Claude François Bidal, d'Asfeld, né le à Paris et mort le à Paris, est un militaire et gentilhomme français des . Il sert sous le règne de Louis XIV, pendant la Régence et sous Louis XV et termine sa carrière militaire avec la dignité de maréchal de France (1734), commandeur de l'ordre de Saint-Louis et chevalier de la Toison d'or. Spécialiste de la guerre de siège, dans l'attaque et la défense des places, il est l'émule et le successeur de Vauban.

Biographie Origines et famille Il est fils de Pierre Bidal (1612-), marchand de drap et de soie à Paris, bourgeois de Paris, banquier de la reine de Suède, résident de France pour Louis XIV à Hambourg, seigneur de Wildenburg (Willembruck/Wildenbruch en Poméranie suédoise) et Harsefeld (Brême-et-Verden suédois), et de Catherine Bastonneau (1620-) avec laquelle il eut six enfantsLouis Moréri : Grand Dictionnaire historique, ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane, volume 7, page 807 : Alexis Bidal d'Asfeld (1654-1689), entre dans l'armée et combat pendant la guerre de Hollande et la guerre de la Ligue d'Augsbourg au cours de laquelle il trouve la mort. André Bidal d'Asfeld (1655-1673) Étienne Bidal d'Asfeld (?-1722) abbé de l'Escaladieu Benoit Bidal d'Asfeld (1658-1715) Jacques-Vincent Bidal d'Asfeld (1664-1745), dit l'« abbé des Tuiles » est un théologien janséniste. Claude François Bidal d'Asfeld (1665-1743), maréchal de France

Baptême du feu : guerre des Réunions D’abord connu sous le nom de « chevalier d'Asfeld », Claude François Bidal servit dès 1683 au bombardement de Luxembourg comme lieutenant au régiment de dragons du baron d'Asfeld, son frère. Il obtint au siège de Luxembourg (1684) une compagnie dans le même régiment ; la ville de Luxembourg se rendit finalement le . Il servit en 1689 à l'armée du maréchal d'Humières, et combattit à Walcourt le . Il se porta dans Bonn où il repoussa les ennemis à l'attaque du chemin couvert, les chassa d'une demi-lune où ils s'étaient logés. Tandis que son frère aîné était nommé à sa demande au régiment royal dragons, Claude François d'Asfeld fut promu mestre de camp du régiment d’AsfeldPar commission du 7 novembre..

Guerre de la Ligue d'Augsbourg Il servit ensuite sous les ordres du marquis de Boufflers à la prise de Cochem (1690), au siège de Mons (1691) (qui se rendit le ), et au bombardement de Liège (). Versé en 1692 dans l'armée du maréchal de Luxembourg, il servit au siège de Namur (1692), qui capitula le Le château se rendit le 30 juin 1692., et au combat de Steinkerque, le . Commandant la gauche de l'armée française au combat d’Orteville le , il renversa la droite des Allemands, et captura leur général. Il servit, en 1692, au siège de Huy, dont la ville capitula le : le château ne se rendit que le 23. À la bataille de Neerwinden, le , il marcha à la tête des dragons, attaqua trois fois le retranchement des ennemis près du village, les força à la dernière attaque, et eut l'épaule cassée. Il concourut au siège de Charleroi. Promu brigadierPar brevet du 28 avril 1694., il servit à l'armée de Flandre, et suivit le maréchal de Luxembourg dans la pénible marche de Vinalmont au pont d’Espierre, le . Employé sous le maréchal de Villeroy, il investit Namur en 1695 avec un corps de dragons et parvint à la défendre en contenant l’ennemi pendant trois heures entières devant le chemin couvert de la ville. La place de Namur s'étant rendue au prince d'Orange le , le chevalier d'Asfeld soutint encore trois assauts dans le château et chassa les assiégeants d’un bastion où ils avaient pénétré, avant de se rendre le . Il fut maintenu toute l'année 1696 à l'armée de Flandre, où les Français se tenaient sur la défensive ; puis commanda, pendant l'hiver, dans le Luxembourg avant d'être versé en 1697 dans l'armée du Rhin commandée par le maréchal de Choiseul, lequel se borna à tenir les territoires jusqu'à la paix de Ryswick.

thumb|250px|Plan du siège de Namur (juin 1692) par Jean-Baptiste Martin (1659-1735).

