vignette|Romics 2016 - Spring Edition Diabolik est une série de bande dessinée italienne ou fumetti, créée en 1962 par les sœurs Angela et Luciana Giussani.

Cette série éditée à Milan au format poche par les éditions Astorina a connu de nombreux dessinateurs. On sait bien peu de choses à propos de Angelo Zarcone, qui illustra assez malhabilement le tout premier numéro, mais l’identité visuelle des personnages prendra de l’ampleur avec Enzo Facciolo. puis par d'autres dessinateurs dont Gino Marchesi, Sergio Zaniboni (créateur du célèbre logo de la marque Panini), Edgardo Dell'Acqua, Paolo Ongaro, Alarico Gattia, Lino Jeva, Floriano Bozzi ou encore Franco Paludetti. La plupart du temps, les crayonnés sont dessinés par un artiste, encrés par un autre et, pour donner des effets de profondeur, une trame (élément fondamental de l’esthétique de la série) est ajoutée par les graphistes de la maison d’édition. Les histoires ont été élaborées par Angela puis Luciana (à partir du numéro 14) Giussani à partir d’idées de nombreux scénaristes, dont Mario Gomboli.

Il s'agit d'une des bandes dessinées les plus connues en Italie, où son tirage mensuel (pour les épisodes inédits) oscille autour de . Avec de volumes commercialisés, c'est l'une des bandes dessinées les plus vendues au monde. En France, elle fut publiée de 1966 à 1980, dans le petit format original () mais aussi remis en page dans un format inédit, plus grand ( x ).

Il existe actuellement en Italie trois publications mensuelles de Diabolik. La première, éditée le de chaque mois, propose des épisodes inédits. La seconde, Diabolik R (R pour , qui signifie réimpression en italien) réédite le 10 de chaque mois des épisodes publiés une quinzaine d'années auparavant, en aménageant parfois les dessins lorsque ceux-ci sont trop « datés » ou malhabiles. La troisième série enfin, nommée Diabolik SWIISSS (« SWIISSS » étant l'onomatopée du son produit par le couteau de Diabolik en fendant l'air), publiée le 20 de chaque mois, réédite également d'anciens épisodes mais avec de décalage et en respectant cette fois les éditions originales.

La quatrième de couverture présente toujours le portrait du personnage central de l'épisode, le plus souvent féminin.

À ces plus ou moins régulières s’ajoute un nombre considérable de rééditions (avec des formats différents, des versions colorisées, des recueils thématiques, etc.) souvent vendues comme supplément à des quotidiens (La Repubblica, Corriere della Sera) ou des hebdomadaires (L'Espresso).

Histoire Diabolik est un criminel professionnel capable de se substituer à n'importe qui, grâce aux masques parfaits qu'il réalise lui-même ainsi qu'à d'incroyables gadgets. Vêtu d'une combinaison et d'une cagoule noire quand il n'est pas déguisé, il utilise depuis toujours une Jaguar noire (modèle E-Type de 1961) équipée de nombreuses modifications destinées à déjouer ses poursuivants. Il est accompagné dans ses aventures par sa maîtresse, Eva Kant, et pourchassé par un policier décidé à le capturer, l'inspecteur Ginko. D'autres personnages réapparaissent parfois d'un épisode à l'autre, comme Altea, duchesse de Valenberg, éternelle fiancée de Ginko, ou Gustavo l'ami de ce dernier. Le théâtre de ces épisodes est situé dans un pays imaginaire nommé « Clerville », à la capitale portuaire du même nom, Ghenf étant la deuxième ville plus importante de ce pays. De rares épisodes se déroulent dans le royaume du Beglait.

Ainsi que les sœurs Giussani l'ont dit ou écrit : .

Univers de Diabolik Personnages Personnages principaux Diabolik, dont on ignore la véritable identité Eva Kant, l'amante et complice de Diabolik Inspector Ginko, un célèbre policier de Clerville à la poursuite de Diabolik.

