Les forces armées belges (en français : La Défense, en néerlandais : Defensie, en anglais : Belgian Defence) constituent la puissance militaire du royaume de Belgique.

Ses unités sont réparties en cinq forces de combat depuis un arrêté royal du : Force terrestre (Landmacht en néerlandais) ; Force aérienne (Luchtmacht) ; Marine (Marine) ; Service médical (Medische Dienst) ; Force cyber (Cybermacht).

Chacune est sous la tutelle d'un officier général.

Au , la Défense compte répartis comme tel : dans la composante terre, dans la composante air, dans la marine et au service médical. Il faut y ajouter également les autres militaires qui ne font pas partie d’une des quatre composantes et appartiennent à des états-majors ou à des unités ne faisant pas partie d’une des quatre composantes. La Défense compte également dont dans la réserve entraînée et dans la réserve non entraînée. Le recrutement y est essentiellement basé sur le volontariat de carrière depuis la suspension du service militaire le .

Du point de vue constitutionnel, le roi est le chef des armées. Il s'appuie cependant sur une structure composée d'un ministre de la Défense qui chapeaute à son tour le travail du Chef de la Défense, la plus haute autorité militaire du pays. Ce dernier prépare les éléments pour l'élaboration de la politique de la Défense nationale et conseille son autorité de tutelle au sujet des opérations planifiées et en cours. Il assure également le suivi des décisions politiques arrêtées par le Gouvernement fédéral, ainsi que la gestion administrative du département public concerné.

La Belgique est également membre fondateur de l’Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), dont le siège politique se trouve à Bruxelles tandis que le Grand Quartier général des puissances alliées en Europe est établi en Hainaut (Casteau) depuis 1967.

Histoire

Origines

vignette|L'armée belge se forme après la révolution belge et l'indépendance de la Belgique du (ici un tableau illustrant les Journées de Septembre dans le parc de Bruxelles, défendus par les insurgés belges). vignette|Le général Lambert Nypels fut chargé d'organiser les différents corps francs de volontaires de la révolution belge de 1830 afin de créer la première armée de la Belgique. La révolution belge commence avec l'insurrection de 1830 dans les Pays-Bas méridionaux puis se militarise lors des Journées de Septembre où les volontaires venus de tout le pays et de l'étranger s'organisent en corps francs et chassent l'armée néerlandaise de Bruxelles. Le gouvernement provisoire de Belgique proclame alors unilatéralement l'indépendance du Royaume uni des Pays-Bas le et commence à organiser une armée nationale, puisque la guerre belgo-néerlandaise fait rage.

Le premier commissaire à la guerre fut André Jolly, nommé le . Une « commission de Guerre » est créée dès le , composée de Lambert Nypels, d'Albert Goblet d'Alviella et de Louis Brixhe. Dissoute, elle devient le le « comité de la Guerre » et comprend tout d'abord six officiers : le général Nypels lui-même, le général Charles Goethals, le colonel Louis Brixhe, le lieutenant-colonel d'artillerie de Ghistelles, l'intendant de Bassompierre et le colonel Albert Goblet.

Dès octobre, Lambert Nypels est chargé de réorganiser les corps francs et forme trois brigades : La brigade, sous les ordres de Charles Niellon La brigade, commandée par le colonel Delescaille La brigade, commandée par Anne François Mellinet

En décembre, l'armée comptait réguliers et .

Artillerie Le comité de la Guerre crée, entre novembre et : Corps d'artillerie de campagne à pieds : cinq compagnies à Mons et cinq autres à Tournai ; Corps d'artillerie de siège : cinq 5 compagnies à Ypres, cinq à Namur, cinq à Liège et une compagnie de canonniers sédentaires à Charleroi ; A cela s’ajoutent une compagnie d'ouvriers à Anvers et deux compagnies du train des équipages à Liège.

