LOuganda, en forme longue la république d'Ouganda ou la république de l'Ouganda. (en anglais : et , en swahili : et ), est un pays d'Afrique de l'Est. Appartenant à l'Afrique des Grands Lacs, il est entouré par la république démocratique du Congo à l'ouest, le Kenya à l'est, le Rwanda au sud-ouest, le Soudan du Sud au nord et la Tanzanie au sud. Le Sud du pays englobe une vaste partie du lac Victoria. L'Ouganda tire son nom du royaume de Buganda, qui couvrait autrefois les régions les plus au sud. Sa capitale et plus grande ville est Kampala.

Le territoire devient un protectorat britannique en 1894 et obtient son indépendance en sous le premier ministre Milton Obote, qui accède à la présidence en 1966 en transformant le régime parlementaire en régime présidentiel. En 1967, le pays devient une république et abolit les monarchies précoloniales. La plupart des monarchies sont rétablies dans les années 1990 en tant que monarchies constitutionnelles. En 1971, Obote est renversé et remplacé par Idi Amin Dada lors d'un coup d'État. Amin impose une dictature brutale jusqu'à son renversement en 1979 par la guerre ougando-tanzanienne. La guerre de brousse ougandaise éclate en 1981 contre le gouvernement restauré d'Obote. En 1986, le Mouvement de résistance nationale gagne la guerre et Yoweri Museveni accède à la présidence, date depuis laquelle il règne grâce à un sixième mandat obtenu par des amendements constitutionnels.

L'Ouganda est membre de l'Organisation de la coopération islamiqueL’islam est la deuxième religion la plus importante du pays, avec environ 14% de la population. La religion majoritaire est le christianisme (~ 80 % de la population se déclare chrétienne). Parmi les chrétiens, les deux plus grandes confessions sont le catholicisme (~ 40%) et l’anglicanisme (~ 30%).

Géographie

thumb|Carte de l'Ouganda Le pays est situé sur le plateau Est-africain, pour la plus grande partie entre les nord et sud et entre les et est. Son altitude moyenne est de , en descente abrupte vers la plaine soudanaise au nord. Le centre s’articule autour du lac Kyoga, entouré de zones marécageuses.

La quasi-totalité du territoire ougandais se trouve dans le bassin du Nil. Le Nil sort du lac Victoria pour rejoindre le lac Kyoga puis le lac Albert, sur la frontière avec la république démocratique du Congo. Une petite région située tout à l’est est drainée par le fleuve Turkwel, qui fait partie du bassin drainant du lac Turkana.

Le lac Kyoga fait grossièrement office de frontière linguistique entre les langues bantoues au sud et les nilotiques au nord. Cette frontière, orientée du nord-ouest au sud-est, ne reflète que partiellement la division politique entre le nord et le sud.

La superficie de l'Ouganda est de , soit environ la taille du Royaume-Uni.

Topographie et hydrologie

Le territoire de l'Ouganda recèle plusieurs sites de minerais inexploités, notamment de cuivre et de cobalt.

Climat Largement équatorial, le climat subit toutefois de larges variations selon l’altitude.

Le sud du pays est plus humide et frais, avec des précipitations réparties sur toute l’année et une température moyenne de . À Entebbe, sur la rive nord du lac Victoria, la plus grande partie des précipitations tombe entre mars et juin, puis entre novembre et décembre. La région de Rwenzori, une chaîne montagneuse aux sommets enneigés, connaît d’abondantes précipitations toute l’année.

Plus au nord, avec une température moyenne de , la saison sèche se fait graduellement plus chaude et plus marquée : à Gulu, à au sud de la frontière sud-soudanaise, les mois de novembre à février sont beaucoup plus secs que le reste de l’année. La région de Karamoja, au nord-est, connaît le climat le plus sec et peut subir des sécheresses certaines années.

Environnement et conservation L’Ouganda compte protégées, dont nationaux : la forêt impénétrable de Bwindi et le parc national Rwenzori Mountains (tous deux inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO), le parc national de Kibale, le parc national Kidepo Valley, le parc national du lac Mburo, le parc national des gorilles de Mgahinga, le parc national du Mont Elgon, le parc national Murchison Falls, le parc national Queen Elizabeth et le parc national de Semuliki.

Transport

Les boda-boda sont un modèle de motocyclette particulièrement allongé et disposant d'une place arrière passager pouvant normalement accueillir une personne supplémentaire, mais qui peut parfois être occupée par cinq personnes à la fois. Les chauffeurs attendent leurs clients à l'ombre des arbres. Les boda-boda sont un des moyens de transport les plus réputés en Ouganda. notamment grâce au faible coût du déplacement et à la promotion de ce transport par des applications telles que SafeBoda permettant la réservation immédiate d'un chauffeur de boda-boda pour un trajet.. Bien sûr, l'engorgement des rues kampalaises et l'imprudence des chauffeurs rendent le boda-boda dangereux. Un hôpital ougandais a déclaré que sur soixante patients admis 80 % avaient été victimes d'accidents de boda-boda. Les statistiques montrent que ont été blessés en 2012 contre en 2008. Selon les estimations du Daily Monitor, environ circulent dans les rues de Kampala (chiffres de 2016)..

