Le Monténégro (en monténégrin : , en cyrillique : , prononcé ) est un pays d'Europe du Sud et, plus précisément, des Balkans occidentaux.

Bordé par la mer Adriatique, le pays est frontalier de la Croatie, de la Bosnie-Herzégovine, de la Serbie, du KosovoLe territoire du Kosovo est contesté mais le Monténégro a reconnu son indépendance le . et de l'Albanie. Sa capitale, Podgorica, est aussi sa plus grande ville ( en 2011). Son ancienne capitale royale, Cetinje, détient également le titre de « capitale du trône » (). En 2026, le pays de Monténégro compte une population de 628 547 habitants.

Le pays est indépendant depuis la dissolution de la Serbie-et-Monténégro en 2006. En 2008, le Monténégro a déposé sa candidature d'adhésion à l'Union européenne et devient le membre de l'OTAN en 2017.

Toponymie Le nom monténégrin ou serbo-croate du Monténégro, , peut se traduire littéralement par « Montagne Noire » ou « Mont-Noir », en référence aux forêts sombres qui recouvraient autrefois les Alpes dinariques.

Le nom du pays, dans la plupart des langues d'Europe occidentale, dont en français, en italien, en allemand, en roumain () et en anglais, est tiré du terme vénitien monte negro, qui a la même signification et remonte probablement à l'époque de la domination de Venise sur la région, au Moyen Âge.

D'autres langues, notamment celles parlées aux environs immédiats, ont adopté leur propre traduction de l'expression : c'est ainsi le cas de l'albanais (), du grec (), du turc (), du russe (, ). C'est également vrai pour l'islandais (, c'est-à-dire « pays de la montagne noire »), le letton (, « le pays des montagnes noires ») ou même l'arabe (, , « la montagne noire »).

Les langues chinoises utilisent la traduction ou la translittération. À Taïwan on utilise la transcription / Mēngtènèigēluó (), et en Chine continentale la traduction / Hēishān, qui signifie littéralement « Montagne noire ».

Géographie

Le Monténégro est situé dans les Balkans. Son territoire a la forme approximative d'un losange ; il est bordé au nord-est par la Serbie, à l'est par le Kosovo, au sud-sud-est par l'Albanie, au sud-ouest par la mer Adriatique, à l'ouest-nord-ouest par la Croatie et au nord-ouest par la Bosnie-Herzégovine.

Le territoire monténégrin s'étend depuis les hautes montagnes à la frontière avec la Serbie et l'Albanie jusqu'à une étroite plaine côtière de deux à six kilomètres de large. Cette plaine s'interrompt abruptement au nord, à l'endroit où le mont Lovćen et l'Orjen plongent dans les bouches de Kotor. Ainsi, bien que disposant d'un large débouché sur la mer, le pays ne dispose pas de ports importants en raison d'un littoral très accidenté.

La région karstique du Monténégro se situe à environ d'altitude, certaines parties montant à près de , comme le mont Orjen (), point culminant des chaînes calcaires côtières. La vallée de la Zeta est la zone la plus basse, avec une altitude d'environ . Le Monténégro possède quelques cavités naturelles.

vignette|Kolasin.

Les montagnes du Monténégro comptent parmi les terrains les plus accidentés d'Europe et parmi les parties qui furent les plus érodées dans la péninsule balkanique pendant la dernière ère glaciaire. Le territoire culmine au Zla Kolata, dans les monts Prokletije, à une altitude de .

Histoire

vignette|gauche|L'île de Sveti Stefan près de Budva, sur le littoral adriatique.

