La Provence est un paquebot transatlantique français lancé en 1906 et coulé en 1916 en Méditerranée pendant la Première Guerre mondiale alors qu'il servait de transport de troupes.
Histoire civile thumb|left|Le paquebot La Provence, en 1907. thumb|left|Coupe paquebot La Provence À sa mise en service, La Provence est le plus grand et le plus rapide paquebot français mais ses dimensions ayant été dictées par les capacités d'accueil maximales du port du Havre, son tonnage est alors très inférieur aux grands paquebots transatlantiques des concurrents étrangers. Ce handicap ne sera levé qu’avec les travaux portuaires entrepris pour la mise en service du Normandie dans les années 1930.
La Provence est également le premier paquebot de la Compagnie générale transatlantique équipé de la télégraphie sans fil (TSF) et c’est à son bord que fut imprimé le premier exemplaire de L’Atlantique, le journal destiné aux passagers qui sera ensuite imprimé et diffusé sur tous les paquebots transatlantiques jusqu’à l’arrêt du France en 1974.
La propulsion est assurée par deux machines à vapeur classiques à triple expansion qui sont parmi les plus puissantes du monde ( à comparer aux du Lucania et de son sister-ship (lEtruria de la Cunard Line britannique). Elles représentent l'apogée de la machine alternative à pistons qui sera bientôt supplantée pour les fortes puissances par les turbines à vapeur inventées par l'ingénieur Charles Algernon Parsons. Ces turbines à vapeur seront installées sur les navires transatlantiques de la génération suivante dotés de quatre lignes d'arbres porte-hélice : Le Mauretania et le Lusitania de la Cunard ou le France (1912) de la compagnie générale transatlantique.
La Provence est mis en service en avril 1906 sur la ligne Le Havre - New York où il assure le service express en compagnie des paquebots La Lorraine et La Savoie, de dimensions plus réduites. Au retour de son deuxième voyage, il effectue une course mémorable avec le paquebot allemand Deutschland qu’il bat finalement de 4 heures, les passagers américains ayant engagé des paris importants à bord des deux rivaux.
Histoire militaire Le , il est réquisitionné et converti en croiseur auxiliaire.
Il est rebaptisé Provence II, un cuirassé français portant déjà le même nom. Il est armé de 5 canons de , 2 de et 4 de ..
À partir de , il est utilisé pour le transport de troupes vers les Dardanelles. vignette|Le paquebot servant de transport de troupes pendant la Première Guerre mondiale Le au soir, la Provence II part de Toulon pour Salonique avec encore inexpérimentés du d'infanterie colonialeLettre de Gabriel Seguin (un des disparus) à ses parents, du , livret Souvenirs de Guerre de l'abbé A. Thibeaudeau, chapitre « Trois de la même famille », page 20 ; Rochefort-sur-Mer, Société Anonyme de l'Imprimerie Ch. Thèze, 1918.. Le , la Provence II est torpillée au large du cap Matapan, en Méditerranée, par le sous-marin allemand U 35. Le navire sombre en 17 minutes, faisant officiellement 912 victimes, dont le commandant, le capitaine de frégate savoyard Henri VescoHenri Vesco, qui avait demandé qu'on débarque en raison du manque de brassières de sauvetage.
Les journaux se font l'écho de la perte du navireLe Gaulois du mercredi ou bien lExcelsior, ..
Un témoignage est recueilli par l'hebdomadaire L'Echo de Paimboeuf dans son édition du Témoignage du rescapé Louis Leray publié dans L'Écho de Paimboeuf du 1er avril 1916, cité dans la biographie de Joachim Audion (3e RIC), victime du naufrage. Consultable sur Biographie de Joachim Audion - Le Mémorial du Pays de Retz..
Au moment du naufrage, le commandant Henri Vesco, tout en dirigeant l'évacuation, reste à la passerelle jusqu'au dernier instant du navire qui s'enfonce rapidement par l'arrière, d'où il s'adresse une dernière fois par-dessus le tumulte aux malheureux hommes n'ayant pu évacuer et qui se sont regroupés sur le pont avant, en leur criant « Adieu mes enfants ! ». Ce à quoi ces derniers lui répondent en criant « Vive la France », avant d'être tous emportés par les flots car le navire s'enfonce à la verticale comme une flèche. À leur tour, les survivants des canots et des radeaux lancent en retour « Vive la France »Souvenirs du député rescapé Maurice Bokanowski..
Les rescapés secourus par des navires des marines de guerre française et britannique sont débarqués à Milo en Sicile et à Malte.
Voici comment un médecin passager, le Clunet, décrit la fin du croiseur auxiliaire :
Notes et références
Bibliographie Claude Molteni de Villermont, Un siècle de paquebots français par la carte postale, éditions MDV Maîtres du Vent, 1995.
Emile Ducharlet, Le drame de la Provence II - , Amis de la Lucarne Ovale, 2016. .
Voir aussi
Articles connexes Liste des paquebots de la Compagnie générale transatlantique Liste de paquebots Liste des navires construits aux Chantiers de l'Atlantique Liste de naufrages Séquelle de guerre La classe Chastang, dont un des exemplaires porte le nom Vesco, en hommage au commandant Vesco disparu sur la Provence II. Maurice Bokanowski, député, rescapé Jean Clunet, médecin, rescapé Histoire de la construction navale dans l'estuaire de la Loire
Liens externes
Fiche paquebot La Provence, site de l'association French Lines Forum sur la Provence II Extrait de l'historique du 3° Régiment d'Infanterie coloniale, récit du naufrage de la Provence II Le commandant Marie Henri Vesco Forum pages 14-18 sur le naufrage de La Provence
Archives de l'Assemblée Nationale Le torpillage du croiseur auxiliaire Provence II
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