vignette|320px|Le Hōgon-ji vu de la mer
Le Hōgon-ji se trouve sur l'île Chikubu dans la préfecture de Shiga au Japon. Il fait partie du complexe d'un temple situé sur l'île. C'est un temple bouddhiste consacré à la déesse Benzaiten. Il aurait été construit en 724 à la demande de l'empereur ShomuWatsky, A. M. (2004). Chikubushima: Deploying the sacred arts in momoyama japan. Seattle, WA: University of Washington Press.. Le temple a été reconstruit plusieurs fois au fil des ans, avec une reconstruction majeure vers 1602 par les fonctionnaires de la cour japonaise Toyotomi Hideyori et Toyotomi Hideyoshi. L'architecture du temple semble être de style AmidaParent, M. N. (1983). The roof in japanese buddhist architecture. New York, NY: Weatherhill/ Kajima.. La porte du temple est à l'origine celle du sanctuaire Toyokuni à Kyoto, mais a été déplacée à l'île Chikubu pendant les travaux de rénovation en 1602. Les motifs sur la porte du temple présentent des caractéristiques qui rappellent l'époque Azuchi MomoyamaHickman, M. L., Carpenter, J. T., Coats, B. A., Guth, C., Pekarik, A. J., Rosenfield, J. M., & Rousmaniere, N. C. (1996). Japan’s golden age: Momoyama. New Haven, CT: Yale University Press..
Importance de l'emplacement vignette|290px|L'île Chikubu La particularité du Hōgon-ji est d'être situé sur l'île Chikubu qui est supposée être l'un des endroits où aurait vécu la déesse Benzaiten, liée à l'eau, l'une des sept divinités du bonheurPiggott, J. R. (1997). The emergence of japanese kingship. Stanford, CA: Stanford University Press..
Comme Benzaiten passe pour avoir vécu sur l'île depuis que celle-ci est apparue, la légende veut qu'un jour, Amaterasu Omikami, la déesse qui aurait construit le Japon, est apparue à l'empereur régnant Shomu et lui a dit de construire des structures pour adorer Benzaiten. Ainsi sont construits en 724, le complexe du temple qui comprend le Hōgon-ji et le bâtiment Tsukubusuma voisin. Avec le sanctuaire Enoshima dans la région de Kantō et le Itsukushima-jinja dans la région de Chūgoku, le Hōgon-ji compte parmi les trois grands sanctuaires consacrés à la déesse Benzaiten. La région du lac Biwa et les montagnes environnantes sont mentionnées à plusieurs reprises dans le célèbre récit Le Dit du Genji.
Importance de la religion L'empereur Shomu qui fait construire le temple est un pratiquant du BouddhismeHanayama, S. (1966). A history of japanese buddhism. ( K. Yamamoto, Trans.). Tokyo, Japan: Bukkyo Dendo Kyokai. (Original work published 1960). Cela est important en ce que le Hōgon-ji est construit en l'honneur de la déesse Benzaiten, adaptation japonaise de la déesse indienne Sarasvati, qui est la déesse de l'éloquence, de l'apprentissage, de la prouesse militaire et qui est aussi une musicienneGunsaulus, H. C. (1924). Gods and heroes of japan. Chicago, IL: Field Museum of Natural History.. Le temple d'origine ayant été reconstruit en 1602, il n'existe plus de documentation montrant ce à quoi il ressemblait réellement. Cependant, le Hōgon-ji reconstruit reproduit fidèlement les attributs architecturaux d'un bâtiment Amida bouddhiste. Ceux-ci n'auraient cependant commencé à être construits que vers 1051Nishi, K., & Hozumi, K. (1983). What is Japanese aarchitecture?. (H. M. Horton, Trans.) New York, NY: Kondansha International Ltd.. Il est donc évident que le style de l'architecture a changé avec la reconstruction
Le Hōgon-ji abrite des statues et une pagode miniature ainsi que des monuments commémoratifs dédiés à d'autres divinités. Il existe une statue d'Acala, divinité bouddhiste qui passe pour la protectrice du bouddhisme et qui aide tous les êtres en leur montrant la loi du Bouddha. Acala est presque toujours montré avec une expression sévère du visage, tenant une épée dans sa main droite et une corde dans sa main gauche et entouré par le feu. Cette statue faite d'une seule pièce de bois date du environ. Les mandorla, c'est-à-dire le halo entourant tout le corps de flammes, sont peints et apparaissent très compliqués. À une époque, la statue entière peut avoir été recouverte de peinture. La musculature de la statue est très détaillée et légèrement arrondie et douce, un trait qui rappelle les œuvres d'art indiennes. En outre, la divinité semble être debout sur un rocher. Cette attitude sur un rocher est censée être un autre trait commun de l'iconographie d'Acala qui symbolise la sérénité qu'il transmet à ses disciples.
vignette|gauche|(ill. 2) La pagode en pierre Il existe également une statue (voir ill. 3) d'une pagode miniature faite de pierres supposées provenir du célèbre mont Hiei. En raison de son origine particulière, c'est l'un des sept monuments de pierre comparables. Elle possède quatre étages et dispose d'une décoration en forme de parapluie à son sommet. Cette décoration en flèche est le symbole du Bouddha et de sa royauté. Par ailleurs, sur la tranche inférieure de chaque côté se trouve une image de Bouddha. Le style architectural de la pagode n'est pas sans rappeler le style de l'époque de Kamakura. Cela se voit à l'inclinaison croissante de la pente du toit de l'étage supérieur.
