vignette|Vidéo de sécurité du bâtiment du Pentagone pris pour cible lors des attentats du 11 septembre 2001.
Le terrorisme est l'emploi de la terreur. à des fins idéologiques, politiques ou religieuseshttps://www.justice.gc.ca/fra/pr-rp/jp-cj/victim/rr09_6/p3.html..
Les multiples définitions du terrorisme varient sur : l'usage de la violence, les techniques utilisées, la nature du sujet (mettant à part le terrorisme d'État), l'usage de la peur, le niveau d'organisation, l'idéologie, etc. Dans nombre de définitions intervient le critère de la victime du terrorisme (civile, désarmée, innocente, attaque contre une démocratie qui aurait permis au terroriste de s'exprimer légalement) Les définitions du terrorisme..
Un grand nombre d'organisations politiques ou criminelles ont cependant recouru au terrorisme pour faire avancer leur cause ou en retirer des profits. Des partis de gauche comme de droite, des groupes nationalistes, religieux ou révolutionnaires, voire des États, ont commis des actes de terrorisme. Une constante du terrorisme est l'usage indiscriminé de la violence meurtrière à l'égard de civils dans le but de promouvoir un groupe, une cause ou un individu, ou encore de pratiquer l'extorsion à large échelle (mafias, cartels de la drogue, etc.).
En 2002, le politiste David Rapoport propose le découpage de l'histoire du terrorisme en quatre phases: le terrorisme anarchiste entre 1880 et 1920, suivi d'une vague anticoloniale jusqu'aux années 1960, puis un terrorisme de gauche jusqu'en 1990, et enfin un terrorisme lié à l'extrémisme religieuxDavis Rapoport, revue Anthropoetics, 2002, cité par Hélène Frouard, revue Sciences humaines, janvier 2021, .
En 2015, un rapport d'Europol note que le terrorisme de gauche et anarchiste est principalement motivé par l'antifascisme et l'antiracisme tandis que le terrorisme de droite l'est par la xénophobie, en particulier l'islamophobie ; le terrorisme ethno-nationaliste et séparatiste par la prise de pouvoir, le terrorisme d'inspiration religieuse par le développement d'un djihadisme individuel visant à déstabiliser les pays non musulmans. Les autres formes de terrorisme concernent la défense de l'environnement (« écoterrorisme »)..
Concept Histoire du mot vignette|Comité révolutionnaire durant la Terreur en 1793-1794, d'après Alexandre Fragonard.
Le mot « terrorisme » est attesté pour la première fois en novembre 1794, il désigne alors la « doctrine des partisans de la Terreur »Paul Cadroy cité par le Trésor de la langue française (rechercher terrorisme), de ceux qui, quelque temps auparavant, avaient exercé le pouvoir en menant une lutte intense et violente contre les contre-révolutionnaires. Il s'agit alors d'un mode d'exercice du pouvoir, non d'un moyen d'action contre lui. Le mot a évolué au cours du pour désigner non plus une action de l'État mais une action contre lui. Son emploi est attesté dans un sens antigouvernemental en 1866 pour l'Irlande, en 1883 pour la Russie (mouvement nihiliste), en Inde britannique (), dans les Balkans et l'Empire ottoman (l'Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne, ORIM, qui pratique des prises d'otages d'Européens, et les comitadjilik bulgares, qui fournirent la matière d'un livre, Les comitadjis ou, Le terrorisme dans les Balkans à Albert Londres)Fac-similé du livre à la BNF..
vignette|Fusillade à Nantes durant la Terreur en 1793.
Selon François-Bernard Huyghe, l'attentat de la rue Saint-Nicaise en 1800, la machine infernale du boulevard du Temple en 1835, les complots de carbonari « restent encore dans la tradition du tyrannicide »; « le terrorisme au sens moderne naît avec les médias modernes »F.B. Huyghe, « Message et terreur, acteurs et vecteurs », note 4 pour les premières attestations du sens moderne de « terrorisme », page 2 pour la citation.. Celui-là, sous sa forme moderne, se répand au Moyen-Orient, avec l'assassinat du shah Nasir al-Dîn en 1896, dont la responsabilité morale est souvent attribuée, à tort ou à raison, à Djemâl ad-Dîn al-Afghâni.
Le philosophe Philippe-Joseph Salazar fait remonter le concept de terrorisme au jus terrendi, .
L'usage du terme « terrorisme » sert un argument généralement accusateur. À lui seul, il délégitime un acte qui peut être considéré comme le plus grave des crimes contre la personne. Les peines peuvent donc être plus sévères, comme l'emprisonnement à perpétuité ou la peine de mort. Mais à l'inverse les adeptes du terrorisme peuvent avoir un sentiment différent, par exemple en supposant que leur cause pourrait éventuellement être d'un intérêt supérieur à la violence commise. Ce terme désigne aujourd'hui les actions violentes destinées à répandre la terreur et ainsi faire pression sur un État ou sur une population (exemples: Daesh et Boko Haram). Ces actions violentes visent souvent les populations civiles, afin de détruire, tuer et mutiler, ou soumettre. Elles ont pour but de promouvoir des messages à caractère idéologique, politique ou religieux par la peur et la publicité médiatique.
