Thérouanne est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Thérouannais. Elle est membre de la communauté d'agglomération du Pays de Saint-Omer. La commune s'inscrit dans les « paysages des hauts plateaux artésiens » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages.
La commune de Thérouanne (nom officiel depuis 1801), traversée par la Lys, est située dans le centre du département du Pas-de-Calais à , à vol d'oiseau, au sud de la commune de Saint-Omer. C’est une commune de type commune rurale à habitat dispersé selon l'Insee avec une population de au dernier recensement de . Avant la conquête romaine de la Gaule, Thérouanne (en latin Tervana) est la capitale de la Morinie, le pays des Morins, peuple vivant dans la région que César appelle « Belgique », une des trois parties de la Gaule, avec la Celtique et l'Aquitaine. Des fouilles archéologiques ont montré des vestiges de la période romaine ainsi que du bas Moyen Âge. Le groupe épiscopal du , édifice carolingien et cathédrale gothique, fait l'objet d'une inscription au titre des Monuments historiques.
Géographie Localisation Localisée dans le centre du département du Pas-de-Calais, Thérouanne est une commune drainée par la Lys et située, à vol d'oiseau, à à l'ouest de la commune d'Aire-sur-la-Lys et à au sud de la commune de Saint-Omer (aire d'attraction et chef-lieu d'arrondissement)..
Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de cinq communes.
Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude varie de .
Hydrographie
Le territoire de la commune est situé dans le bassin Artois-Picardie..
Il est drainé par quatre cours d'eau : la Lys, rivière d'une longueur de , qui prend sa source dans la commune de Lisbourg, dans le département du Pas-de-Calais, et se jette dans l'Escaut au niveau de la commune de Gand, en Belgique ; le bras rive droite Lys aval Thérouanne, d'une longueur de . ; la rivière la petite lys, d'une longueur de , qui prend sa source dans la commune de Delettes et se jette dans la Lys au niveau de la commune ; et un cours d'eau au toponyme hydrographique inconnu..
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de ThérouanneLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Radinghem à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Paysages
La commune s'inscrit dans les « paysages des hauts plateaux artésiens » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages de la région Nord-Pas-de-Calais, conçu par la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL)La DREAL distingue, dans la région Nord-Pas-de-Calais, quatre grandes familles de paysages : ceux du Haut Pays, Bas Pays, Littoraux et d'interface. Ces grandes familles de paysages comprennent ... Ces paysages, qui concernent du Pas-de-Calais, se situent à l'extrémité ouest des collines de l'Artois qui traversent le Pas-de-Calais d'Arras au Boulonnais. L'altitude de ces paysages dépassent les . Ces dimensions sont modestes, d'une quinzaine de kilomètres du sud-est au nord-ouest et d'une vingtaine de kilomètres dans sa dimension la plus grande..
Les « paysages des hauts plateaux artésiens », appelés aussi « Haut Artois », se caractérisent par trois ensembles écopaysagers : l'ensemble mésophile ouvert du plateau artésien calcaire ; l'ensemble alluvial des fonds de vallée de la Lys et de l'Aa ; l'ensemble calcicole des versants calcaires des vallées.
Le « Haut Artois » dispose d'une importante densité de corridors biologiques bien interconnectés.
Dans le « Haut Artois », pas de villes, c'est une des rares terres rurales de la région, les communes les plus importantes sont, du nord au sud, Lumbres, Fauquembergues et Fruges. Le « Haut Artois », drainé par l'Aa et la Lys, constitue le sommet de l'anticlinal artésien, paysage ventée, froid et aux précipitations importantes qui en font le château d'eau régional.
Leș cultures représentent 59,66 % des sols, les prairies 29,96 %, les forêts et milieux semi-naturels de 6,81 %, les espaces artificialisés 6,09 % avec les communes principales de Lumbres, Fruges et Fauquembergues, les espaces industriels 0.41 % et les cours d'eau et plans d'eau 0.08 %.
Milieux naturels et biodiversité Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique
L’inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire.
