Le (CIRC), en anglais (IARC), est une agence intergouvernementale de recherche sur le cancer, créée en par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) des Nations unies.

Depuis , le centre fait partie du cancéropôle Lyon Auvergne-Rhône-Alpes (CLARA). En , les États membres du CIRC sont au nombre de 29.

Le siège de l'organisation est situé 25, avenue Tony-Garnier, dans le de Lyon.

Histoire Contexte de création

La création du CIRC est décidée en par Charles de Gaulle, alors président de la République française, à l'instigation d'un groupe d'intellectuels français animé par Emmanuel d'Astier de La Vigerie. Celui-ci, comme il le raconte dans une tribune libre parue dans Le Monde du Reproduite dans ., a été alerté par le journaliste niçois Yves Poggioli, qui a vu mourir sa femme d'un cancer et milite pour la création d’un centre international de lutte contre le cancer dont le financement serait assuré par des fonds prélevés sur les dépenses militaires des États. Il rallie à cette cause une douzaine de personnalités (Pierre Auger, Francis Perrin, Jean Hyppolite, François Perroux, Pierre Massé, Louis Armand, François Bloch-Lainé, François Mauriac, Antoine Lacassagne, Jean Rostand, le père Ambroise-Marie Carré et Le Corbusier) qui co-signent une lettre ouverte au Président de la République publiée dans Le Monde du :

De Gaulle leur répond par la lettre suivante :

Création vignette|Panneau et tour du CIRC (ancien siège de la tour Guillot-Bourdeix dans le de Lyon)

Le CIRC est créé le , par la résolution WHA18.44 de la Assemblée mondiale de la santé (l'organe de décision de l'OMS, qui se réunit annuellement). Son statut entre en vigueur le Statut et règlement, Centre international de recherche sur le cancer, , ., comme une extension de l'Organisation Mondiale de la Santé.

Le choix de Lyon est fait en par la résolution GC/1/R4 du Conseil de direction de l'organisationRecueil des résolutions du Conseil de direction du Centre international de recherche sur le cancer, Centre international de recherche sur le cancer, (), , « Lieu du siège du Centre », 241.. Le bâtiment du siège du Centre lui est fourni par l'État français et la ville de Lyon.

L'implantation de l'organisation sur le territoire français fait l'objet d'un accord de siège signé à Paris le , approuvé par le Parlement français par une loi du Loi du autorisant l'approbation de l'accord de siège, signé à Paris le , entre le Gouvernement de la République française et l'Organisation mondiale de la santé relatif aux privilèges et immunités du centre international de recherche sur le cancer, JORF, , , , sur Légifrance., entré en vigueur le , publié par un décret du Décret du portant publication de l'accord de siège, signé à Paris le , entre le Gouvernement de la République française et l'Organisation mondiale de la santé relatif aux privilèges et immunités du centre international de recherche sur le cancer, JORF, , , , sur Légifrance.Décret du portant publication de l'accord de siège, signé à Paris le , entre le Gouvernement de la République française et l'Organisation mondiale de la santé relatif aux privilèges et immunités du centre international de recherche sur le cancer, Recueil des traités et accords de la France, 1970, , sur la Base des Traités du ministère français des Affaires étrangères., et enregistré auprès du Secrétariat des Nations unies le Accord de siège relatif aux privilèges et immunités du Centre international de recherche sur le cancer, Recueil des traités, New York, Secrétariat des Nations unies, , 743, : « Traités et accords internationaux enregistrés du au , », , ..

L'organisation s'installe en dans la tour Guillot-Bourdeix, dans le de Lyon.

Mission d'origine Dès son origine, le CIRC a focalisé ses activités sur l'épidémiologie des cancers. Lors de la réunion fondatrice du conseil scientifique tenue du au à Lyon, le principe suivant est défini :

Nouvelle implantation vignette|Vue du Nouveau Centre du CIRC à Lyon (France) En , la Métropole de Lyon présente la nouvelle implantation du CIRC à Gerland prévue pour , dans un nouveau bâtiment, plus grand, avec plus d'équipement notamment pour la biobanque du CIRC et plus proche du canceropôle de Lyon.. Une convention entre les deux acteurs a été signée pour financer ce projet d'environ d'euros, budget à la charge de la métropole à hauteur de d'euros, de l'État français à hauteur de d'euros, de la région Auvergne-Rhône-Alpes à hauteur de d'euros et du CIRC à hauteur de d'euros.. Le nouveau bâtiment est inauguré en , pour un coût final de d'euros..

Rôle Le rôle du CIRC est de diriger et de coordonner la recherche sur les causes du cancer (il n'est en principe pas impliqué dans la recherche sur des traitements contre le cancer). Il effectue également des études épidémiologiques sur l'incidence du cancer à travers le monde CANCERMondial, sur le site du CIRC.. Il publie une série de monographies sur les risques cancérogènes pour l'homme constitués par divers agents, mélanges et expositions , sur le site du CIRC..

Le Centre international de recherche sur le cancer n'intervient pas directement dans la mise en œuvre de mesures de lutte contre le cancer ni dans la conduite de recherches sur les traitements ou sur les soins à prodiguer aux patients. Le CIRC concentre ses activités sur l'élucidation du rôle des facteurs de risque liés au mode de vie et sur l'étude de leur interaction avec le fond génétique dans des études menées dans la population d'une part, et dans des modèles expérimentaux d'autre part. Comme l'explique le CIRC, ..

Plus de de différentes travaillent en permanence au siège du CIRC, à Lyon.. Une partie importante de la mission du Centre est l'éducation et la formation des chercheurs sur le cancer dans le monde entier.

