thumb|290px|La première édition du tournoi, en 1877. Le tournoi de Wimbledon ou , souvent abrégé par métonymie en Wimbledon, est un tournoi de tennis se déroulant annuellement dans le quartier éponyme du borough londonien de Merton dans la banlieue sud-ouest de Londres. Joué depuis le , il est le plus ancien tournoi de tennis au monde.. Il est depuis ses débuts organisé par l, un club sportif anglais. D'abord uniquement ouvert aux hommes, il s'ouvre aux femmes en 1884. À partir de 1968 et comme tous les autres tournois, il s'ouvre aux professionnels. Aux côtés du simple messieurs et du simple dames se déroulent aussi des compétitions de double messieurs, double dames et double mixte. Le tournoi fait partie de la catégorie des tournois du Grand Chelem au nombre de quatre : l'Open d'Australie, Roland-Garros, Wimbledon et l'US Open de tennis. Ce sont les tournois de tennis les plus importants et Wimbledon est souvent considéré comme le plus prestigieux d'entre eux par ceux qui se fondent sur l'histoire.

Se jouant sur deux semaines, de la dernière semaine de juin à la première semaine de juillet, il est le point culminant de la très courte saison sur gazon. En effet, c'est actuellement le dernier tournoi du Grand Chelem et le dernier tournoi important à se jouer sur cette surface. De fait, Wimbledon a longtemps été le temple du tennis offensif en opposition aux tournois sur terre battue notamment et les joueurs pratiquant le service-volée tels John McEnroe, Pete Sampras, Boris Becker ou Martina Navrátilová font partie des joueurs les plus titrés de l'ère Open. Toutefois, un changement dans la composition du gazon en 2001 a modifié les caractéristiques de celui-ci, accroissant notamment la hauteur des rebonds. Depuis lors, des joueurs au tempérament plus défensif parviennent à s'exprimer de plus en plus à Wimbledon tandis que le service-volée est de moins en moins pratiqué.

Historique Débuts Premières éditions vignette|gauche|En remportant à eux deux huit titres en simple et cinq titres en double dans la décennie 1880, les frères Renshaw restent des figures marquantes de l'histoire de Wimbledon.

Les origines du tournoi de Wimbledon sont intimement liées avec les origines du tennis. Si celui-ci tire ses racines du jeu de paume, on date souvent son apparition en 1874, date à laquelle le major gallois Walter Clopton Wingfield publie un brevet connu sous le nom de le , qui codifie la nouvelle discipline. Celle-ci bénéficie ensuite d'une médiatisation relativement importante pour l'époque et se répand partout dans les îles Britanniques.

Il ne faut que trois ans pour que le , un club sportif anglais fondé en 1868, s’intéresse à cette nouvelle discipline. Il prend alors le nom de et décide de mettre en place un tournoi dès 1877, un an après la toute première compétition de tennis, créée par l'Américain James Dwight à Nahant, dans le Massachusetts .. En outre, la même année, le brevet de Wingfield expire. De nouvelles règles, jusqu'ici administrées par le Marylebone Cricket Club, sont établies lors de la réunion. Celles-ci ont résisté au temps et les règles actuelles sont similaires, excepté pour des détails tels que la hauteur du filet et des poteaux et la distance du filet à la ligne du serviceCes deux aspects sont finalement réglés en 1882.. La première édition du (championnat de tennis sur gazon) est un succès et réunit . Spencer Gore en devient le premier vainqueur et gagna 12 guinées. Environs payèrent un shilling chacun pour assister à la finale..

À l’époque, c’est le système du challenge round qui est en vigueur. Ce terme désigne, pour une édition donnée, le match opposant le vainqueur de l'édition précédente au vainqueur d'un tableau à élimination directe réunissant tous les autres joueurs. Ainsi, Spencer Gore défend son titre en 1878 contre Frank Hadow, un propriétaire de plantations venant du Sri Lanka qui profite de ses vacances pour tester le tennis à Wimbledon. Ce dernier remporte le tournoi en utilisant entre autres le lob pour surprendre ses adversaires au filet, une technique jamais utilisée jusque-là. Malgré ce surprenant succès, il décide de ne pas défendre son titre l’année suivante et c’est John Hartley qui remporte le trophée en 1879 et 1880. L'édition 1879 est aussi marquée par l’apparition du double messieurs qui se joue toutefois à Oxford jusqu’en 1884.

