Oujda (en , Wejda en berbère : ⵡⵓⵊⴷⴰ : Wujda)L'ancienne orthographe francophone était , comme sur la carte ci-dessus de 1920., capitale de l’Est marocain, capitale des Masaajids (mosquées), ville millénaire, est l’une des plus anciennes villes du Maroc.

Oujda est située au centre de la région historique et géographique de la tribu arabe des Ahl Angad, au centre de la plaine de l'Angad dans le nord-est du pays, et bordée à l'est par l'Algérie. C'est le chef-lieu de la préfecture d'Oujda-Angad (région de l'Oriental) ; sa proximité avec l'Algérie lui permet d'être un point de passage entre le Maroc et l'Algérie.

Le sud de la région d'Oujda est peuplé par les Arabes de la tribu des Beni Guil, le centre par les Arabes de la tribu des Ahl Angad, et le nord par la tribu arabo-berbère des Béni-Snassen.

Géographie Situation La ville est bordée au nord par la province de Berkane et la mer Méditerranée, à l'ouest par la province de Taourirt, au sud par la ville et province de Jerada et à l'est par l'Algérie. Elle se situe à à l’Ouest de l’Algérie, à de la plage de Saidia, à de la ville de Berkane, à de la ville de Nador et à de l'enclave espagnole de Melilla.

Climat La ville d’Oujda jouit d’un climat méditerranéen avec un hiver doux à froid et pluvieux et un été chaud.

Les précipitations sont irrégulières et la neige peut tomber en hiver. Les précipitations sont comprises par an.

Les températures moyennes annuelles varient entre et . Celles maximales peuvent dépasser , par exemple le où il a fait ou encore le avec , tandis que les températures minimales absolues s'abaissent parfois en dessous de comme le où la température a baissé jusqu’à . Toutefois, les températures sont toujours douces sur la côte méditerranéenne elle-même.

La ville d'Oujda connaît durant le mois d’août un vent chaud venant du Sahara qui s'appelle chergui.

Histoire Préhistoire et Antiquité 300x300px|vignette|Mauretania et Numidia. On trouve des restes de l'activité humaine des temps primitifs dans les grottes des environs d'Oujda : silex, pointes, etc. Des spécimens de l'industrie de l'âge de la pierre ont été recueillis autour d'Oujda, vers Sidi Yahya, quelques silex taillés, dont un joli grattoir, à Aïn Serrak, des nucléus, lames, pointes et grattoirs, à Sidi Moussa, sur l'oued Isly, des grattoirs, lames, pointes et disques en quartzite. L'industrie de la pierre polie, qui coïncide avec le début des temps géologiques actuels, a également laissé quelques traces dans la région. Vers les jardins de Sedd et au confluent de l'oued Nachef et de l'oued Isly, on observe des foyers du néolithique ancien. Sur le plateau du Djorf El Akhdar, on a retrouvé une moitié de hache polie de forme dérivée de la hache en boudin. Autour d'Oujda et de Taourirt subsistent des tumulus amazighs de formes variées, caractérisés par la pauvreté du mobilier : restes d'os humains, perles, pendeloques de cuir, fers de lance, etc. Un dolmen a été découvert en 1884 par Charles Vilain dans les Ayt IznassenSite officiel de l'université d'Oujda. vignette|150x150px|Portrait de Jugurtha.|gauche Selon les historiens, Oujda serait Lanigare, mentionnée par Ptolémée, ou Stabulum regis située à l'ouest de Nigrensis (Tafna). Avant l'arrivée des Romains, les populations établies à l'est du fleuve de Moulouya sont unies sous le royaume des Massaesyles. Dans cet État riche en hommes et en produits du sol, la culture des céréales et l'élevage du bétail sont développés. D'après l'historien romain Salluste, le fleuve Mulucca, actuellement Moulouya, séparait le royaume de Jugurtha, roi de Numidie, de celui de Bocchus, roi de Maurétanie. Le castellum de Melwiya serait le Jbel Mahseur situé à au sud d'Oujda. Quelques traditions locales actuelles maintiennent un souvenir de Rome. Des fractions de la tribu de Ayt Iznassen qui se nomme al Bakia, se prétendent comme des descendants des conquérants romains.

