Le Combat ordinaire est une série de bande dessinée française en 4 tomes publiés entre 2003 et 2008 aux éditions Dargaud. Le scénario et le dessin sont de Manu Larcenet et la mise en couleur de Patrice Larcenet. La série est terminée et a aussi fait l’objet d’une intégrale publiée en 2010. L'histoire se déroule en France, dans les années 2000 et narre la vie adulte de Marco, jeune photographe en manque d'inspiration. Le premier tome a reçu le prix du meilleur album au festival de la bande dessinée d'Angoulême en 2004.
Synopsis
Le combat ordinaire (2003)
Marco est photographe de guerre mais a mis assez d’argent de côté pour faire une pause. Il voit son psy qui le trouve névrosé, son frère, surnommé “Georges”, qui fume des pétards et joue aux jeux vidéo avec lui. Mais il a fui la ville et s’est installé à la campagne. Sur la route du retour chez lui, il passe voir ses parents qui vivent en bord de mer. Il passe une soirée avec eux, retrouve sa mère proche et inquiète, son père affectueux mais perdant la mémoire, et découvre une photo de son père jeune en militaire, ayant fait la guerre d’Algérie, mais ne voulant pas en parler. Marco rentre chez lui à la campagne et retrouve son chat Adolf, au caractère affirmé. Il se débarrasse de ses anciennes photos et confirme à son employeur qu’il n’est pas encore prêt a repartir faire des photos sur les fronts. Durant une promenade en forêt avec son chat, Marco croise un chasseur avec son chien. Le chien attaque et blesse le chat, et le chasseur le renvoie hors de son terrain privé. Un vieil homme, un voisin, recueille le chat et lui conseille de l’emmener chez le vétérinaire. Il rencontre la vétérinaire, Émilie, et tombe sous le charme. De retour chez lui, il apprend qu’il est renvoyé de son travail par son patron Hervé. Méditant dans les champs alentours, il retrouve son voisin qui lui offre à boire. De retour chez lui, il trouve Émilie venue prendre des nouvelles du chat. Six mois plus tard, ils sont ensemble et elle lui propose de partager une maison, mais il refuse. Encore six mois plus tard, il reçoit la visite de son frère et de sa compagne Naïma enceinte. Après la soirée, Émilie repart chez elle. Lors d’une de leur sortie, elle avoue qu’elle aimerait aussi être un jour enceinte. Marco en ressent trop de pression et ils se séparent. Marco retrouve son voisin et va à la pêche avec lui. Par hasard, il découvre que ce voisin a un lourd passé et il se brouille avec lui. Il retrouve son chat tué dans la forêt et décide alors de revoir Émilie.
Les quantités négligeables (2004) Marco présente Émilie à ses parents lors d’une visite où il est venu faire des photos des anciens collègues de son père, l’atelier 22 du chantier naval. En fin de repas, son père lui apprend qu’il a une maladie d’Alzheimer avancée. Marco va à Paris pour son travail, retrouve Anne-Marie sa galeriste et déjeune avec elle et Fabrice Blanc, photographe renommé. Ce dernier propose qu’ils fassent leur prochaine exposition ensemble. De retour dans leur maison de campagne, Marco accepte de chercher une nouvelle maison avec Émilie. Mais peu satisfait de ses portraits, il retourne sur le chantier naval et les refait avec les amis ouvriers qu’avait son père. L’exposition se prépare. En attendant, il garde sa nièce pour la soirée mais fait une crise d’angoisse. Cela le convainc de retourner voir un psy. Lors de l’exposition, il découvre par hasard le peu de bien que pensent ses collègues de ses photos. Alors qu’il se lance dans la recherche d’une nouvelle maison avec Émilie, il apprend le décès de son père.
Ce qui est précieux (2006) Après le décès de son père, Marco et Émilie déjeunent avec la mère et Marco l’aide à débarrasser l’atelier de son père. Il souffre de ce deuil et recommence à voir un psy. Émilie lui rappelle qu’elle aimerait avoir un enfant, ce qui terrorise toujours Marco. Il vit mal sa relation avec Émilie et la perte de son père mais est heureux d’apprendre qu’un éditeur veut faire de ses photos des docks un livre. Marco passe voir son frère qui vit aussi très mal son deuil. Il passe ensuite aux docks et retrouve Pablo un ami de son père. Ce dernier est très fier d’apprendre qu’un livre va être fait sur eux. Marco lit les petits carnets de son père mais ne voit pas leur but. Il se décide à retourner voir son ancien voisin, Mr Mesribes, qu’il condamnait pour ses actes de guerre mais dont il a découvert ensuite qu’il était sur une photo avec son père. Le livre de Marco est finalisé et plait à son éditeur qui l’invite à Paris. Pendant ce temps, Émilie apprend qu’elle est enceinte.
