En France, le conseiller principal d'éducation (CPE) est un fonctionnaire d'État de catégorie A qui exerce des responsabilités éducatives dans un collège, un lycée ou un lycée professionnel. Il dépend généralement du ministère de l'Éducation nationale, ou plus rarement du ministère de l'Agriculture lorsqu'il exerce en lycée agricole.
Les missions Les textes officiels Les missions générales des conseillers principaux d'éducation (CPE) sont définies à l'article 4 du décret n° 70-738 du (modifié par le décret n° 89-730 du ) relatif au statut particulier des conseillers principaux d'éducation :
La circulaire du actualise les missions des CPE au regard du référentiel de compétences du et de l'évolution du fonctionnement des établissements publics locaux d'enseignement. Elle précise les trois domaines dans lesquels se répartissent leurs responsabilités : la politique éducative de l'établissement participer à l'élaboration et à la mise en œuvre de cette politique, contribuer à une citoyenneté participative. le suivi des élèves assurer le suivi pédagogique et éducatif individuel et collectif des élèves, assurer des relations de confiance avec les familles ou les représentants légaux des élèves. l'organisation de la vie scolaire organiser l'espace scolaire et la gestion du temps au sein de l'externat, de la demi-pension et de l'internat, contribuer à la qualité du climat scolaire, animer l'équipe de vie scolaire.
Elle précise également que
Leur temps de travail hebdomadaire est fixé à quarante heures quarante minutesArrêté du 4 septembre 2002 portant application du décret 2000-815 du 25 août 2000 et relatif aux cycles de travail des personnels d'éducation des EPLE du second degré relevant du MEN. NOR : MENF0201706A réparties sur 39 semaines dont : 35 heures hebdomadaires inscrites dans leur emploi du temps ; 4 heures par semaine laissées sous leur responsabilité pour l’organisation de leurs missions (ces heures correspondent au résultat des négociations liées à l'application des 35 heures dans la fonction publique) ; un temps de pause quotidien de 20 minutes, non fractionnable, pour 6 heures travaillées. Les 39 semaines de travail correspondent aux 36 semaines scolaires auxquelles s'ajoutent trois semaines de travail pendant les vacances scolaires : il s'agit de la première et la dernière semaine des vacances d'été, et d'une semaine de permanence administrative prise sur les autres périodes de vacances.
Le temps de travail des CPE responsables d'internat est calculé selon des modalités particulières. En outre, s'il est logé par nécessité absolue de service, le CPE peut être tenu d'effectuer un service d'astreinte.
Travail quotidien
Si la réalité du travail quotidien varie assez sensiblement selon le contexte local, les publics accueillis, la typologie de l'établissement et les priorités qu'il s'est fixées, il demeure possible de décrire quelques grandes constantes : le conseiller principal d'éducation est responsable de l'organisation du service des personnels de Vie scolaire et prend généralement part à leur recrutement il participe à la définition des besoins en matière de gestion de flux d'élèves durant le temps hors classe, élabore la grille des postes permettant une surveillance optimale et conseille le chef d'établissement sur les questions relatives à la sécurité des élèves. l'action du CPE participe à une individualisation du rapport à l'école pour chacun des élèves. Il propose un accueil individuel en marge du groupe-classe. Il facilite un processus de clarification et d'explicitation des enjeux et essaie de faire coïncider l'action de l'école avec la trajectoire individuelle de chaque élève. échanges et entretiens avec les parents d'élèves : le CPE est un interlocuteur privilégié pour les parents d'élèves (signalement des absences et des problèmes liés au comportement, élaboration du projet personnel de l'élève, suivi de la scolarité au sens large…). collaboration étroite avec les autres membres de l'équipe pédagogique : avec le professeur principal, un professeur en particulier, le psychologue de l'Éducation nationale (PsyEN) et le service médico-social de l'établissement (infirmier, médecin scolaire, assistant de service social). Il recherche et met en œuvre des solutions adaptées aux problématiques des élèves. rôle d'interface, sous l'autorité du chef d'établissement, avec les partenaires de l'établissement : relations avec les autres établissements scolaires du secteur, avec les services éducatifs de la ville, avec la police et les services sociaux de proximité. participation aux instances de l'établissement : organisation et coordination du processus d'élection et de formation des délégués-élèves dans les différentes instances de l'établissement, membre de droit au conseil d'administration, au conseil pédagogique, au comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté et au conseil de discipline, il participe souvent à d'autres instances instituées au sein de l'établissement : conseil de vie lycéenne (ou collégienne), commission permanente, commission fonds sociaux, commission restauration ou internat... mise en œuvre et coordination de projets et d'actions éducatives diverses. préparation et suivi des projets d'orientation des élèves. préparation de rentrée : accueil des nouveaux élèves. prise en charge de la gestion quotidienne des problèmes médicaux courants (en l'absence d'infirmière) : si aucun personnel médical ne se trouve dans l'établissement, les élèves sont généralement conduits en Vie scolaire. Le CPE n'est pas habilité à prodiguer des soins, mais il prendra en charge l'élève, préviendra les parents, voire les secours en cas d'urgence.
