thumb|Digue de Rochebonne par marée haute. Paramé est un quartier de Saint-Malo, ancienne commune d'Ille-et-Vilaine, qui a fusionné avec Saint-Servan et Saint-Malo le ..
Paramé est situé à l'est de Saint-Malo, à laquelle il est relié par le Sillon. Paramé est connu pour sa longue plage de près de deux kilomètres couramment appelée plage de Rochebonne.
Toponymie Dans les chartes on trouve en 1319 Ecclesia de Passu ramatoArchives départementales d'Ille-et-Vilaine ; il s'agit là d'une mauvaise latinisation du mot gaulois Parama, et au Pasramé. En revanche, le premier registre paroissial de Paramé du 1454, l'un des plus anciens de France, est beaucoup plus fidèle à l'origine du nom, puisqu'il porte en titre le nom de Paramet, devenu Paramé.
Le nom de Paramé vient du mot gaulois Parama, qui veut dire « le plus élevé », et désigne le plateau s'abaissant brusquement jusqu'au niveau de la mer, entre le bas des Rousses et le bas des Masses.
Le nom de la localité en gallo est Paramaï.
La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est ParameOffice public de la langue bretonne.
Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 5,3 % des toponymes de la commune sont bretonsJean-Yves Le Moing, Les noms de lieux bretons de Haute-Bretagne, Coop Breizh, 1990, p. 377.
Histoire La fréquence de pierres taillées sur ses plages atteste d'établissements humains à l'époque préhistorique.
Paramé faisait partie du domaine de l'ancienne tribu gauloise des Coriosolites (avec Corseul puis Aleth comme capitale). L'arrivée des Bretons au fut le fait de moines venus christianiser la région païenne. Peu d'implantations bretonnes, avec seulement quelques noms de lieux de cette origine, tel que Limoëlou, sont à dénombrer. Le bourg de Paramé s'étendait jusqu'au sur le plateau du centre-bourg actuel. L'agrandissement de la ville vers les zones endiguées ne date que du .
Moyen Âge
Au , sur le sommet du plateau de Paramé, avait été créé un prieuré sous le nom de « Prieuré Saint-Domin » ou Lann Donneck, ce dernier étant le compagnon de saint Malo qui débarqua avec 33 religieux sur l'île de Cézembre. Donneck reçut pour mission de fonder une maison religieuse sur la terre ferme. Une chapelle dédiée à saint Domin existait en 1249.
On sait qu'avant 1300 il existait à l'endroit du bourg une église et un prieuré, puisqu'une bulle pontificale de 1303 réunit le prieuré à l'église, probablement parce que les moines du prieuré avait quitté Paramé pour réintégrer une abbaye dont on ignore tout. Le nom du prieuré Saint-Domin, permet seulement de penser que le saint vénéré à Paramé, s'identifie avec le saint, sous le vocable duquel est placée la paroisse de Saint-Domineuc, commune d'Ille-et-Vilaine proche de Saint-Malo.
Le prieuré de Saint-Domin constituait un fief vassal de la seigneurie ecclésiastique de Saint-Malo. Le territoire de ce fief s'étendait jusqu'aux limites de l'ancienne commune de Paramé, mais ce territoire était morcelé par des enclaves dépendant, soit de la seigneurie ecclésiastique de Dol, pour constituer le fief de Saint-Ideuc, soit de la seigneurie du Plessis-Bertrand, pour constituer le fief du Haut-Salmon de Paramé dont le bailli était à la Salmonais. Le recteur de Paramé, prieur de Saint-Domin, était le bailli de l'évêque et du chapitre pour le fief de Saint-Domin.
Le prieuré était situé à l'angle est du cimetière. En 1712, il était en ruines et ne fut pas relevé de ses ruines. Quelques dizaines d'années plus tard, le presbytère fut construit sur l'emplacement des ruines du prieuré. Aujourd'hui, cette construction porte le nom de « Petit Choisy ».
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Au Moyen Âge, parmi les importantes seigneuries médiévales de Paramé, citons le Vausalmon, et le Pont Pinel. L'important domaine du Plessix Bertrand, dont le château se trouvait en Saint-Coulomb, s'arrêtait à l'épi de la Hoguette. De cette fameuse seigneurie provient la famille du connétable Bertrand Du Guesclin. Des historiens ont attribué la paternité de Jacques Cartier à la ville de Paramé.
