thumb|Icône de saint Albert, patriarche latin de Jérusalem. La règle de saint Albert est une charte de vie, rédigée par saint Albert de Jérusalem (patriarche latin de Jérusalem) à la demande des ermites installés sur les pentes du mont Carmel vers 1209. Ce texte reprend des éléments de la règle de saint Augustin, qui était alors la plus adaptée à la vie contemplative pour des ermites.

Cette règle, en 1247, a été adaptée au mode de vie monastique des carmes réfugiés en Europe. Elle subit au cours des siècles plusieurs mitigations, mais les réformes de l'ordre du Carmel ramènent les différentes branches de l'ordre à se réapproprier la . Cette règle de saint Albert est toujours en usage comme règle du Carmel (dans sa version de 1247) ; un texte de se charge de définir toutes les situations non prévues par la règle initiale.

Histoire de la règle de Saint Albert Origine thumb|Vitrail de la chapelle Notre-Dame du Mont-Carmel représentant saint Brocard et saint Albert Avogadro, carmel de Middletown, NY, USA.

La règle de saint Albert est une charte de vie carmélitaine, en vingt-quatre principes, rédigée à la demande des ermites latins installés sur les pentes du mont Carmel en Palestine durant les croisades. Cette règle primitive a été écrite par saint Albert de JérusalemAlors Patriarche latin de Jérusalem, vers 1209 (la date de 1205 est parfois évoquée pour le début de rédaction de la règle). Cette règle aurait été remise au supérieur de l'Ordre du Carmel.. La mise en place de ce texte transforme la petite communauté d'ermites en un véritable .. Cette règle est confirmée une première fois par le pape en 1226 puis en 1229.

À la suite de la reconquête du royaume de Jérusalem par les mamelouks, puis de la perte de Saint-Jean-d'Acre par les croisés, les ermites du mont Carmel se réfugient en Europe. Le pape Innocent IV en 1247 modifie légèrement cette règle pour l’adapter à la vie de religieux mendiants vivant dans des couvents en ville au lieu d'ermitages sur le mont CarmelChapitre .. La Règle du Carmel, adaptée par Innocent IV, est mitigée par Eugène IV en 1432 à la suite de la demande de certains moinesChapitre « Les Carmes au siècle ».. Par la suite, de nombreux Carmes vont tenter de revenir sur les mitigations mises en œuvre sur la règle afin de . Ce sera l'objet des multiples tentatives de réformes du au Voir le chapitre Les Tentatives de Réformes.. Une des réformes ayant marqué l'histoire est la réforme thérésienne (menée par Thérèse d'Avila), qui a amené à la formation de l'ordre des Carmes déchauxVoir le chapitre La réforme thérésienne du Carmel..

Cette règle fait partie des dernières grandes règles monastiques mises en place, après celles de saint Augustin et de saint BenoîtLa règle de Saint-Dominique et la règle de saint François ont été mises en place dans la même période : au début du ..

Historique des évolutions de la règle Au début du , saint Brocard, le supérieur des ermites installé sur le mont Carmel, demande au Patriarche latin de Jérusalem, saint Albert Avogadro, de fournir au groupe d'ermites une règle de la vie écriteChapitre Plans annoté du Mont Carmel / Le couvent de Saint-Brocard à Wadi Siach (on le date de 1263).. Cette règle datée de 1209, définit le mode de vie des ermites, mais elle n'est pas en tant que telle une . (car elle s'adresse à des ermites, non des moines vivant en commun). Cette règle a alors le statut de . Le , le pape Grégoire IX reconfirme la règle des carmes en y apportant une légère modification concernant la vertu de pauvreté évangélique qui doit s'appliquer aux frères et à la communauté (c'est-à-dire que la communauté monastique n'a pas le droit de posséder des bien, maisons, terres ou rentes)Cette modification, issue de la règle de saint Dominique, fait rentrer l'ordre des carmes dans la famille des ordres mendiants.. La règle de saint Albert obtient alors le statut de « regula bullata » (accordé par le pape).. À la suite du chapitre général de l'ordre à Aylesford (Angleterre), autour de 1247, les carmes envoient deux frères à Lyon afin de solliciter le pape Innocent IV pour une adaptation de leur règle primitive aux contraintes de la vie monachique en Europe (au lieu d'une vie érémitique sur le mont Carmel). En réponse à cette demande, le pape Innocent IV missionne deux dominicains pour réviser la règle, après quoi, le , dans la bulle « Quae honorem Conditoris omnium », le pape Innocent IV fixe les contours définitifs de la Règle du Carmel.. C'est cette version de la règle qui sera considérée comme lors des différentes réformes de l'ordreQue ce soit par Jean Soreth, Thérèse d'Avila ou d'autres.. Cette mise à jour de la règle intègre également quelques précisions et corrections sur des points douteux de la règle, et atténue quelques sévérités contenues dans la règle initiale (la )Par ce nouveau texte, le pape Innocent IV commence le processus d'assimilation des Carmes au statut d'ordre mendiant (statut partagé avec les Dominicains, les Franciscains et les Augustins).. Les corrections, peu nombreuses, concernent surtout l'organisation extérieure de l'Ordre et ponctuellement, la règle du silence qui est abrégée). Rien n'indique pour l'instant la mission d’apostolat (cura animarum) qui sera rajoutée ultérieurement. Le le texte de la règle est à nouveau confirmé par Alexandre IV. Le Urbain IV renouvelle cette confirmation de la règle. Le Nicolas IV réédite cette confirmationBien qu'indiqué dans une source du Carmel, il semble y avoir une coquille, au moins dans la date, le pape Nicolas IV ayant régné 20 ans plus tard. L'année 1269 correspond à Urbain V.. En 1317, le pape Jean XXII accorde aux Carmes l'exemption totale de la juridiction épiscopale (liberté vis-à-vis de l'évêque du lieu). En 1326, le pape Jean XXII assimile définitivement les Carmes aux autres ordres mendiants de l'époque, permettant ainsi aux Carmes de prêcher, enseigner et confesser dans l’Église. En 1435, et en réponse à une demande de mitigation de la règle faite par les Carmes, le pape Eugène IV via la bulle « Romani Pontificis » (datée du soit la date de la demande) accorde aux Carmes de pouvoir . Le , le pape Pie II concède au prieur général de l'Ordre la faculté de dispenser du jeûne aux jours où l'abstinence était levée. Le , le pape Sixte IV accorde, par la bulle « Dum attente meditatatione », des libertés plus grandes appelées communément « Mare magnum », qui octroient de nombreux avantages aux ordres mendiants. En 1562, Thérèse d'Avila fonde un premier couvent de carmélites réformée revenant à . C'est le début du mouvement de réforme thérésien qui amènera à la création de l'Ordre des Carmes déchaux. En 1783, le pape Pie VI incorpore définitivement la mitigation (des carmes chaussés)La mitigation de la règle était essentiellement contenue dans les Constitution de l'Ordre, les constitutions assouplissant la règle de saint Albert. à la règle de l'Ordre des Grands Carmes. En 1889, les Grands Carmes réécrivent la règle carmélitaine d'après la règle de la Réforme de Touraine (donc une règle peu mitigée). Après une dernière révision, cette règle est mise en place en 1904, unifiant tous les couvents de l'ordre sous la même règle.. En 1935, les carmélites chaussées reprennent la même règle que les frères carmes, appliquant une unité de pratique (de règle) dans tous les couvents de l'ordre.