Recrutement et carrière Recrutement Les conseillers principaux d'éducation sont des fonctionnaires d'État de catégorie A (cadres supérieurs), désormais recrutés par un concours national externe au niveau master (Bac+5), par un concours national interne de même niveau ouvert aux personnels ayant effectué au moins trois années de service public et titulaires d'une licence (bac +3), ainsi que par un troisième concours, accessible à qui a accumulé cinq années d'expériences professionnelles dans le cadre de contrats de droit privé, sans condition de diplôme.
Le nombre d'inscrits au concours externe a diminué de moitié entre 2010 et 2011, lorsque le niveau requis pour se présenter au concours est passé de bac +3 à bac +5, mais il est reparti à la hausse depuis. Il reste très élevé relativement au nombre de postes ouverts chaque année, qui oscille entre 200 et 300 depuis 2008.
Il est également possible d'exercer le métier de conseiller principal d'éducation en tant que personnel non titulaire « faisant fonction », avec le statut de contractuel.
Rémunération Le traitement et le déroulement de carrière des conseillers principaux d'éducation titulaires sont calqués sur ceux des professeurs certifiés (tout comme les professeurs des écoles et les psychologues de l’Éducation nationale).
À compter du , le corps des conseillers principaux d'éducation comporte trois classes : la classe normale, qui comprend onze échelons, la hors-classe, qui comprend sept échelons et la classe exceptionnelle qui termine à l'échelle lettre HEA. Le rythme d'avancement dépend des évaluations réalisées conjointement par le chef d'établissement et par l'IA-IPR EVS à l'issue de trois « rendez-vous de carrière » (accès au et au échelon, à la hors-classe).
Leur rémunération mensuelle comprend : dans tous les cas : éventuellement une indemnité pour missions particulières (IMP). le traitement indiciaire de base, produit de la valeur du point d'indice de la fonction publique multipliée par le nombre de points correspondant à l'échelon atteint, une indemnité forfaitaire (228,66€), Une prime d'attractivité variable jusqu'au échelon ; le cas échéant : un supplément familial de traitement, complément versé aux agents publics en raison de leurs charges de famille, une indemnité de résidence (calculée en fonction de la zone territoriale dans laquelle est classée la commune d'exercice : 3 % du traitement indiciaire brut en zone 1, 1 % en zone 2, 0 % en zone 3), une indemnité pour exercice en réseau d'éducation prioritaire : cette indemnité est en 2015 de 144,50 € par mois, ou variable jusque 500 € par mois lorsque l'agent exerce son activité dans un établissement classé « REP+ » (renforcé), des heures supplémentaires de Vie Scolaire ou de face-à-face pédagogique avec les élèves.
Certains conseillers principaux d'éducation sont en outre logés dans leur établissement par nécessité absolue de service (c'est presque toujours le cas lorsqu'il existe un internat).
Carrière Pour l'instant, les conseillers principaux d'éducation ont peu de perspectives d'évolution de carrière. Il n'existe pas d'agrégation d'éducation vie scolaire ou d'équivalent et l'accès aux corps d'inspection est théoriquement possible statutairement mais il n'existe pas de corps d'inspection spécifique pour les conseillers principaux d'éducation : l'IA-IPR « EVS » (Inspecteur d'académie - Inspecteur pédagogique régional « Établissement et Vie scolaire ») exerce dans les faits une autorité sur à la fois les personnels de direction stagiaires, les conseillers principaux d'éducation et les professeurs documentalistes. Selon un texte de l'inspection générale, les IA « peuvent participer » à leur évaluation. L'intégration au sein des équipes de Direction, réalité de terrain principalement en lycée, semble désormais moins faire débat au sein de la catégorie eu égard aux responsabilités croissantes qu'ils doivent assumer dans leurs missions de personnels d'encadrement et d'éducation.
De ce fait, beaucoup de conseillers principaux d'éducation tentent (et réussissent plutôt mieux que la moyenne des candidats) le concours de personnel de direction pour devenir proviseurs de lycée ou principaux de collège (ou adjoints, dans un premier temps).
Histoire 1847 : le surveillant général Les CPE sont les descendants directs des surveillants généraux. Ce corps de fonctionnaires, créé en 1847, se voyait principalement attribuer des missions liées à la discipline des élèves : contrôler les absences et les retards, surveiller les élèves dans la cour ou à l’étude et sonner la cloche. Ces missions ont contribué à forger l’image caricaturale du « surgé », « père Fouettard en blouse grise », dans un contexte où c'est essentiellement l'élite sociale qui entre au lycée (ce n'est qu'à la fin des années 1920 que les premiers enfants issus des classes populaires commencent à avoir accès à l'enseignement secondaire).
En 1932, le ministère de l'Instruction publique change de nom pour devenir ministère de l'Éducation nationale, affirmant ainsi l'ambition nouvelle d'éduquer gratuitement la Nation, et non plus seulement de lui dispenser une instruction élémentaire. Cinq ans plus tard, la création du corps dit des MI-SE (maîtres d’internat et surveillants d’externat) permet aux surveillants généraux de se consacrer à des tâches plus éducatives.