L'Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria) est un établissement public français à caractère scientifique et technologique spécialisé en mathématiques et en informatique, créé le dans le cadre du « plan Calcul ».

Tutelle et dénomination L'Inria, , est placé sous la double tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation. et du ministère de l'Économie et des FinancesDécret du Création d'un institut national de recherches en informatique et en automatique (INRIA), établissement public à caractère administratif, placé sous la tutelle du ministre de l'industrie..

L'Inria (qui se désigne lui-même comme « Inria », sans article), l'institut national de recherche dans les sciences et technologies du numérique, est en appui de l'État pour les stratégies nationales de recherche et d'innovation du numérique en tant qu'agence de programmes. Inria mène plus de de recherche et d'innovation avec ses , ingénieurs et personnels d'appui, en partenariat avec les universités et l'écosystème numérique.

Histoire Origine En , deux ans avant la création de l'Inria, le Comité consultatif de la recherche scientifique et technique (CCRST, créé en 1958), sous la présidence de l'économiste Jean Saint-Geours, rend un rapport qui traite de la « décentralisation des laboratoires » et du « lien entre recherche et industrie ». Ceci amène l'idée début d'un institut de recherche en informatique et en automatique, qui soit ouvert sur l'extérieur et puisse « largement sous-traiter ses recherches à l'extérieur », avec « une souplesse administrative » lui permettant de recruter des polytechniciens et des normaliens.

Fondation La fondation de l'Institut national de recherche en informatique et en automatique remonte à 1967 sous le nom d'IRIA (Institut de recherche en informatique et en automatique), dans le cadre du plan Calcul..

L'IRIA est conçu pour piloter l'axe de recherche du plan Calcul, qui vise à assurer l'indépendance technologique française dans le domaine de l'informatique face au des États-Unis. Il est alors placé sous la tutelle du Premier ministre, puis dans un second temps du ministère de l'industrie.

Dans le cadre de la politique de préférence nationale de ce plan, l'IRIA est doté d'un ordinateur fabriqué par la Compagnie internationale pour l'informatique (CII, intégrée en 1975 dans Bull).

Années 1970 Réorganisation de 1971-1972 Fin 1971, l'Iria « affronte une première crise existentielle » : sur fond d'image d'un IRIA « envahissant qui ferait trop d'industrie », les chercheurs « craignent son démantèlement» et leurs représentants préconisent donc une annexion par le CNRS. Mais finalement, les réformes de 1972 prévoient que « les moyens en hommes et en argent sont strictement plafonnés », le recours à l'Université et au CNRS pouvant les compléter, et que sa mission, soutenue par le professeur de mathématiques Pierre Lelong, « reste large, tournée vers la diffusion des connaissances et la formation de spécialistes »..

Les chefs de département sont détachés à temps partiel par leur corps d'origine et certains sont membres du directoire de l'Iria. C'est le cas d'Henri Boucher, ingénieur général de l'armement et membre du service technique des constructions navales pour la Marine nationale, qui a pris la tête en 1967 du département « Informatique technique », consacré aux langages et systèmes d'exploitationInventaire publié en 2011 sur le site de l'associationAconit par Henri Boucher, ingénieur général de l'armement, membre du service Technique des constructions navales pour la Marine nationale, qui l'a détaché en 1967 comme directeur d'études à l'IRIA .

Henri Boucher lance le projet Exploitation simultanée d'un ordinateur et de ses périphériques (ESOPE) en recrutant deux ingénieurs de la Marine, dont Sacha Krakowiak en Article dans Code source, revue scientifique de l'IRIA , rejoints ensuite par d'autres ingénieurs de la Marine nationale, mais le programme subit des départs début 1972D'Ésope à Sirac, de Paris à Grenoble - Entretien avec Sacha Krakowiak , la CII et l'IRIA lui ayant préféré le concurrent SAM. Entre-temps, André Danzin a remplacé Michel Laudet à la tête de l'IRIA, en application d'une décision annoncée le « Nouveau départ pour l'I.R.I.A.! », article du dans Code source, revue de l'IRIA , ce qui entraîne une réorganisation des activités alors que l'Iria « cherchait un équilibre entre ses missions liées au Plan calcul et sa propension à développer une recherche de valeur ».

Sa mission reste tournée « vers le monde industriel, économique et social » avec « un état-major totalement renouvelé ». C'est le moment où Henri Boucher « est éliminé » de l'IRIA. C'est aussi le cas d'une partie de ses chercheurs, devant repartir au Centre de programmation de la Marine au moment où « est introduit » à l'IRIA « un nouveau thème », dont Henri Boucher a « refusé » de se charger, l'étude du réseau français de commutation de paquets Cyclades. Celui-ci est confié à Louis Pouzin au même moment, période qui voit aussi entrer au directoire le jeune mathématicien Alain Bensoussan, chercheur sur les systèmes Multics et « piloté de loin » par le chercheur et mathématicien Jacques-Louis Lions, qui prend alors la tête du Laboratoire de recherche d'informatique et d'automatique (Laboria), où la « recherche doit désormais se concentrer ».

Le centre de Calcul de l'IRIA était avant le départ d'Henri Boucher « évidemment équipé de matériel CII », selon lui, comme l'Iris 50, le successeur Iris 80 n'arrivant qu'après son départ, également début 1972.