Le CIRC joue un rôle important dans la description du fardeau du cancer dans le monde, par le suivi des variations géographiques et des tendances chronologiques de la maladie. La série des Cancer Incidence in Five Continents et le projet GLOBOCAN figurent parmi les publications clés du Centre. Le Centre s'efforce de mettre ses conclusions à la disposition du plus large public possible.

Programme des monographies

Le "Programme des Monographies du CIRC sur les dangers cancérogènes chez l'humain" est un élément central des activités du CIRC, qui réunit des groupes d'experts pour évaluer les indications de la cancérogénicité d'expositions particulières. Le premier volume de monographies est publié en 1972. Les groupes de travail interdisciplinaires, composés d’experts scientifiques internationaux, examinent les études disponibles dans la littérature scientifiques et évaluent les preuves de cancérogénicité présentée par un agent. Les Monographies du CIRC identifient les facteurs environnementaux susceptibles d’accroître le risque de cancer chez les humains (produits chimiques, mélanges complexes, expositions professionnelles, agents physiques et biologiques, et facteurs comportementaux). Les organismes de santé publique ainsi que d'autres groupes d'acteurs comme des syndicats, des associations, des cours de justice, peuvent ensuite utiliser ces informations comme support scientifique dans leurs actions visant à prévenir ou à sanctionner l’exposition à ces cancérogènes potentiels. Toutefois, le CIRC n'est pas une agence réglementaire, et les classifications du programme des monographies n'ont pas le pouvoir de déclencher mécaniquement de politiques publiques. Le programme agit en aval de la mise sur le marché des produits, lorsque ces derniers ont déjà fait l'objet de productions, d'usages ou de commercialisation.

Depuis les années 1970, alors que le nombre de composés chimiques sur les marchés mondiaux n'a cessé d'augmenter pour dépasser les 350 000 substances en 2020, le CIRC ajoute de moins en moins de nouveaux agents à sa liste. De près de 400 nouveaux ajouts entre 1972 et 1979, la capacité d'évaluation de l'institution est passée à moins d'une centaine dans les années 2010. Parallèlement, le poids des réévaluations de dossiers déjà évalués comme l'amiante ou le benzène n'a, pour sa part, cessé d'augmenter et surpasse en nombre celui des nouveaux ajouts depuis les années 1980. En outre, près de la moitié des évaluations ont abouti à des classifications des agents comme "inclassables" (Catégorie 3, cf. la liste des catégories ci dessous) qui ont peu de chance d'inciter à des politiques publiques de contrôle de la part d'instances de régulation nationales comme l'Anses ou européennes comme l'ECHA. Ces tendances à l'invisibilisation de la cancérogénicité des composés chimiques s'explique par plusieurs facteurs. Ces derniers vont du manque de données sur ces produits à un allongement des procédures d'expertise et plus globalement un manque de ressources institutionnelles, mais aussi une tendance des groupes d'experts mandatés à privilégier en certaines circonstances le risque d'un faux négatif (l'agent n'est pas classé alors qu'il aurait pu l'être) à celui d'un faux positif (l'agent est classé alors qu'il n'aurait pas dû l'être). Le poids des industriels, et notamment leur rôle dans la fabrique du doute sur la question des cancérogènes, constitue aussi une explication, le programme des monographies ayant entretenu des rapports variables avec les acteurs économiques au cours de son histoire.

Les principes, procédures et critères scientifiques qui guident l’évaluation sont décrits dans le Préambule aux Monographies du CIRC.

Au terme de l'évaluation, les agents, mélanges et expositions évaluées sont classés en cinq catégories.. :

Catégorie 1 : - L'agent (le mélange) est cancérogène pour l'homme. Cette catégorie n'est utilisée que lorsqu'on dispose d'indications suffisantes de cancérogénicité pour l'homme. Groupe 2 - Cette catégorie comprend les agents, mélanges et circonstances d'exposition pour lesquels on a obtenu des indications de cancérogénicité pour l'homme presque suffisantes.Le groupe 2 comporte deux sous-groupes : Catégorie 2A : Lesdits agents, mélanges et circonstances d'exposition sont probablement cancérogènes pour l'homme. On fait appel à cette catégorie lorsque l'on dispose d'indications limitées de cancérogénicité chez l'homme et d'indications suffisantes de cancérogénicité chez l'animal de laboratoire. Dans certains cas, un agent (mélange) peut être classé dans cette catégorie lorsque l'on dispose d'indications insuffisantes de cancérogénicité pour l'homme et d'indications suffisantes de cancérogénicité pour l'animal de laboratoire et de fortes présomptions que la cancérogenèse s'effectue par un mécanisme qui fonctionne également chez l'homme. Exceptionnellement, un agent, un mélange ou une circonstance d'exposition peut être classé dans cette catégorie si l'on ne dispose que d'indications limitées de cancérogénicité pour l'homme. Catégorie 2B : Lesdits agents, mélanges et circonstances d'exposition sont peut-être cancérogène pour l'homme. Cette catégorie concerne les agents, mélanges et circonstances d'exposition pour lesquels on dispose d'indications limitées de cancérogénicité chez l'homme, et d'indications insuffisantes de cancérogénicité chez l'animal de laboratoire. On peut également y faire appel lorsque l'on dispose d'indications insuffisantes de cancérogénicité pour l'homme, mais que l'on dispose d'indications suffisantes de cancérogénicité pour l'animal de laboratoire. Dans certains cas, peuvent être classés dans ce groupe un agent, un mélange ou des circonstances d'exposition pour lesquels on a des indications insuffisantes d'une action cancérogène chez l'homme, mais pour lesquels on dispose d'indications limitées de cancérogénicité chez l'animal de laboratoire, corroborées par d'autres données pertinentes.