vignette|redresse|Allégorie de la musique, François Boucher, 1752. vignette|redresse|Jean-Sébastien Bach, compositeur de musique baroque. vignette|redresse|Jacques Brel, chanteur. vignette|redresse|Mozart, La Flûte enchantée, première page du manuscrit autographe. vignette|redresse|Allégorie évoquant la musique et les instruments. vignette|redresse|Beethoven, Symphonie , première page du manuscrit autographe.
La musique est un art et une activité culturelle consistant à combiner sons et silences au cours du temps. Les paramètres principaux sont le rythme (façon de combiner les sons dans le temps), la hauteur (combinaison dans les fréquences), les nuances et le timbre ainsi que la mélodie (ce qui rend agréable l'écoute). Elle est comme une forme de poésie moderne.
La musique donne lieu à des créations (des œuvres d'art créées par des compositeurs), des représentations. Elle utilise généralement certaines règles ou systèmes de composition, des plus simples aux plus complexes (souvent les notes de musique, les gammes et autres). Elle peut utiliser divers objets, le corps, mais aussi des instruments de musique spécialement conçus, et de plus en plus tous les sons (concrets, de synthèses, abstraits…).
La musique existe dans toutes les sociétés humaines, depuis la Préhistoire, probablement avant même l'époque de ses premières traces historiques. Elle est à la fois forme d'expression individuelle (notamment l'expression des sentiments), source de rassemblement collectif et de plaisir (fête, chant, danse) et symbole d'une communauté culturelle, nationale (hymne national, musique traditionnelle, musique folklorique, musique militaire) ou spirituelle (musique religieuse). Il n'est pas de civilisation qui, tôt ou tard, n'ait développé son propre système musical ou n'en ait adopté un en l'adaptant à ses nécessités et à ses goûts.
Comme celui de « musée », le terme de « musique » dérive du grec ancien / (« Muses »). Le concept occidental de musique est donc une allusion aux sciences et aux arts rappelant l'idée d'une chose parfaite, agréable et bien ordonnée.
Histoire
L'histoire de la musique est une matière particulièrement riche et complexe, principalement du fait de ses caractéristiques : la difficulté tient d'abord à l'ancienneté de la musique, phénomène universel remontant à la Préhistoire, qui a donné lieu à la formation de traditions qui se sont développées séparément à travers le monde sur des millénaires. Les premiers instruments représentés sur des peintures rupestres incluent l'arc musical, et attestent de leur utilisation, il y a plus de 13 000 ans. Dans la grotte de Hohle Fels, une flûte en os datée de 35 000 ans avant notre ère a été retrouvée. Un autre type d'instrument primitif est le Rhombe. Il y a donc une multitude de très longues histoires de la musique selon les cultures et civilisations. La musique occidentale (musique classique ou pop-rock au sens très large) ne prend qu'au l'allure de référence internationale, et encore très partiellement.
La difficulté vient également de la diversité des formes de musique au sein d'une même civilisation : musique savante, musique de l'élite, musique officielle, musique religieuse, musique populaire. Cela va de formes très élaborées à des formes populaires comme les berceuses. Un patrimoine culturel d'une diversité particulièrement large, contrairement à d'autres arts pratiqués de manière plus restreinte ou élitiste (littérature, théâtre…). Enfin, avec la musique, art de l'instant, se pose la question particulière des sources : l'absence de système de notation d'une partie de la musique mondiale, empêche de réellement connaître l'étendue de la musique du temps passé, la tradition n'en ayant probablement sauvé qu'un nombre limité.
La réalisation d'une synthèse universelle apparaît très difficile car beaucoup d'histoires de la musique traitent essentiellement de l'histoire de la musique occidentale. Il n'est en général possible que de se référer aux ouvrages et articles spécialisés par civilisation ou par genre de musique.
Origine Bien que la musique soit une caractéristique universelle de la culture humaine, peu de choses sur ses origines et ses fonctions sont établies.. La musique pourrait avoir une origine commune avec la parole. Ce concept est nommé le musilangage et propose que le chant et la parole servent de première forme de communication aux ancêtres des humains.. Charles Darwin et Herbert Spencer sont les premiers à avoir proposé une origine évolutive à la musique.. Darwin a suggéré notamment que la musique a permis la communication d'émotions et a servi dans les mécanismes de séduction. d'une manière similaire au chant des oiseauxMiller, G. (2000). Evolution of human music through sexual selection (pp. 329-360). na. lire en ligne.. La musique aurait pu donc évoluer comme un signal de qualité génétique pour les compagnons potentiels. Cependant, si cette hypothèse est communément admise chez les oiseaux, il reste en 2015, difficile de trouver des preuves concrètes pour confirmer cette hypothèse chez l'homme.
L’origine de la musique est notamment le sujet d'étude de la .