Temps modernes
Fuyant les persécutions, des bénédictins anglais s'installent à Paramé à partir de 1611 avant de rejoindre Saint-Malo. Aux , plusieurs camps militaires y furent installés, afin de prévenir les débarquements anglais. À partir de cette époque, Paramé fit partie de la grande politique de défense de la côte nord de la Bretagne, avec la construction du fort d'Arboulé ou de la Varde. Le romantisme doit à la Grand Plage de Paramé lorsque Chateaubriand se rendait au fort de La Varde pour y rêver.
En 1730, une très forte marée d'équinoxe emporte presque entièrement le Sillon.
Le , les Anglais débarquent à Cancale. Ils établissent un campement de entre Paramé et Saint-Ideuc, pillent et détruisent de nombreux navires à Saint-Servan. Les Britanniques rembarquent le à l'annonce de l'arrivée de troupes françaises de Basse-Bretagne et de Normandie.
Dans les années 1780, le secteur agricole représentait 40 % des actifs, les marins et soldats plus du tiers et l'industrie et l'artisanat 20 % répartis entre le bâtiment et les activités portuaires (charpentiers…).
À la fin du , les terrains agricoles s'étendirent sur les bois, dunes et marais. La vie agricole pouvait être divisée en quatre secteurs : lin et chanvre sur , légumes sur (légumes de plein champ, comme les fèves et les pois). Les pommes de terre qui apparaissent couvriront alors en 1842. Les fourrages s'étendent eux sur plus de , le blé sur plus de , soit plus de 50 % des cultures, un peu de colza ( en 1842) et du tabac à partir de 1795 environ avec le blocus britannique. Le tabac représentera quelques hectares au début du .
Un nombreux cheptel était élevé grâce aux prairies, aux friches et aux cultures fourragères, avec (sans compter la paroisse de Rothéneuf). Avec plus de , , Paramé approvisionnait la ville de Saint-Malo.
Révolution française
En 1789, les deux paroisses Paramé et Rothéneuf devinrent deux communes rassemblées en un canton. Rothéneuf était le port de Paramé. Sous le prétexte qu'elle était trop petite et enclavée, la commune de Saint-Ideuc fut supprimée définitivement et intégrée à Paramé, le .
L’organisation des fêtes révolutionnaires témoigne de l’accueil favorable de la population de Paramé aux changements apportés par la Révolution française, surtout après la fin de la Terreur : l’anniversaire de l’exécution de Louis XVI, accompagnée d’un serment de haine à la royauté et à l’anarchie, est fêté (à partir de 1795). C’est la fête qui a le plus de succèsLouis Dubreuil, « Fêtes révolutionnaires en Ille-et-Vilaine », in Annales de Bretagne, volume 21, tome 4, 1905, . ; la fête du 26 messidor (14 juillet) est prévue et organisée à partir de 1794, mais n’est pas ou peu suivieDubreuil, Fêtes…, . ; les autres fêtes républicaines sont peu suivies, notamment à cause du manque de succès du calendrier républicain, qui fait que les fêtes d’Ancien Régime et les nouvelles ne coïncident pas. On peut citer les fêtes de la Jeunesse, de la Reconnaissance au printemps, et la fête de l’Agriculture, en juillet.
vignette|Paramé, boulevard de Rochebonne. thumb|Le Grand Casino (démoli en 1937) et le Grand Hôtel de Paramé, transformé en Thermes marins en 1963.
Le est fait mention pour la première fois des « Bains de Mer » sur les registres de la commune.
Une importante communauté britannique y demeurait à la fin du . Une église anglicane est inaugurée en dans une maison avenue Duguay-Trouin (nommée depuis 1968 avenue de Brocéliande) pour cette communauté (depuis 1980, l'église est un lieu de culte des témoins de Jéhovah).
Entre 1860 et 1870, la pointe de Rochebonne accueille de grandes villas balnéaires. De 1880 à 1910, une longue digue fut construite pour protéger les dunes}} et permettre leur lotissement, lançant Paramé comme station balnéaire. Cette digue, bordée de maisons de la Belle Époque, est resté depuis un lieu de promenade fréquenté.
À partir de 1880, le banquier parisien Hébert commence l'urbanisation des quartiers des Nielles de Paramé et de la Hoguette, pour en faire un quartier balnéaire.
