Le , un séisme de magnitude 9 déclenche un tsunami qui dévaste la côte Pacifique du Tōhoku et Kantō au Japon et provoque l’accident nucléaire de Fukushima : la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi est endommagée, provoquant un défaut de refroidissement, des fusions de cœur dans plusieurs réacteurs puis des ruptures de confinement et d'importants rejets radioactifs.

Dans les premiers jours, d'importants rejets ont été dispersés dans l'air. Ils se sont déplacés au gré des vents et via leurs retombées sont susceptibles d'induire des conséquences environnementales et sanitaires, ensuite en raison de fuites et d'un arrosage continu, puis de rejets volontaire en mer, la pollution radiologique se concentre plutôt sur le littoral proche, les fonds marins et l'océan Pacifique via la dissémination par l'eau et les poissons qui peuvent bioconcentrer et transporter les radionucléides, y compris le tritium (isotope radioactif de l'hydrogène, dont la demi-vie radioactive est de 12,6 ans).

Les prévisions réalisées ainsi que les mesures relevées à grande distance ont mis en évidence des concentrations très faibles en radionucléides dans l'air comme dans l'eau pluviale. L'impact distant en dehors du Japon est donc considéré comme extrêmement faible concernant la pollution atmosphérique. Les impacts concernant les transferts via l'océan et la chaine alimentaire marine font encore l'objet d'évaluation, mais selon les données disponibles, c'est la contamination radioactive artificielle de l'environnement marin la plus importante qui ait jamais eu lieu, suscitant de nouvelles questions avec le rejet volontaire en mer de plus d'un million de tonnes d'eaux faiblement radioactive, contaminée par de l'eau tritiée (c'est une décision du gouvernement japonais, approuvée par l'AIEA, mais qui divise l’opinion publique et scientifique).

Selon les estimations publiées par l'Agence japonaise de sûreté nucléaire, l'accident a dispersé l'équivalent de 10 % de l'accident de Tchernobyl : entre 1,3 et d'iode 131 (contre pour Tchernobyl), et entre de césium 137 (contre pour Tchernobyl), Nuclear and Industrial Safety Agency, 12 avril 2011 . Environ personnes sont évacuées dans un rayon de .

Importance des rejets L'accident nucléaire de Fukushima est considéré par les médias comme le pire accident nucléaire au monde depuis la catastrophe de Tchernobyl en 1986....

Selon les estimations publiées par l'Agence Japonaise de Sûreté Nucléaire, l'accident a dispersé l'équivalent de 10 % de l'accident de Tchernobyl : entre d'iode 131 (contre pour Tchernobyl), et entre de césium 137 (contre pour Tchernobyl). La CRIIRAD qui cite ces mêmes chiffres estime que, indépendamment de ceux de Tchernobyl et quels que soient les chiffres exacts des rejets à Fukushima, ceux-ci étaient suffisamment importants pour que les estimations soient faites plus tôt et immédiatement mises au service de la protection des populations concernéesJAPON : LES EXPERTS CALCULENT, LES POPULATIONS SUBISSENT - Communiqué CRIIRAD du 12 avril 2011] Le Docteur Michel Fernex affirme que « Les études scientifiques en cours montrent qu’il y a autant de dommages génétiques dans les secteurs contaminés de Fukushima que de Tchernobyl. »Nucléaire Michel Fernex : « À Fukushima, les leçons de Tchernobyl sont ignorées », L'Alsace le 24 juillet 2012 Le président du Comité scientifique des Nations Unies pour l'Étude des Effets des Rayonnements relativise les conséquences sanitaires, arguant de faibles quantités de produits radioactifs disséminés, sans rapport avec le cas de Tchernobyl7sur7.be 7sur7: Fukushima n'aura pas d'impact grave sur la santé et cela d'autant plus que le régime des vents avait au départ dirigé le panache majoritairement vers l'océan.

