Bionville est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle en région Grand Est.

Bionville et ses voisines meurthe-et-mosellanes Pierre-Percée et Raon-lès-Leau, toutes sises en rive droite de la vallée de la Plaine présentent la spécificité d'appartenir depuis 2015 au canton de Baccarat, en Meurthe-et-Moselle, mais aussi depuis sa formation en 2017 à la communauté d'agglomération de Saint-Dié-des-Vosges, actuellement composée de 77 communes, étendue principalement sur l'arrondissement déodatien du département des Vosges.

Géographie Localisation vignette|gauche|Carte des communes voisines. Le territoire de la commune de Bionville, composée de huit hameaux reconnus officiellement, s'étage entre et , il occupe environ un tiers de la rive droite de la vallée de la rivière Plaine, sur une ligne fractale de de base hectométrique, mais en fait limitée à une dizaine de kilomètres à vol d'oiseauDiverses représentations cartographiques, avec données topographiques, géologiques, cadastrales ou encore de photographies aériennes, sont disponibles sur le site geoportail.gouv.fr. Sur le plan ou carte IGN, il est facile en procédant par sectorisation de retrouver ces huit hameaux, qui se déclinent en autant de reliquats d'anciens finages, largement réduits par l'envahissement de la friche avec strate arbustive ou arborée, par les diverses plantations d'arbres de rapport, plus rarement par un mitage résidentiel..

Cette rivière, dénommée la Plaine, concentre une multitude de ruisseaux dévalant des sommets voisins, à commencer par le plus imposant, le Donon, et se jette ensuite dans la Meurthe à Raon-l'Étape. Plus de trente ans avant la Révolution, elle a servi de délimitation entre l'ancien comté de Salm rattaché à la Lorraine ducale et la principauté d'Empire de Salm-Salm, avant de séparer l'ancien département de la Meurthe et celui des Vosges.

Le petit thalweg dit de Pierre à Cheval, du nom de la roche sommital dominant le flanc du vallon forestier, menant au col de la Chapelotte à d'altitude n'appartient uniquement à la commune de Bionville qu'à sa base rehaussée vers la source Cholley, il se partage en hauteur uniquement entre la commune de Pierre Percée à l'ouest et celle d'Angomont qui poursuit sa délimitation également plus à l'orient, jusqu'aux hauteurs surplombant le Halbach. La commune forestière de Saint-Sauveur prend le relais plus à l'est au voisinage des hauteurs. La descente au voisinage de Raon-lès-Leau est caractérisée d'abord par une frontière incongrue en hauteur avec la commune alsacienne de Grandfontaine, qui a récupéré à son profit l'annexion stratégique prussienne des forêts vosgiennes en 1871 autour du plateau du Donon. Au-delà de l'ancienne rive de la Plaine, côté gauche, les communes limites sont, de l'aval vers l'amont, Celles-sur-Plaine, Allarmont, Vexaincourt, Luvigny et enfin Raon-sur-Plaine, en face du hameau du Trupt.

Voies majeures de communication et transport La départementale 992 qui descend du col de la Chapelotte entre dans la commune de Bionville au débouché du vallon de Pierre à Cheval, déjà décrit, puis remonte vers l'amont de la vallée, desservant le hameau des Colins, gagnant le grand bâtiment de La Turbine de l'autre côté du pont homonyme, en aval d'Allarmont. Rive gauche de la rivière Plaine, elle aboutit à la départementale 392, toujours cantonnée sur cette rive de la vallée, qui relie Raon-l'Étape à Schirmeck, notamment par le col du Donon, en amont de Raon-sur-Plaine.

Commençant avant la Turbine en connexion avec la , la départementale 183 dessert les Noires Colas avant de rejoindre le centre de Bionville, et, une fois franchi le pont de Bionville, le cœur de village d'Allarmont desservi par la .

Deux tronçons de la départementale 184 sont observables selon les cartes : d'abord un premier tronçon part de la à proximité d'un pont près de l'ancienne gare forestière du Halbach en rive droite, monte vers les maisons du Halbach avant de virer, quasiment à angle droit, au croisement routier situé sous la Basse de Chaumont, pour descendre droit vers Vexaincourt. Ce premier tronçon complète une boucle assez similaire à la boucle formée par et la , quoique plus petite ; un second tronçon de la départementale 184 n'apparaît que sur certaines cartes IGN. Il part du pont supérieur de Luvigny pour gagner uniquement le hameau du Trupt, en amont de son ancienne colonie de vacances.

Relief Les sommets dont le roc du Taurupt, , point culminant du département de Meurthe-et-Moselle, sont couverts de forêts de conifères et de feuillus..