Le réseau Cyclades

En 1971, peu après sa création, l'Institut a été chargé du projet Cyclades, généré par l'intérêt de spécialistes pour les premières bases de données"", par James Gillies, R. Cailliau, ., en particulier dans le domaine universitaire, financier et administratif. Alors que l'inertie conduit à leur cloisonnement, quelques pionniers sont chargés de les rendre accessibles à l'extérieur. Le projet est piloté par Louis Pouzin, assisté d'une équipe de six personnes environLe Réseau Cyclades et Internet : quelles opportunités pour la France des ?, par Valérie Schafer. Professeur agrégée, doctorante à l'Université de -Sorbonne, Comité d'histoire du Ministère des Finances, Séminaire Haute Technologie du , ..

Alors qu'à l'époque, toutes les administrations françaises voulaient mettre en place leurs propres bases de données, les universités coopèrent au projet par le biais de contrats de recherche de la délégation générale à l'informatique, dirigée par Maurice Allègre, et souhaitent être interconnectées via un réseau de données.

Chargé du projet, Louis Pouzin choisit à l'extérieur de l'IRIA des personnes qui avaient des mètres carrés disponibles à Rocquencourt, et chez qui, vers 1969-1970, aucun projet de réseau n'était encore installé.

Durant les années 1970, le réseau Cyclades est développé en même temps qu'un réseau concurrent, Transpac, porté par le Centre national d'études des télécommunications (Cnet) et le Centre commun d'études de Télévision et de Télécommunications (CCETT). Transpac est choisi dans les années 1980 comme infrastructure réseau pour le Minitel, et Cyclades est abandonné pour sa part en 1979.

Malgré son abandon, l'historienne Valérie Schafer avance que Cyclades . Les choix faits pour les protocoles de communication de Cyclades sont également plus proches de ceux d'ARPANET aux États-Unis, qui préfigure le réseau Internet. L'expérience tirée de Cyclades est mise au service de la création de Renater, qui permet la diffusion d'Internet de façon précoce dans les établissements de recherche français.

Années 1980 : l'âge de maturité et du passage de l'IRIA à l'INRIA L'IRIA devient l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA) le (décret du ). Ce changement de dénomination traduit l'ancrage désormais national de l'Institut, qui entre dans son selon les historiens Alain Beltran et Paul Griset. Des antennes régionales sont créées durant la décennie.

Valérie Schafer rapporte en revanche que, avec l'émergence du Minitel concurrent de Cyclades, . L'implication individuelle continue de chercheurs de l'INRIA en lien notamment avec leurs collègues travaillant aux États-Unis maintient néanmoins des compétences en matière de réseaux au sein de l'institut. C'est cependant pendant cette période que des chercheurs de l'Inria, en coopération avec l'industrie et la défense, mettent au point le protocole clef d'Ethernet., ouvrant la possibilité de ce type de réseau.

Années 1990 : le virage d'Internet et du Web Avec l'émergence d'Internet dans les années 1990 et le développement du World Wide Web au CERN, l'expertise des chercheurs de l'INRIA en matière de réseaux informatiques leur permet de prendre une place majeure dans le domaine. En , l'Institut devient l'hôte des activités du World Wide Web Consortium (W3C) pour l'ensemble des pays européens, aux côtés du MIT pour l'Amérique et du centre Shonan Fujisawa de l'université de Keio pour le Japon et la Corée à partir d'.

Années 2020 : de nouvelles orientations stratégiques contestées en interne En , Bruno Sportisse est nommé président-directeur général d'Inria... Il impulse dans le contrat d'objectifs et de performances (COP) 2019-2023 un changement d'orientation de la stratégie de l'institut vers la recherche appliquée en promouvant davantage les projets associés à des entreprises privées, et menant à la création de start-ups. Une partie des chercheurs de l'Inria s'y oppose au nom de la défense de la recherche fondamentale, tel le délégué syndical SGEN-CFDT Emmanuel Thomé : .. Bruno Sportisse est mis en cause pour son mode de gestion., son , sa stratégie et une suspicion de conflits d'intérêts. Plusieurs pétitions internes à l'Inria remettent en cause un .

La mission donnée par le gouvernement à l'Inria en de piloter le développement de l'application officielle française de recherche des contacts lors de la pandémie de Covid-19 a également provoqué des tensions, certains chercheurs de l'institut ayant même participé à l'écriture d'un document public mettant en cause les choix techniques dans l'architecture de l'application..

Outre ces questions internes, une autre pomme de discorde est la communication externe de l'institut à destination du grand public, confiée à l'agence Havas en dans le cadre d'un appel d'offres. Cette communication prévoit de s'appuyer, en complément des médias traditionnels, sur des médias comme Brut ou Konbini, afin de pouvoir communiquer auprès d'un public plus large sur le numérique. Une enquête nationale sur le rapport des Français à l'innovation est également mise en œuvre, sans recourir par exemple à des chercheurs en sociologie, ce qui lui conférerait un intérêt scientifique ..

Identité visuelle (logo) Le , l'INRIA change d'identité graphique et devient Inria.. Ce changement d'identité visuelle a notamment été motivé par une volonté d'abandonner l'acronymeDragon rouge, agence de design, explique son travail pour l'Inria., ce qui s'illustre par l'abandon du « l' » précédant InriaSite de l'Inria : rappel sur l'écriture du nom de l'institut..

Cependant, ce changement est cosmétique et non institutionnel car dans les documents officiels, Inria reste nommé « Institut national de recherche en informatique et en automatique »Arrêté officiel datant de ouvrant un concours de recrutement à « l'INRIA »..

Missions Les missions sont fixées par un décret du ., modifié par un décret du : l'établissement a pour missions d'entreprendre des recherches fondamentales et appliquées, de réaliser des développements technologiques et des systèmes expérimentaux, d'organiser des échanges scientifiques internationaux, d'assurer le transfert et la diffusion des connaissances et du savoir-faire, et de contribuer à la normalisation et à la standardisation.