À partir du , le judaïsme, se répand dans la région. Des clans judaïsants et semi-nomades, s'établissent dans le secteur. Les persécutions antisémites des Wisigoths et de Justinien réorientent beaucoup de juifs. Le souvenir d'une grande époque juive se lit dans la légende de Sidi Yahya Ben Younès et l'histoire de Debdou.

Dans l'Antiquité tardive, la cuvette d'Oujda est peuplée de nombreux villages. Selon l'historien Abou Hamid El Ghazali, ils auraient été habités par des chrétiens, sous le règne d'un roi appelé El Ablak El Fortas (« l'albinos teigneux »).

Fondation La médina d'Oujda est fondée en 994 près de la plaine des Angads, par Ziri Ibn Attia, chef de la tribu des Maghraouas originaire des Aurès (Algérie) qui y établit sa cour. Investi par les khalifes omeyyades de Cordoue du commandement des deux Maghreb, Ziri Ben Attia décide de s’installer au centre du pays qu’il va administrer. Il fait donc le choix de créer une capitale à proximité de la source de Sidi Yahia et de montagnes des Béni-Snassen pouvant éventuellement lui servir de refuge.

La cité demeure pendant quatre-vingts ans le siège de la dynastie zénète. Petit à petit, elle prend de l'importance grâce à son statut de ville relais sur deux grandes voies commerciales : la voie nord-sud de la mer à Sijilmassa, et la voie ouest-est de Fès à l'orient. Sa situation stratégique l'exposera à plusieurs invasions destructrices durant son histoire.

Dynasties des Almoravides et des Almohades

Youssef Ibn Tachfin s’empare d'Oujda en 1081.

Elle passa ensuite au pouvoir des Almoravides, puis des Almohades qui y élevèrent une ceinture de fortifications en 1206. Plus tard, les Mérinides et les Abd El Ouadites se la disputèrent violemment.

Vers 1208, Oujda passe au pouvoir des Almohades qui y élèvent une nouvelle fortificationGuide Bleu, édition 1920..

Dynasties des Zianides et des Mérinides Au fil de l'histoire des dynasties qui se succèdent en Occident musulman, Oujda finit par assumer une fonction stratégique importante.

À cause de la rivalité entre ces deux puissances, Oujda est détruite en 1271 par le sultan mérinide Abu Yaqub Yusuf an-Nasr. En 1295 elle est réédifiée par son fils Abou Yaacoub YoussefGuide Bleu - Édition 1920 et entourée de nouveaux remparts, dotée d’une casbah, d’un palais, de bains et d’une mosquée. En 1314 elle est sous domination zianide et résiste à une attaque menée par le sultan mérinide Abû Saïd Uthmân ben Yaqub (siège d'Oujda).

Dynasties saadienne et alaouite

À partir du , Oujda est l'enjeu de la rivalité entre les dynasties chérifiennes et la régence d'Alger ; la ville change de mains à plusieurs reprises et ne sera définitivement rattachée au Maroc qu'en 1822.. vignette|Mosquée du Roi Mohammed VI

Protectorat français au Maroc

À partir du , Oujda fut harcelée dans le cadre de la colonisation française en Algérie, ce qui a abouti à la bataille d’Isly (1844) et à la première occupation occidentale de la ville.

En 1907, la ville fut à nouveau occupée, cinq ans avant la mise en place du protectorat.

Administration française 200px|vignette|Église d'Oujda, symbole de la présence française. Oujda est occupée et évacuée par les troupes françaises une première fois en 1844, puis une deuxième fois en 1859. La réoccupation d'Oujda fut ensuite décidée à la suite de l'agitation anti-française entretenue parmi le peuple marocain après l'assassinat du docteur Mauchamp à Marrakech le . Elle fut réalisée, sans coup férir, par le général Lyautey le , puis Oujda sert de base, ainsi que Ghazaouet (Nemours), à la pacification des Beni Snassen. Une certaine effervescence s'étant produite ensuite dans ce massif, celui-ci fut occupé à la fin de 1907, et l'influence française s'étendit ensuite dans tout l'Amalat d'Oujda.

