Une race humaine est un groupe humain supposé différent des autres comme le sont les races d'animaux d'élevageRace, Dictionnaire Larousse.Dictionnaire de l'Académie française : « Chacun des grands groupes entre lesquels on répartit superficiellement l'espèce humaine d'après les caractères physiques distinctifs qui se sont maintenus ou sont apparus chez les uns et les autres, du fait de leur isolement géographique pendant des périodes prolongées. ». Cette notion, fondée sur des critères morphologiques ou culturels, est battue en brèche par les études scientifiques qui, fondées depuis le milieu du sur la génétique, montrent que le concept de « race » n'est pas pertinent pour caractériser les différents sous-groupes géographiques de l'espèce humaine, notamment parce que la diversité génétique est beaucoup plus importante entre les individus d'une même population qu'entre groupes différentsY a-t-il des races humaines ? Pourquoi autant de couleurs de peau ?, hominides.com.Alberto Piazza, « Un concept sans fondement biologique », Aux origines de la diversité humaine - la science et la notion de race, 30/09/1997, La Recherche , .Templeton, A. (2016). EVOLUTION AND NOTIONS OF HUMAN RACE. In Losos J. & Lenski R. (Eds.), How Evolution Shapes Our Lives: Essays on Biology and Society (p. 346-361). Princeton; Oxford: Princeton University Press. .. Le mot raceLe droit français, par exemple, fait depuis le une infraction pénale de l'« incitation à la haine en raison de l'origine ou de l'appartenance ou de la non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée ». et l'adjectif racial restent utilisés, surtout en référence aux opinions et aux actes d'inspiration raciste (lois raciales, préjugé racial, profilage racial, ségrégation raciale)

Le consensus scientifique actuel rejette l’existence d'arguments biologiques qui pourraient légitimer la notion de « race »..., reléguée à une représentation arbitraire selon des critères morphologiques, ethnico-sociaux, culturels, politiques ou liés à la couleur de peau.. La notion de race est pour la science une construction sociale et idéologique, une identité qui est assignée en se basant sur des règles créées par la société.

La notion de « race » a été utilisée à partir du pour distinguer des groupes humains possédant des critères qui seraient biologiques, dans un contexte de suprémacisme blanc, et renforcé par l'émergence du racisme scientifique dont notamment les grandes taxonomies de Linné. Ainsi, la seule couleur de peau des populations africaines a servi d'argument pour l'esclavage de ceux-ci par les occidentaux entre le et le ; de même, au , cette notion de « race » a été utilisée pour justifier le racisme et notamment la perpétration de la Shoah par les nazis, l'apartheid en Afrique du Sud et la ségrégation aux États-Unis. Elle n'est plus employée aujourd'hui dans la description du monde vivant pour désigner les espèces et sous-espèces du monde animal en général (à l'exception des animaux domestiques, sélectionnés sur des critères morphologiques). Mais elle perdure dans l'imaginaire et les discours.

Étymologie et signification Le terme « race » a une étymologie incertaine. Il n'a pas d'antécédent latin direct. Il est supposé qu'un traitement en bas latin de « ratio », voire de « generatio », aurait donné en italien « razza », « rassa », d'abord francisé en « rasse »« Race » sur le TLFI., tandis que de nombreux auteurs préfèrent le rattacher au latin radix signifiant « racines ». Toutefois, le terme tirerait probablement son origine du mot arabe « ras » signifiant « tête », et trouverait sa première utilisation dès le en Espagne, puis un siècle plus tard en France et en Allemagne.

Le terme désignait alors toute espèce d'animaux ou fruits, ainsi chez Commynes en 1498, ou une de famille ou de métier, comme dans Le Cid de Corneille représenté en 1637 : le père de Rodrigue, qui vient d'être giflé par celui de Chimène, pleure . En 1749 Buffon utilise le terme pour désigner une sous-catégorie de l'espèce, sens repris par Voltaire en 1756 dans son Essai sur les mœurs et l'esprit des nations : Le terme désigne aussi les générations successives : Bossuet remarque que « Les familles royales les mieux établies vivent à peine quatre ou cinq races ». Dans ces utilisations se retrouve le sens latin de « ratio » mais s'y ajoute l'idée de lignée familiale. Les emplois divers foisonnent et rendent le mot banal du au : il sert autant à nommer une postérité (race des Atrides, race d'Abraham), qu'une nation (race française), que la spécification animale chez Darwin, et par extension ou abus, toutes sortes de communautés, réelles ou idéelles (race des esclaves, race des héros).

vignette|Arthur de Gobineau, Essai sur l'inégalité des races humaines, 1853-1855. Avec l'émergence du colonialisme se développe le Racisme scientifique. Un de ses représentants, Arthur de Gobineau, publia entre 1853 et 1855 lEssai sur l'inégalité des races humaines où il évoque la race aryenne pour évoquer la communauté de culture indo-européenne. Ces doctrines pseudo-scientifiques sont aujourd'hui communément considérée comme du racisme.

Dans la société contemporaine le terme de race est utilisé en sciences sociales pour étudier le racisme et les processus sociaux de racisation. Aux États-Unis, le terme de race est plus souvent employé, la presse parle encore aujourd'hui d'« Émeute raciale » pour désigner les événements de protestation qui distinguent les hommes selon leur couleur de peau. En France, la Constitution française refuse dans son premier article toute « distinction d'origine, de race ou de religion ». Le mot est encore utilisé par des acteurs politiques promouvant une idéologie raciste pour classer dans des catégories les hommes selon des critères morphologiques ou culturels.