Le Monténégro possède une histoire marquée par plusieurs siècles de résistance à l'Empire ottoman. Organisé à partir de la fin du autour de la principauté-évêché du Monténégro, il conserve une large autonomie malgré la suzeraineté ottomane. En 1852, il devient une principauté laïque autonome, dont l'indépendance est reconnue internationalement en 1878. Élevé au rang de royaume en 1910, il est intégré en 1918 au royaume des Serbes, Croates et Slovènes (futur royaume de Yougoslavie). Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il est séparé de la Serbie et occupé par l'Italie qui en fait un gouvernorat. Après la fin de la guerre en Yougoslavie, le nouveau régime communiste le transforme en république socialiste du Monténégro, l'une des républiques fédérées de la république fédérative socialiste de Yougoslavie.

Devenu en 1992 un des deux États constitutifs de la république fédérale de Yougoslavie, il fait partie, après la dissolution de celle-ci en 2003, de la communauté d’États de Serbie-et-Monténégro, instaurée de façon transitoire.

Le Monténégro est dominé à partir de l'éclatement de la Yougoslavie par Milo Đukanović (premier ministre à quatre reprises et également par deux fois président), accusé d'avoir mis en place un régime autoritaire et clientéliste, tout en entretenant des relations étroites avec le crime organisé. Les privatisations massives de l'ère Đukanović conduisent à l'enrichissement de celui-ci et d'oligarques qui lui sont proches. Son frère Aleksandar, propriétaire de la première banque privée du Monténégro, a supervisé les privatisations, tandis que sa sœur, Ana Kolarevic, a longtemps contrôlé l’appareil judiciaire. Les réseaux clientélistes du parti au pouvoir ont dominé tous les segments de la vie sociale. Il fallait avoir la carte du parti pour lancer une affaire ou obtenir un poste dans l’administration. Cette politique a aussi contribué à renforcer les disparités régionales et inégalités sociales. Le taux de chômage grimpe à 36,6 % dans la partie nord du pays, contre 3,9 % dans la région côtière, tandis qu'un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté (2018)..

Dans la soirée du , le Parlement du Monténégro proclame officiellement l’indépendance du pays et la dissolution de la communauté de Serbie-et-Monténégro., conformément au vœu des Monténégrins exprimé lors du référendum du précédent.

L'Islande, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Geir Haarde, devient le premier pays au monde à reconnaître le Monténégro comme un pays indépendant et souverain. La Russie lui emboîte le pas le , devenant ainsi la première grande puissance à le faire, suivie deux jours plus tard par les États-Unis, le Royaume-Uni et la France qui adoptent la même attitude, tout comme le gouvernement de Serbie.

Le , le Monténégro devient le membre de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe), puis le il est admis en tant que membre de l’Organisation des Nations unies.

Le , le Monténégro présente sa candidature à l'Union européenne.. L'euro était déjà la monnaie locale de facto avant même l'indépendance du pays, bien que le pays ne fasse pas partie de la zone euro.

Le Monténégro devient le de l'OTAN le ..

Le , il subit une attaque informatique « sophistiquée » visant plusieurs institutions et menaçant des infrastructures publiques. Le pays appelle à l’aide internationale et accuse la Russie .. En , la Russie avait ajouté le Monténégro sur sa liste de « pays ennemis », après son alignement sur des sanctions de l'Union européenne contre Moscou en raison de son invasion de l'Ukraine en février. Toutes les infrastructures essentielles sont menacées, notamment les systèmes d'électricité et d'approvisionnement en eau..

En 2023, l'élection de Jakov Milatović en tant que président ainsi que, par la suite, la victoire du parti Europe maintenant ! aux législatives renforcent les orientations pro-occidentales du pays. L'adhésion à l'Union européenne reste toutefois conditionnée, en 2024, à des progrès significatifs dans les domaines de la lutte contre le crime organisé, la corruption, et les libertés d'expression. Les gangs mafieux présentent en particulier un risque important pour la sécurité dans le pays, en en faisant une plaque tournante dans le trafic de drogue..

Politique et administration

vignette|Façade principale du palais des princes puis des rois de Monténégro à Cetinje.