Cavalerie vignette|Officiers et lanciers de la cavalerie belge en 1830. Les trois régiments de cavalerie de l'ancienne armée néerlandaise s'étaient pratiquement dissous lors de la révolution belge. Le choix fut donné aux anciens cavaliers de rejoindre la nouvelle armée ou de devenir prisonnier de guerre. La remise de leur monture et de leur équipement au nouvel état belge fut faite contre une prime de 100 florins. Un arrêté avait du Régent de Belgique fixa le nombre de régiments de cavalerie à cinq : Le 1er régiment de chasseurs à cheval, à Tournai ; Le de chasseurs à cheval, à Gand ; Le 1er régiment de lanciers à Tervuren ; Le de lanciers à Namur ; La compagnie franche des Cosaques de la Meuse

Génie Les premières unités du génie militaire furent réparties en cinq compagnies de mineurs, sapeurs et pionniers, basés à Mons et à Bruxelles.

Infanterie Les premières unités de l'armée belge furent créées par arrêté du régent de Belgique le sur les cendres des afdelingen des provinces du sud des forces armées du Royaume uni des Pays-Bas, dont la Belgique venait de se proclamer indépendante quelques jours auparavant, le . Ces régiments organisés par le général Charles Goethals, étaient majoritairement formés par les déserteurs de l'armée ainsi que par les volontaires de la révolution belge de 1830 qui s'étaient alors organisés en corps francs et avaient chassé l'armée néerlandaise de Bruxelles lors des Journées de Septembre. Régiment ancien nom ancienne afdeeling Commandant(s) 1er régiment de ligne Régiment de Bruxelles 2e régiment de ligne Régiment de Namur 12de afdeeling 3e régiment de ligne Régiment de Mons 3de afdeeling 4e régiment de ligne Régiment de Tournai 4de afdeeling 5e régiment de ligne Régiment de Maastricht 14de afdeeling 6e régiment de ligne Régiment de Bruges 6de afdeeling 7e régiment de ligne Régiment d'Anvers 15de afdeeling 8e régiment de lignerégiment d'Ypres 16de afdeeling 9e régiment de ligne Régiment de Gand 9de afdeeling 10e régiment de ligne Deuxième régiment de Namur 18de afdeeling 11e régiment de ligne Régiment de Liège 11de afdeeling

Marine La marine belge est créée le avec deux brigantins et quatre canonnières.

siècle Guerre belgo-néerlandaise vignette|La bataille d'Houthalen pendant la Campagne des Dix-Jours de la guerre belgo-néerlandaise, le .

À la suite de la proclamation de l'indépendance de la Belgique par le gouvernement provisoire le , l'armée belge entre de facto dans la guerre belgo-néerlandaise. Après être parvenue à chasser l'armée du roi Guillaume, elle subit un revers lors de la Campagne des Dix-Jours en où elle ne doit son salut qu'à l'intervention d'une corps expéditionnaire de l'armée française, l'armée du Nord, qui permet de vaincre les Néerlandais mais qui décrédibilise toutefois la Belgique, obligée de signer un traité qui lui est nettement moins favorable que les précédents : le traité des XXVII articles. La guerre se conclut officiellement le par la convention de Zonhoven. vignette|L'assaut de Montaigu, peinture représentant les grenadiers belges lors de manœuvres en 1894.

Première Guerre mondiale vignette|En 1914, l'armée belge s’entraîne. En 1913, le service militaire personnel, obligatoire et universel est instauré en Belgique. En , l’armée belge était en pleine restructuration à la suite de cette mesure et l’occupation rapide du territoire belge fit que seulement 20 % des hommes mobilisables furent incorporés. En définitive, firent partie de l’armée belge. Un tiers ne participa pas directement aux combats.