Utilisation Le terme « race », pour désigner des groupes « ethniques », géographiques ou culturels, possède en français des connotations racistes. La situation se présente différemment dans des pays anglophones comme les États-Unis. Le terme y est utilisé pour faire référence à l'origine dite « ethnique » déclarée par un individu, sans qu'il y ait de consensus sur les catégories utilisables. Au Québec, l'utilisation du mot « race » (« race noire », « race blanche »…) calque globalement l'usage anglophone nord-américain. En France, il est plus convenu d'utiliser à la place de ce mot des formules comme : caractères physiques, origine ethnique, génotype ou phénotype, ou juridiquement par « pour des raisons racistes ». En France, plusieurs projets juridiques, non aboutis, ont cherché à supprimer ce mot "race" de la législation et de la Constitution, sans succès.

En sociologie contemporaine, des variations de sens entre et (dans leur acception constructiviste et non essentialiste) ont été proposées, mais le vocabulaire n'est pas stabilisé. Certains ont proposé que la première reflète une catégorisation sociale basée sur des critères biologiques et phénotypiques (par exemple, la couleur de la peau), tandis que la seconde est une catégorisation basée sur des aspects culturels ; d'autres ont opposé la classification imposée (assignation raciale) à l'auto-identification (revendication ethnique) ; le caractère péjoratif de l'un et mélioratif de l'autre ; la hiérarchisation (lien avec des rapports de domination) et l'horizontalité. Plusieurs auteurs considèrent le terme comme un simple euphémisme.

Définitions et considérations linguistiques Selon le Larousse, le mot race est une « ancienne catégorisation de l'espèce humaine selon des critères morphologiques ou culturels, sans aucune base scientifique et dont l'emploi est au fondement des divers racismes et de leurs pratiques ».

Selon le Trésor de la Langue Française Informatisé, le mot « race » signifie en biologie . Plus précisément en anthropologie, ce mot signifie :

..

Le Grand dictionnaire terminologique de l'Office québécois de la langue française propose également plusieurs définitions. Ainsi, pour la biologie :

.

En ethnologie, il propose la définition suivante : . Une note précise :

Selon lEncyclopædia Universalis (2006) :

Dans Le Racisme expliqué à ma fille, Tahar Ben Jelloun écrit :

Cela rejoignait la proposition faite par l'Unesco au lendemain de la Seconde Guerre mondiale de substituer l'expression « groupe ethnique », plus scientifique et incluant les composantes culturelles, au terme vague et confus de « race », lequel n'a pas de signification rigoureuseLa Question des races , Unesco, 1950..

Toutefois, la notion de groupe ethnique ne reflète pas de composante biologique comme le fait la notion de race et constitue ainsi un substitut imparfait pour cette notion. Ainsi, dans une approche différenciée que l'on retrouve au sein de la vaste majorité de la communauté internationale dans le cadre de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale., la notion de race humaine est parfaitement admise comme une réalité non seulement linguistique mais relevant également du fait social et distincte de l'ethnie. Par exemple, le législateur suisse, dans le contexte du phénomène raciste, fournit explicitement l'explication suivante sur les notions de race et ethnie contenues dans cette convention :

La notion de « caractères héréditaires et immuables » évoquée ici est critiquable sur le plan scientifique car elle adopte un point de vue fixiste : un caractère héréditaire n'est pas, en réalité, immuable. Un tel processus d'essentialisation est courant dans les phénomènes de racisation. « Si les « races » humaines n’existent pas, des groupes racisés existent, constitués d’individus qui tendent à être traités comme l’incarnation de leur groupe d’appartenance et doivent donc apprendre à « faire avec ». »

Historique de la notion

La notion de race, entendue en termes biologiques, est tardive et se rattache à une période précoce de la science moderne tentant une classification en espèces et en sous-espèces, qui ne concernait d’abord que les végétaux et les autres animaux. Carl von Linné est le premier à classifier scientifiquement les « races » humaines dans Systema naturœ (1758) : « l'Homme américain, l'Homme européen, l'Homme asiatique et l'Homme africain ».

Arthur de Gobineau popularise au milieu du une nouvelle acception, dans son essai raciste, Essai sur l'inégalité des races humaines (1853-1855), dans lequel il prenait parti en faveur de la thèse polygéniste selon laquelle l'espèce humaine serait divisée en plusieurs races distinctes, que l'on pourrait selon lui hiérarchiser. La différenciation raciale se fait à partir d'analyses physiques ou sanguines.

Le racisme scientifique, nommé aussi racialisme, devient alors l'idéologie prédominante dans les milieux savants et dans l'anthropologie physique, couplé à l'évolutionnisme, au darwinisme social et aux théories eugéniques développées par Francis Galton. L'habillage de visions racistes par le discours scientifique sera largement discrédité par sa conséquence que fut le génocide des Juifs européens par le Troisième Reich.

Afin d'éviter l'usage impropre du terme « race », l'Unesco recommanda, au milieu des années 1950 d'instaurer la notion d'ethnie, laquelle insiste fortement sur les dimensions culturelles au sein d'une population humaine (langue, religion, us et coutumes, etc.). Pour autant, quelques tentatives racialistes perdurent, comme l'a montré la publication de The Bell Curve (1994), par Richard Herrnstein et Charles Murray, estimant que le quotient intellectuel inférieur des Noirs américains était d'origine génétique et ne pouvait pas être corrigé par des mesures sociales. Le même reproche est fait à certaines lectures de la sociobiologie, qui cherchent l'éventuelle origine génétique des comportements sociaux y compris altruistescf. Richard Dawkins, Le Gène égoïste..