Le Monténégro se proclame en 1991 et inscrit cette définition dans le premier article de sa Constitution en 1992.. Pourtant, les constructions d'hôtels luxueux détruisent le littoral et les forêts sans respecter le patrimoine. Le tourisme de masse et le développement économique détériorent le pays., à l'instar du saccage de la réserve naturelle d'Ada Bojana..

Aucun système de recyclage ne permet de trier les déchets, des décharges sauvages s'accumulent dans le pays.

Le droit de vote est accordé aux Monténégrins résidant dans le pays depuis plus de deux ans de façon continue. Cela interdit le droit de vote à la diaspora monténégrine, qui compte , rien qu'en Serbie, alors que le Monténégro est peuplé d'un peu moins de .

Le , le Parlement du Monténégro a adopté la loi sur le statut de la dynastie Petrović Njegoš. Le chef de la maison royale actuelle, le prince Nikola, s’est vu allouer un revenu équivalent à celui du président de la République.

Subdivisions administratives

Du point de vue administratif, le Monténégro est divisé en (opština en monténégrin), chacune portant le nom de sa ville principale.

Relations avec l'Union européenne

Le Monténégro mène un processus d'adhésion à l'Union européenne. Le processus d'adhésion impose au Monténégro de régler les problèmes liés à la criminalité, à la contrebande, au nationalisme (la région doit toujours faire face aux problèmes liés au multiculturalisme), à la corruption, à la liberté d'information et à la capture des criminels de guerre. Le processus de séparation administrative de la Serbie est, en outre, encore loin du terme. Toutefois, ces dernières années, le Monténégro a progressé dans pratiquement tous les critères d'adhésion (démocratie, État de droit, économie).

Le , le Monténégro signe un accord de stabilisation et d'association (entré en vigueur le ) avec l’Union européenne, ce qui constitue un premier rapprochement en vue d'une adhésion.

Le , le Monténégro dépose sa demande officielle de candidature à l'adhésion à l'Union européenne..

Le , la Commission européenne estime que le Monténégro a fait des progrès significatifs, et propose que lui soit accordé le statut de candidat à l’adhésion..

Le , le Conseil européen qui réunit les États membres adopte cette proposition et donne au Monténégro le statut officiel de candidat, ce qui signifie que des négociations d'adhésion vont pouvoir être ouvertes. Le président du Parlement monténégrin Ranko Krivokapić déclare : .

Le Monténégro est un candidat officiel à l'intégration européenne depuis 2010. En , la Commission européenne a déclaré que l'adhésion du Monténégro à l'Union européenne pourrait être possible à l'horizon 2025..

Société Démographie

La population du Monténégro est estimée à en 2018., correspondant à une densité de .

Langues

Un pays polyglotte Du point de vue strictement linguistique, on parle principalement cinq langues au Monténégro : le chtokavien méridional (variante de serbo-croate) : 94,38 % ; l'albanais : 5,26 % ; l'italien : 0,36 % de langue maternelle, mais seconde langue parlée par 10-15 % de la population. Les chaînes de télévision italiennes sont, comme en Albanie, très regardées au Monténégro ; l'anglais : langue d'enseignement, très présente chez les plus jeunes et l'élite économique ; l'allemand : de nombreux Monténégrins travaillent ou ont travaillé en Allemagne et en Autriche ; la langue est très prisée dans le secteur du tourisme et elle est présente chez les plus jeunes.

Du point de vue politique, le chtokavien méridional, qui fait partie de la variante iékavienne du diasystème slave du centre-sud (jadis appelé serbo-croate), lui-même faisant partie des langues slaves méridionales, est enregistré sous trois dénominations (voir ci-dessous la section Langue « monténégrine ») : serbe : de 31,99 à 63,5 % ; monténégrin : 21,53 à 43,16 % ; bosnien : 5,5 %« Montenegro in The World Factbook » sur The World Factbook, Central Intelligence Agency, 2011 ..

Langue monténégrine