La Parisienne est un stéréotype féminin essentialisant les habitantes de la ville de Paris dans leur attitude ; cette dernière est décrite ainsi dès 1883 :

Présentation vignette|« La Parisienne à Londres », caricature publiée dans Le Suprême Bon Ton, n° 12, début du . Figure composée en miroir de la provinciale, elle apparaît à la fin du mais est construite sous la monarchie de Juillet, qui voit la presse et la littérature bon marché créer des stéréotypes sujets de moquerie et de dédain. Le monde du travail est alors bouleversé par la révolution industrielle, d'où une remise en cause de son analyse sociologique et le besoin de définir des figures lisibles.

Figure de l'élégance et de l'esprit français depuis longtemps qui se distingue en outre par un indéfinissable , elle a été célébrée par les écrivains (comme Théodore de BanvilleLe Génie des Parisiennes), les peintres, les illustrateurs (comme Gruau, Kiraz surtout, ou plus récemment Margaux Motin), et les cinéastes. Le couturier britannique John Galliano la décrit sommairement comme . Le réalisateur Loïc Prigent, spécialiste de la mode, précise qu', et tente de : , mais également avec humour :

vignette|La statue de la Parisienne au sommet de l'entrée de l'Exposition universelle de 1900.

La Parisienne prend une identité plus confuse, et souvent plus scabreuse, sous le Second Empire et pendant la Belle Époque : la « cocotte » ou « cocodette », qui désigne une femme du monde délurée et peu farouche.

« La Parisienne » est aussi une sculpture installée au-dessus du guichet principal (au début du cours la Reine, à l'angle de la place de la Concorde) de l'exposition universelle de 1900, qui se tient à Paris. Préférée à la Marianne républicaine, elle est décrite par l'historien de l'art Dominique Lobstein comme . La statue, réalisée par Paul Moreau-Vauthier, de 6,50 mètres de haut, s'est cassée lors du démontage de l'exposition et on ignore ce qu'elle est devenue, bien que le musée hongrois des arts décoratifs conserve un certain nombre d'éléments de la porte monumentale sur laquelle elle était fixée. Dominique Lobstein ajoute enfin sur cette figure de la Parisienne, créée à un moment de grande prospérité pour la France : Éric Biétry-Rivierre, « Paris 1900 : la tournée des grands ducs », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », samedi 8 / dimanche 9 avril 2014, p. 28.Dominique Lobstein, interviewé par Éric Biétry-Rivierre, « Dominique Lobstein : "La Parisienne est une invention" », Le Figaro, encart « Le Figaro et vous », samedi 8 / dimanche 9 avril 2014, p. 28.. Mais l'origine de la Parisienne précise Benoit Heilbrunn, professeur à l'IFM. Pourtant, c'est bien au qu'elle entre dans la mythologie de Paris, d'abord par les auteurs comme Arsène Houssaye, qui publie plusieurs nouvelles sous le titre Les Parisiennes ou Balzac, qui en fait un personnage de La Duchesse de Langeais et de La Fille aux yeux d'or. Au milieu du siècle, elle devient également le sujet de peintres français ou américains. La presse, comme Le Moniteur de la mode, s'empare alors du stéréotype.

vignette|redresse|Une de Vogue (édition française, avril 1922). Certains journalistes essayent de la décrire, déjà en 1922 dans l'édition américaine de Vogue qui leur consacre une chronique illustrée : ; ou huit décennies plus tard dans Madame Figaro : La Parisienne est une source d'inspiration pour les couturiers, dont Yves Saint Laurent était le plus notable représentant, ou les parfumeurs, jusqu'à devenir une . Au-delà de l'inspiration, l'image de la Parisienne reste également une source d'influence sur le reste du monde occidental, maintenant la place de Paris comme capitale de la mode.

Le sujet donne lieu à plusieurs ouvrages tels écrit par quatre Françaises et classé dans les dix meilleures ventes du New York Times ou Inès de la Fressange avec La Parisienne vendu à plus d'un million d'exemplaires dans le monde, ainsi que You're so French en 2012, vendu à plus de et traduit en quinze langues.

Représentation vivante

De nos jours, plusieurs personnalités personnifient « La Parisienne », comme Inès de La FressangeSophie de Santis et Élodie Rouge, « La Parisienne 2009 : mais qui est-elle vraiment ? » Le Figaro, 14 octobre 2009, mais également avant Bettina , Jeanne Lanvin, définie comme , ou Catherine Deneuve plus récemment ainsi que Caroline de Maigret, avec d'après Karl Lagerfeld. La Parisienne n'est pas nécessairement Française, ni blanche, comme le montrent les figures de Jane Birkin, de Loulou de La Falaise ou de Grace Jones. Virginie Mouzat affirme qu'.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

Anne Sebba, Les Parisiennes. Leur vie, leurs amours, leurs combats 1939-1949, La Librairie Vuibert, 2018, 448 p.

Articles connexes Chanel et Tailleur Chanel Alber Elbaz Cliente de haute couture

Exposition La Parisienne, Roman Galeries Lafayette, au .

Liens externes Barbara Loison, « Inès de la Fressange prend la pose dans Paris » L'Express Styles, Philippe Vandel, « Pourquoi la Parisienne est éternelle… » La Parisienne,

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