Le Brionnais est une petite région, pays traditionnel de France, situé dans le sud de la Bourgogne. Elle est réputée pour ses églises romanes, ses châteaux, sa gastronomie (région d'origine du bœuf charolais) et ses paysages verdoyants.
Origine du nom et périmètre Origine du nom Pour le linguiste Mario RossiMario Rossi, Les Noms de lieux du Brionnais-Charolais, Sciences humaines et sociétés Histoire, Epu 2009, Publibook 580 p. ., le nom « Brionnais » apparaît, sous sa forme actuelle, au , il succède à Briennois, Brienois, et au pagus brianensis.
Diverses hypothèsesHenry de Chizelle, Le Brionnais, histoire des institutions, des origines aux temps modernes, 1992, Éditions Groupe 71, 286 p. sont émises sur l'origine du nom. Vient-il de son chef-lieu : Briennum (Briennon), Briannum (Briant) ou encore un oppidum gaulois disparu (Semur : Snemurum, vieilles murailles) ou d'une tribu gauloise : Brannoves, Branovices ? En tout cas, il est l'extrémité méridionale du pays des Éduens.
Périmètre Le périmètre actuel du Brionnais est beaucoup plus restreint que le Brionnais historique. C'est que, ainsi que le montre Anelise Nicolier,
Lors de la création du syndicat mixte du pays Charolais BrionnaisArrêté préfectoral portant reconnaissance du périmètre définitif du pays Charolais-Brionnais, en application de l’article 22 de la loi du 04/02/1995 modifié par l’article 95 de la loi du 02/07/2003 dite « urbanisme et habitat ». Recueil des actes administratifs des préfectures de Bourgogne et Auvergne. sont énumérées comme membres du syndicat, dont 55 constituent le Brionnais. Ce sont celles qui appartiennent aux anciens cantons de Chauffailles, La Clayette, Marcigny et Semur-en-Brionnais.
Communes de l'ancien canton de La Clayette : Amanzé, Baudemont, Bois-Sainte-Marie, Châtenay-sous-Dun, Colombier-en-Brionnais, Curbigny , Dyo, Gibles, La Chapelle-sous-Dun, La Clayette, Ouroux-sous-le-Bois-Sainte-Marie, Saint-Germain-en-Brionnais, Saint-Laurent-en-Brionnais, Saint-Racho, Saint-Symphorien-des-Bois, Vareilles, Varennes-sous-Dun, Vauban. Communes de l'ancien canton de Chauffailles : Anglure-sous-Dun, Chassigny-sous-Dun, Châteauneuf, Chauffailles, Coublanc, Mussy-sous-Dun, Saint-Edmond, Saint-Igny-de-Roche, Saint-Martin-de-Lixy, Saint-Maurice-lès-Châteauneuf, Tancon. Communes de l'ancien canton de Marcigny : Marcigny, Saint-Martin-du-Lac, Chambilly, Melay, Chenay-le-Chatel, Artaix, Bourg-le-Comte, Céron, Baugy, Anzy-le-Duc, Vindecy , Montceaux-l'Étoile. Communes de l'ancien canton de Semur-en-Brionnais : Briant, Fleury-la-Montagne, Iguerande, Ligny-en-Brionnais, Mailly, Oyé, Saint Bonnet-de-Cray, Saint-Julien-de-Jonzy, Saint-Christophe-en-Brionnais, Sainte-Foy, Sarry, Semur-en-Brionnais, Varenne-l'Arconce, Saint-Didier-en-Brionnais.
Population et superficie du Brionnais, au sens actuel Population (2012) Superficie en ha nombre de communes Canton Chauffailles 11 Canton La Clayette 18 Canton Marcigny 12 Canton Semur-en-Brionnais 14 Total Brionnais « actuel » 55
Le Brionnais « historique » Ll'étendue maximale du Brionnais a été atteint aux Anelise Nicolier, « La pierre des églises romanes du Brionnais, approvisionnement et mise en œuvre » in Paysages, patrimoine bâti et matériaux en Bourgogne de l'antiquité à nos jours, actes du Saint-Christophe-en-Brionnais 2013, Association bourguignonne des sociétés savantes, 2014, p. 113-124. et comprenait, en plus des communes énumérées précédemment des communes aujourd'hui rattachées à d'autres départements ou d'autres entités administratives : Communes aujourd'hui dans le département de la Loire : Charlieu, Saint-Pierre-la-Noaille, Saint-Nizier-sous-Charlieu, Pouilly-sous-Charlieu, Briennon, Noailly, Saint-Denis-de-Cabanne, Saint-Germain-Lespinasse, Vivans, Saint-Forgeux-Lespinasse, Changy. Communes aujourd'hui dans le département de l'Allier : Avrilly, Chassenard Communes aujourd'hui dans le département du Rhône : Aigueperse, Saint-Bonnet-des Bruyères, Saint-Clément-de-Vers, Saint-Igny-de-Vers, Communes appartenant toujours au département de Saône-et-Loire (mais aujourd'hui appartenant à d'autres pays traditionnels ou administratifs) : L'Hôpital-le-Mercier, Saint-Yan, Varenne-Saint-Germain, Versaugues, Saint-Julien-de-Civry, Prizy, Ozolles, Montmelard, Trivy, Dompierre-les-Ormes, Matour, Saint-Léger-sous-la-Bussière.