Le territoire communal comprend deux ZNIEFF de Les ZNIEFF de sont des secteurs d’une superficie en général limitée, caractérisés par la présence d’espèces, d’association d’espèces ou de milieux rares, remarquables, ou caractéristiques du milieu du patrimoine naturel régional ou national. : le bois Bertoulin, le bois d'Enfer et les bosquets au sud de Dohem, d'une altitude variant de et d'une superficie de . Ce site est constitué de boisements installés sur des buttes tertiaires du Landénien (sables et grès d’Ostricourt, cailloutis…), auréolées d’argiles de l’Yprésien, et de limons de plateaux avec des versants cultivés. : la haute Lys et ses végétations alluviales en amont de Thérouanne, d'une altitude variant de et d'une superficie de . Ce site correspond au fond de vallée et à quelques versants, depuis les sources jusqu’à la commune de Thérouanne..
et deux ZNIEFF de Les ZNIEFF de sont de grands ensembles naturels riches, ou peu modifiés, qui offrent des potentialités biologiques importantes. : la haute vallée de la Lys et ses versants en amont de Thérouanne. L’entité paysagère de la haute vallée de la Lys et ses versants s’étire sur une vingtaine de kilomètres du Nord au Sud pour moins de dix d’Est en Ouest dans le Haut Artois. ; la moyenne vallée de la Lys entre Thérouanne et Aire-sur-la-Lys. Cette ZNIEFF est un ensemble intégrant un système alluvial du fond de la vallée et quelques bois, bosquets et landes..
Urbanisme Typologie Au , Thérouanne est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Omer, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (87,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (90 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (67,4 %), prairies (10,9 %), zones agricoles hétérogènes (9,3 %), zones urbanisées (8,5 %), forêts (3,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports Voies de communication La commune est desservie par les départementales 157, 341 (la chaussée Brunehaut), 77 et 190.
Transports La commune était située sur la ligne de chemin de fer Aire-sur-la-Lys - Berck-Plage, une ancienne ligne de chemin de fer qui reliait, entre 1893 et 1955, Aire-sur-la-Lys à Berck dans le département du Pas de Calais.
Risques naturels et technologiques Risque inondation À la suite du passage des tempêtes Ciarán, Domingos et Elisa et des inondations et coulées de boue qui se sont produites, la commune est reconnue, par arrêté du , en état de catastrophe naturelle pour inondations et coulées de boue sur la période du au , comme du département..
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Morini en 43 ; Μορινοὶ, Colonia Morinorum au ; Tarvenna, Ταρουάννα au ; Tervanua au ; Civitas Morinum/Morenium/Morenum, Tarawanna Pontium au ; Tarowannica urbs, Tarabenna au ; Tarvanensis urbs, Tervanense oppidum, Tharawanninsis urbs, Taroanna au ; Tarvenna Morinorum aux ; Tarvenna en 877 ; Morina, Terwanensis urbs, Tyroanda civitas au ; Taravenna en 988 ; Teruenua au ; Taruanne en 1026 ; Terganensis civitas au ; Teruana en 1142 ; Teruania en 1145 ; Teruene en 1157 ; Teruannia au ; Teruanna en 1220 ; Taruanne en 1223 ; Thierowane en 1241 ; Terwane en 1266 ; Terouane en 1286 ; Teroene en 1291 ; Terewagne en 1293 ; Terrewane en 1296-1297 ; Therewane, Teroane au ; Theroane en 1338 ; Terrewanne en 1340 ; Terewane en 1360 ; Trewan en 1380 ; Therouenne, Terouanne, Terouenne, Tyroenne, Tieruane au ; Therruenne en 1411 ; Tarenborch en 1440 ; Thérowane en 1478 ; Théroenne en 1505 ; Terouana en 1555 ; Terwaen au . ; Faulbourgs de jadis Thérouanne en 1611Village construit à la fin du sur l'emplacement de la paroisse de Saint-Martin-Outre-Eau, faubourg de l'ancienne ville de Thérouanne. ; Faubourgs haults de Théroannes en 1631 ; Théroüenne en 1717 ; Térouane en 1769. ; Thérouanne en 1793, Thérouanne en 1801.
En flamand, la ville est ultérieurement appelée Tarenborch....
La forme flamande est Terenburg. et la forme picarde, Therwane.
En 1822, la commune de Nielles-lès-Thérouanne est réunie à celle de Thérouanne..
Étymologie À l'époque gauloise, Thérouanne ou Tervanna était la capitale de la Morinie, pays des Morins (tribu de la Gaule belgique)..