Le House Select Committee on Assassinations, ou HSCA (nom complet U.S. House of Representatives Select Committee on Assassinations), en français : Comité restreint de la Chambre des Représentants sur les assassinats, est une commission d'enquête créée par la Chambre des représentants des États-Unis (l'une des deux chambres du Congrès américain) en 1976 pour enquêter sur l'assassinat de John F. Kennedy et celui de Martin Luther King. Le HSCA enquêta jusqu'en 1978 et remit son rapport en 1979.

Pour ce qui concerne l'assassinat du président Kennedy, le HSCA confirma l’essentiel des conclusions techniques de la Commission Warren, mais conclut que le président avait vraisemblablement été tué des suites d'une conspiration au cours de laquelle quatre coups de feu avaient été tirés : trois par Oswald, qui tuèrent le président, et un quatrième tir venant de face au président qui avait manqué son but. On entend par conspiration un partenariat établi dans un but criminel.

Pour ce qui concerne l'assassinat du Martin Luther King, le HSCA conclut que l'assassin était James Earl Ray, mais qu'il y avait sans doute eu conspiration.

Création vignette|Une réunion de la chambre. Plusieurs faits conjoncturels et sociaux, internes et externes à la société américaine, expliquèrent la création du HSCA :

Au niveau des assassinats

Les travaux des chercheurs indépendants parus dès l'édition du rapport de la Commission Warren, tels ceux du journaliste américain Edward Jay Epstein ou français comme Léo Sauvage, de Thomas Buchanan, de Sylvan Fox, Mark Lane, Richard E. Sprague, ou d'Harold Feldman, Sylvia Meagher qui en partant des mêmes éléments arrivaient à des conclusions complètement différentes contribuèrent à la remise en cause de la version officielle. Des membres de la Commission Warren, eux-mêmes critiquaient les conclusions du rapport initial dont notamment Richard Russel et Hale Boggs (ce dernier ayant disparu dans un accident d'avion jamais élucidé en 1972). Ils critiquaient également la théorie de la balle magique et avaient demandé lors du la rédaction du rapport de la Commission Warren que leur désaccord soit inscrit, ce qu'ils n'obtinrent pas. Les assassinats conjugués de John Fitzerald Kennedy en 1963 (pour lequel il fut prouvé que les agences de renseignement n'avaient pas collaboré honnêtement à l'enquête menée par la Commission Warren à la suite des révélations de la Commission Church), des militants des droits pour l'égalité comme Malcolm X en 1965 et Martin Luther King ou Robert F. Kennedy en 1968 dans des circonstances également sujettes à une remise en cause de la version officielle contribuèrent à alimenter la défiance de la population vis à vis des enquêtes officielles menées par les autorités. Une demande de l'opinion publique de plus en plus pressante pour réexaminer les conclusions de la Commission Warren sur l'assassinat du président Kennedy se manifesta plus particulièrement après que le film d'Abraham Zapruder fut diffusé à la télévision américaine le , dans l'émission, Good Night America, montrant notamment l'étonnant mouvement en arrière du président après le tir à la tête alors que, selon l'enquête, Lee Harvey Oswald était dans son dos (le film ayant été conservé à l'abri des regards du grand public par le magazine Life propriété de la compagnie Time-life, dans un coffre-fort et qui n'avait pas publié en 1963 les clichés relatifs à l'impact de la balle mortelle. Il fut diffusé uniquement en 1969 au cours du procès intenté contre Clay Shaw, à la suite du travail du procureur Jim Garrison qui avait contraint Time Life par décision de justice à lui fournir l'original. Des copies pirates circulèrent par la suite renforçant les interrogations de la population). 87 % des américains doutaient en 1975 de la version officielle.

