Le château de Königsberg (en allemand : Königsberger Schloss) était un château situé à Königsberg, en Prusse-Orientale (en Allemagne et depuis 1946 sur le site de Kaliningrad, en Russie). Détruit après-guerre, il est remplacé pendant les années 1960 par la Maison des Soviets de Kaliningrad. Le château était constitué d'une cathédrale, d'un musée et de bâtiments administratifs.
Histoire Le château de Königsberg, de même que la cathédrale de Königsberg, était l'un des symboles principaux de la capitale de la province de Prusse-Orientale, Königsberg, l'actuelle Kaliningrad qui se situe dans l'enclave russe du même nom entre la Pologne et la Lituanie. Pendant la deuxième guerre mondiale, le château fut fortement endommagé par un bombardement allié au mois d' ainsi que par la bataille de Königsberg. En dépit de l'opposition de plusieurs historiens soviétiques et scientifiques des arts, les ruines furent détruites et déblayées sur ordre de Léonid Brejnev.
Le bâtiment s'étendait sur une longueur maximale de et une largeur maximale de . La plus haute tour qui mesurait , se situait sur la ). Les événements historiques ont régulièrement donné l'occasion de procéder à des modifications ou à des nouvelles constructions. En 1312, Königsberg devint le siège du grand maréchal de l'Ordre des Chevaliers Teutoniques (Ordenmarschall). C'est de là que partirent toutes les campagnes contre les Lituaniens tout au long du . En 1457, après la perte de Marienburg, Königsberg devint la résidence des grands maîtres de l'Ordre puis, en 1525, elle devint celle du duc Albert de Brandebourg (Albrecht von Brandenburg-Ansbach en allemand), le premier duc de Prusse. Par la suite, l'autorité gouvernementale échut au prince-électeur de Brandebourg. Ainsi, après Berlin, Königsberg devint la deuxième résidence officielle de ce dernier. Enfin c'est en 1701, à Königsberg, que le prince-électeur Frédéric III ceignit la couronne du premier Roi en Prusse et pris le nom de Frédéric . vignette|Dynamitage du château. L'église du château, construite entre 1584 et 1595, devint plus tard l'église du couronnement des rois de Prusse en 1701 puis en 1861. L'intention initiale de Frédéric de faire du château une imposante bâtisse de style baroque fut abandonnée après sa mort. Seule l'aile sud-ouest du château fut progressivement achevée. Plus tard, l'édifice fut reconverti en bâtiment administratif et en musée. Lors des deux bombardements britanniques dévastateurs du mois d' et pendant la bataille de Königsberg au mois d', le château fut gravement endommagé et ravagé par un incendie. Les ruines furent finalement dynamitées et déblayées en 1968.
Composition des bâtiments Le château se compose d'un corps de bâtiment en quadrilatère fermé composé de quatre ailes : À l'est: La : Tour octogonale la plus ancienne à l'angle nord-est du château, datée de l'époque de l'Ordre des Chevaliers Teutoniques, le portail d'Albert (entrée principale), le corps de garde principal, l'administration et Le : aile baroque et appartements royaux du château. Au sud: le Unfriedtbau (le long de la Bergstrasse), les appartements du haut président, le , la collection municipale d'œuvres d'art. À l'ouest: La : tour de défense et clocher du château, l'Église du Château (Schlosskirche en allemand) : Lieu du sacre des Rois de Prusse, la Salle des Moscovites (Moscowitersaal en allemand) : grande salle de réception au-dessus de l'Église. Au nord: Les Archives d'État prussiennes de Königsberg, le : bar à vin situé dans les caves voutées, le , la : collection précieuse de manuscrits, le Tribunal d'État supérieur de Königsberg
Les tours suivantes ont subsisté jusqu'à la destruction du château: La vignette|droite|300px La , la plus ancienne du Château La tour ronde du sud-est La tour au nord-est Les deux tours carrées sur la face nord
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Aménagements et services publics hébergés par le château Résidence et domicile des Hohenzollern en Prusse-Orientale. Le musée Prussia : exposition de civilisation de la société Prussia. Le (Blutgericht en allemand) : bar à vin situé dans les caves voûtées. La (Silberbibliothek en allemand) : collection précieuse de manuscrits. La Cour d'appel de Königsberg (Oberlandesgericht Königsberg en allemand) Le Le Le Service des archives de l'État prussien de Königsberg
Musée des bâtiments de l'ordre Les bâtiments de l'Ordre Teutonique furent préservés en tant que musée dans l'aile nord du château. Le bâtiment le plus ancien était la tour rectangulaire que le bailli de Sambie (Samland en allemand) Diderich von Lindelau érigea entre 1278 et 1292. Ceci fut notamment attesté par une inscription en lettres gothiques majuscules figurant sur une dalle d'argile dans le sous-sol. De chaque côté de la tour se trouvaient les réfectoires dans lesquels le maréchal de l'ordre puis à partir de 1457, le grand maître (Hochmeister en allemand) de l'ordre avaient établi leur résidence. En 1526, le duc Albert de Brandebourg, dernier grand maître de l'ordre, fit célébrer son mariage avec Dorothée du Danemark dans ces locaux et tous deux y résidèrent jusqu'en 1533.
