Les sciences et techniques issues de la civilisation islamique se développent en al-Andalus dès les premiers temps de la Conquête musulmane de l'Hispanie. Les troupes démobilisées à la suite de la défaite face à la cavalerie franque, composées d'Arabes et de Berbères appelés collectivement Maures, en s'installant dans ces nouvelles terres de la péninsule Ibérique, sont émerveillées de la présence de ruisseaux et de terres si fertiles.

C'est un âge d'or de la civilisation islamique qui va donner naissance à ces nouveaux savoirs dans la péninsule. Ils engendreront des merveilles d'architecture telles que l'Alhambra et la grande mosquée de Cordoue.

Cet article décrit les traits civilisationnels originaires d'al-Andalus, puis transmis à l'Occident chrétien, en parallèle avec l'apport byzantin.

La pensée conceptuelle

Essor de la philosophie, accompagnant celle de la médecine : La médecine des humeurs d'Averroès (Ibn Rushd) reprend celle des Grecs. La mystique d'Ibn Arabi. Si l'influence philosophique d'Avicenne (Ibn Sina, persan) en Occident a été dépassée par celle d'Averroès, sa pensée sur la distinction de l'«essence» de l'être et de l'existence sera exploitée par Thomas d'Aquin ; elle est une des bases de la philosophie scolastique néo-aristotélicienne du Moyen Âge chrétien. Le syncrétisme issu des cultures assimilées par l'Islam résulte de l'intégration des pensées des civilisations précédentes, dont les écrits sont traduits en arabe; ses prolongements sont dans les arts, la médecine et la philosophie, théologique en Islam, ceci incluant la critique.

La linguistique et les chiffres De nombreuses langues sont parlées en Andalousie tels que le castillan (langue officielle) ou l’andalou. Cependant, on assiste à une grande multiplicité des langues dû à l’immigration de certaines communautés comme l’arabe, le berbère ou le portugais. Les langues et les cultures y sont donc très variées. Par exemple, la langue tsigane, « gitanos » en espagnol est une langue seulement parlée par une petite partie de la population andalouse. La langue officielle, c’est-à-dire le castillan était la seule langue officielle auparavant, grâce au « Statut d’autonomie de 1982 » aujourd’hui abrogé, qui disposait que le castillan était la seule langue officielle de la péninsule. À la suite de cela, il y eut beaucoup de réclamations car les Andalous voulaient être reconnus et ainsi éviter les discriminations sur leur façon de parler. C’est une région qui a connu une grosse influence culturelle, traditionnelle et en particulier au niveau de la langue grâce à la longue période de règne musulmane dans la péninsule Ibérique (711-1492) où les conséquences ont été nombreuses telles que l’arabisme (mots provenant de l’arabe). Aujourd’hui et dans toutes les langues, nombreux sont les mots d’origine arabe tels que le français ou l’espagnol où on compte environ 4000 mots dans des domaines variés. Par exemple, quasiment tous les mots ayant un préfixe en -al, qui est l'article "le" en arabe, ainsi que des expressions courantes comme ojalá (Inch Allah). Par dérivation, ces mots se diffusent dans les langues voisines de l'Occident chrétien avec des modifications (le mot castillan alcachofa, issu de l'arabe al-kharshûf est par exemple à l'origine du mot artichaut en français) .

Les chiffres

° Il n’y a pas que les langues qui ont influencé les Arabes mais aussi les chiffres qui ont été apportés par des scientifiques arabo-andalous en Europe. Les chiffres romains ont été substitués par les chiffres arabes qui étaient plus pratiques.

° À l’origine, les chiffres arabes proviennent des chiffres indiens, c’est-à-dire au puis la civilisation musulmane s’en empare en les modifiant au et ils arrivent en Europe et dans la péninsule Ibérique à partir du .

° Aujourd’hui, les chiffres arabes se sont imposés partout. Par exemple, le 0 aurait été inventé par trois civilisations : d’abord les Babyloniens, les Mayas (dans leur calendrier) et les Indiens au . Les scientifiques ont longtemps cherché quelle pourrait être la définition de ce chiffre 0 et sont arrivés à la conclusion qu’il s’agissait d’une absence de quantité.

° Ces chiffres ont été très importants car les musulmans ont pu faire de nombreux avancements et de progrès importants en astronomie, en cartographie, en ingénierie et dans d’autres domaines grâce au développement des mathématiques.

