vignette|redresse=1.2|alt=Photo prise juste après la signature de l'Armistice avec au premier plan de gauche à droite l'amiral britannique George Hope, le général de division Maxime Weygand, l'amiral britannique Rosslyn Wemyss, le maréchal Foch et le capitaine de la Royal Navy Jack Marriott|Le vers du matin ., juste après la signature du traité, à la sortie du « wagon de l'Armistice » : de gauche à droite au premier plan, l'amiral britannique , le général Weygand, l’amiral britannique Wemyss, le maréchal Foch (avec une canne et un képi), le capitaine de la Royal Navy .
Larmistice de 1918, signé le à « Wagon de l'Armistice, Rethondes », sur le site cheminsdememoire.gouv.fr.« 11 novembre 1918 – Un armistice met fin à la Grande Guerre », sur le site Herodote.net, consulté le 18 janvier 2010., met provisoirement fin aux combats de la Première Guerre mondiale (1914-1918). Prévu pour durer , il est ensuite renouvelé. L'armistice reconnaît de facto la victoire des Alliés et la défaite de l'Allemagne, mais il ne s'agit pas d'une capitulation au sens propreRépublique française Vie publique / Que commémore-t-on le 11 novembre ? 4 novembre 1925 par la Rédaction.
Le cessez-le-feu est effectif à , entraînant dans l'ensemble de la France des volées de cloches et des sonneries de clairons, et annonçant la fin d'une guerre qui a fait pour l'ensemble des belligérants plus de de morts, d'invalides et de mutilés, dont de civils. Les représentants allemands et alliés se réunissent dans un wagon-restaurant aménagé provenant du train d'état-major du maréchal Foch, dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne.
La guerre entre les Alliés et le (régime dit ) est terminée officiellement le avec le traité de Versailles.
Chronologie La fin des espoirs allemands vignette|Première page du Rire rouge le (par Abel Faivre). La Première Guerre mondiale avait officiellement débuté le par la déclaration de guerre de l'Autriche-Hongrie à la Serbie.
Signé le , le traité de Brest-Litovsk, conduisant à la reddition de la Russie, met fin aux combats sur le front de l'Est et permet à l'armée allemande de concentrer de nombreuses unités sur le front de l'Ouest .
Néanmoins l'échec des offensives allemandes en obligent les forces allemandes à reculer avec de lourdes pertes, sur l'ensemble du front franco-belge. Le , à Spa, l'état-major allemand fait savoir à l'empereur que la guerre est perdue, mais ni , ni les chefs militaires ne veulent assumer la responsabilité de la défaite.
Dans le même temps, une série d'offensives de l'Entente sur les fronts d'Orient et d'Italie dont la bataille décisive de Vittorio Veneto entraînent la capitulation des alliés de l'Allemagne. Les armistices sur les fronts d'Orient créent une « énorme brèche » (Ludendorff) que l'Allemagne n'est pas en mesure de colmater.
Dans le même temps, sur le front belge, les Franco-Belges lancent une attaque vers Bruges et enfoncent le front allemandvoir aussi :en:Battle of Courtrai (1918). Bruges était libérée le .
L'agitation grandit dans les troupes allemandes et à l'arrière. Durant le mois d', les Allemands et le président américain Wilson échangent des notes dans lesquelles ce dernier est chargé, dans la lignée de ses quatorze points proposés en dans un discours retentissant, de prendre en main le rétablissement de la paix. Une note de Robert Lansing promet une si les Allemands déposent les armes. Ultérieurement, les juristes, notamment nazis, dénoncent la trahison de cette promesse lors du diktat de Versailles.
Le , Erich Ludendorff et Paul von Hindenburg sont au quartier général de l'armée allemande à Spa, en vue de discuter de la situation sur le front ouest ; à ils décident d'organiser l'armistice. Le diplomate Paul von Hintze avertit le , qui se trouve alors à KielFoch et la bataille de 1918 d'André Laffargue, p. 334..