Cependant, plusieurs scientifiques ne partagent pas les estimations officielles des rejets ni l'avis du président du Comité. Ainsi, l'Austria's Central Institute for Meteorology and Geodynamics (Zentralanstalt für Meteorologie und Geodynamik) estime que lors des dix premiers jours de l'accident, les rejets sur Fukushima représentaient environ 73 % en Iode131 et environ 60 % en Césium137 des rejets de Tchernobyl pour la même periodeFukushima radioactive fallout nears Chernobyl levels (chiffres du rapport autrichien repris en anglais)Unfall im japanischen Kernkraftwerk Fukushima (Update: 23. März 2011 11:00) - site autrichien en allemandComparaison Fukushima / Tchernobyl : les mesures (article en français qui cite aussi l'institut autrichien. De même, l'Union of Concerned Scientists (UCS) qui cite aussi le rapport autrichien, considère que les conséquences déjà apparentes de ce qu'elle appelle un désastre sont sévères et inacceptables sur la santé, l'environnement et l'économie et qu'il est désormais acquis que des rejets significatifs de radioactivité peuvent se produire sans qu'il y ait destruction de l'enceinte de confinement Edwin Lyman's April 6 statement to the Senate on U.S. government's response to Japan's nuclear power incident .

De plus, le , des mesures révèlent que les environs du réacteur ont atteint des niveaux de pollution similaires à ceux de la zone morte de Tchernobyl Japan Times: Some Fukushima soil same as Chernobyl 'dead zone' - .

Début avril, les impacts socio-économiques sont plus douloureuxFUKUSHIMA (suite 27) Le SOS du maire de MINAMI SOMA, Sciences et Avenir, Blog « Science pour vous et moi », Dominique Langlu, . D'une part, les habitants de la Zone d'exclusion nucléaire d'environ autour de la centrale ont été évacués et la consigne aux habitants de la zone des est de rester chez eux ou de procéder à leur « évacuation volontaire » par leurs propres moyensJapanese officials urge “voluntary” evacuation for wider radius around Fukushima, International Business Times, . D'autre part, la contamination environnementale a nécessité l'interdiction à la vente du lait et de différents produits agricoles dans plusieurs préfectures (notamment au nord-ouest de la centrale) et des produits marins. Effrayés, les grossistes et consommateurs évitent désormais tous les produits alimentaires venant de ces régions, ce qui prive de toutes ressources les exploitantsLes agriculteurs japonais risquent gros après l'accident nucléaire, Le Nouvel Obs, . Dans les communes les plus touchées (notamment Iitate), les habitants ont vécu pendant plusieurs semaines dans l'attente d'aides de l'État, ou d'un éventuel ordre d'évacuationA Fukushima, 200.000 riverains menacés d'exil à vie, La Tribune, , The Mainichi Daily News, . L'évacuation a enfin été ordonnée en fin de journée le et ces habitants ont alors rejoint les rangs des « exilés » de FukushimaDe l’envoyée spéciale de Sciences et Avenir à Fukushima : Les fantômes de la zone rouge, Sciences et Avenir, 13/04/2011.

Niveau de radioactivité vignette|redresse=1.5|En échelle logarithmique, les niveaux de rayonnement mesurés en plusieurs points au voisinage du site nucléaire de Fukushima Daiichi en , mis en relation avec les principaux événements vignette|redresse=1.5|Évolution des débits de dose à Fukushima du 11 au , et comparaison à d'autres incidents et aux normes réglementaires.

Radioactivité dans le site Le lendemain du séisme, la radioactivité relevée par Tepco reste normale à , mais elle augmente dès Plant Status of Fukushima Daiichi Nuclear Power Station (as of 6AM March ), Tepco, 12 mars 2011 Chronological outline of the nuclear accidents in Japan, Berkeley Nuclear Research Center. À , à la suite de plusieurs relâchements de vapeur sur le réacteur , la radioactivité atteint un pic à à la limite nord-ouest du site Occurrence of a Specific Incident Stipulated in Article 15, Clause 1 of the Act on Special Measures Concerning Nuclear Emergency Preparedness (Extraordinary increase of radiation dose at site boundary), Tepco, 12 mars 2011 , Nuclear and Industrial Safety Agency, 12 mars 2011 . Les deux jours suivants, la radioactivité aux points de contrôle reste généralement de l'ordre de quelques dizaines de microsieverts par heure, avec de brusques sursauts occasionnels Mesures aux points de contrôle à la centrale de Fukushima Daiichi 13-14 mars, Ministry of Economy, Trade and Industry, 14 mars 2011 Mesures aux points de contrôle à la centrale de Fukushima Daiichi 14-15 mars, Ministry of Economy, Trade and Industry, 16 mars 2011 .