Les savoir-faire

Le système d'irrigation déjà très développé en Andalousie, du fait des Romains qui édifièrent canaux et aqueducs, et par ailleurs de l'ordre cistercien. Les Maures le développent et y apportent des innovations techniques, dont une partie provenaient de Perse : la roue à godets ou noria ; La gestion est assurée par le tribunal des eaux à Séville. Puis ils creusent des citernes souterraines (algibes) à Grenade. Avant 1492, chrétiens, juifs et musulmans cohabitaient sur la péninsule Ibérique. Il y avait plusieurs « royaumes » : Leon, Castilla, Navarra, Aragon, et Al-Andalus. Al-Andalus était un espace très important, et représentait la zone d’agriculture principale de la péninsule. Les Romains avaient déjà mis en place un système d’irrigation pour faire face aux grandes chaleurs de la région et profiter cependant des terres à disposition pour cultiver et nourrir les populations. Pendant la période Al-Andalus, des progrès ont été apportés à ce système d’irrigation. Les mécanismes de distribution de l'eau répètent de manière surprenante les mêmes formules qui se retrouvent au Maghreb et dans la péninsule arabique. L'eau pouvait s'obtenir en creusant des puits selon différents mécanismes d'élévation. Les norias/sinias et acenas sont les plus caractéristiques et connues en al-Andalus, il existe aussi d’autres mécanismes comme les manivelles, algaidones et alhataras, qui sont tous deux des appareils hydrauliques. Sous la terre ou à la surface, il s’agissait de vrais labyrinthes de canaux, les sols en dénivelés ou non étaient exploités, ainsi que tous les fleuves, toutes les rivières, afin de réussir à amener l’eau à une grande quantité de terrains, espace estimé à autour de Murcia par exemple, soit 30 % de la Huerta actuelle : partie de la région de Murcie non loin de la rivière Segura. coutume des ablutions (avec le savon, ou pain d'Alep dont la fabrication, initialement faite à Gallipoli sera acclimatée plus tard à Marseille), et qui, bien que connu en Europe depuis l'époque gauloise, n'était utilisé que comme shampooing. Art de la céramique (azulejos) et du stuc. Le royaume nasride a été le dernier royaume musulman de la péninsule Ibérique. Les nasrides sont ceux qui fondèrent le royaume de Grenade qui s’est lui maintenu durant deux siècles et demi. En effet, la dynastie des nasrides se fonde en 1232 sur la péninsule ibérique par Mohammed ben Nazar également connu sous le nom de Muhammad , (alors qu’il y a déjà depuis 711 une présence musulmane en Espagne). Il se transforme en un royaume prospère en tout point: économique, culturel et artistique. C’est à ce fondateur que l’on doit l’unification des villes de Jaén, Grenade, Almeria, et Malaga, de cette façon c’est lui qui fonde le royaume de Grenade, qui résistera jusqu’en 1492 sous le règne de Boabdil. Les hommes de cette dynastie ont beaucoup apporté à l’art mauresque, et ont construit d’imposants palais. Un des exemples est l’Alhambra de Grenade, où se trouvait la cour nasride. Elle est la grande représentation de cet art. Alhambra signifie “rouge” en arabe. Il s’agit d’une construction édifié par le premier souverain nasride sur la colline de la Sabika, qui permet à l’ensemble fortifié de dominer la ville de Grenade. Le palais fut ensuite embelli par ses successeurs. Il est classé au patrimoine de l’Unesco. C’est sous Muhammad III que la mosquée royale, la porte du vin et le Palacio del Partal furent construits. Ismael a demandé la construction d’un palais semblable au palais à celui qui est décrit dans le Coran où vergers, jardins et eaux permanentes s’y trouvent. Le palais des Lions concentre également une grande variété d’azulejos. Le quartier de l’Albaicin est classé au patrimoine mondial de l’Unesco : il était le lieu où se trouvaient artisans et commerçants de ce royaume. Nous pouvons aujourd’hui y retrouver des vestiges de l’époque : Casa de la Reina, Corral del Cambon, cour de la mosquée devenue la collégiale San Salvador, ainsi que des citernes souterraines conçues par les arabes pour stocker l’eau dans les villes. Les modèles qui se répètent à l’infini sont l’une des caractéristiques majeures de ce royaume, même si les artisans de l’époque utilisaient déjà d’autres techniques comme le procédé de la corde sèche, de l’arête et du reflet métallique. Cette dernière variété fut l’une des spécialités de Málaga, où se trouvait le principal centre de production de céramique du royaume. L’évolution des azulejos dépend de l’évolution des techniques picturales et de celles de fabrications. À l’origine, les couleurs étaient moins variées et on retrouvait généralement des teintes de bleu. Mais comme la technique, les couleurs ont évolué au fil des années. Lorsque l’art mudéjar se crée (XIV-XV), l’histoire de la péninsule ibérique encourage la diffusion de modèles artistiques et de techniques d’origine islamique dont les azulejos. Cet art devient celui qui se retrouvera dans l’architecture, les travaux artisanaux (les stucs), la sculpture en bois, et la céramique. Les stucs, sont comme les azulejos typiques, ils sont faits de plâtre ou de poussière de marbre et de colle qui imite le marbre, ils représentent une décoration murale à usage unique. Les azulejos étaient une ressource habituelle dans la décoration mudéjar, surtout dans les régions où la présence musulmane avait été notoire, comme en Andalousie. Ainsi, leur présence était évidente à Séville et Cordoue, des villes qui au avaient été conquises par le royaume chrétien de Castille et où entre les certains des plus importants ensembles d’azulejos mudéjars furent élaborés, conservant les principaux traits stylistiques de leurs précédents arabiques. L’Alcazar de Séville est un exemple de cette époque, elle présente une somptueuse décoration où les azulejos recouvrent les murs et font écho aux mosaïques de l’Alhambra. L’histoire des azulejos se poursuit jusqu’au , et s’adapte au style isabélin, à celui de la renaissance, au style baroque… Il existe d’autres variantes : les azulejos peints… Avec le développement de la publicité, on assiste à une réutilisation des azulejos. À partir des années 1920, l’azulejo est un élément indissociable des enseignes et des écriteaux des cafés, magasins et autres établissements publics. Il existe aussi des alicatados : Alicatado vient de l’arabe « al-qat’a’a » et signifie pièce ou azulejo découpé, taillé. Les alicatados sont donc des assemblages de morceaux d’azulejos taillés. Essor de la géographie, par la cartographie dans le royaume arabo-normand de Sicile.