Approches définitoires Intrinsèque et extrinsèque Il existe alors deux « méthodes » pour définir la musique : l’approche intrinsèque (immanente) et l’approche extrinsèque (fonctionnelle). Dans l'approche intrinsèque, la musique existe chez le compositeur avant même d’être entendue ; elle peut même avoir une existence par elle-même, dans la nature et par nature (la musique de la rivière, des oiseaux…, qui n'a aucun besoin d'intervention humaine). Dans l'approche extrinsèque, la musique est une fonction projetée, une perception, sociologique par nature. Elle a tous les sens et au-delà, mais n'est perçue que dans un seul : la musique des oiseaux n'est musique que par la qualification que l'on veut bien lui donner.
L'idée que la musique offre un accès au réel remonte aux pythagoriciens, selon un passage d'Aristote dans la Métaphysique : .
La définition de la science des sons par les pythagoriciens est « une combinaison harmonique des contraires, l'unification des multiples et l'accord des opposés ». La science des sons est une des quatre sciences de la mesure, supérieure aux mathématiques car elle s'appuie sur la justesse, si vous essayez de terminer l'opération de diviser 10 par 3 en mathématiques vous ne pouvez terminer cette opération alors que le temps musical le permet.
Les deux sciences sensibles de la mesure que sont la musique et l'astronomie sont laissées de côté à l'époque de Platon pour ne conserver que les deux sciences techniques de la mesure que sont l'arithmétique et la géométrie. Il est bon de se rappeler qu'au départ la science des sons était éthique et médicale et servait à calmer les passions humaines et à remettre les facultés de l'âme à leur juste place, dixit Pythagore, et lorsque cette expérience était réalisée vous étiez capable d'être vous-même et de là d'acquérir les savoir-faire comme dans une sorte d'accordage de l'être humain qui vise à laisser s'exprimer la résonance universelle de la sagesse.
Anthropocentrisme Cette définition intègre l'homme à chaque bout de la chaîne. La musique est conçue et reçue par une personne ou un groupe (anthropologique). La définition de la musique, comme de tout art, passe alors par la définition d'une certaine forme de communication entre les individus. La musique est souvent jugée proche du langage (bien qu'elle ne réponde pas à la définition ontologique du langage), communication universelle susceptible d'être entendue par tous et chacun, mais réellement comprise uniquement par quelques-uns. Boris de Schlœzer, dans Problèmes de la musique moderne (1959), dit ainsi : .
Compétence « biologique » ou « culturelle » La musique comme un pur artefact culturel. Certains « prodiges » semblent néanmoins disposer d'un don inné. Les neuropsychologues cherchent donc à caractériser les spécificités des capacités musicales Jackendoff, R., & Lerdahl, F. (2006), « The capacity for music : What is it, and what’s special about it ? » Cognition, 100 (1), 33-72. Le caractère plus ou moins inné des talents artistiques est scientifiquement discutéHowe, M. J. A., Davidson, J.W., & Sloboda, J. A. (1998), « Innate talents : Reality or myth? », Behavioral and Brain Sciences, 21, 399-442..
Pour beaucoup, la musique serait propre à l'humain et ne relèverait que peu de la biologie, si ce n'est par le fait qu'elle mobilise fortement l'ouïe. Un débat existe pourtant sur le caractère inné ou acquis d'une partie de la compétence musicale chez l'Homme, et sur le caractère adaptatif ou non de cette « compétence ».
Compétence « culturelle » Plusieurs arguments évoquent une origine et des fonctions culturelles ou essentiellement socio-culturelles. De nombreux animaux chantent instinctivement, mais avec peu de créativité, et ils semblent peu réceptifs à la musique produite par les humains. Une rythmique du « langage » et du chant existe respectivement chez les primates Hauser, M., Newport, E. L., & Aslin, R. N. (2001). Segmentation of the speech stream in a nonhuman primate: Statistical learning in cotton-top tamarins. Cognition, 78, B53-B64. et chez les oiseaux, mais avec peu de créativité.
Chez l'humain, le chant et le langage semblent relever de compétences cérébrales en partie différentes Hébert, S., Racette, A., Gagnon, L., & Peretz, I. (2003). Revisiting the dissociation between singing and speaking in expressive aphasia ; Brain, 126, 1838-1850.. L'alphabet morse est une sorte de code « musical » qui a un sens (caché pour celui qui ignore le code). C'est clairement un artefact culturel (personne ne naît en comprenant le morse, car ni sa production ni son interprétation ne sont inscrites dans nos gènes). Chez l'homme, la voix, le langage et la capacité à interpréter un chant évolue beaucoup avec l'âge Dolgin, K. G., & Adelson, E. H. (1990). Age changes in the ability to interpret affect in sungand instrumentally-presented melodies. Psychology of Music, 18, 87-98., ce qui évoque un lien avec l'apprentissage.
Enfin, la musique n'est pratiquée « à haut niveau » que par quelques individus, et souvent après un long apprentissage ; ceci évoque une origine culturelle, ce que les ethnomusicologues et les compositeurs contemporains ont longtemps renforcé. Mais il existe des exceptions, et l'exploration du fonctionnement du cerveau questionne ce point de vue.
Compétence « biologique »