Au niveau institutionnel

La défaite militaire et la crise politique et morale issue de la guerre du Vietnam qui secouèrent le pays dans les années 1960 et 1970, et les révélations issues des Pentagon Papers en 1971 par le New York Times amenèrent l'opinion publique américaine à remettre en cause les institutions officielles du pays, son modèle de vie et la politique qui y étaient menés à l'intérieur comme à l'extérieur. Le scandale du Watergate en 1974, impliquant directement la présidence des États-Unis et plus spécifiquement le rôle joué par le président Richard Nixon lui-même qui sera contraint de démissionner en , soumis à une mesure d'impeachment du Congrès américain, contribua à aggraver le déficit de confiance de la population dans son gouvernement et la défiance vis à vis des institutions. Les conclusions de la commission d'enquête sénatoriale de 1975 à 1976, la Commission Church, du nom de son président, le sénateur Frank Church, à la suite des activités illégales des agences fédérales révélées par la presse durant le scandale du Watergate conduisirent à un examen approfondi critique de la part du Congrès des méthodes, objectif et résultats de ces dernières. Les investigations sénatoriales démontrèrent l'implication de la CIA dans les assassinats ou tentatives d'assassinat de chefs d'État étrangers tels que Patrice Lumumba, Fidel Castro à Cuba, Rafael Trujillo ou Ngo Dinh Diem et, scandale plus grave encore, des activités illégales sur le sol des États-Unis des agences du renseignement dont celles du FBI, de l'IRS, de la NSA et de la CIA. Il fut révélé que cette dernière avait notamment réalisé plusieurs activités d'espionnage et effectué le fichage de plus de américains comme notamment des opposants à la guerre du Vietnam. En effet, créée en 1947, la CIA avait en effet l'interdiction formelle d'agir dans les frontières du pays, rôle dévolu exclusivement au FBI. La Commission Church conduisit également une enquête sur l'assassinat de John F. Kennedy le , aboutissant à la conclusion que les agences fédérales le FBI et la CIA avaient manqué à leurs devoirs et responsabilités et que l'enquête menée sur l'assassinat avait été déficiente..

Tous ces faits réveillèrent et alertèrent l'opinion publique américaine sur les agissements de leurs propres institutions officielles et contribuèrent à une prise de conscience sur les dysfonctionnements du système démocratique américain dans son ensemble.

Création du comité du HSCA , un représentant démocrate du Congrès qui croyait à la conspiration et remettait en cause la version officielle du rapport Warren. dont la Commission avait été créée par le pouvoir exécutif, fut nommé président du HSCA et désigna , premier assistant du District Attorney (procureur de district) de Philadelphie, conseiller en chef.

Sprague assembla rapidement une équipe de 170 juristes et soumit, le , un budget de de dollars. Il y eut des résistances vu l'importance du budget présenté et Sprague commença à subir des attaques relatives à certaines affaires qu'il avait traitées.

Après plus d'un an d'immobilisme et de luttes intestines, Louis Stokes, un représentant de l'Ohio, devint le nouveau président du HSCA. Richard Sprague accepta de démissionner pour être remplacé par Robert Blakey le et le HSCA put commencer ses travaux.

Ses membres la composant furent :

(1925 - .). (1919 - 2001). Walter Edward Fauntroy (1933 - .). Yvonne Brathwaite Burke (1932 - .). Christopher Dodd (1944 - .). (1945 - .). Floyd James Fithian (1928 - 2003). (1943 - .). (1915 - 1997). Stewart B. McKinney (1931 - 1987). Charles Thone (1924 - .). (1920 - 2003). (1936 - .).

Différents panels d'experts, médicaux, photographiques, balistiques, acoustiques, etc., travaillèrent sur les éléments en la possession du HSCA tandis que des témoins, dont certains avaient déjà été entendus par la Commission Warren étaient auditionnés.

En définitive, le HSCA qui fut à la différence de la commission Warren, une commission d'enquête parlementaire, coûta de dollars et utilisa les services de .