À noter que différentes réformes du au , telle la Réforme de Touraine, visaient une réforme des Constitutions de l'ordre, et non la règle elle-même.

Importance de la règle aujourd'hui La règle de saint Albert continue d'être appliquée (avec quelques adaptations) aujourd'hui dans l'ordre du Carmel, tant dans la branche historique de l'ordre (les Grands Carmes), que chez les carmes réformés par Thérèse d'Avila (l'ordre des Carmes déchaux). Si les carmes déchaux ont repris la règle de saint Albert lors de la fondation du premier couvent par Thérèse., les carmes chaussés sont également revenus à la règle initiale lors de leur dernière réforme (entre 1889 et 1902, et en 1925 pour les carmélites). Cette règleNous faisons ici référence à la règle modifiée en 1247 par le pape Innocent IV. est donc toujours en service chez les carmes et les carmélites (les constitutions de l'ordre se chargeant de préciser les points non abordés dans la règle).

Chez les laïcs rattachés à l'Ordre du Carmel, la règle de saint Albert est toujours rappelée en en-tête des constitutions de l'ordre (laïque), montrant la prééminence (et l'enracinement) des constitutions propres dans la règle érémitique établie par saint AlbertExemple dans l'OCDS : ..

Contenu Ce texte court de 24 paragraphes reprend des éléments de la règle de saint Augustin qui était alors la plus adaptée pour la vie contemplative des ermites du mont Carmel. Albert accentue le caractère fraternel de la règle carmélitaine. Il insiste également sur le fait que les biens sont communs à tous, et qu'aucun frère ne doit avoir de biens en propre.. La règle de saint Albert s'appuie aussi largement sur la Bible qu'elle cite abondamment, directement ou indirectement, aussi bien dans le Nouveau Testament que dans l'Ancien TestamentSe reporter au document sur les constitutions de l'OCDS qui reprend le texte de la règle en y intégrant les références bibliques (lire en ligne)., sans pour autant citer explicitement ces versets..

La règle aborde les points suivants : la nomination et l'obéissance au Prieur de la communauté de la règle. ; le choix des lieux de vie (désert ou habitation qui leur est donnée) de la règle. ; l'individualisation de la cellule du moine de la règle. ; le repas en commun sous l'écoute de la parole de Dieu de la règle. ; la prière continue, méditée nuit et jour, sauf quand le moine est occupé à des tâches matérielles justifiées de la règle. ; le renoncement à toute propriété individuelle ou collective de la règle. ; l'établissement d'une chapelle ou oratoire au milieu des cellules de la règle. ; l'écoute et la correction fraternelle de la règle. ; le jeûne journalierLe évoqué ici signifie de ne se nourrir que de pain et d'eau. Il ne s'agit pas de rester sans manger. sauf le dimanche et au cours de la période allant de la fête de l'Exaltation de la Sainte Croix jusqu'au jour de Pâques. La faiblesse physique ou la maladie dispensent du jeûne (la viande pouvant être prise pour retrouver des forces et guérir) de la règle.. En voyage, le carme prendra le repas qui lui sera donné sans suivre de règle particulière de la règle. ; l'occupation par le travail, pour vivre du fruit de son labeur de la règle. ; le nécessaire silence pour rester dans l'humilité et la vertu de la règle..

La référence à un frère dans la règle (), prieur de l'ordre au moment de l'établissement de cette règle, a été interprété dans la tradition carmélitaine comme une référence à Brocard, second prieur de l'ordre (d'après cette même tradition).

L'ordre du Carmel thumb|Blason du Carmel, reprenant une partie de sa devise : () . () .

Bibliographie . .

Notes et références Notes

Références

Annexes Bibliographie .

Voir aussi

Ordre du Carmel Histoire des premiers carmes

Liens externes

La règle sur le site des Grands Carmes La règle et les constitutions dépendant des Carmes Déchaux

Albert Catégorie:Ordre religieux catholique Catégorie:Ordre du Carmel