Guerre de Succession d'Espagne Première campagne des Pays-Bas Son régiment ayant été réformé (), le chevalier d'Asfeld le rétablit le : il servit à l'armée de Flandre, sous le maréchal de BoufflersPar lettres du 6 juin de la même année., et ménagea l'entrée des troupes françaises dans la citadelle de Liège. Sous le commandement du duc de Bourgogne et du maréchal de BoufflersPar lettres du 22 mai 1702., il combattit les Hollandais sous les murs de Nimègue le , et à Eckeren le . Il se trouva au siège et à la prise de Trarbach, le , et fut promu maréchal de campPar brevet du 23 décembre 1702.. En 1703, sous les ordres du duc de Bourgogne et du maréchal de Tallart, il prit part au siège de Brisach, qui fut prise le . Il combattit à Spire, où le prince de Hesse-Cassel fut battu le . L'activité avec laquelle le chevalier d'Asfeld rallia la cavalerie détermina la victoire en faveur de l'armée française. Il eut part à la prise de Landau, qui capitula le 15.

Défense de l'Espagne Étant passé en Espagne au mois de décembre suivant, il y servit, en 1704, au siège de Salvaterra, qui se rendit à discrétion le ; à celui de Segura, dont il s’empara le même jour ; à la prise d’Idanha-a-Nova, emportée l’épée à la main le ; à celle de Monsanto, dont le château se rendit le . Puis Castel-Branco, Portalégre et Castel-de-Vide tombèrent entre le 18 et le . Le chevalier d’Asfeld marcha ensuite aux sièges de Montalva et de Marvan, qui se soumirent. Promu lieutenant-général des armées du roiPar pouvoir du 26 octobre., et versé en 1705 à l'armée du maréchal de Tessé, il commanda l'arrière-garde de l’armée des troupes franco-espagnoles, au passage de la rivière d’Évora ; il appuya le secours de Badajoz, dont le Marquis des Minas fut contraint de lever le siège le . Commandant, en 1706, un corps de , il reçut à Balbastro les députés de , bourgs et villages, qui, par sa médiation, se soumirent à Philippe V. Détaché avec un corps de troupes pour contenir le royaume d'Aragon prêt à se révolter, il passa la Cinca le et envoya ensuite 300 chevaux pour occuper Saint-Estevan, dont la prise devait lui faciliter le siège de Moncon.

Il suivit le roi d'Espagne au siège de Barcelone. Le , les assiégés firent une sortie générale ; et, après un combat qui dura plus de trois heures, les assiégeants se maintinrent sans perdre de terrain. La cavalerie de la place étant aussi sortie, le chevalier d'Asfeld, à la tête des piquets, la chargea et la repoussa avec perte de qui furent tués ou pris. Le roi d’Espagne ayant levé le siège le , envoya le chevalier d'Asfeld à Bayonne pour y préparer le passage des troupes qui retournaient en Espagne. D’Asfeld y contracta un emprunt personnel de pour la relève des troupes et la formation d’un équipage d’artillerie. Vers la fin d’octobre, il investit Carthagène qui capitula le .

Conquête du royaume de Valence thumb|250px|La bataille d'Almansa, qui vit la victoire des troupes philippistes sur celles de l’archiduc Charles, marque le déchaînement d'une véritable guerre de conquête : avec la destruction de Xàtiva, la couronne d'Espagne annexe les royaumes d'Aragon et de Valence, la Catalogne parvenant seule à se défendre. Affecté à l'armée de relève sous le commandement du maréchal de Berwick en 1707, il se trouva à la bataille d'Almansa. Les ennemis firent d'abord plier la première ligne de l’aile droite de l'armée française, mais le chevalier d'Asfeld, à la tête de la seconde ligne, battit les assaillants et chargea ensuite l’aile droite ennemie, la mit en fuite et poursuivit les fuyards. Le lendemain de la bataille, il fit prisonniers plusieurs généraux et 13 bataillons ennemis, dont 5 anglais, 5 hollandais et 3 portugais. L'armée des deux couronnes de France et d’Espagne ayant été partagée alors en deux corps, le chevalier d'Asfeld, à la tête d'un de ces corps, entra dans le royaume de Valence, et attaqua, au commencement de mai, la place de Xativa. Il emporta la place en quelques jours, n'hésitant pas à détruire deux monastères retranchés. La garnison, composée d'Anglais et de Hollandais, secondée par les habitants, ayant défendu le terrain de rue en rue, le chevalier d'Asfeld fit passer au fil de l'épée tout ce qui se trouva pris les armes à la main. Les troupes réglées se jetèrent dans le château ; et, comme les Franco-Espagnols ne pouvaient les y forcer qu'en s'exposant à perdre beaucoup de monde, le chevalier d'Asfeld prit le parti de faire bloquer ce château par quatre bataillons, et de remobiliser le reste de ses troupes pour d'autres expéditions.