Vers l'ouest, le musée s'étendait jusqu'à la tour du Pelletier, tour ronde d'angle située au nord-ouest du bâtiment Georg-Friedrich. Lors de son édification, fit abattre une tour du même nom qui se situait un peu plus loin à l'est,le nom de l'ancienne tour lui étant simplement réattribuée. À l'intérieur, se trouvait la Bibliothèque d'argent (Silberbibliothek). L'orfèvre J. Freudner, originaire de la ville d'Ulm et qui s'installa dès 1527 dans le quartier de Kneiphof, forgea en 1541, la fameuse Épée d'Albert en argent (Albrechtschwert en allemand) qui faisait partie de la collection du musée. Cette dernière contenait, par ailleurs, un harnais ciselé du duc Albert ainsi qu'un portrait sculpté sur bois de . Ce dernier fut sauvé de façon rocambolesque et parvint au musée du pavillon de chasse de Grunewald à Berlin. Dans les anciennes archives de l'ordre, se trouvait également le sauf-conduit de Martin Luther accordé par l'empereur Charles Quint, lorsqu'il ce dernier le convoqua devant la Diète impériale de Worms de 1521 (Reichstag zu Worms). Ce document était parvenu en Prusse-Orientale par l'intermédiaire de la troisième fille de Luther, Margarete von Kunheim, tout d'abord parmi les possessions du chancelier puis dans celles du musée du châteauRobert Albinus: Königsberg Lexikon. Wurtzbourg, 2002, .
Historique de la construction Le château fut érigé au par les Goths près de la rivière Pregel sous le nom de forteresse « Tuwangste »http://sketchup.google.com/3dwarehouse/details?mid=dc5c60bf8abcad8519327f97a860456c. Après la conquête de la région par les Chevaliers Teutoniques en 1255, le château de Königsberg connut une période de développement à partir de 1257 avec le grand maître des Chevaliers Teutoniques, Burchard von Hornhausen. Le château fut largement agrandi et reconsolidé en plusieurs étapes du .
Après le bombardement de Königsberg par la Royal Air Force lors de la Seconde Guerre mondiale en 1944, le château fut complètement détruitIsabel Denny, The fall of Hitler's fortress city: the battle for Königsberg, 1945. MBI Publishing Company, 2007, .. Toutefois, l'épaisseur des murs était en mesure de résister à la fois aux bombardements aériens et aux pilonnages d'artillerie soviétique.
