Le boulevard Malesherbes est une voie des et arrondissements de Paris.

Situation et accès Il commence place de la Madeleine, se dirige vers le nord-ouest dans le jusqu'au boulevard de Courcelles et se poursuit au-delà dans le pour finir porte d'Asnières à l'intersection avec le boulevard Berthier.

Origine du nom vignette|gauche|redresse|Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes. Cette voie porte le nom de Chrétien-Guillaume de Lamoignon de Malesherbes, Marquis de Chef-Boutonne et de Malesherbes, seigneur de Javarzay, directeur de la Librairie sous Louis XV et Louis XVI et avocat de ce dernier lors de son procès.

Historique La création d’une voie allant de la place de la Madeleine à la barrière de Monceau fut décidée par un décret impérial du .

La première partie réalisée entre la place de la Madeleine et la rue d'Anjou prit la dénomination de la voie actuelle en 1824. Le projet fut complété en 1840, sur une largeur réduite, par l'ouverture de la rue Malesherbes, actuelle rue du Général-Foy, de la rue de la Bienfaisance à la rue de Monceau dans le cadre du lotissement du quartier de l'Europe. Cette rue fut prolongée en 1848 au sud de la rue de la Bienfaisance jusqu'à la rue de Laborde. Ce court tronçon qui longe l'église Saint-Augustin est l'actuelle avenue César Caire.

La poursuite du projet entre la rue d'Anjou et la rue de Laborde fut différé après l'ouverture de ces premiers tronçons. Le prolongement du boulevard au nord de la rue d'Anjou s’inscrivit dans la politique de grands travaux à Paris menée par le baron Haussmann sous le Second Empire de 1853 à 1870. La partie située entre la rue d'Anjou et la rue de Monceau fut ouverte en 1854 sur un tracé dévié à l'ouest du projet initial au nord de la place Saint-Augustin. Cette modification était liée au lotissement du pourtour du parc Monceau et de la plaine Monceau, le boulevard passant par la place Malesherbes créée à la même époque dans le cadre de cette opération d'urbanisme et non en ligne droite de la place de la Madeleine à la barrière de Monceau (actuelle place Prosper Goubaux) comme prévu à l'origine. La partie entre le boulevard de Courcelles et le boulevard Berthier fut ouverte en 1860, celle entre la rue de Monceau et le boulevard de Courcelles en 1861 par accord entre avec Émile Pereire et la ville de Paris.

L'intervention d'Émile Pereire, important propriétaire foncier et spéculateur immobilier, dans cette opération d'urbanisme est rappelée par Haussmann dans ses mémoires.

Le boulevard Malesherbes fut inauguré par Napoléon III le .

En , à l'occasion de leur visite en France, le tsar russe Nicolas II et son épouse Alexandra se rendent à l'église de la rue Daru. Situé sur le trajet, le boulevard Malesherbes est décrit comme , pour tenter d'apercevoir le couple impérial, page 2..

Dans les années 1950, le boulevard Malesherbes a été profondément transformé par l'élargissement de sa chaussée automobile, passée de 14 à de large, au détriment des trottoirsFrédéric Héran, Le Retour de la bicyclette. Une histoire des déplacements urbains en Europe, de 1817 à 2050, Paris, La Découverte, 2015, , .

À partir de 2023, le boulevard est modifié en profondeur : des infrastructures vélo sont installés et un grand parvis remplace le petit parking devant l'église Saint-Augustin.

Le , Paul Varry, alors à vélo sur la piste cyclable, meurt écrasé par un automobiliste.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire vignette|gauche|redresse|Plaque commémorative en mémoire du FFI Marcel Faisy« Marcel Eugène Faisy », maitron-fusilles-40-44.univ-paris1.fr. au 30 du boulevard. Sur ce boulevard, le peintre, affichiste Paul Colin avait monté et dirigeait une école de dessin qui fonctionna de 1929 à 1970. : en 1884, le violoniste et compositeur espagnol Pablo de Sarasate (1844-1908) loua un vaste appartement dans cet immeuble et le fit décorer par son ami le peintre Whistler. : emplacement de l'ancienne église de la Madeleine, détruite en 1801. : Marcel Proust et sa famille y vécurent du à 1900, dans un appartement de sept pièces du bâtiment en fond de cour dont les fenêtres donnaient sur la rue de Surène. Fernand Gregh évoque : : Julie Peynaud (1834-1884) fut logée là par son amant et futur époux Louis Désiré Mahieu (1800-1884), promoteur immobilier qui a ouvert le boulevard Malesherbes, avant de devenir en 1881 princesse Romolo Ruspoli. Carlotta Invernizzi (dite Lotta Invernizzi) y demeurait en 1910. vignette|32. : appartement de l'artiste Sonia Delaunay ; elle y ouvre en 1924 la maison Sonia, Cécile Godefroy, « Images simultanées : les photographies de mode de Germaine Krull commandées par Sonia Delaunay », Histoire de l'art n°48, 2001, pp. 99-113.. : ici mourut le , dans son appartement Éléonore Denuelle de La Plaigne, maîtresse de Napoléon Bonaparte avec lequel elle eut un fils : Charles Léon.