Géologie À la fin de l’ère primaire (paléozoïque), il y 350 millions d’années, le Brionnais est occupé par une zone montagneuse allant de l’Auvergne aux Ardennes. Le plissement hercynien crée des zones basses tel que la dépression d’Autun ou de Montceau-les-Mines ou encore de Digoin à Châlon-sur-Saône. Ces dépressions furent comblées par des sédiments marinsJean Perche, "Récit pour le sud bourguignon, de la préhistoire à l’aube des temps modernes, Charolais, Sud-Autunois, Brionnais", Yzeure, 1997, Les imprimeries réunies, 224 p..
Lors de l’ère secondaire (le mésozoïque) la mer recouvre largement le territoire. Durant le trias (entre – 250 et -201 millions d’années) les sédiments sont des marnes (sédiments argileux) et des grès.
Durant l’ère tertiaire (à partir de – 66 millions d’années), la mer s’étant retirée, le plissement des Alpes se produit, la zone des monts du Charolais et du Beaujolais se soulève. L’érosion a emporté les sédiments et laisse apparaître le granit (Varennes-l’Arconce, Sarry, Oyé..). Parallèlement au soulèvement de certaines zones il y a effondrement d’autres (la plaine de Roanne).
C’est cette histoire géologique qui donne au Brionnais ce relief contrasté, offrant des paysages si caractéristiques.
L’ère quaternaire (troisième période de l’ère du cénozoïque, - 2,5 millions d’années) est marquée par l'apparition du réseau hydraulique actuel.
Géographie
Le Brionnais est situé à l'extrémité sud-ouestVillages du Pays Charolais Brionnais - Saône-et-Loire, avec carte de Saône-et-Loire indiquant les contours du pays du Charolais-Brionnais, du Mâconais-Clunisois, de l'Autunois - Morvan et de la Bresse Bourguignonne. du département de Saône-et-Loire, dans la partie sud de la Bourgogne.Il est au contact du pays Charolais, situé au nord et présentant un paysage vallonné et bocagé, du Roannais, situé au sud, facilement accessible par la vallée de la Loire, du Bourbonnais, situé à l’ouest de l’autre côte de la Loire, au sud il est arrosé par le Sornin, et à l'est il s'appuie sur les monts du Beaujolais. Le pays est encadré par les départements de l'Allier, de la Loire et du Rhône.
Les principaux centres de la région sont Marcigny, Semur-en-Brionnais, Chauffailles, La Clayette, Saint-Julien-de-Civry et Saint-Christophe-en-Brionnais, célèbre pour son marché hebdomadaire de bestiaux.
Le Brionnais est une région vallonnée, d'altitude comprise entre (au niveau de la Loire) et (au centre). À l'est, sur le prolongement des terrains granitiques du Massif central, le relief est plus accidenté et les altitudes plus élevées : pour la montagne de Dun, au col des Écharmeaux (communication avec la vallée de l'Azergues).
Le relief du Brionnais est contrastéNicolier (Anelise) "la pierre des églises romanes du Brionnais, approvisionnement et mise en œuvre" in "Paysages, patrimoine bâti et matériaux en bourgogne de l'antiquité à »nos jours" Association bourguignonne des sociétés savantes Actes du Saint-Christophe-en-Brionnais 2013 . : vallonnement peu prononcé à l'ouest, terrasses alluviales sableuses et argileuses bordant la Loire, terrains sédimentaires au centre où dominent les grès et les calcaires, sous-sol granitique dans le Brionnais oriental.
Le Brionnais est une région bocagère essentiellement tournée vers l'élevage bovin de race charolaise, qui y aurait été créée (à Oyé).
