Hésingue est une commune française de la banlieue de Bâle, située dans la circonscription administrative du Haut-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.
Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.
La ville est située à l'extrême sud-est du département et se situe non loin de la frontière suisse. Hésingue est aussi à quelques kilomètres de l'Allemagne. Géographie Localisation Hésingue se situe près du Rhin, entre le massif des Vosges et celui de la Forêt-Noire (), à l'extrémité sud-est du département du Haut-Rhin et de la région Alsace. Hésingue se situe à la jonction entre la plaine du Rhin et le Sundgau, au débouché de la vallée du Muehlbach qui marque un talus de trente-cinq mètres de dénivelé, de direction nord-sud. Topographiquement, la commune de Hésingue se situe au contact de deux grandes unités très différentes : le Sundgau à l'ouest, la plaine du Rhin à l’est.
Sa superficie est de et son altitude moyenne est de . Hésingue est située à 30 minutes en voiture de Mulhouse, moins de 1 heure du massif des Vosges et à quelques minutes du Rhin. Les villes les plus proches sont : Bâle, Saint-Louis, Huningue, Blotzheim, Hégenheim, Attenschwiller et Buschwiller.
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau l'Altenbach, le ruisseau l'Augraben et le Liesbach..
L'Altenbach, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Folgensbourg et se jette dans l'Augraben à Saint-Louis, après avoir traversé .
L'Augraben, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Hagenthal-le-Haut et se jette dans le Grand canal d'Alsace à Kembs, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de HésingueLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Ill Nappe Rhin ». Ce document de planification concerne la nappe phréatique rhénane, les cours d'eau de la plaine d'Alsace et du piémont oriental du Sundgau, les canaux situés entre l'Ill et le Rhin et les zones humides de la plaine d'Alsace. Le périmètre s’étend sur . Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est la région Grand Est..
La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat semi-continental et le climat de montagne. et est dans la région climatique Alsace, caractérisée par une pluviométrie faible, particulièrement en automne et en hiver, un été chaud et bien ensoleillé, une humidité de l’air basse au printemps et en été, des vents faibles et des brouillards fréquents en automne (25 à ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Louis à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Hésingue est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Bâle (SUI)-Saint-Louis (partie française)Une unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération internationale regroupant six communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Bâle (SUI)-Saint-Louis (partie française) comprend une ville-centre et cinq communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bâle - Saint-Louis (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (44,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (53,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (28,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (23,6 %), zones urbanisées (15,9 %), terres arables (15,6 %), forêts (13,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,5 %), prairies (0,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports Hésingue possède plusieurs infrastructures telles qu'un aéroport, plusieurs routes départementales (la RD 105 par exemple, qui contourne la ville), des routes nationales, un réseau de bus, plusieurs kilomètres de pistes cyclables.
Transport en commun
Le réseau de transport en commun urbain de la communauté d'agglomération des Trois Frontières est géré par DistribusSite officiel de Distribus. Il est constitué d'un réseau de sept lignes principales (Autobus urbains) et de quatre lignes d'extension (minibus). Le carrefour central de Saint-Louis est l'important centre de correspondance des différentes lignes du réseau, à partir de ce point l'ensemble des communes de la communauté est accessible. On trouve également des liaisons grandes lignes assurées par les bus Metro-Cars, un transporteur routier basé au cœur de Saint-Louis. Ce dernier propose plusieurs lignes régulières entre Saint-Louis et ses environs.
Réseau aérien
L'aéroport de Bâle-Mulhouse-Fribourg, situé à deux de kilomètres au nord-est de la ville, est le de France par le nombre de passagers et le pour le fret. Son trafic s'est considérablement accru ces dernières années, dépassant les 5,35 millions de passagers en 2012. Plus de cent destinations sont desservies, essentiellement en Europe. Une navette effectue la liaison avec la gare de Saint-Louis, en attendant la création d'une gare sur l'aéroport et l'arrivée du TGV.
Pour certains vols long-courriers, un service d'avions réguliers effectue la liaison avec l'aéroport de Zurich, qui est l'un des principaux hubs européens. La compagnie aérienne à bas prix EasyJet assure 51 % du trafic régulier, soit 44 % du trafic total à elle seule en 2006.
Depuis 2008, des sociétés suisses spécialisées dans la maintenance et l'aménagement d'aéronefs s'installent sur le ban communal, dans la partie sud de l'enceinte aéroportuaire jouxtant la zone industrielle historique de la commune.
Toponymie Le nom de la commune est attesté sous les formes Hassinga en 831, Hesingin en 1234Ernest Nègre, Toponymie générale de la France (lire en ligne) . Hesingen en 1793 et 1801.
Il s'agit d'une formation toponymique médiévale germanique en -inga > -ingen, précédé comme c'est généralement le cas pour ce type toponymique d'un nom de personne, ici le nom de personne germanique Hasso, comme l'indique la forme la plus ancienne. Cet anthroponyme est attesté dans les noms de personnes de l'ancienne GauleMarie-Thérèse Morlet, Les noms de personne sur le territoire de l'ancienne Gaule du I. — Les noms issus du germanique continental et les créations gallo-germaniques, 237 p. — Édité en 1968; réédité en 1971 avec la mention « réimpression par procédé photomécanique du texte de l'édition publiée en 1968 » et sans mention d'ISBN. p. 120a..
La forme -ingue montre une francisation graphique du suffixe.
Histoire Préhistoire et Antiquité L'origine de la localité de Hésingue serait à chercher à l'époque gallo-romaine mais diverses découvertes archéologiques témoignent d'une occupation du site à l'âge du bronze (1500-700 ) et même dès le Néolithique (5000-3800 ). Avant l'époque romaine, la région fut occupée par les Celtes et notamment par la tribu des Rauraques.
Les Romains s'y installèrent dès le milieu du
Une route romaine connue sous le nom de « Römerstrasse » et « Alte Strasse » dont on pouvait encore suivre la trace au début du , passait à Hésingue en provenance d'Augusta Raurica, Binningen, Hégenheim et se poursuivait vers Blotzheim, Bartenheim. Elle était doublée d'une seconde voie parallèle, longeant les collines et appelée « Heerstrass ».
D'après l'abbé historien Joseph Schmidlin, le site de l'église de Hésingue aurait été une specula romaine (tour de guet).
À l'occasion de divers travaux de terrassement dans le village, des dépôts monétaires ont été trouvés avec notamment des pièces de monnaie frappées à l'effigie de l'empereur Aurélien (270-275) et Maximinus Daïa (310-313).
Moyen Âge Au , après la chute de l'Empire romain, les Alamans dominèrent dans la région avant d'être soumis par les Francs. Les noms de villages se terminant par « ingen » francisé en « ingue » comme Hésingue reflètent cette occupation alamane. Sous le règne de Louis le Pieux, fils de Charlemagne, un certain Hagilo était vassal du roi à Hésingue.
En l'an 845, il échangea ses terres situées « in villa Hassinga », avec Sigismar abbé de Murbach, contre d'autres situées à Hanolteswiller dans le pays de Sisgau. Louis le Germanique, roi de la Francie orientale, fils de Louis le Pieux, confirma cet échange par un document fait à Serenica (Sierentz) le 29 juin de l'an II de son propre règne. Ce document est la première mention écrite du village de Hésingue.
Ainsi les abbés de Murbach devinrent les premiers véritables seigneurs de la localité sous l'empire carolingien et Hésingue fera partie des biens de l'abbaye pendant plus de 800 ans.
Selon la coutume médiévale, le village et les terres de Hésingue furent donnés en fief à différents nobles devenus vassaux de l'abbé.