Des frères Renshaw aux frères Doherty thumb|gauche|alt=Photo d'Arthur Gore à Wimbledon en 1901|Arthur Gore à Wimbledon en 1901.

L’édition 1881 voit l’arrivée des frères Renshaw qui vont profondément marquer le tournoi. C’est notamment le cas de William Renshaw qui remporte le tournoi en écrasant Hartley 6-0, 6-1, 6-1 en seulement . Il conserve son titre six ans jusqu’en 1886, ce qui reste encore aujourd’hui un record. Il s’impose trois fois contre Lawford et deux fois contre son frère Ernest. Profitant de son absence, Lawford parvient à s’imposer en 1887 mais s’incline dès l’année suivante contre Ernest Renshaw qui gagne là son unique titre à Wimbledon. Son frère, battu pour la première fois à Wimbledon en 1888 récupère sa couronne l’année suivante en battant Ernest une troisième fois en finale. Lors du match précédent, William Renshaw s’était imposé 3-6, 5-7, 8-6, 10-8, 8-6 contre Harry Barlow après avoir sauvé six balles de match et avoir été mené 5-2 dans le quatrième set et 5-0 dans le cinquième. Avec sept titres, il fut le détenteur du record de titres du tournoi, conjointement avec Pete Sampras depuis l’an 2000 jusqu'à la huitième victoire de Roger Federer en 2017. En outre, il s’impose à cinq reprises en double avec son frère en 1884, 1885, 1886, 1888 et 1889. William Renshaw voit sa domination se terminer définitivement en 1890, battu par Willoughby Hamilton, celui-là même qui l’avait battu pour la première fois en 1888. En plus de révolutionner la pratique du tennis, les succès des frères Renshaw attisent un grand intérêt du public pour le tennis..

thumb|alt=Les frères Doherty posant en tenue de tennis|En remportant huit titres en double et neuf titres en simple, les frères Doherty écrasent la concurrence le temps d'une décennie à Wimbledon.

Cet engouement ne survit pas au départ des frères Renshaw. En effet, dans le courant des années 1890, le tennis connaît un certain désintérêt du fait de la concurrence de nouveaux sports comme le cyclisme. Cela n'empêche pas le tournoi de Wimbledon de perdurer et de voir les succès des frères Baddeley en double et de Wilfred Baddeley en simple en 1891, 1892 et 1895. Lors de ses deux premiers titres, Wilfred Baddeley bat Joshua Pim qui parvient à prendre sa revanche en 1893 et 1894. Toutefois, en 1895, le désintérêt du public pour le tennis se fait durement ressentir et pour la première fois, le tournoi est déficitaire. Toutefois, ces difficultés ne durent pas plus de quelques années et au tournant du , la situation est bien plus fructueuse. Dans le même temps, c'est une nouvelle fratrie qui s'illustre, celle des Doherty. L'aîné, Reginald Frank Doherty, remporte le tournoi en 1897, 1898, 1899 et 1900. Il est finalement stoppé par Arthur Gore en 1901 avant d'être vengé par son frère Lawrence qui bat Gore en 1902. En tout, Lawrence Doherty remporte le tournoi à cinq reprises de 1902 à 1906 dont trois fois face à Frank Riseley. Enfin, les deux frères réussissent l'exploit de remporter le double huit fois de 1897 à 1900 et de 1902 à 1905. À eux deux, les frères Doherty tiennent une grande part dans le renouveau populaire du tennis après quelques années difficiles..