Période de l'Ordre Teutonique En 1242, des négociations furent conduites entre l'Ordre des Chevaliers Teutoniques et la ville de Lübeck en vue de l'aménagement d'une ville portuaire sur Portu Lipce (qui signifie littéralement l'embouchure de la Lipce) sur le fleuve qui porte le nom de Pregore ou LipzaJohannes Voigt: Geschichte Preussens, von den ältesten Zeiten bis zum Untergang der Herrschaft des deutschen Ordens, tome 2, éd. Bornträger et frères, 1827. Il fut tout d'abord question de la création d'une ville-État par la ville de Lübeck. En 1246, un accord fut finalement trouvé aux termes duquel l'Ordre prendrait lui-même en compte la création d'un ville et à côté de la ville, la construction d'un château fort. Par ailleurs, plusieurs campagnes militaires ont également été entreprises en Sambie. Mais la mise en œuvre du plan fut retardée par d'autres événements politiques et militaires. C'est seulement en 1255 qu'une grande armée de croisés du roi Ottokar de Bohême sous commandement de l'Ordre Teutonique envahit la Sambie en provenance de Balga et en passant par les glaces sur la lagune de la VistuleFriedrich Wilhelm Schubert: Zur sechshundertjährigen Jubelfeier der Stadt Königsberg: historische Erinnerungen an Königberg's Zustände seit seiner Erbauung, éd. Schubert und Seidel, Königsberg 1855 . C'est ainsi que les Sambiens qui, en prévision de l'attaque avaient préventivement occupé une ligne de défense sur le fleuve Prégolia furent contournés. Débordant largement, les troupes de l'Ordre dévastèrent tout sur leur passage puis obliquant vers le sud et écrasèrent les défenseurs de la ligne de la Prégolia.
Sur une montagne, dans une forêt que les Borusses appelaient TuwangsteBaron Wilhelm Eugen Joseph von Wal: Histoire de l'Ordre Teutonique par un chevalier de l'Ordre, tome II, éd. Veuve Valade, Paris 1784 (ou bien Twangste, Twangst, Twongst, Twoyngst), se trouvait une ancienne forteresse des Borusses. L'étymologie du nom de ce château fort remonte au mot Wangus et désigne une coupe de bois dans une forêt de chêne. Le chêne étant le symbole du dieu prussien du tonnerre Perkunos et à ce titre était tabou, il était donc interdit aux indigènes Borusses, ne serait-ce que de toucher une forêt de chêne. C'est là que l'ordre construisit le château fort qui, en l'honneur du roi Ottokar fut baptisé Königsberg. La construction fut dirigée par le premier commandeur (Komthur en vieil allemand, au sens "Chevalier d'un Ordre militaire ou hospitalier pourvu d'une commanderie"Dictionnaire de l'Académie française: Mit deutscher Übersetzung, volume 1, éd. Verlag-Comptoir, 1836, ) Burchard von HornhausenFriedrich Wilhelm Schubert: Zur sechshundertjährigen Jubelfeier der Stadt Königsberg: historische Erinnerungen an Königberg's Zustände seit seiner Erbauung, éd. Schubert und Seidel, Königsberg 1855 . Une véritable armée de Borusses fut massée pour la corvée de la construction. Le premier château fort, le castrum antiquum se situait à l'endroit où s'éleva plus tard la basse-cour du château, puis la caserne de cuirassiers et, à partir de 1926, le bâtiment de la Reichsbank. Lors de la construction de ce dernier, quelques restes de la forteresse d'origine en bois furent mis au jour ; de même que des pieux fixés dans des monticules de pierre, qui constituaient vraisemblablement les piliers de fondations d'une construction en bois. Cette forteresse initiale en bois fut renforcée dès 1257 par des éléments de construction en pierre.
Les travaux de fortification et la construction des bâtiments du château entrepris par l'Ordre débutèrent peu après la prise de contrôle du plateau en 1255Karl Baedeker : Das Deutsche Reich und einige Grenzgebiete, éd. Karl Baedeker, Leipzig 1936 . En guise de protection provisoire, une forteresse aux murs en terre fut érigée au-delà de la Prégolia, qui conserva plus tard les caractéristiques d'une basse-cour. Mais parallèlement, les travaux d'extension du château principal débutèrent également. Quelques années après le début de la construction, le château fort était déjà si bien défendable qu'il soutint un siège de trois ans lors du grand soulèvement des Borusses en 1260. Mais ce n'est qu'après l'écrasement de ce soulèvement que l'on débuta l'édification de la double muraille d'enceinte ponctuée de neuf tour de défense. De ces neuf tours, seule la Haberturm sur la face nord a survécu. Les autres constructions, dépendances, étables et écuries, etc. s'appuyaient à partir de l'intérieur de la cour sur la muraille d'enceinte.