La situation s'aggrave brusquement le , après deux explosions successives, d'abord à 6 h au bâtiment puis à dans l'enceinte du bâtiment . À l'entrée principale, le débit de dose grimpe de à à à , et atteint un pic de à . À l'intérieur du site, les débits de dose à 10h22 atteignent entre les réacteurs 2 et 3, au voisinage du réacteur 4 et au voisinage du réacteur 3 Nuclear Power Stations' Response to the Off the Pacific Coast of Tohoku Earthquake, Japan Nuclear Technology Institute, 19 avril 2011 . Tout le personnel est évacué, seuls restant sur place un petit nombre d'employés, qui seront surnommés les cinquante de FukushimaTwitter depuis Fukushima, Aujourd'hui le Japon, 21 mars 2011.

Au Japon, la limite de dose pour un travailleur du nucléaire dans des situations d'urgence est normalement de Joint Convention on the Safety of Spent Fuell Management and on the Safety of Radioactive Waste, National Report of Japan for the third Review Meeting, octobre 2008 . Le , pour permettre aux « liquidateurs » de la centrale de continuer à intervenir sur le site, cette limite est relevée à titre exceptionnel à par le gouvernement japonaisliberation.frNytimes.com. Le , la Commission Internationale de Protection Radiologique rappellera ses recommandations pour les situations d'urgence nucléaire: les niveaux de référence peuvent être relevés jusqu'à ; pas de limite d'exposition pour des volontaires informés lorsqu'il s'agit de sauver des vies Fukushima Nuclear Power Plant Accident, International Commission on Radiological Protection, communiqué de presse ICRP ref 4847-5603-4313, 21 mars 2011 .

Le a radicalement changé la situation concernant la radioactivité sur site: aux points de contrôle, les ordres de grandeurs des mesures viennent de passer des dizaines aux centaines de microsieverts dans les périodes de « calme », avec de brusques sursauts occasionnels atteignant le à (porte principale) puis le à Mesures aux points de contrôle à la centrale de Fukushima Daiichi 16-17 mars, Ministry of Economy, Trade and Industry, 17 mars 2011 . Après plusieurs jours critiques, la situation reviendra progressivement sous contrôle, et les sursauts de radioactivité se feront alors de plus en plus rares, mais la radioactivité s'est maintenant installée de manière permanente.

Un point de contrôle est mis en place à au nord-ouest de l'unité 2: les mesures y décroissent lentement de entre le 17 et le Mesures de radioactivité à Fukishima Dai-ichi du 16 au 22 mars, Ambassade du Japon aux États-Unis, 23 mars 2011 . Après quelques jours d'interruption, les mesures à cet emplacement reprennent (le point de mesure est légèrement décalé) : le débit de dose est de le , Nuclear and Industrial Safety Agency, 26 mars 2011 , passe sous les le , Nuclear and Industrial Safety Agency, 2 avril 2011 , et oscillait légèrement au-dessus des le , Nuclear and Industrial Safety Agency, 17 avril 2011 . Les mesures aux points de contrôle en bordure de site décroissent également, avec des valeurs au allant de au point nord à au point sud-ouest Nuclear Trends of Fukushima Daiichi, Nuclear Power Corporation of India Ltd, 10 avril 2011 . Depuis le , Tepco a mis en ligne des cartes de radioactivité sur le siteSurvey map of Fukushima Daiichi Nuclear Power Station, Tepco. Une analyse rapide montre des débits de dose supérieurs au mSv/h presque partout autour des réacteurs, et pouvant atteindre dans les zones de gravats.