La dizaine d'éditions qui précède le début de la Première Guerre mondiale est caractérisée par l'internationalisation progressive du tournoi. Ainsi, Norman Brookes qui s'était distingué en devenant le premier finaliste non britannique du tournoi en 1905 devient le premier vainqueur non britannique de Wimbledon en 1907, en battant Arthur Gore (Lawrence Doherty ne défendant pas son titre). Gore parvient à prendre sa revanche l'année suivante et conserve le trophée trois années de suite, avant d'être vaincu en 1910 par Anthony Wilding, un autre Australien. Ce dernier remporte par la suite le tournoi en 1911, 1912 et 1913. Il acquiert sa dernière victoire face à l'Américain Maurice McLoughlin lors de la première finale de Wimbledon sans représentant britannique. La dernière édition qui précède de quelques semaines le début de la Première Guerre mondiale est remportée par Norman Brookes qui remporte son troisième titre huit ans après son dernier succès.

Entrée des dames thumb|left|Avec sept titres, Dorothea Chambers est la joueuse la plus titrée de la période 1884-1914. Elle remporte aussi la première édition du double féminin en 1913 aux côtés de Charlotte Cooper. vignette|Finale du double féminin, Wimbledon, 1906. D'une part, Blanche Bingley-Hillyard (1863-1946) et May Sutton (1886-1975), d'autre part Charlotte Cooper-Sterry (1870-1966) et Agnes Morton (1872-1952). En 1879, l se distingue en devenant le premier tournoi de tennis à introduire une épreuve de simple dames dès sa première édition. À cette occasion, May Langrishe, âgée de seulement , devient la première femme à remporter un tournoi féminin de tennis. Wimbledon décide de s'ouvrir aux femmes cinq ans plus tard en 1884 et c'est Maud Watson qui s'impose face à sa sœur aînée.. Il faut par la suite attendre 2001 et la finale entre Serena Williams et Venus Williams pour qu'une finale de Wimbledon oppose de nouveau deux sœurs l'une contre l'autre. Maud Watson conserve son titre l'année suivante contre Blanche Bingley. Cette dernière qui prend sa revanche l'année suivante devient l'une des premières grandes joueuses de tennis en remportant six titres londoniens en 1886, 1889, 1894, 1897, 1899 et 1900. Elle a entretenu une grande rivalité avec Charlotte Cooper qu'elle a rencontrée à quatre reprises en finale pour trois victoires. La domination de Blanche Bingley a cependant été mise à mal par l'arrivée de Lottie Dod qui l'a battue en finale à cinq reprises (1887, 1888, 1889, 1891 et 1892). Malgré quatre défaites en finale (trois contre Bingley et une contre Muriel Robb en 1901), Charlotte Cooper parvient à remporter le tournoi en 1895, 1896, 1898, 1901 et 1908 à l'âge de 38 ans. Les années 1900-1914 sont surtout marquées par la prédominance de Dorothea Douglass Chambers vainqueur en 1903, 1904, 1906, 1910, 1911, 1913 et 1914. Elle entretient notamment une rivalité avec l'Américaine May Sutton qu'elle rencontre en finale en 1905, 1906 et 1907 mais qui la défait en 1905 et 1907. En s'imposant en 1905, May Sutton devient donc la première championne non britannique du tournoi de simple dames de Wimbledon et la seule non britannique à avoir remporté le tournoi entre 1884 et 1914 puisque les éditions 1909 et 1912 sont remportées respectivement par Dora Boothby et Ethel Thompson.. Enfin, l'année 1913 voit l'apparition du double dames et du double mixte, peu avant que le déclenchement de la Première Guerre mondiale ne contraigne le tournoi à fermer ses portes le temps du conflit.

Époque de changement Naissance d'un tournoi moderne Le tournoi de Wimbledon reprend dès 1919 et le oppose l'Australien Gerald Patterson à son compatriote Norman Brooke âgé de . Il a alors l'occasion de devenir le vainqueur le plus vieux du tournoi mais doit concéder la défaite. Patterson ne garde son titre qu'un an et est battu l'année suivante par l'Américain Bill Tilden. Ce dernier, joueur en pleine ascension, se défait dans le match précédent du japonais Zenzo Shimizu sur le score de 6-4, 6-4, 13-11 alors qu'il était largement mené dans chaque set (4-1 dans les deux premiers et 5-2 dans le troisième). Ces retournements de situation deviennent rapidement la signature de l'Américain qui conserve son titre l'année suivante en battant Brian Norton après avoir été mené deux manches à rien.