Une des plus grandes gares : le train comme outil de pénétration vignette|Plan d'Oujda (orthographié Oudjda) au 10000 de 1920. Dès 1910, un premier tronçon ferroviaire fut construit, reliant Oujda à Maghnia (Algérie). Puis le chemin de fer s'étendit jusqu'à Fès en 1924, à Bouarfa et ses mines (1929), à Ghazaouet (1935) puis Béchar/Colomb Béchar (1941) et Kenadsa (1948). C'était l'amorce du projet ferroviaire transsaharien devant mener au Niger. Oujda et la région de l'Oriental marocain devenaient ainsi un lieu stratégique dans la perspective d'une plus grande intégration du domaine colonial français en Afrique du Nord, via ces infrastructures. Les indépendances maghrébines mirent fin à ce projet.

Présence militaire

En 1912, les Français étaient autorisés à établir leur action jusqu'au-delà de la Moulouya et atteignaient Msoun en 1913, puis Taza en 1914, époque à laquelle s'opéra la jonction des troupes du Maroc oriental avec celles du Maroc occidental.

En 1917, les opérations françaises aboutissent à la fondation du poste d'Outat El Haj sur la Moulouya, et à la jonction, à Missour, des troupes de la région nord avec celles de la région sud du Maroc occidental à Bou Denib. La même année, ces dernières troupes opèrent également leur jonction avec celles venues de Meknès.

Gouvernement Le contrôle de l'administration s’effectuait par le contrôleur en chef de la région civile d'Oujda, qui dépendait de la Résidence générale de Rabat. La colonisation européenne s'était rapidement développée dans la partie nord de la ville à partir de 1908. Au sud, non loin de la gare où aboutit la ligne de chemin de fer d'Oran à Colomb-Béchar, les transactions commerciales avaient une certaine activité, en particulier lors de la création, à la fin des années 1920, de la cité minière (charbon) de Jerada.

Populations En 1918 : musulmans - Français - autres Européens - juifs ; soit un total de .

En un pogrom frappa la communauté juive de la villeLes 7 et , sont massacrés à Jerada et Oujda, Tribune juive, 8 juin 2017.. Cinq juifs furent assassinés ainsi qu'un gendarme français, quinze autres blessés, des maisons et magasins détruitsDalit Atrakchi (2001). ". .: "". Les émeutes d'Oujda et de Jerada firent encore davantage de victimes dans la ville voisine de Jerada ( assassinés et ).

thumb|صورة من مهرجان التبوريدة بمدينة وجدة

Les transports publics Omnibus - de l’hôtel Simon et de hôtel Central à la gare - Prix : 1 fr. la place Voitures de place - Station rue de Mania (Première zone : la course 2 fr. – la course double 3 fr - Deuxième zone : la course 3 fr. – la course double 3,75 fr - La demi-journée 12 fr - La journée entière 20 fr - Oujda - Sidi Yahia, aller et retour avec une heure d’attente : 8 fr)

Services d’autobus Société générale des autobus, route de Maghnia, d’Oujda à Martimprey et Berkane (service quotidien 10 et 8 fr la place - d’Oujda à Maghnia 3 fr - d’Oujda à Nedroma et Tlemcen 11 fr - d’Oujda à Nemours 13 fr)

Automobiles de louage Prodesta – Sanchez – Santia - Laville.

Banques Banque du Maroc, Banque Chaâbi Attijari Wafa Banque BMCE Banque Société générale Crédit agricole

Photographie Ben Sadoun, rue de Maghnia Hammou, rue de Maghnia

Librairie et cartes postales Allard, Bab El Khémis Gouraud, rue de Maghnia

Journaux Tablettes marocaines, hebdomadaire à 0,1 fr

Bains maures Bain Mérinide -Hammam Bâlî Bain du Jardin, en face de l’école franco-arabe Bain elfath Bain BenaBaji ou Blabaji Bain Sabouni Bain Triki ou Tkatek Bain El-Bacha Bain El-Khessa Bain belouchi Hemmam Chtioui Hemmam El-mir Hemmam Benkkachour

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