Saint-Geniez-d'Olt est une ancienne commune française située dans le département de l'Aveyron, en région Occitanie, devenue, le , une commune déléguée de la commune nouvelle du Saint-Geniez-d'Olt-et-d'Aubrac.
Géographie Localisation
Site L'ancienne commune est traversée par le Lot (l'Olt en occitan), et sur sa rive droite par plusieurs boraldes, dont le Merdanson qui limite son territoire au nord-ouest et le ruisseau de Mardonenque.
Toponymie
Durant la Révolution, la commune porte les noms de Sans-Culottide et de Vallon-la-Montagne.
Politique et administration Tendances politiques et résultats
Liste des maires
Démographie
Histoire
Présentation de Saint-Geniez-Rives-d’Olt
Des collines, longues et escarpées, sont disposées sur le cours du Lot, ce sont les premiers contreforts de l’Aubrac. Entre les ruisseaux de Mardon et du Barribès se trouve le Puech del Rey, il présente naturellement une pente très raide au sud.
Si l’on y pressent une origine d’implantation de constructions défensives dès l’époque gallo-romaine, au Moyen Âge, sur le point le plus haut, en surplomb du Lot, s’élevait le château. Du côté nord un mur d’enceinte continuait sur l’arête du rocher et se terminait à la façade nord de l’église et de la maison claustrale, habitation du prêtre, au point extrême du puech* baigné par le ruisseau du Barribès.
D’après les descriptions que nous en avons, il était flanqué sur la gauche d’une haute tour saillante, peu engagée dans le mur, qui protégeait l’entrée, d’une surface de huit cannes*, il en resterait quelques pans de murs. Il est vrai que, si l’on prend le temps d’écarter les broussailles sous le mausolée, on trouve des restes de murs bien appareillés. Le château était bâti de murailles solidement construites, comme les restes de murs le laissent à penser, de schistes et de galets roulés assemblés avec une chaux ou un ciment qui a défié le temps et les intempéries. Cette situation empêchait une éventuelle attaque par le nord. L’accès se faisait par un chemin si étroit que deux personnes ne pouvaient y marcher de front. De plus le château était entouré de fossés, dit vallat, de cinq mètres de largeur, et un autre, à l’est, qui pouvait atteindre dix mètres de largeur, comblés pense-t-on par la culture. Le château était alimenté par une source, on en trouve encore des traces. Il y avait, comme on le sait par un document de 1699, deux jardins, un proche de la cour du château (60 cannes : ), l’autre au-dessous (8 cannes : ).
Ce château était réputé imprenable et a été classé parmi les quatre châtellenies* du Rouergue, qui constituaient les « quatre clefs de cette province ».
Après avoir fait partie de la province romaine d'Aquitaine première, le Rouergue fut détaché par Charles le Chauve du duché d'Aquitaine et érigé en comté. Les comtes de Rouergue prirent possession de Toulouse en 852 et fondèrent la maison de Toulouse. Tandis que les aînés devenaient comtes de Toulouse, la branche cadette des Rouergue conserva le comté de Rouergue. À la mort, 1271, de la comtesse Jeanne de Toulouse, fille du dernier comte de Toulouse Raymond VII et épouse d'Alphonse de Poitiers, frère du roi de France Saint Louis, le Rouergue fut incorporé à la couronne de France.
Le gouvernement des Capétiens provoqua l'abandon de la vieille sénéchaussée de Najac, fidèle à la dynastie raymondine, au profit d'une ville nouvelle : Villefranche-de-Rouergue. La capitale de la province ne fut transférée à Rodez, plus centrale, qu'à la Révolution.
Cependant, une partie du Rouergue, qui avait été laissée en gage par le comte de Toulouse Raymond de Saint-Gilles au vicomte de Millau avant de partir à la croisade, fut à l'origine du comté de Rodez qui passa aux Armagnac et qui ne fut définitivement rattaché à la couronne que sous Henri IV, dernier comte de Rodez.