Arthur Hugenschmidt (1862-1929), chirurgien-dentiste, fils naturel de Napoléon III, y avait son cabinet et y mourut en 1929. boutique Betjeman and Barton, marchands de thé à Paris depuis 1919. vignette| : l'hôtel Cail (actuellement mairie du ). : en 1925, Edgar Brandt y installe une galerie de ferronnerie d'artKlaus Friedrich, Edgar Brandt, Kunstschmied der Art Déco, Galerie Claude, 2002.. : immeuble de Paul Sédille, construit pour lui-même en 1877. Dans la cour, l’architecte a fait remonter un montant de la porte en céramique, réalisée par Jules Paul Loebnitz, pour le pavillon des beaux-arts de l’exposition universelle de 1878.. Le bâtiment est classé monument historique, en 1993.. : ici était le domicile de Balthazar Bance (1804-1862), graveur et éditeur d'art et d'architecture et de son épouse, née Louise Charlotte Tullié Joyant (1809-1887) qui y mourut. Leur fils, le peintre Albert Bance (1848-1899) y vécut dans sa jeunesseHervé Bernard, Albi, patrie de Rieunier, un homme illustre de la marine française, éd. de l'auteur, juillet 2013.. , au croisement avec le 66 rue des Mathurins : immeuble construit vers 1860, remarquable notamment par ses jardins d’hiver à structure métalliqueProtections patrimoniales, arrondissement, Ville de Paris, Règlement du PLU, tome 2, annexe VI, .. : à cette adresse mourut James Combier (1842-1917), premier maire élu de Saumur (49). Très anticlérical, il avait interdit les processions religieuses. : Raphaël Duflos, sociétaire de la Comédie-Française, y habitait en 1910. : dernier domicile et lieu du décès de Frédéric Bourgin (1824-1893), ancien manufacturier, maire de Courbevoie de février à . : Paul Déroulède (1846-1914), homme de lettres et militant nationaliste y habitait en 1910. C'est le lieu du siège de Résistons depuis 2019. : immeuble construit par Paul Sédille, en 1864. Les atlantes sont d’Henri Chapu. : hôtel Cail, ayant appartenu à Hébert, sa fille, en 1910. Aujourd'hui mairie du . : emplacement de l'hôtel de de Lassus (en 1910). : Robert Mallet-Stevens y est né le . Galerie de tableaux Van Ryck (1925-1962) (Jean Van der Vinck). : quartier général de Marine Le Pen pour l’élection présidentielle française de 2012« […] Marine Le Pen est installée rive droite, dans loués . […] », avec une carte indiquant le « 64, boulevard Malesherbes » comme adresse du QG. « Des lieux stratégiques pour la présidentielle : un QG pour partir au combat », quotidien gratuit Direct Matin, 1028, jeudi 9 février 2012, .. : l'acteur Ernest Coquelin, dit Coquelin cadet (1848-1909), y demeurait en 1908. Selon d'autres sources, il résidait à cette date , rue Arsène-Houssaye.. : le collectionneur Charles Hayem (1839-1902) a habité avec sa femme Amélie Franck au deuxième étage de l'immeuble de 1882 à sa mort, y exposant notamment sa collection d'œuvres de Gustave Moreau. Le compositeur autrichien Rodolphe Berger (1864-1916) a également été domicilié à cette adresseJacques Hillairet : Dictionnaire Historique des rues de Paris, Éditions de Minuit, Paris, 1963, , .. Ayant négligé de se faire naturaliser, il est contraint de s'exiler en 1914 au moment de la mobilisation pour la Grande Guerre et se suicidera deux ans plus tard à Barcelone. Le compositeur Jacques Thiérac (1896-1972) a habité cet immeuble de 1936 à sa mort en 1972 (plaque commémorative). vignette|Plaque au 86. : une plaque rend hommage à l'aviateur Jean Dagnaux, mort au combat en 1940. : le sculpteur Albin de Possesse (1888-1948) y naît au domicile de ses parents. : emplacement de l'ancien hôtel du marquis de La Valette, fils adoptif du ministre de Napoléon III, Charles de La Valette et mari de Léonie Rouher, fille de l'homme politique Eugène Rouher.

