Le massacre du château d'Aux a lieu les et au cours de la Terreur et de la guerre de Vendée. Lors de ces deux journées, de Bouguenais, soupçonnés de soutien à la cause royaliste, sont fusillés dans la commune de Saint-Jean-de-Boiseau (aujourd'hui, à La Montagne) par la garnison républicaine du château d'Aux, après un jugement sommaire devant la commission Bignon.
Rafle des habitants de Bouguenais Situé alors dans la commune de Saint-Jean-de-Boiseau, aux portes de Nantes, dans le département de Loire-Inférieure, le château d'Aux est constamment tenu par une garnison républicaine sous les ordres de l'adjudant-général Muscar.. Dominant les hauteurs, ce petit poste est convoité par les insurgés vendéens car il protège les convois de vivres pour Nantes et assure la liaison avec la fonderie d'Indret. À plusieurs reprises, les Paydrets de La Cathelinière, parmi lesquels figurent les insurgés de Bouguenais, essaient de s'en emparer, sans succès.
Le chemin reliant le château d'Aux à la fonderie d'Indret passe cependant par la commune de Bouguenais, où la population a pris part à l'insurrection vendéenne. À plusieurs reprises des détachements ont à livrer des escarmouches. Ainsi dans les derniers jours de mars, une troupe de cavalerie républicaine subit une attaque sur cette route.
Aussitôt, le commandant du détachement, le maréchal-des-logis Joseph Beilvert, chef de la compagnie des éclaireurs du Bas-Rhin, décide d'exercer des représailles. Originaire de Bouaye, il a été affecté à la garnison du château d'Aux, pour sa connaissance du pays et son zèle révolutionnaire. En pleine nuit, il tombe sur la paroisse de Bouguenais, surprend et rafle et enfants, âgés de , et filles, âgées de .
Dans ses mémoires, le capitaine Léopold Hugo, père de Victor Hugo, alors âgé de et officier dans la garnison du château, laisse un témoignage sur les événements :
La commission Bignon À l'aube, les prisonniers sont ramenés au château d'Aux par Beilvert. Ne sachant qu'en faire, l'adjudant-général Muscar demande aux autorités nantaises des instructions sur le sort à réserver aux captifs. Les révolutionnaires nantais envoient alors la commission Bignon au château d'Aux.
Les jugements commencent le , à l'intérieur du château, deux séances sont tenues le premier jour, une autre suit le lendemain. Au cours de l'instruction, la municipalité de Bouguenais envoie neuf délégués afin de fournir des renseignements sur les accusés mais les membres de la commission leur interdisent de parler et six des neuf délégués sont saisis et conduits sur Nantes où ils sont enfermés dans la prison du Sanitat jusqu'au , date de leur libération.
Les sont jugés sommairement, un seul accusé, Jean Loirant, âgé de , est gracié en raison de son jeune âge, la commission déclare tous les autres « atteints et convaincus d'avoir porté les armes contre la république dans l'armée des rebelles ». Ils sont condamnés à mort « conformément à la loi du dernier » avec exécution dans les vingt-quatre heures et confiscation de leurs biens par la République. Le plus jeune condamné, Jean Hervot, a , trois sont âgés de et sept vieillards de figurent également parmi les victimes.
Les exécutions Au fur et à mesure des jugements, les condamnés, âgés de 15 à 78 ans, sont conduits par petits groupes à l'extérieur et fusillés près des fosses creusées à proximité du château. Dans ses mémoires, Hugo affirme que sont exécutés ; cependant, d'après les notes de la commission Bignon, le nombre total de condamnations à mort est de 209 : le premier jour sont exécutés , suivent le lendemain.
Acquittement des femmes Cependant la commission Bignon est rappelée à Nantes, aussi n'a-t-elle pas le temps de juger filles encore détenues au château. Avant son départ, le président Bignon demande à l'adjudant-général Muscar de former une commission militaire pour les juger. Ce dernier obtempère et désigne le capitaine Hugo comme président et quelques officiers comme juges. Les accusées sont soumises à un interrogatoire, mais au terme des délibérations, les officiers votent à l'unanimité pour l'acquittement et la mise en liberté. Les jeunes filles sont relâchées et renvoyées chez elles.
Notes et références
Bibliographie
Aux Catégorie:Avril 1794 Catégorie:2 avril Catégorie:3 avril Catégorie:Bouguenais