Les comtes de Rodez jouissaient de droits régaliens, avec pouvoir de faire battre monnaie, de lever l'impôt, de créer des sergents… À leur avènement au comté, ils étaient couronnés par l'évêque de Rodez, assisté du dom d'Aubrac et des abbés de Bonneval, de Bonnecombe, de Loc-Dieu et de Beaulieu. Outre les quatre châtellenies, qu'ils regardaient comme les clefs de la province, ils possédaient dans le Rouergue près de vingt-quatre châteaux et un grand nombre de fiefs parmi lesquels deux vicomtés, Peyrebrune et Cadars, et douze baronnies dont : Landorre, Castelpers, Panat, Verdun, Aliramont, Aurelle, Calmont-de-Plancatge, Calmont d'Olt et Brusque… Un sénéchal, un juge du comté, un juge des montagnes, quatre châtelains et un juge d'appeaux y rendaient la justice en leur nom.
Sous le règne des comtes de Rouergue et de Rodez, la justice était administrée en leur nom par des vicaires ou viguiers. On comptait seize vigueries en 1349 dont : Peyrusse, Roquecézière, Najac, Villeneuve, La Roque-Valzergues, Sauveterre, Saint-Rome-de-Tarn, Verfeil, Saint-Affrique, Saint-Antonin, Cassagnes-Bégonhès, Millau, Compeyre et Villefranche. À l'échelon supérieur, la justice était rendue par le sénéchal du Rouergue.
Les consulats et les seigneurs
Les comtes de Rouergue étaient primitivement seigneurs haut-justiciers de Saint-Geniez. Le seigneur haut-justicier connaissait seul des crimes qui entraînaient la peine de mort, la peine afflictive ou peine infamante. Il héritait à la place des bâtards, de ceux décédés sans héritiers, des biens confisqués, des amendes, était propriétaire des rivières, des droits de chasse. La moyenne justice traitait des causes civiles jusqu’à une amende de 60 sols ; la basse justice s’occupait des affaires civiles jusqu’à 3 livres. Cette justice s’exerçait à Saint-Geniez tous les lundis par un juge royal, un procureur, un lieutenant ; un greffe royal lui était adjoint.
Le roi possédait le château ; il jouissait du commun de paix et du droit de leude. Il prélevait une rente de 30 livres sur le four et le Puech del Rey. Toutes les langues de bœufs, vaches, veaux, et génisses de plus d’un an qu’égorgeaient les bouchers lui revenaient. La hure du sanglier, l’épaule du cerf tué en chasse lui étaient dues. On payait ceci au fermier ou leudier. Il y avait d’autres seigneurs qui n’avaient que la directe, le cens, le champart et d’autres droits sans justice, quelquefois ils rendaient la justice moyenne ou basse. C’était le dom d’Aubrac, l’abbé de Bonneval, Le marquis de Beaufort, le prieur de l’Église, les prêtres de la Fraternité qui se partageaient ces privilèges.
Après un conflit aux nombreux rebondissements entre le roi et la famille d’Armagnac, le roi Louis XI rendit à Jean V d’Armagnac en 1451 les 4 châtellenies, mais de nouvelles fautes de ce noble firent passer celle de Saint-Geniez à Gaston de Lyon, sénéchal de Toulouse. Charles d’Armagnac, frère de Jean V, obtint de Charles VIII, roi de France, de rentrer en possession de ses biens et des châtellenies. Mais ayant perdu la raison, Jean-Pierre d’Estaing, dom d’Aubrac, fut nommé directeur de sa personne et gouverneur du comté de Rodez et des quatre châtellenies le . Sous les comtes d’Armagnac les émoluments des capitaines de la châtellenie de Saint-Geniez étaient de 25 livres.
Durant la guerre dite de Cent Ans (1337-1453), temps des malheurs et de crise
La domination anglaise a apporté son lot de bouleversements. Les «routiers» ou «grandes compagnies», composées de mercenaires venus des îles Britanniques, le plus souvent des contrées écossaises, grossies d’autochtones, se sont installées dans la région. Le Bort Galant, capitaine de Curvale, dans l’Albigeois, se ligua le dans les faubourgs de la rive gauche, le feu ravagea 83 maisons situées sur le Mercadil ou Mercadial (place du Marché) et le long de la rivière. On fit ensuite garder le pont de Saint-Geniez. À l'époque, pour son malheur, le Rouergue était une possession anglaise du fait du traité de Brétigny de 1360. Prisonnier des Anglais durant trois ans, le roi de France, Jean le Bon, dût verser une énorme rançon et céder le quart du royaume aux Anglais.
