La Bazouge-de-Chemeré (prononcé ; orthographiée localement La Bazouge-de-Chémeré) est une commune française, située dans le département de la Mayenne en région Pays de la Loire, peuplée de Population municipale ..
La commune fait partie de la province historique du Maine, et se situe dans le Bas-Maine.
Géographie
La Bazouge-de-Chemeré se trouve pile sur le et surtout à seulement 54 km à l'ouest du Méridien de Greenwich donc midi solaire coïncide à 2 minutes près avec 13 h en hiver (UTC+01:00) et 14 h en été (UTC+02:00).
Hydrographie Le ruisseau le Chémerette, né à l'ouest de La Bazouge, conflue dans la Vaige au sud. La Vaige se jette dans la Sarthe au sud de Sablé-sur-Sarthe, non loin du confluent avec une rivière parallèle, l'Erve.
Géologie et relief Le territoire de la Bazouge-de-Chemeré est assez peu mouvementé, sauf au bourg où la Vaige a creusé un lit profond entre deux couches bien distinctes : à l'ouest les schistes sur lequel est construit le bourg et à l'est un massif de calcaire troué de carrières. Le bourg offre ainsi un site assez pittoresque au-dessus de la vallée de la Vaige qu'un pont enjambe car les maisons et les clôtures y forment une sorte d'enceinte murée.
La Bazouge-de-Chemeré étant située à l'extrême est du Massif armoricain, la géologie y présente donc des faciès très variés. Au sud et à l'ouest, c'est plutôt ce qu'on appelle localement « l'argelette », à savoir des schistes argileux altérés et par endroit on trouve du schiste ardoisier. À l'est de la commune après un gros massif de calcaire on trouve des rhyolites, roches volcaniques dues à la rencontre de la plaque du Massif armoricain avec celle du continent. Au nord de la commune se trouvent des couches verticales renfermant par endroit des veines de charbon du bassin houiller de Laval, très fines ou regroupées en chapelets entre des couches de grès et des couches de grauwacke ; daté du Culm, du Viséen supérieur et du Namurien (daté entre - et - millions d'années)..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Moyenne vallée de la Loire, caractérisée par une bonne insolation () et un été peu pluvieux.. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Grez-en-Bouère à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , La Bazouge-de-Chemeré est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Laval, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (99,6 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (99,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (54,4 %), prairies (43,3 %), zones agricoles hétérogènes (1,9 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,2 %), forêts (0,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie La Bazouge-de-Chemeré est citée dès 1097 dans une bulle du pape Urbain II sous le nom de Basilgia et ensuite sous le nom de Basiligia ou Basogia, tous noms dont l'origine vient de basilica. qui signifie d'abord étymologiquement "royale" puis chez les romains ou les gaulois un bâtiment civil lié au passage d'une voie antique et dans les premiers siècles de la christianisation une "chapelle consacrée à un saint".
Ce saint est peut-être saint Eutrope puisque l'assemblée du village se tenait le premier dimanche de mai (la Saint-Eutrope est fêtée le ) mais peut-être aussi Saint Gervais et saint Protais qui sont deux jumeaux fêtés ensemble en juin dont on ne donne souvent que le nom du premier pour qualifier l'église. En effet en 1111 l'évêché du Mans reconnait la propriété des églises suivantes Sanctus Petrus de Cripta (église Saint Pierre de La Cropte) et Sanctus Gervasius de Balsigia juxta Criptam.(église St Gervais de la Bazouge proche de la Cropte), cette dernière indication pour distinguer cette Bazouge des nombreuses autres.
Après 1260, la Bazouge est considérée comme une partie de la châtellenie de Chémeré sans qu'elle ne semble posséder des droits ou une juridiction distincte. C'est sans doute pourquoi au lieu de l'appeler La Bazouge de la Cropte comme les évêques la nommaient en latin elle s'est appelée Bazoche-de-Chemeré, Bazoge-de-Chemeré en 1706 et Bazouge-de-Chémeré-le-Roi et enfin Bazouge-de-Chémeré permettait de bien distinguer cette Bazouge de Bazouges près de Château-Gontier, de Bazougers, de La Bazouge-des-Alleux et dans les départements voisins de Bazouges-la-Pérouse (Ille-et-Vilaine), La Bazouge-du-Désert (Ille-et-Vilaine), Bazouges-sous-Hédé (Ille-et-Vilaine), Bazouges-sur-le-Loir (Sarthe). Aujourd'hui un accent difficile à prononcer a disparu et on écrit Bazouge-de-Chemeré (cf ministère de l'intérieur, IGN, Michelin.).