Droit colonial Selon Joseph McQuade, l'accusation de terrorisme a été inventée par les gouverneurs au fil de l'histoire coloniale, afin de dépolitiser et de réprimer les actes de résistance autochtone en les soumettant aux institutions du droit colonial. Selon Joseph Crawford, cette caractérisation du rebelle anti-colonialiste comme un terroriste s'enracine dans des figures imaginaires cristallisées au sein du genre du roman gothique. Ce courant littéraire britannique a initié le genre de l'horreur en littérature, en réinterprétant les idées médiévales sur les monstres et les démons pour les réinventer comme des tares présentes chez des gens marqués biologiquement par la criminalité et le mal absolu. Ce serait en partie à partir de cette figure nouvelle de l'homme-monstre que la rhétorique de l'anti-terrorisme se serait épanouie.
Tentatives de définition
Le terme de terrorisme est fréquemment employé en droit international et par les institutions internationales, mais il ne donne pas lieu à une définition unique et universelle ONU.
Certains éléments semblent faire consensus, le philosophe Jacques Derrida écrit ainsi : « Si on se réfère aux définitions courantes ou explicitement légales du terrorisme, qu’y trouve-t-on ? La référence à un crime contre la vie humaine en violation des lois (nationales ou internationales) y impliquant à la fois la distinction entre civil et militaire (les victimes du terrorisme sont supposées être civiles) et une finalité politique (influencer ou changer la politique d’un pays en terrorisant sa population) »..
Dans le cadre d'une guerre conventionnelle, il existe en effet un cadre juridique précis, le droit de la guerre. Les actes violant le droit de la guerre sont alors qualifiés de crimes de guerre. Les notions de terrorisme et d'acte terroriste servent donc à qualifier des actes en dehors du cadre bien défini de guerre conventionnelle et du droit de la guerre, même si leur définition précise n'est pas bien établie d'un point de vue strictement juridique, ou plus exactement, même si un usage peut en être fait à des fins d'intérêts politiques. En effet, la revendication d'un usage de l'accusation de terrorisme a été faite par un ensemble de professionnels qui se sont spécialisés dans cette question et se sont dès lors posés comme des experts qu'il faut consulter pour lutter contre ce fléau qui est selon eux d'un nouveau genre.
Le terrorisme se rapproche du concept de guerre ou de guerre civile. Ces notions partagent le caractère des actes d’extrême violence, et sont motivées par des fins politiques, idéologiques ou stratégiques. Elles opposent un groupe d’individus contre un autre et ont des effets délétères dont la population est victime, délibérément ou accidentellement. Le terrorisme se différencie des guerres par le fait que les guerres produisent généralement des destructions plus importantes de par les moyens que peuvent mettre en place des États dotés d’armées puissantes. Les groupes terroristes sont généralement moins bien organisés et dotés de moyens financiers limités..
Le droit international considère différemment une guerre et des faits de terrorisme. La classification des faits n'est toutefois pas toujours évidente, certaines campagnes violentes peuvent être vues différemment ; certains experts les considéreront comme du terrorisme, comme une guerre civile, comme une insurrection, comme de l’autodéfense, comme de l’autodétermination légitime ou comme autre chose.
Le terrorisme est une forme de violence organisée utilisée par des individus ou des groupes dans le but de semer la peur au sein de la population et d’influencer les décisions politiques, religieuses ou idéologiques. Il se manifeste souvent par des attentats, des prises d’otages ou d’autres actes violents visant des civils ou des symboles de l’État. Selon Bruce Hoffman, le terrorisme se caractérise par l’usage délibéré de la violence ou de la menace de violence pour atteindre des objectifs politiques et psychologiques en frappant des cibles qui ont une forte valeur symbolique. Ce phénomène constitue aujourd’hui un défi majeur pour la sécurité internationale, car il dépasse souvent les frontières nationales et implique des réseaux transnationaux qui utilisent la peur comme moyen de pression sur les gouvernements et les sociétés
Pourtant, même une fois exclus les crimes de guerre, le terrorisme reste difficile à définir avec une précision satisfaisante. Une définition, proposée par le Groupe de personnalités de haut niveau et le Secrétaire général de l'ONU en 2004 est soutenue par la France« Nouvelles menaces : les propositions du Groupe de personnalités », Centre de Nouvelles ONU, 2004. : .
L'Assemblée générale des Nations unies considère le terrorisme comme suit : .
vignette|Marcel Cachin contre le terrorisme en 1941
Les actes de terrorisme sont contraires au droit de la guerre et aux droits de l'homme et de ce fait hors la loi. Tout ceci implique et renvoie à une définition de la guerre, au droit de la guerre qui impose d’épargner les civils (voir les textes du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qui exposent les principes du droit humanitaire, eux-mêmes dépendant du droit de la guerre La pertinence du droit international humanitaire dans le contexte du terrorisme, sur le site du CICR Droit international humanitaire et terrorisme : questions et réponses, sur le site du CICR qui s’appuient sur ces principes et définitions et de même renvoient aux Droits de l'Homme. Le droit de la guerre se doit d'inclure les principes des Droits de l'Homme. L'article 33 de la quatrième Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre du précise que .
L'article 51 du protocole additionnel et l’article 13 du protocole additionnel aux Conventions de Genève concernant la Protection de la population civile dispose que :
Les conventions de l'ONU pour la répression du terrorisme donnent un cadre précis pour réprimer certains actes communément considérés comme des actes de terrorisme, tels que les détournements d'avions, les prises d'otage ou les attentats à l'explosif..
Terrorisme et résistance
On distingue le terrorisme des actes de résistances sur des critères techniques ou tactiques :