Il s'empara de la ville de Chert, à l'entrée des montagnes de la Morella. Chargé par le maréchal de Berwick du blocus de Tortosa, il investit la place le et en obtint la capitulation le . Il fit réparer la brèche pratiquée dans les fortifications, avant d'être rappelé dans le royaume de Valence, pour achever de soumettre entièrement le pays. Il marcha à Dénia, ouvrit la tranchée le , battit en brèche les murailles le 9, monta à l'assaut le 12, à la tête des grenadiers. Il emporta la ville, mais fut légèrement blessé à la cuisse, et ne put empêcher qu'un millier d'ennemis se barricadent dans le château, un des plus forts du royaume de Valence. Maître de la ville, le chevalier d'Asfeld s'empara du monastère de Saint-François, poste que les alliés avaient fortifié, et par lequel le château pouvait recevoir des secours venant de la mer. Quatre bâtiments, chargés de troupes et de munitions, parurent en effet sur la côte pour secourir les assiégés ; mais la prise du monastère interdit tout débarquement. Le chevalier d'Asfeld fit bombarder le château, et contraignit le gouverneur à se rendre le . On trouva dans cette place des vivres pour plus de six mois, de canon, plusieurs mortiers et 100 « milliers » de poudre. Il forma ensuite le siège d’Alicante le ; emporta un des faubourgs le ; s'empara de deux autres faubourgs, le lendemain et força un retranchement, quoiqu'il n'y eût point de brèche. La ville capitula le . La saison étant trop avancée pour entreprendre le siège du château, il le bloqua jusqu'au , époque à laquelle, sur le refus du gouverneur de se rendre, le chevalier d'Asfeld ordonna qu'on mît le feu à une mine chargée de de poudre, et qui, par son explosion, tua 150 Anglais, ruina les maisons du château, un bastion, une partie de la seconde enceinte de la place et la grande citerne. On se préparait à l'assaut après avoir bombardé la citadelle jusqu'au pour rendre la brèche plus praticable, lorsque douze vaisseaux anglais s'approchèrent à portée de canon ; ils jetèrent l'ancre et canonnèrent les troupes françaises pendant six heures. Le chevalier d'Asfeld répondit par son artillerie, et empêcha les Anglais de débarquer. Le général anglais, désespérant alors de secourir Alicante, capitula le . Cette dernière conquête ayant achevé de soumettre le royaume de Valence, le chevalier d'Asfeld en fut nommé gouverneur.

Le roi d'Espagne lui permit d'ajouter à l'écu de ses armes celles du royaume de Valence, avec pour devise : Bellicæ virtutis in Hyspania premium.

Le front oriental Il servit en 1710 à l'armée du Dauphiné commandée par le maréchal de Berwick, qui s'y tint sur la défensive ; commanda ensuite au comté de Nice sous le comte de GrignanPar pouvoir du mars 1711. et en obtint le commandement en Provence, en 1712. Il marcha, sous le maréchal de Berwick, au secours de Gironne, dont les ennemis levèrent le siège le . Il servit, la même année, à l'armée du Rhin, sous le maréchal de Villars, à la conquête de Spire, de Worms, de Kaiserslautern, ainsi qu’au siège de Landau, investi le et pris le . Il se distingua à la défaite du général Vaubonne, dont les retranchements furent forcés le . Il servit ensuite au siège de Fribourg, abandonné par la garnison, le , et à celui du fort et des châteaux, qui capitulèrent le 16. Il commanda dans Fribourg, après la prise de cette place.

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