Le , Paul von Hintze se rend à Spa. retourne à Berlin où il est rejoint par le chancelier Georg von Hertling démissionné le jour même. Le soir, Paul von Hintze retourne à Berlin avec le major von dem Bussche, qui doit exposer la situation au ReichstagLudendorf, général Buat, Paris, 1958, p. 302..
Le , Erich Ludendorff envoie un télégramme au cabinet impérial :
Le , nomme Max de Bade chancelier du Reich, sans parvenir à enrayer la défaite : de nombreux marins et soldats refusent d'aller au combat, en particulier à Kiel.
Le , à du matin, Maurice Hacot, habitant d'Auchel et caporal affecté au centre radio-télégraphique de la tour Eiffel reçoit un message morse émis de Spa en Belgique. Il s'agit de la demande d'armistice de l'État-major allemand. Il transmet le message au colonel FerriéLa Voix du Nord du ..
Arrivée de la délégation allemande vignette|La mission parlementaire allemande repart vers ses lignes le . Devant la voiture, arrêtée à Fourmies, le capitaine allemand von Helldorf. Le , Matthias Erzberger, représentant du gouvernement allemand, part de Spa pour négocier l'armistice. Il atteint et traverse la ligne de front à La Flamengrie (Aisne) sur la route d'Haudroy à La Capelle. Il est accompagné d'un diplomate, le comte von Oberndorff, d'un attaché militaire parlant couramment français, le général von Winterfeldt, d'un interprète, le capitaine von Helldorf, d'un sténographe et deux autres militaires, le capitaine Vanselow et le capitaine d'état-major GeyerGérard Courtois, Le calvaire de Rethondes, Le Monde du , ..
L'ensemble de la délégation allemande est dirigée vers la villa Pasques, à La CapelleFrédéric Plancard, « Le clairon de l’Armistice », 8 novembre 2008, sur le site de L'Est républicain, estrepublicain.fr, consulté le 9 novembre 2009. pour préparer les négociations de l’armisticeArticle de Benjamin Mériau, La Voix du Nord, 8 novembre 2009.. C'est le caporal Pierre Sellier, originaire de Beaucourt (Territoire de Belfort) qui, ce jour-là, fut le premier clairon à sonner le premier cessez-le-feu. Sous la responsabilité du commandant de Bourbon Busset, les six voitures traversent la zone dévastée du Nord de la France, s'arrêtent à Homblières pour se restaurer, puis vont vers la gare de Tergnier où les attend un train affrété qui les mène vers un lieu de rencontre jusque-là tenu secret, une futaie de la forêt de Compiègne. Le site abrite deux petites voies ferrées parallèles, utilisées pour l’acheminement des pièces d’artillerie sur rail destinées au tir de longue portée sur les lignes allemandes et où ont été acheminés deux trains, le train du maréchal Foch et le train aménagé pour la délégation allemande qui arrive sur place le à du matin. Commence alors pour les Allemands ce que Matthias Erzberger décrira plus tard dans ses mémoires comme un « véritable calvaire »Matthias Erzberger, Souvenirs de Guerre, Payot, 1921..
Les négociations
À , les plénipotentiaires allemands sont reçus par le maréchal Foch. L'ambiance est glaciale. Sans attendre, le maréchal interpelle les visiteurs : Erzberger lui demande quelles sont ses propositions. répond le maréchal.
Les Allemands se concertent avant de répondre par l'affirmative :
Un texte est alors distribué aux parlementaires allemands, avec un délai de trois jours pour réfléchirAnnie Brown, Lionel Dumarche, Philippe Glorennec, Jean-Marcel Humbert, Jean-Pierre Verney, 14-18, la Première Guerre mondiale, Bruxelles, Casterman, , 1986, ..
Durant les trois jours, les Allemands n'ont en réalité que peu d'occasions de véritablement négocier. Ils doivent rapidement se plier aux conditions développées dans le texte qui leur a été soumis. Ce texte, qui fixe des conditions jugées humiliantes par les Allemands (voir les principales clauses), avait été établi en dernier lieu par Foch, au titre de commandant suprême des forces alliées, après un mois de positions divergentes de Wilson, Clemenceau, Orlando et Lloyd George.