Planter des clous (2008) Quelques années plus tard. Émilie et Marco sont parents d’une petite fille, Maude. Marco vit sa paternité avec des hauts et des bas, mais est fasciné par sa fille et revit avec elle, par moments, des souvenirs avec son père disparu et son frère. Marco est photographe dans un journal et il est appelé par Pablo pour venir couvrir la fermeture de leur chantier naval. Résidant chez sa mère, Marco assiste aux réunions de chantier et ne peut que constater la future fin du chantier. Il a renoué avec Mr Mesribes qu’il croise en forêt. Mais au cours d’une promenade, il arrive vers sa maison et voit les déménageurs. Il apprend de sa fille son décès quelques jours plus tôt. Alors que c’est la période des élections présidentielles, Marco passe la nuit à discuter avec Pablo, l’ami de son père. Le chantier ferme puis est détruit. Marco continue sa vie de famille et de photographe.
Personnages Marco : le personnage central de l'histoire Émilie : la vétérinaire, petite amie de Marco Georges : le frère de Marco (Georges est un surnom, son vrai prénom n'étant jamais donné) Naïma : la femme de « Georges » Chahida : la fille de « Georges » et Naïma Antoine Louis : le père de Marco et « Georges » Suzanne Louis : la mère de Marco et « Georges » Maude : la fille de Marco et Émilie Adolf : le chat de Marco Pablo : l'ancien collègue du père de Marco au chantier naval où il travaille toujours. Il est une sorte de deuxième père pour Marco. Bastounet : l'ancien collègue du père de Marco au chantier naval où il travaille toujours. C'est un ami d'enfance de Marco et de son frère Hervé: le patron de Marco à l’agence de photos Anne-Marie: la galeriste de Marco Gilbert Mesribes: ancien Lieutenant de l’armée française pendant la guerre d’Algérie et voisin de Marco.
Publications
Analyse
La série a de bonnes critiques dans son ensemble. Le tome 1 est salué et David Desvérité écrit: . Le tome 2 montre que la suite très attendue ne déçoit pas. Comme l'écrit Olivier Guillaume: .
De manière atypique, l’auteur résume chaque volume par une phrase en quatrième de couverture. Pour le tome 1: “C’est l’histoire d’un photographe fatigué, d’une fille patiente, d’horreurs banales et d’un chat pénible”. Pour le tome 2: “C’est l’histoire d’un photographe convalescent, d’un génie médiocre, d’un cargo qui sombre et du cheval de Zorro”. Pour le tome 3: “C’est l’histoire d’un photographe en deuil, d’un atelier à ranger, d’un livre à finir et de Gugusse avec son violon”. Et pour le tome 4: “C’est l’histoire d’un chantier qui ferme, d’une petite fille amoureuse, d’un soir d’élections et d’une nuit dehors…”.
L’émission Culture BD de RadioFrance analyse cette série en 2021. Les chroniqueurs relèvent que malgré l’analyse d’une société qui voit la montée du Front National, la disparition des classes ouvrières, la guerre d’Algérie occultée, le héros Marco va hésiter, trébucher mais continuera à chercher le bonheur. Plus précisément, J.Marotta note que . Pour W.Leroy: et selon J.B.Barbier: .
Comme le note F.Mayaud pour l’ensemble de la série : .
L'ensemble de la série nous balance entre bonheur et malheur. Comme l'écrit Caroline: . Comme le relève Piehr de bdtheque: .
Style Le style de dessin évolue largement durant la série. Comme le note F.Mayaud: . Une transition graphique vue aussi par Le Tourne Page qui note: . Le trait est parfait pour le propos comme le note Y.M.L du Monde: .
Distinctions 2004 : Prix du meilleur album au Festival d'Angoulême 2004 pour le premier tome Le Combat ordinaire 2005 : Prix Tournesol et prix du jury œcuménique de la bande dessinée (Festival d'Angoulême 2005) pour le second tome Les Quantités négligeables 2006 : Prix Töpffer international pour le tome 3: “Ce qui est précieux”.
2008 : Prix Micheluzzi de la meilleure bande dessinée étrangère pour un volume reprenant les deux premiers tomes
Accueil critique Après avoir reçu le Prix du meilleur album au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême 2004, le premier tome connaît un grand succès critique et public : la série s'est, en 2011, vendue à plus de L'Apocalypse selon Larcenet - Julien Bisson, L'Express, 28 juillet 2011. Les principales qualités reconnues à l'album sont le côté touche-à-tout, posant un œil sur les petits riens de la vie et offrant en même temps au lecteur l'occasion de s'amuser tout en étant marqué par différents évènements.
Adaptations Au cinéma
Les producteurs Christophe Rossignon et Philip Boëffard de Nord-Ouest Films et le réalisateur-scénariste Laurent Tuel adaptent cette bande dessinée à l'écran, avec Nicolas Duvauchelle dans le rôle principal et Maud Wyler en Émilie, dont le tournage se déroule en Dordogne et en Bretagne en . Le film s'intéresse aux trois premiers tomes de la série, qui correspondent aux trois chapitres du film : « Le Combat ordinaire », « Les quantités négligeables » et « Ce qui est précieux ». Comme le note AlloCiné, l’adaptation du film suit de prêt la bande dessinée avec une . L’adaptation d’un de ses livres est une nouveauté pour l’auteur et comme le note Susie Bourquoin: .
Au théâtre L'œuvre a été adaptée au théâtre en 2012 par le metteur en scène Robert Sandoz.
Notes et références
Annexes Bibliographie . . .
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