Massay est une commune française située dans le département du Cher en région Centre-Val de Loire.
Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par l'Arnon, l'Herbon et divers autres petits cours d'eau. La commune possède un patrimoine naturel remarquable composé d'un site Natura 2000 et deux zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique. Les « Îlots de marais et coteaux calcaires au Nord-Ouest de la Champagne Berrichonne » sont une zone spéciale de conservation avec des prairies marécageuses abritant un cortège d'orchidées remarquables.
Massay est une commune rurale qui compte en . Elle fait partie de l'aire d'attraction de Vierzon.
Géographie
Le territoire communal est arrosé par la rivière Arnon.
Localisation
La commune se trouve dans l'aire géographique et dans la zone de production du lait, de fabrication et d'affinage du fromage ValençaySite de l'Institut national de l'origine et de la qualité : Valençay, consulté le 15 août 2014..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Vierzon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Massay est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Vierzon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (87,1 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (87,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (70,1 %), forêts (10,2 %), zones agricoles hétérogènes (9,2 %), prairies (7,9 %), zones urbanisées (1,6 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,1 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Risques majeurs Le territoire de la commune de Massay est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, mouvements de terrains et séisme (sismicité faible). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Risques naturels Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment l'Arnon et l'Herbon. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1997, 1999 et 2016, partie 1 - chapitre Risque inondation..
vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Massay. La commune est vulnérable au risque de mouvements de terrains constitué principalement du retrait-gonflement des sols argileux, partie 1 - chapitre Mouvements de terrain.. Cet aléa est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 77,2 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (90 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 717 sont en aléa moyen ou fort, soit 94 %, à comparer aux 83 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...
Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 1989, 1991, 1998, 2002, 2006, 2011, 2018 et 2019 et par des mouvements de terrain en 1999.
Risques technologiques Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est en effet susceptible d’avoir des effets graves au bâti ou aux personnes jusqu’à , selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence, chapitre Risque transport de matières dangereuses..
Histoire
Abbaye Saint-Martin vignette|redresse=2|Plan de l'abbaye de Massay. On voit le tracé de la route de Reuilly à travers l'ancien cloître. L'église Saint-Paixent est formée du cœur de l'ancienne abbatiale. La chapelle de l’abbé est dans le prolongement de la salle capitulaire. L'abbaye Saint-Martin de Massay a été fondée en 738, par un comte d'Aquitaine nommé Egon. En 814 Benoît d'Aniane la réforme selon l'ordre bénédictin. Vers 873 elle est pillée par les Normands. Elle est reconstruite en 910. vignette|droite|La salle capitulaire vue de la route qui traverse actuellement l'Abbaye Les abbayes de Massay et de Déols sont toutes deux affiliées à Cluny. Elles sont désormais placées sous l'autorité de Bernon, le fondateur, puis de l'abbé Odon dirige à la fois Cluny, Déols et Massay. À Massay, c'est un certain Odon II qui succède à Odon de Cluny en 935. Les deux abbayes sont donc indépendantes, même si elles conservent des liens. Par la suite, aux , , Déols et Massay évoluent et deviennent des centres monastiques de première importance. Après un incendie en 1128, l'abbatiale Saint-Martin de Massay est entièrement reconstruite dans des proportions plus importantes au . De 1165 à 1175 est édifiée la chapelle de l'abbé sous une influence angevine, celle-ci amorce le passage du roman à l'architecture gothique. En 1483 un clocher porche gothique finement ouvragé haut de est construit pour l'abbé Bertrand de Chamborand. Celui-ci renfermait 7 cloches dont une, datée du , porte ses armoiries. Une prison, dans ses soubassements, existe encore.
La guerre de Cent Ans provoque la destruction partielle de Massay par les troupes anglaises vers 1360. Puis elle est pillée en 1562 et 1567 pendant les guerres de religion. La mise en place du régime de la commende transforme profondément l'abbaye. vignette|gauche|Eglise st Paxent
Le cardinal archevêque de Bourges Frédéric Jérôme de La Rochefoucauld (évêque de 1729 à 1757) visite l'abbaye délabrée en 1733 et prononce sa fermeture définitive en 1735. Elle est démantelée en 1736 et l'église abbatiale Saint-Martin est donnée a la commune en remplacement de l'église paroissiale Saint-Paxent en mauvais état. vignette| droite|La chapelle Saint-LoupLa chapelle Saint-Loup est rattachée au presbytère qui l'utilisait comme grange, écurie et bûcher. Elle se compose de deux travées de voûtes en forme de coupoles soutenues d'arcs d'ogives diagonaux, d'une travée voûtée en berceau aigu et d'une abside circulaire voûtée en quart de sphère. Les chapiteaux sont ornés de rinceaux et de têtes. Les fenêtres sont en plein cintre ainsi que la porte, ornée de boudins en dents de scie.
Les bâtiments auraient pu subsister en partie, mais à la Révolution, le tracé de la nouvelle route de Reuilly passe par l'emplacement du cloître qui est détruit. Ce tracé est clairement visible sur le plan de Deshoulières et Gauchery. Aujourd'hui, les bâtiments restants sont classés, notamment la salle capitulaire., la chapelle Saint-Loup, aussi appelée la « chapelle de l’abbé »., et l'église Saint-Paxent.. Les bâtiments ont été classés puis réhabilités dans les années 1990.
La salle capitulaire du est surmontée d'une partie du dortoir des moines. Le logis du chambrier (ou économe du monastère) du est devenu d'abord presbytère, puis mairie. Des communs, un vivier et une travée des celliers subsistent encore de nos jours.
La commune appartient à la fédération des sites clunisiens.
Événements remarquables Moyen Âge et Renaissance Charlemagne aurait fait une visite à Massay et à cette occasion, aurait fait don d'un trésor. Comme le couvent et son trésor, la commune est pillée par les Normands en 873. Elle subit des incendies en 999 et 1128. Un hôpital et une léproserie sont établis par les seigneurs locaux en 1252. Saint Louis passe en 1258 de retour d'Égypte. Massay est détruit pendant la guerre de Cent Ans, les guerres contre Charles Quint et saccagée par les protestants au .
Temps modernes
Au début du , la communauté de Massay est en crise démographique, puisqu’elle passe de 171 feux en 1709 à 139 en 1726. . L’hiver de 1709-1710 notamment cause de nombreuses pertes, ainsi que la grande canicule de 1719 (qui tua beaucoup par dysenterie). Les mêmes causes sont à l’origine de la très forte baisse de population de la communauté de Saint-Vincent-de-Gy à la même époque, de 121 à 89 feux (plus d’un habitant sur quatre).
En , le pape Pie VII, de retour de son séjour à Fontainebleau, fait étape à Massay.
Période contemporaine Une réorganisation des communes, en 1822, réunit les trois communes de Massay, Saint-Vincent-de-Gy et Saint-Martin-de-Court. L'église Saint-Martin de Court est fermée. Elle sert actuellement de grange.. Une mairie est construite en 1838.