Les hauteurs septentrionales de la commune peuvent être dénommées respectivement entre l'aval de la source Cholley vers d'altitude à l'occident et le sommet de faîte le plus oriental à d'altitude avant la limite avec Raon-lès-Leau. Voici successivement : le Haut des Roches vers qui initie la ligne de "crête de Ban-le-Moine". le Haut des Planches vers , dont le nom rappelle la présence de chaumes ou pâtures d'estive en replat au nord. le Haut de l'Aigle à , sommet qui domine la roche de l'Aigle enclavé dans le territoire communal à Le massif de l'Aigle domine le hameau des Colins, seul hameau de Bionville occupé par les lignes françaises pendant l'essentiel de la Grande Guerre. L'avant massif a été troué comme un gruyère par le génie français, pour sécuriser la guerre de position.. le Haut de la Borne à dominant le col de la Borne à , où grimpait autrefois le prestigieux chemin d'Allarmont pour se rendre de Senones ou Moussey à Saint-Sauveur. La bande faîtière proche de ces hauteurs bionvilloises, ainsi que les Roches Ganaux à quelques mètres de l'ancien pas ou col, appartiennent à la commune d'Angomont, lointaine héritière des parcours entre les chaumes sommitales des Planches et des Breheux. la Roche aux Cochons à près du plateau sommital du Haut de la Roche au cochons à appartenant à la commune d'Angomont. Cette roche isolée en grès vosgien est décrite par Adolphe Garnier en 1907 : elle s'élève sur vingt mètres, à partir d'une base de 30 mètres. On arrive de plain pied au sommet en la contournant. Le panorama s'ouvre sur la vallée de la Plaine jusqu'à Raon-l'Étape, mais aussi sur les environs de Cirey et de Lunéville, ajoute-t-ilAdolphe Garnier, "Paysages, sites pittoresques et curiosités naturelles du département", Annales de la société d'Émulation des Vosges, juillet 1907. En particulier, Partie 2 : La Montagne, paragraphe La Roche aux Cochons, . Les sentiers d'accès sont jalonnés par le Club Alpin Français.. Au sud de ce sommet, le modeste replat de saillie en contrebas, vers d'altitude, en avancée au-dessus du vieux chemin des Noirs Colas à Bionville centre, se nommait localement vers 1810 le Noir de HautRegistre paroissial d'Allarmont du 17 juillet 1815. Il s'agit en français du Haut du Noir, le terme Noir désignant le hameau actuel des Noires Colas. la Croix Bodin à la Roche de Rambiroche, parfois dénommée Rambiéroche ou l'Ambiéroche, à le Haut du Bois de Luvigny vers le Haut du Bois Ban le Moine vers qui surplombe le versant occupé par le bois du Ban le Moine. le Haut de Chaumont à , ancien sommet de chaume que possédaient les communautés du Val d'Allarmont de part et d'autre de la ligne de faîte. Une large partie haute du revers septentrional, du Haut du Bois de Luvigny aux abords du Roc du Taurupt, appartient ainsi à la commune de Bionville. Le Haut de Chaumont domine le versant droit de la vallée de la Plaine, en particulier une combe raide au soleil menant à la basse de Chaumont qui se conclut par l'étang ou réservoir de Chaumont. le Roc du Taurupt à qui domine le hameau homonyme dans le val de Plaine. Le roc surplombe la passe ou col du Taurupt à . le plateau à l'envers de la Lèche du Taurupt à le chemin du faîte à d'altitude au-dessus de la Vierge du Trupt qui domine nettement la roche du Trupt, groupe de roches rouges perdues à l'amorce du grand ravin surplombant le hameau du Trupt et offrant autrefois un belvédère pour observer le massif du DononTrupt s'écrit aussi "Trup" durant l'entre-deux-guerres. En-dessus de la roche, se trouve une grotte aménagée à la Belle-Époque..

Les profils altimétriques de ce versant droit montrent un relief de côte, de plus en plus raide, au fil de l'élévation, typiquement de l'ordre de (fond de vallée) à d'altitude sur de distance basique (secteur de Bionville) ou encore de l'ordre de à d'altitude sur moins de de distance basique (secteur du hameau du Trupt). Quelques paliers peuvent être observés à partir de d'altitude et surtout au-delà de , minces indices d'un modelé glaciaire de sommet il y a plus de .

Géologie Le secteur gréseux en rive droite de La Plaine, en amont de Celles-sur-Plaine, est sujet à des effondrements de terrains, notamment à la suite de séismes importantsDom Calmet dans sa Notice de la Lorraine, 1756, Tome second, page 479 signale près de ce secteur, entre vallée de la Plaine et Val de Senones, au nord de l'abbaye de Senones, l'effondrement-ouverture d'une montagne au , causant en partie les catastrophiques inondations du Val de Celles et du Val de Senones en juillet 1654. Lire la reconstitution de Pierre Schwinte, Enquête a priori sur la catastrophe du 13 juillet 1654 dans la région de Saint-Dié Senones, Bulletin de la Société Philomatique Vosgienne, Tome LXXXI ou 81, 1978, page 42 à 54. Sur le site de la mairie de Bionville, la sismicité récente est dite modérée, entre 3 et 5.. L'habitat montagnard, comme la route, a préféré ostensiblement la rive gauche ou son versant, pourtant nettement moins ensoleillé.

Diverses formations alluvionnaires caractérisent le fond de la vallée de La Plaine et quelques vallons latéraux plus profonds. La géologie gréseuse des hauteurs de cette vallée où s'étale les hameaux de Bionville, en face de ceux d'Allarmont, de Vexaincourt et de Luvigny, essentiellement du grès du Trias inférieur avec sur les hauteurs de plus en plus élevées vers l'est des couches du Trias moyen, et sa situation marginale dans le bassin parisien ont été en particulier traitées par Dominique Harmand au cours des Journées d'études vosgiennes de Raon-l'Étape et Celles-sur-Plaine en 2009JEV, tome 11, 2009, première partie sur la géomorphologie.. Le grès vosgien d'une puissance avoisinant , les conglomérats et autres poudingues ou couches intermédiaires des couches triasiques, s'ils sont souvent fissurés à l'échelle du mètre en profondeur à l'instar des couches permiennes qui les supportent, présentent des microfissurations qui expliquent l'assèchement rapide des sols dépourvus d'humus forestier et de mousses.