Personnages secondaires Altea, duchesse de Valenberg, la maîtresse de Ginko et une noble héritière. King, le chef d'une organisation criminelle puissante qui a élevé Diabolik comme son fils, l'a ensuite exploité, et a finalement été tué par celui-ci. Elisabeth Gay, ancienne maîtresse de Diabolik Dr. Alberto Floriani. Neuropsychiatre célèbre, successeur de Diabolik d'abord en tant qu'amant, puis en tant qu'époux d'Elizabeth Gay qui, dans sa folie le tuera, pensant qu'il était Diabolik. Bettina, une jeune fille qui devient proche de Diabolik et Eva, au point de devenir comme leur enfant. Gustavo Garian, fils d'une riche famille décimée par Diabolik ; il cherchera à se venger à de nombreuses occasions.

Localisations Clerville La plupart des histoires de Diabolik se déroulent dans la ville fictive de Clerville, qui est située dans un état lui aussi nommé Clerville. Cependant, dans les premiers numéros de la série, Diabolik effectue ses cambriolages à Marseille, mais les auteurs décident d'inventer une nouvelle ville, afin d'éviter de devoir se documenter continuellement sur la ville.

Il est clair que Clerville est en Europe, puisqu'en 2002, elle a adopté l'euro comme monnaie ; la monnaie précédente de la ville n'avait jamais été nommée, mais avait la même valeur que la lire italienne.

L'État de Clerville inclut également d'autres villes, telles que Ghenf (nommée à partir du nom allemand de Genève : Genf), la deuxième ville la plus importante dans l'État, qui est située sur la mer (Clerville, la ville, est située dans l'intérieur et est traversée par une rivière).

Beglait Le royaume du Beglait est un royaume européen imaginaire dans lequel se situe quelques-unes des aventures de Diabolik.

Équipement Diabolik utilise une variété de gadgets et d'équipements qu'il utilise comme une aide dans ses vols, pour effectuer des écoutes téléphoniques et une grande variété d'armes.

Combinaison Ce qui identifie Diabolik est son costume noir, une combinaison qui recouvre complètement son corps et une cagoule laissant seulement voir ses yeux et ses sourcils. Il l'utilise dans ses cambriolages et pour protéger son identité. Il a une variété de gadgets et d'armes cachés sous ce costume. La combinaison peut également être utilisée comme combinaison de plongée, le gardant au chaud lorsqu'il est sous l'eau, et est également ignifugée. Cependant, elle ne peut pas le protéger contre les blessures mortelles (blessures par balles ou armes blanches), mais Diabolik compte sur ses compétences au combat pour parer à cela.

Drogues Diabolik et Eva Kant utilisent une variété de drogues pour étourdir, tuer ou forcer leurs ennemis à leur obéir. Ils utilisent principalement du Pentothal comme sérum de vérité pour forcer les victimes à obéir et les aider dans leurs cambriolages ou vols. Ils utilisent également de la scopolamine pour provoquer l'amnésie et une variété de sédatifs pour étourdir leurs ennemis. Enfin, ils utilisent du cyanure pour tuer leurs ennemis lors d'une fuite rapide, mais surtout pour leurs cibles.

Armes et gadgets Diabolik utilise une variété d'armes et de gadgets pour étourdir ou tuer ses ennemis comme ses victimes. Il n'utilise cependant jamais d'armes à feu ni n'en possède une, préférant la furtivité. Il utilise surtout du gaz paralysant lorsque c'est nécessaire, mais l'évite quand il le peut. Il emploie également des dagues pour tuer ses ennemis en un instant. Il possède une variété de gadgets pour une utilisation rapide, certains d'entre eux pour les utiliser momentanément comme une aide pour effectuer ses vols, et il utilise une variété de gadgets radio-pilotés qui activent des objets ou éléments spécifiques pour l'aider dispersés à travers Clerville (des feux de circulation pour créer des vagues vertes, des arroseurs automatiques pour pulvériser de la peinture noire sur les voitures de police, des rampes de train, etc.). Il a même une fois placé un appareil dans la voiture de Ginko pour activer son airbag lors d'une poursuite policière. Il a également une variété de gadgets installés dans sa Jaguar qui l'aident, comme la télécommande ou le dispositif d'auto-destruction. Il utilise des bugs d'écoute électronique ainsi que des mini-caméras pour espionner et il communique avec Eva via un talkie-walkie caché dans sa montre.