Histoire

Période pré-coloniale Les peuples formant l’Ouganda actuel étaient des chasseurs-cueilleurs jusqu’à 700 à 300 Des populations de langue et culture bantoue, probablement originaire d’Afrique centrale, migrèrent vers le sud du pays, apportant le travail du fer et de nouvelles organisations sociales et politiques. Aux et , l’Empire du Kitara couvrait la plus grande partie de l’Afrique des Grands Lacs, entre le lac Albert, le lac Tanganyika, le lac Victoria et le lac Kyoga. Son gouvernement était basé dans ce qui devint le royaume Ankole, aux mains de la dynastie Bachwezi, succédant elle-même à la dynastie semi-légendaire des Batembuzi.

Au nord et à l’est du pays, des peuples nilotiques pratiquant l’élevage et l’agriculture, dont les Luo et les , colonisèrent la région au début du , ce qui aurait causé la chute de l’Empire Chwezi. Les jumeaux Rukidi Mpuuga et Kato Kintu auraient été les premiers rois Bunyoro et Buganda après la fin de l’Empire Chwezi et auraient fondé les dynasties Babitto et Bambejja. Certains Luos s’installèrent dans les territoires Bunyoro et s’y assimilèrent, fondant la dynastie babiito de l’actuel Omukama des Bunyoro-Kitara.

Les migrations des Luos durèrent jusqu’au , vers l’est de l’Ouganda comme sur les rives orientales du lac Victoria, sur les territoires des actuels Kenya et Tanzanie. Les Ateker (Karimojong et Iteso) s’établirent au nord-est et à l’est du pays et certains fusionnèrent avec les Luos au nord du lac Kyoga.

À partir des années 1830, des commerçants arabes arrivèrent à l’intérieur des terres à partir des côtes d’Afrique de l'Est. Ils furent suivis trente ans plus tard par des explorateurs britanniques à la recherche des sources du Nil. Des missionnaires protestants puis catholiques arrivèrent respectivement en 1877 et 1879.

Période coloniale thumb|Blason du Protectorat de l'Ouganda. Le Royaume-Uni plaça la région sous l’autorité de la Compagnie britannique impériale d'Afrique de l'Est en 1888 et l’administra comme un protectorat à partir de 1894, date à laquelle la compagnie fait faillite.

Au cours des années 1890, originaires des Indes britanniques furent embauchés pour travailler à la construction de chemins de fer. Après la fin des travaux, d’entre eux décidèrent de rester en Afrique de l’Est. Il se forme donc une importante communauté indienne, dotée de privilèges commerciaux.

Après intégration de plusieurs autres chefferies et territoires, le protectorat nommé Ouganda prit sa forme définitive en 1914.

La période coloniale est structurée par la dichotomie royaume du Bouganda-autres États. Celle-ci va freiner le développement d'un nationalisme ougandais, les premières formations étant effectivement créées sur base ethnique, à l'instar de la Young Baganda Association (1919).

Indépendance Le , à l'indépendance de l'Ouganda, se pose de manière aiguë le problème des structures politiques. La solution retenue, exprimée dans la première Constitution, est de type fédéral - elle associe les quatre anciens royaumes - mais le Buganda maintient sa prépondérance jusque dans le nom du nouvel État, l'Ouganda, pays des Bagandas. Le Kabaka Mutesa II en devient le président à vie. Milton Obote, fondateur en 1960 du Congrès du peuple ougandais (UPC), devient Premier ministre. L'UPC, à l'image de son dirigeant, est le parti des populations nilotiques du Nord, opposées à la domination économique et politique du Bouganda et, donc, favorable à la centralisation. Dès lors, les tensions entre le Nord nilotique et le Sud bantou s'exacerbent.

En mai 1966 : Milton Obote, afin d'imposer la centralisation, envoie l'armée au Bouganda et dépose le roi Kabaka Mutesa II avec l'appui de son chef d'état-major, Idi Amin Dada. Ce dernier appartient à une ethnie musulmane minoritaire du nord-ouest. Obote fait promulguer, l'année suivante, une nouvelle constitution abolissant les royaumes, et instituant un régime présidentiel à parti unique. Il est donc président, et sa femme Miria Obote première dame. vignette|220x220px|Idi Amin Dada, président de l'Ouganda ( 1971-1979). La résistance des Baganda, que la politique de nationalisation du commerce entreprise par Obote menace directement dans leurs intérêts, la dégradation économique et les accusations de corruption se conjuguent pour déstabiliser Obote.

Règne de Amin Dada Le , Idi Amin Dada prend le pouvoir par un coup d'État. Au départ soutenu par les pays occidentaux qui craignaient une orientation trop socialiste du régime précédent, Amin Dada va être lâché par ces derniers au fur et à mesure que son régime devient tyrannique et sanguinaire. En huit ans de pouvoir, le régime va être accusé de la mort ou de la disparition de près de . Privé de l'aide occidentale, après l'expulsion du pays des (qui détenaient le commerce et beaucoup d'entreprises) et l'oppression de l'intelligentsia, l'économie s'effondre. En 1978, avec la chute du cours du café, principale exportation du pays, l'Ouganda frôle le défaut de paiement et le gouvernement ougandais est aidé financièrement par les États arabes amis d'Idi Amin Dada. La même année, après des mutineries de l'armée, Idi Amin Dada, aux abois, déclenche la Guerre ougando-tanzanienne. La Tanzanie contre-attaque et, avec l'aide du mouvement de résistance ougandais, le renverse en avril 1979. L'ex-dictateur s'exile alors en Libye puis en Arabie saoudite où il meurt en 2003.

Règne de Museveni