Il y a aussi au temple une sculpture de Benzaiten elle-même. Parmi les trois sculptures les plus célèbres de cette déesse au Japon, celle du Hōgon-ji est censée être la plus ancienne. En outre, chaque année, au cours du très important festival du lotus, une nouvelle sculpture de Benzaiten est faite et consacrée au Hōgon-ji. Cette représentation d'Uga Benzaiten qui date d'environ 1614 (voir ill. 3) est un exemple de ces sculptures. Celle-ci, peinte en bois, fait approximativement de haut.
vignette|290px|(ill. 3) Sculpture de Benzaiten Uga Benzaiten est une représentation de Benzaiten qui souligne ses qualités martiales et sa puissance divine. Sur cette photo, Benzaiten est représentée avec huit bras, trait bouddhiste soulignant ainsi sa grandeur et sa divinité. Elle est représentée tenant plusieurs types d'armes comme un arc et une épée. Toutefois, au milieu de sa main droite, elle tient une clef. celle-ci, avec le bijou magique qu'elle tient dans sa main gauche, sont des symboles de ses capacités à apporter la bonne fortune. Elle porte sur la tête un torii en guise de couronne, avec une figure a corps de serpent et tête de vieil homme. Les lignes de la sculpture sont très sinueuses, arrondies et paraissent plus douces. Pourtant, comme la sculpture est faite de bois, Benzaiten semble très raide et exemplaire. En raison de ces traits stylistiques, la sculpture a probablement été influencée par l'iconographie bouddhique indienne.
Le Hōgon-ji fait également partie du circuit du pèlerinage de Kansai Kannon, aussi connu sous le nom « Saigoku Sanjūsan-sho », qui est un des nombreux pèlerinages bouddhistes japonais. Celui-ci est notamment dédié à Kannon, l'adaptation bouddhiste japonais des bodhisattva Guanyin et Avalokiteśvara. Kannon est principalement représentée sous 33 différentes formes et le pèlerinage compte par conséquent 33 temples. Au Japon, Kannon représentée sous la forme de « déesse de la Miséricorde » est particulièrement populaire. Le Hōgon-ji est le trentième des trente-trois temples de ce pèlerinage, connu comme le « pèlerinage des miracles » car chaque temple est lié d'une façon ou une autre à un miracle de Kannon. Le Kannonsho-ji par exemple, qui aurait été construit à la demande d'un triton, afin qu'il puisse adorer Kannon.
Style architectural vignette|290px|(ill. 4) Le Hōgon-ji Le Hōgon-ji (voir ill. 4) tel qu'il est aujourd'hui rappelle les salles bouddhistes de style Amida et représente un bon exemple des emprunts traditionnels japonais à l'architecture chinoise. Cela se remarque par la caractéristique chinoise qui place le temple sur une plate-forme et non à même le sol. Cependant, bien le que le temple est posé sur une plate-forme surélevée, le bâtiment ne semble pas isolé et en retrait de son environnement comme paraissent l'être certaines structures chinoises, mais au contraire, les architectes japonais lui donnent l'apparence de flotter sur le terrain et intégré dans son environnement. Le fait que le Hōgon-ji a été construit en l'honneur de Benzaiten, déesse liée à la mer, explique sans doute pourquoi le temple paraît flotter sur le terrain et pourquoi les lignes fluides de l'architecture sont importantes.
D'évidence le temple emploie le style traditionnel chinois et japonais des poteaux et des linteaux, ce qui se remarque avec les colonnes verticales qui supportent des poutres horizontales. La façade du temple compte trois baies, qui sont des sections en architecture japonaise, le terme « baie » étant l'adaptation occidentale du terme japonais « ken » : une baie sur le côté gauche des portes, la baie avec les trois portes, et la baie sur le côté droit des portes. Au sommet des colonnes en bois verticales à l'avant du temple se trouvent les typiques complexes supports 3-x-1. Ce sont ces complexes système de soutien qui supportent les poutres horizontales au-dessus d'eux. L'avant-toit en trois parties sur la façade du temple est un trait stylistique des bâtiments Amida. La section centrale de l'extérieur du temple donne l'impression que le temple possède plus d'un étage; Cependant, en raison du style de salles Amida, il est fort probable qu'il s'agisse d'un mokoshi, qui est un espace entre les chevrons architecturaux qui semble accorder à une structure plus d'étages qu'elle n'en possède en réalité. Les mokoshis confèrent également aux bâtiments l'apparence de posséder un toit au-dessus d'un autre. On remarque les complexes supports à trois crans qui soutiennent le véritable toit.
vignette|gauche|290px|La porte Tang derrière le Kannon est désignée trésor national Ces complexes chevalets sont composés de trois supports 3-x-1 paraissant empilés les uns sur les autres, chaque support 3-x-1 supportant une poutre de plafond. Les extrémités de ces poutres font saillie du bâtiment de façon décorative dans les angles du véritable toit. Ce système de fixation est une caractéristique très commune de l'architecture traditionnelle japonaise. Il est en outre établi que plus le système de fixation d'un bâtiment est complexe, plus important le bâtiment est censé être. Par conséquent, le Hōgon-ji doit avoir été particulièrement important si l'on considère son complexe système de soutiens à trois crans.