Autour d'Espalion, les hommes d'Arnaud Cervole, surnommé l'archiprêtre, rançonnent, pillent, violent et enlèvent les enfants qui leur serviront de pages. Il en va de même dans le Larzac et autour de Camarès avec les routiers aragonais d'Henri de Trastamare. Ces bandes de mercenaires, licenciés sans soldes, désolent le pays en s'attaquant d'abord aux paysans éloignés des murailles des villes. Ne rencontrant aucune résistance sérieuse, les grandes compagnies vont s'ancrer dans le pays durant un demi-siècle. Les châteaux, les églises fortifiées qui parsèment aujourd'hui l'Aveyron ont été construits au prix de grands sacrifices pour offrir un rempart contre ces écumeurs de pays. Devant l'absence de réactions des autorités légitimes, les moines eux-mêmes, se mirent à édifier des tours afin de permettre aux villageois d'abriter leurs familles et leurs biens. Ce n'est qu'en 1391, que les grandes compagnies attirées par l'appât d'un gain nouveau se réunirent sous le commandement de Jean III d'Armagnac pour filer vers d’autres lieux.
Les routes et chemins Dans toute la zone aux alentours de Saint-Geniez-Rives-d’Olt il y avait de bons chemins et des routes assez sûres. Héritées des temps gallo-romains, ces voies étaient nombreuses et orientées dans toutes les directions importantes : Espalion, Millau, le Languedoc, le Gévaudan, l'Auvergne. Elles sont indiquées par le mot « via » ce qui entend un chemin commode pour piétons, chevaux, chariots, bêtes de somme, bêtes de trait. Certains chemins étaient larges de 10 pieds, cela valait environ 3 mètres. Ils étaient régulièrement entretenus. De Saint-Geniez partaient des draps, du cuir travaillé, du bétail, du blé, des châtaignes vers la Provence et le Languedoc et bien plus loin.
On sait par certains documents qu’aux alentours d’Aubrac on trouvait des chevaliers qui escortaient les étrangers. Les moines et les chevaliers étaient chargés de porter assistance aux voyageurs égarés pour les conduire vers l’asile sûr et bienfaisant de la dômerie d’Aubrac (fondée en 1120).
Sur le Puech del Rey on trouvait en contrebas de la protection du château, plus près du Lot, la vieille ville et l’église, sur la rive droite. Le Lot et le ruisseau du Barribès leur servaient de fossé et de protection tout en leur apportant l’eau indispensable.
L’église, bâtie bien avant l’an mil, fut donnée en 1082, selon une habitude du clergé, par l’évêque Pons d’Etienne à l’abbaye Saint-Victor de Marseille. Cette abbaye est très importante à cette période. Ella voit se succéder à sa tête des membres des plus grandes familles, dont beaucoup issus de la région proche – voir liste des abbés de Saint-Victor en annexe – on peut citer les familles de Millau ; d’Anduze ; de Nogaret ; de Sévérac ; de Canilhac ; de Sabran ; de Cardaillac ; de Cantobre ; de Roquelaure ; de Clapiers ; la famille Grimoard…
Le moulin de la ville, qui appartient au seigneur, est crénelé, couronné de meurtrières avec une porte donnant sur la rivière et un grand portail donnant sur la rue ; tout autour de ce portail se trouvaient de longues et étroites rainures pour les chaînes d’un pont-levis ; entre la porte et le portail s’écoulait le canal de fuite du moulin. Les anciennes photographies montrent le moulin fortifié. Ses étages supérieurs ont été détruits lors d’un incendie, aujourd’hui on n’y trouve plus d’éléments de l’époque médiévale..
Le moulin, par définition, transforme le blé en farine, c’est la base du pain, donc de l’alimentation du peuple. De ce fait c’est un lieu stratégique, il est normal que sa construction comporte des éléments défensifs.
Le passage du Lot alt=Le pont de Saint-Geniez-d'Olt.|vignette|Le pont de Saint-Geniez-d'Olt. La rivière Lot et sa vallée ont un rôle stratégique.