Les négociations voulues par Friedrich Ebert ont surtout pour objectif de limiter les conditions de l'armistice imposées à l'Allemagne. En effet la nouvelle République de Weimar souhaite garder suffisamment de moyens et de ressources techniques, humains ou militaires pour garantir l'intégrité et le maintien du régime politique allemand contre la révolution spartakiste. Les Allemands négocient par exemple le nombre de mitrailleuses que doit livrer le gouvernement allemand aux forces alliées. Après négociations, celui-ci passe de 30 000 mitrailleuses à 25 000 mitrailleuses, tout comme le nombre de camions qui passe de 10 000 à 5 000 après les négociations.
En parallèle, Erzberger tente de négocier une prolongation du délai, sans succès face à Foch.
Pendant ce temps, la situation politique évolue en Allemagne. Le , le prince de Bade conseille au Kaiser d'abdiquer. Dans un premier temps, celui-ci refuse. Après avoir envisagé de prendre lui-même le commandement de l'armée, il est néanmoins contraint à l'abdication par ses généraux et part en exil aux Pays-Bas. Afin d'éviter une prise de pouvoir par les spartakistes, les socialistes modérés proclament la république et forment un gouvernement. Cet événement est un élément de pression supplémentaire vis-à-vis des délégués allemands réunis dans le wagon de Rethondes. Le lendemain, le nouveau chef du Gouvernement allemand, Friedrich Ebert, signe un pacte avec les dirigeants de son Armée et implore son représentant à Rethondes de clore sans tarder les négociations.
L'Armistice vignette|gauche|Première page du New York Times le . vignette|droite|L’armistice de 1918, tableau de Jules Adler (1919).
Le , à du matin, Erzberger emmène une dernière fois la délégation allemande dans le wagon français. Pendant près de , les Allemands négocient en essayant d'obtenir des atténuations sur chacun des que compose le texte. Entre et du matin, l'armistice est signé avec une application sur le front fixée à du matin, et ce pour une durée de qui sera renouvelée trois fois dans la même voiture à Trèves (prolongation d'un mois le puis reconduction le et le pour une durée illimitée)..
Dans les capitales européennes, c'est le soulagement. À Paris, un million de personnes descendent dans la rue pour célébrer l'armistice. Malgré la défaite, celui-ci est également fêté à Berlin par la population allemande, pour qui il signifie la fin des souffrances. Dans ses mémoires, Erzberger écrit : « Toutes les gares étaient pleines de monde parce qu'on avait su que nous retournions en Allemagne. L'animation et la joie régnaient partout. »
Le soir du , Georges Clemenceau confie avec lucidité au général Mordacq :
Le lendemain de l'armistice, après avoir félicité les négociateurs, le maréchal von Hindenburg fait proclamer un dernier message à l'armée allemande dans lequel il évoque déjà à demi-mot la thèse du « coup de poignard » dans le dos qui aurait été porté à l'armée par les civils.
Au vu du déni de défaite en Allemagne qui devait alimenter la contestation nationaliste de la république de Weimar, un courant historiographique français, représenté en particulier par Guy Pédroncini., relayant la position du général Pétain, devait considérer que l'armistice du avait été prématuré..
À la suite de cet armistice est signé le traité de Versailles, le . Ce traité, dont les clauses furent très critiquées en Allemagne, sera une des causes de la Seconde Guerre mondiale. Matthias Erzberger sera assassiné par des nationalistes en 1921. vignette|redresse=1.4|Tableau représentant la signature de l’armistice de 1918 dans le wagon-salon du maréchal Foch. De droite à gauche, le général Weygand, le maréchal Foch (debout) et les amiraux britanniques Wemyss et (assis), le ministre d’État allemand Erzberger (en manteau sombre, de dos), le capitaine de la Royal Navy (debout en arrière-plan), le Generalmajor Winterfeldt de la Deutsches Heer (avec le casque à pointe), le comte Oberndorff des Affaires étrangères (en manteau clair un chapeau à la main) et le Kapitän zur See Vanselow de la Kaiserliche Marine (tête nue en arrière-plan).
Le choix du lieu