Masques L'une des marques de fabrique de Diabolik est qu'il utilise presque toujours des masques de latex hyper-réalistes spécialement conçus pour usurper l'identité de ses victimes ou de ses ennemis, et en a utilisé une multitude pour l'aider dans ses aventures. Diabolik utilise cela dans presque tous les cambriolages qu'il tente, Eva en utilisant parfois également lorsqu'elle agit directement avec lui. Diabolik se sert des masques pour usurper l'identité de gens qui lui sont utiles, parfois seulement pour cacher son apparence. Diabolik et Eva les utilisent également quand ils vont quelque part en public pour éviter d'être reconnus (ils ont utilisé des fausses apparences à l'occasion en sortant dîner).

Contexte social Le format poche de la publication est l'une des clés du succès de la série ; le boum économique que connait l'Italie des années 1960 a pour effet non seulement de rendre populaire le thème de la richesse rapidement et facilement accumulée, mais aussi de développer la population des , ces ouvriers et cadres qui utilisent les trains de banlieue pour se rendre sur leur lieu de travail. Particulièrement subversive, la publication qui a pour héros des femmes lascives et des voleurs toujours vainqueurs pouvait grâce à son format spécifique être lue avec discrétion, placée entre les pages de revues plus consensuelles.

L'évolution des mœurs, dans ce pays encore très influencé par la morale catholique, est à la fois anticipée et présentée par le biais des rapports qui relient les personnages de la série ; ainsi, Altea est de sang noble mais choisit une vie plus contemporaine. Le rôle grandissant des médias est illustré par l'importance accordée aux journaux et aux journalistes, principale source d'information de Diabolik, au moins jusqu'aux années 1980. Les politiciens véreux, les industriels délinquants et les trafiquants de drogues et d'armes ancrent encore la série dans un réalisme italien qui fait cependant l'impasse, sauf à de rares exceptions, sur le pouvoir mafieux.

Influences Diabolik a été directement inspiré par Fantomas, comme l'atteste la couverture du premier numéro. Le succès de la série a à son tour engendré une multitude d'épigones, dont certains, comme Kriminal ou la version américaine chez Image Comics, furent dessinés par Magnus.

Diabolik est aussi le surnom du mafieux Matteo Messina Denaro, qui serait un grand fan de la bande dessinée. Inversement, la bande dessinée L'Été Diabolik de Smolderen et Clérisse rend hommage à Diabolik.

Les petits formats et albums adaptés pour l'édition française

Diabolik : 51 numéros d' à . deux recueils aux éditions Gemini Diabolik : 76 numéros de à . D'abord mensuelle, la revue devient bimensuelle au , aux éditions De l'occident Diabolik (connu aussi sous le nom Collection Diabolik : 80 numéros de à , aux éditions De l'occident Diabolik Géant : 6 numéros de à mars 78. Format 20x28 cm, aux éditions De l'occident Le grand Diabolik : 11 tomes d' à aux éditions Clair de lune.

N.B. : Les recueils en petit format de Diabolik sont intitulés Les Diaboliques alors que la série en grand format a simplement pour titre Diabolik.

Les planches de certains épisodes ont été remontées, les cases recadrées, réduisant ainsi le nombre de pages (par exemple "Toujours aux aguets", , qui passe à 88 pages au lieu des 120 du "Sempre in agguato" d'origine).

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