit d’un oronyme (nom de montagne) pré-indoeuropéen, *MaN- ; et selon Ernest Nègre, le nom dérive du latin manua, avec (mais sans certitude) le sens du mot occitan magne, gerbe, liasse de paille préparée pour servir à la couverture d’une habitation (chaumière). La commune se nomme Mana en occitan provençal classique et Mano selon la norme mistralienne.
Le lieu-dit Salagon, où est construit un prieuré, est formé sur une racine préceltique *Sal-, désignant un relief, selon une formation courante.
Histoire
Préhistoire et Antiquité
Plusieurs sites ont livré des traces d’occupation du Chalcolithique et du Néolithique : Beauchamp, le Roucas, les Roussiers, les Treilles.
Dans l’Antiquité, le territoire de Mane fait partie de celui des Sogiontes (Sogiontii), dont le territoire s’étend du sud des Baronnies à la Durance. Les Sogiontes sont fédérés aux Voconces, et après la conquête romaine, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au , ils sont détachés des Voconces et forment une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron). Le village existait à l’époque romaine, et s’était établi sur un carrefour entre la voie Domitienne et une route secondaire. Une statue de Neptune y a été découverte.
Moyen Âge et Temps modernes
Alors que le sud-est de la Gaule était une terre burgonde, le roi des Ostrogoths Théodoric le Grand fait la conquête de la région entre la Durance, le Rhône et l’Isère en 510. La commune dépend donc brièvement à nouveau de l’Italie, jusqu’en 526. En effet, pour se réconcilier avec le roi burgonde Godomar III, la régente ostrogothe Amalasonte lui rend ce territoire..
La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 1103 (Manoa). Auparavant, l’évêque de Sisteron donne les dîmes du prieuré de Salagon aux chanoines de Forcalquier en 1015.
Du au , l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon y possédait un prieuré, à Salagon, mais aussi quatre autres églises, dont l’église paroissiale et trois églises rurales, avec tous les revenus afférents. Raynaud Rocheyo (?-av.1338), clavaire de Puget-Théniers (1312), rational de Provence (1315) puis Maître rational (1315 ; 1324 ; 1331), trésorier de Provence (1321), fut seigneur de Mane., familier du roi. Il était en 1315, châtelain de La Turbie et viguier de l'archevêque de CapouePerrat, Actes, . À sa mort, le roi Robert donna à ses héritiers une pension de d'or pour la cession à la cour du château de Mane.
Le fief de Mane relevait du comté de Forcalquier au . Lorsque ce comté perd son indépendance en 1209, à la mort de Guillaume II, un de ses neveux, Guillaume de Sabran tente de le relever. Après une lutte de dix ans, il passe un accord à Meyrargues le avec Raimond Bérenger IV, comte de Provence et lui aussi héritier du comté de Forcalquier. Par cet accord, la moitié sud du comté, dont Mane, lui est donnée. Guillaume de Sabran conserve sa moitié de comté jusqu'à sa mort, vers 1250..
En 1303, Raymond de Pierrevert était coseigneur de Chateauneuf-lès-Mane ; en 1304, il devint coseigneur de ReillanneMarie-Zéphirin Isnard, État documentaire et féodal de la Haute-Provence : nomenclature de toutes les seigneuries de cette région et de leurs possesseurs depuis le jusqu'à l'abolition de la féodalité ; état sommaire des documents d'archive communales antérieures à 1790 ; bibliographie et armoiries, Digne, Vial, 1913, 101 et 304. Le fief de Mane est réuni à la vicomté de Reillanne (1379). Il appartient à la famille des d’Agoult (au ), puis passe aux Bouliers () et aux Forbin (du à la Révolution française).
Le village de Châteauneuf lui est réuni au . L’abbaye des bénédictines () est , puis restaurée en 1578. C’est de Vins qui prend la ville, avant de s’enfuir à l’arrivée du sire de MeyrarguesYvette Isnard, « Les dynasties seigneuriales d’Oraison », Chroniques de Haute-Provence, 2012, , .
Au , une petite industrie de faïencerie s’est développée à Mane.