Les limites et les apports du HSCA Le HSCA, malgré ses pouvoirs et son personnel, s'est également heurté à des obstructions volontaires — notamment dans la transmission des documents ou enquête de la part des agences de renseignement gouvernementales (dont la C.I.A. et le F.B.I.) — .

Toutefois, son travail d'enquête a été beaucoup plus libre par rapport à la Commission Warren de 1963, où les témoignages touchant la sphère des Services Secrets avaient été préparés par Allen Dulles (ex directeur tutélaire de la C.I.A. limogé en par John Fitzgerald Kennedy à la suite du fiasco du débarquement de la baie des cochons d').

Exemples des limites du travail du HSCA Certains éléments en possession des services secrets et notamment de la CIA ne furent pas transmis au comité : ce fut le cas des enregistrements vocaux et des photos réalisés par la CIA d'un individu se faisant passer pour Lee Harvey Oswald au consulat soviétique en à Mexico (ce que le F.B.I. de J. Edgar Hoover avait détecté et communiqué à la présidence lors de l'enquête sur l'assassinat en 1963). Ces enregistrements et photographies, pièces essentielles pour l'accusation, furent détruits par la centrale de renseignement en 1976 avant le démarrage du HSCA. Le HSCA fit un travail d'enquête approfondi sur le déplacement d'Oswald à Mexico (nommé le rapport Lopez) qui ne fut pas publié avant 1992 (voir plus bas) comme en parallèle les travaux sur les photographies et radios de l'autopsie. qui ne furent pas montrées au public.

La CIA n'a pas communiqué non plus le dossier sur Oswald, gardant ce dernier secret pendant plus de 15 ans de 1963 à 1978, et n'en communiquant qu'une version quasiment vide au comité -alors qu'il aurait du contenir plus d'une trentaine de documents.. De même, le HSCA ne put obtenir les notes des services secrets de la Marine (l'Office of National Intelligence ou O.N.I.) dont avait fait partie Oswald et contenues dans son dossier. Ces dernières n'avaient pas été transmises en 1963 par l'ONI à la Commission Warren. Le HSCA ne put que constater leur destruction effectuée en 1973 « par routine ».

Lors de ses travaux, le HSCA fut informé de l'existence du film de Charles L. Bronson qui avait filmé le Texas Book Depositary quelques instants avant les tirs. Il avait été confisqué et gardé secret par le FBI depuis 1963 durant plus de 15 ans sous la raison invoquée qu'il ne montrait pas les étages du Texas Book Depositary. Rendu public et obtenu par le journal le Dallas Morning News, ce film démontrait la présence claire de deux personnes au étage du dépôt de livres. Le HSCA demanda un complément d'enquête au bureau fédéral d'enquête dont les résultats restent toujours inconnus à ce jour.

Le HSCA s'est également intéressé à une note manuscrite envoyée au chercheur indépendant . Envoyé en 1975 depuis Mexico, la note écrite par Oswald indiquait le :"Cher M Hunt je souhaiterais avoir des informations concernant ma position. Je ne demande que des informations. Je propose que nous en discutions avant qu'aucune étape ne soit franchie par moi ou par quiconque. Merci. Lee Harvey Oswald". Les conclusions au sujet de cette note examinée par la chambre des représentants sont restées inconnues. Le Mr Hunt fut un temps considéré comme H.L Hunt, milliardaire texan, farouche adversaire de Kennedy (son fils paya les célèbres avis de recherches pour trahison distribués le jour de l'attentat) et soutien de Johnson mais l'espion Howard Hunt. Ce dernier était également avec l'agent David Philipps Atlee impliqué dans la lutte anti-castriste pour la CIA et avait participé à l'organisation du débarquement de la baie des cochons opération qui se solda par un échec massif renforçant le régime de Fidel Castro. Il fut ultérieurement impliqué dans le scandale du Watergate est désormais considéré comme l'intéressé puisqu'il dirigea la station CIA de Mexico pendant près de 15 ans.