En 1883 sont édifiés le Grand Casino de Paramé (démoli en 1937) et le Grand Hôtel, transformé en 1963 en Thermes marins.
Le , la nouvelle église est inaugurée. Le clocher ne sera achevé que 15 ans plus tard en , dominant la ville avec une hauteur de .
Le , le conseil municipal de Paramé adopte l'éclairage public à l'électricité au moyen de en remplacement des à pétrole en service. Une usine est construite dans ce but au bas de la côte des Masses. Un an plus tard, le , l'éclairage public électrique est inauguré.
Cette urbanisation rend nécessaire la délimitation précise des communes de Paramé et de Saint-Malo. Elle est fixée en 1897 mais ne sera acceptée définitivement que deux ans plus tard. Elle part de la digue, entre les villas « La Suédoise » et « Marguerite », à de la croix de Mi-grève, et se dirige vers le sud jusqu'au boulevard Hébert puis vers l'est en suivant ce boulevard jusqu'à l'intersection avec l'avenue Jules-Simon puis elle reprend la direction du sud jusqu'à l'avenue Charles-Prévet qu'elle suit jusqu'au bas de la côte des Masses.
Tramways vignette|Le tramway de Rothéneuf au départ de Paramé Rochebonne, vers 1907. vignette|Tramway devant la vieille église. En 1889, un tramway à vapeur est inauguré en août entre les trois villes, Paramé, Saint-Servan et Saint-Malo. Les travaux ont été exécutés par la Société Wilmart de Bruxelles et les quatre premières locomotives viennent de Carel Frères, à Gand. La Société des tramways bretons est créée. En 1896, est mise en service une ligne Paramé/Rochebonne-Rothéneuf à la suite de l'avis favorable du conseil municipal en date du autorisant la Société du Tramway de Rothéneuf à exploiter cette ligne pendant trois mois l'été. Deux ans plus tard, en 1898, la ligne de tramway Paramé-Cancale est inaugurée.
Vie poétique La vie poétique fut importante à Paramé, à la fin du . Le poète Louis Tiercelin y publiait une revue, L'Hermine. Il fit découvrir le poète Guy de Villartay, originaire du manoir de la vallée, au Petit-Paramé. Théophile Briant, l'ami de Max Jacob, d'André Breton, de Jean Vodaine, le confident de Louis-Ferdinand Céline et de Colette, faisait régner une vie extrêmement brillante dans cette petite ville. Dans son moulin, La Tour du Vent, étaient situées les Éditions du Goéland qui publiaient la revue du même nom. Le grand poète, Patrice de la Tour du Pin, faisait partie de ses jeunes protégés. Le prix du Goéland était décerné à la brasserie Lipp à Paris et agrémenté de sommes importantes. Robert Sabatier affirme
De 1900 à 1939 Le , la digue est détruite sur entre Rochebonne et la plage de la Hoguette. En 1914, nouvelle brèche d'une trentaine de mètres sur la digue.
Première Guerre mondiale
Six des dix frères Ruellan engagés au front sont tués au combat (un septième gazé mourra quelques années plus tard), en faisant la fratrie française la plus touchée de la guerre. La rue où se trouve leur maison familiale (aujourd'hui la bibliothèque-annexe de Paramé) sera renommée après-guerre rue des Six-Frères-Ruellan.
Entre-deux-guerres En 1921, un décret présidentiel est pris le faisant de Paramé une station climatique. Ce décret autorise la mairie à prélever une taxe de séjour qui va servir aux travaux d'assainissement. Le Conseil municipal, dans le but de promouvoir le tourisme, décide alors de créer des armoiries pour la ville.
En 1931 un nouvel hôtel des Postes, Télégraphes, Téléphones est inauguré en haut du boulevard Rochebonne par le ministre des Postes Charles GuernierPierre-André Pincemin, Mémoire de Paramé, éd. Danclau, 1996. (la poste y restera jusqu'en 1993 et l'inauguration d'une nouvelle poste à côté de l'ancienne mairie).
Seconde Guerre mondiale
Paramé fut un lieu de combats entre troupes américaines et allemandes en août 1944 lors de la libération de Saint-Malo que les Allemands avaient transformée en forteresse (Festung Saint-Malo).