Fleuves, rivières et canaux Trois cours d'eau jouent, approximativement, le rôle de frontière du Brionnais : la Loire, le Sornin, l'Arconce. Par ailleurs l'homme a construit le canal de Roanne à Digoin qui longe la Loire pour sa partie brionnaise.La Loire est le fleuve qui a permis la présence de nombreux peuples en Brionnais. Ce grand fleuve de France entre dans le Brionnais au sud-ouest du département. Bien que possédant une hydrologie capricieuse, la Loire a été, pendant longtemps, le support d’une navigation de commerce importante (la marine de Loire). Celle-ci devait se maintenir, depuis Saint-Just-Saint-Rambert (42) à Briare (45), jusqu’au milieu du (époque de l’avènement des canaux de Roanne à Digoin et du canal Latéral à la Loire).Le Sornin et ses affluents : le Sornin prend sa source dans le Haut Beaujolais (département du Rhône). Il sinue à travers les vallons sur jusqu’à sa confluence avec la Loire (Charlieu, département de la Loire, mais historiquement cette ville fait partie du Brionnais). Le bassin versant s’étend sur . La largeur moyenne du Sornin sur son cours inférieur (Charlieu) est de . Le caractère montagneux lui confère un caractère torrentiel sur la majeure partie de son cours (département du Rhône et de la Saône-et-Loire). Sur la partie aval, dans le département de la Loire, il coule dans la plaine alluviale avec une sinuosité importante. Son principal affluent est le Botoret, de , qui prend sa source à d’altitude, au col des Aillets sur la commune de Belleroche (Loire). Il rejoint le Sornin au pont de Char sur la commune de Saint-Denis-de-Cabanne à d'altitude. Ses autres affluents d’amont en aval sont : le ruisseau le Sornin (homonyme) de sur les quatre communes de Saint-Clément-de-Vers, Saint-Igny-de-Vers, Saint-Racho, et Propières ; Le ruisseau le Bief, , sur les deux communes de Châtenay et Saint-Racho ; le ruisseau de la Proie sur la seule commune de Varennes-sous-Dun ; la Genette ou ruisseau du Fourneau ou ruisseau de la Bazolle , de , prend sa source dans la montagne de Saint-Cyr sur la commune de Montmelard et traverse cinq communes ; le ruisseau le Grinçon sur les deux communes de Varennes-sous-Dun et La Chapelle-sous-Dun ; les Barres ou ruisseau des Monts sur les cinq communes de Vareilles, Baudemont, Saint-Maurice-lès-Châteauneuf, Chassigny-sous-Dun, et Saint-Laurent-en-Brionnais ; le Mussy ou ruisseau de Mousset, , qui prend sa source au Cul du Loup sur la commune de Propières (Rhône) sur neuf communes ; le ruisseau des Equetteries, , qui prend sa source au bois de la Jugnon sur la commune de Vauban, sur six communes ; le Bézo, , qui prend sa source aux Bassets sur la commune de Saint-Christophe-en-Brionnais.; le Chandonnet qui prend sa source à Chabas sur la commune du Cergne et traverse sept communes ; l'Aillant sur les deux communes de Pouilly-sous-Charlieu et Saint-Hilaire-sous-Charlieu.
L'Arconce : l'Arconce est un affluent rive droite de la Loire et marque approximativement la limite entre le Charolais et le Brionnais. Elle prend sa source au cœur des monts du charolais. au sud du Mont Saint-Vincent en amont du lieu-dit "les Brosses Tillots" sur la commune de Mary et se jette dans la Loire à Varenne-Saint-Germain. Son tracé est très sinueux. Elle draine un bassin versant de , enserré entre les bassins de la Bourbince, de la Grosne et du Sornin. L'Arconce possède un réseau hydrographique très étendu grâce à de nombreux affluents. Les principaux sont (de l'amont vers l'aval) la Recordaine (sous-affluent la Recorne), la Sonnette, la Semence (sous-affluents : les ruisseaux de la Carrèze et du Gâ), l'Ozolette (ses sous-affluents les ruisseaux de Laxaux-Epinassy, de Chanda, du Reuil Defer, des Pierres et de Rambutea), le Lucenay, le Sermaize, les Mauvières, la Belaine, le Sélore, le Bonnet.
vignette|Écluse sur le canal de Roanne à Digoin, sur la commune de Bourg-le-Comte. Lors de sa construction en 1899, elle était, avec ses 7,20 m de chute, la seconde plus haute écluse de France, derrière celle de Flandres sur le canal Saint-Denis, à Paris.