Histoire Histoire évènementielle Dans les années 1434, le comte d'Arundel et Anglo-Normands occupent la région, rasant les châteaux de Meslay-du-Maine, de Bazougers et de Montsûrs. Les habitants de la Bazouge-de-Chémeré payent des sauf-conduits aux Anglais pour pouvoir se déplacer et commercer. Les années 1517 et 1586 sont des années de « contagion » où la mortalité est importante. En 1591, les Anglais, alliés des huguenots reviennent et ravagent le pays.
La Bazouge est située un peu à l'est de la Marche de Bretagne et de ses châteaux-forts de Lassay, Laval et Château-Gontier donc à la frontière de la région bretonne qui ne payait pas la gabelle du sel donc une aubaine pour enrichir les contrebandiers (faux-saulniers). A la révolution française la province du Maine fut divisée en 2 départements : la Mayenne et la Sarthe avec création de cantons et districts et le vote fut institué dans chaque commune. L'Abbé Angot nous dit que la première élection municipale en nécessita l'intervention des gendarmes. La Révolution abolit la gabelle alors les contrebandiers habitués à se cacher et aux actions violentes contre les gabelous se tournèrent vers le brigandage. La levée en masse de soldats avec tirage au sort poussa un tiers des jeunes à déserter, à se cacher dans les bois et à vivre de rapines. Alors poussés par certains dans un but politique ils se qualifièrent de chouans et trouvèrent des prétextes politiques et religieux pour faire accepter les actes ignobles de la guerre civile : vols, attaque et incendie de villages avec assassinats de personnes et parfois viols. Ces prétextes étaient la vente des biens d'église aux riches bourgeois et la constitution civile du clergé. Ainsi ils pouvaient terroriser les paysans qui étaient heureux de ne plus devoir payer la gabelle, qui pensaient devenir moins dépendants de leurs nobles propriétaires et qui n'écoutaient pas toujours le curé. Les bleus de l'autre côté n'étaient pas forcément bien payés et pillaient aussi parfois les communes reprises.. La Bazouge faisait donc partie de ces communes situées sur la ligne de front de la guerre civile entre les royalistes de l'Ouest et les républicains, et au Sud de la Chouannerie normande qui sévissait dans l'Orne. Une fois, les chouans n'arrivent pas à prendre la Bazouge car les Bleus s'étaient réfugiés dans l'église (et non dans la tour-clocher qui n'existait pas à l'époque) et une autre fois ils vont jusqu'à incendier. l'église romane de La Cropte et le presbytère où un prêtre assermenté résidait. Le calme est plus ou moins rétabli en 1800 avec l'arrestation des plus dangereux et l'amnistie des autres chouans, alors nombreux sont ceux qui dénoncent les brigands qui salissent le mouvement qui est en même temps idéalisé par des curés ou des historiens royalistes (Duchemin-Descépeaux) qui créent et entretiennent le mythe des Martyrs de la Révolution en Mayenne (Jean Chouan, Jambe d'Argent) en gommant absolument tout ce qui aurait pu ternir leur image..
La Bazouge a été occupée deux fois par les Prussiens. Une première fois de 1815 à 1818 (à la suite de la défaite de Waterloo et l'exil de Napoléon) pendant la disette due à l'Éruption du Tambora en 1815 alors qu'il fallait en plus nourrir l'occupant.
En 1832 l'état est encore venu demander de rendre les armes cachées par les chouans au village voisin de Bazougers après l'échec de la chouannerie légitimiste qui avait suivi la révolution de 1830 où Louis-Philippe était devenu roi des français et avait adopté le drapeau tricolore.
En 1871 les troupes françaises se replient et font étape à La Bazouge. puis celle-ci est occupée par les Prussiens (historiquement pour la seconde fois) brièvement après la Bataille du Mans (1871). Cette fois-là les Prussiens ont réclamé et par défaut ont emmené le maire et le curé en otage dans la Sarthe puis ils ont fini par les libérer sans obtenir d'argent, ce que nous raconte avec plaisir l'instituteur dans la monographie de sa commune en 1899.
Industrie du : carrières de calcaire et fours à chaux Des carrières de calcaire ont été exploitées pour les fours à chaux et sont encore visibles à l'est du bourg, par exemple au lieu-dit Les Vignes. Il y avait effectivement quelques vignes au sud sur le calcaire.
Lors de la Révolution, les cahiers de doléances. se plaignent de la disette de bois que créent les fours à chaux. Le chaulage des terres améliore cependant beaucoup l'agriculture. L'exploitation locale de l'anthracite au résoudra ce problème. En 1810, passe le Décret relatif aux Manufactures et Ateliers qui répandent une odeur insalubre ou incommode pour faire installer les fours à chaux loin des bourgs à cause de la pollution, appelée insalubrité. Louis XVIII confirme ce décret. Mais ces fours à chaux sont déjà installés proches des carrières de calcaire donc du bourg.
Industrie du : les mines d'anthracite