(angle de la rue de la Terrasse) : emplacement où s'élevait l'hôtel particulier construit en 1876 par l'architecte Jules Février pour la courtisane Valtesse de La Bigne. Cet hôtel servit de modèle à Émile Zola pour celui de son roman Nana. immeuble construit en 1904 par les architectes Le Nevé et D'Hont, à l'emplacement de l'ancien hôtel Valtesse de La Bigne (voir bâtiments détruits, ci-dessous). Alphonse Kahn y a vécu. Henri Goublier, compositeur, a habité dans cet immeuble de 1931 à 1951 (plaque commémorative). vignette|108. : hôtel particulier construit en 1875 par Jules Février (1842-1937), signé et daté sur la façade « J. FEVRIER ARCHTE / 1875 ». Il fut bâti pour le peintre Eugène Baugnies (1841-1891) qui avait épousé en 1871Pyra Wise, Sur une note de régie elliptique de Proust : les Saint-Marceaux et les nymphéas de Monet, Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM), (en ligne). Marguerite Jourdain, surnommée Meg, mieux connue comme Marguerite de Saint-Marceaux (1850-1930), du nom de son second époux. Madame Baugnies, excellente pianiste et cantatrice lyrique amateure y tenait un salon musical. Veuve en 1891 avec trois fils de sa première union, elle se remaria en 1892 avec le sculpteur René de Saint-Marceaux (1845-1915) qui demeurait au 23, avenue de Villiers dans un hôtel particulier dont le jardin communiquait avec le sien. René de Saint-Marceaux s'installa alors chez son épouse, tout en conservant son atelier de l'avenue de VilliersMarguerite de Saint-Marceaux (sous la direction de Myriam Chimènes), Journal : 1894-1927, Fayard, 2007.. : Alfred Dreyfus (1859-1935), y habitait en 1909. : hôtel particulier. : immeuble de , avec mascaron et frise. : ancien siège du Centre de documentation du costume de l'Union française des arts du costume.. : hôtel particulier de style Renaissance, construit en 1909 par A. Fiquet architecte, immeuble venant en retour sur le de la place du Général-Catroux, les sculptures sont d'Antoine Margotin. : le Centre Malesherbes a abrité les locaux de HEC de 1881 à 1999 (avec une autre entrée 47-49 rue de Tocqueville), et accueille actuellement les étudiants du premier cycle de la faculté de lettres de Sorbonne Université, à l’angle de la place du Général-Catroux. : le , un gros incendie ravage l'immeuble dont l'atelier de l'artiste Francesco GiambaldiL'Intransigeant, Paris, 10 mars 1905, — sur Gallica.. bis : École normale de musique de Paris, un conservatoire prestigieux qui a été fondé en 1919 par Alfred Cortot et Auguste Mangeot. : ancien hôtel particulier avec façade en brique avec chaînage en pierre de tailleAlphonse Louis Pierre Trimolet, Maison de Detaille, 129 boulevard Malesherbes, mars 1882, dessin, Paris, Musée Carnavalet construit en 1874 par l'architecte Émile Boeswillwald (1815-1896) pour le peintre de batailles et de portraits Édouard Detaille (1848-1912) qui y peignit le Rêve en 1889 comme bien d'autres tableaux de peinture militaire. L'intérieur de l'hôtel fut en grande partie restructuré du temps de DétailleCadastre 129 boulevard Malesherbes (en ligne sur le site bercail.com qui y mourut en 1912. Il fut le grand ami de ses voisins, les peintres Ernest Meissonier et Alphonse de Neuville, l'écrivain Paul Déroulède et la courtisane Valtesse de La Bigne dont il fut l'amant.