Envahie par surprise par l'Allemagne impériale qui déploya de la Deutsches Heer, la petite armée belge comptant mal équipés réussit, pendant une dizaine de jours, à retenir l'armée allemande en avant de Liège, combattant dans les intervalles des forts et avec l'appui de ceux-ci.. Cette stratégie de combats était fondée sur la conception napoléonienne de l'avant-garde générale chargée de retenir une partie des forces ennemies pour l'empêcher de se joindre au corps principal. En la circonstance, c'est l'armée française qui assure le rôle de corps principal. À l'époque, les autorités et l'opinion publique françaises célébrèrent cette résistance belge à laquelle les Allemands ne s'attendaient pas. En effet, c'est en retardant les Allemands que les Belges permirent aux armées françaises de contre-attaquer sur la Marne en profitant du vide laissé entre deux armées allemandes pour surprendre celles-ci au cours de la manœuvre qu'elles effectuaient pour se rassembler en vue de ce que l'empereur d'Allemagne croyait être l'attaque victorieuse qui allait lui permettre d'entrer à Paris en vainqueur. Après la bataille de Haelen où la cavalerie allemande est vaincue, ainsi que son infanterie d'appui, par quelques divisions belges, ce sera le siège d'Anvers durant lequel, pendant un mois, l'armée belge contint des troupes allemandes au cours de trois sorties s'appuyant sur les trois ceintures fortifiées de ce qui était la plus importante place forte d'Europe. Ayant ainsi rempli son rôle de distraire le maximum de forces allemandes, l'armée belge parvint sur l'Yser par un mouvement de rocade le long du flanc allemand. Après deux mois de combats, l'armée prit position aux côtés des Alliés dans le secteur du fleuve Yser selon la conception classique de la réunion des forces. Une bataille décisive s'engage gagnée en liaison avec les franco-anglais en tirant parti des inondations tendues par le génie belge.

Pendant quatre ans, sous le commandement du roi , l'armée belge allait assurer la garde de l'important secteur de l'aile gauche alliée entre Nieuport, sur le littoral, et Ypres avec l'aide des forces de l'Entente mais ne participa à aucune des grandes offensives alliées, jugées inutilement coûteuses en hommes et inutiles sur le plan militaire par le roi des Belges.

En 1916, un corps d'autos blindées belges comptant après renfort retirés du front de l'Yser est envoyé aider l'Empire russe. Il se retrouve aux côtés d'un corps identique envoyé par les Britanniques sur le front de l'Est ..

En Afrique, les états-majors et les officiers belges à la tête des troupes coloniales dont la Force publique, après avoir porté secours aux Français aux prises avec les Allemands au Togo, allaient remporter plusieurs batailles contre les forces allemandes de l'Afrique orientale allemande jusqu'à la victoire de Tabora remportée sous le commandement du général Tombeur et à celle de Mahenge sous les ordres du lieutenant-colonel Huyghé.

En Belgique, après quatre ans de guerre, à la date du , l'armée compte dont , formant douze divisions d'infanterie et une division de cavalerie. Elle dispose de et de de tous calibres. À partir de , l'armée belge participe à l'offensive générale des forces alliées jusqu'à la victoire finale du . Elle avait ainsi accompli sa mission de défense du territoire national, achevant cette tâche en participant, avec les Alliés, à la libération de la Belgique Situation en mai 1918, Front français..

L’armée belge a eu environ et soit un taux de pertes de 11 %, l'un des plus faibles du front occidental, tandis que l'on estime à les pertes civiles durant ce conflitLes chiffres officiels du gouvernement belge pour les pertes militaires s'élèvent à , morts de blessures ou d'accident, de maladie ou disparus auxquels il faut ajouter tués dans la campagne d'Afrique (dans : l'Annuaire statistique de la Belgique et du Congo Belge 1915-1919, ).Les estimations du War Office (incomplètes) en 1922 étaient de et au (dans : Statistics of the Military Effort of the British Empire During the Great War 1914-1920, ). L'US War Dept estime en 1919 : sur le champ de bataille (dans : Ayers, ).Les pertes civiles excèdent de le niveau d'avant-guerre. sont causées par la famine et par la grippe espagnole (dans : Metron, ). Le professeur John Horne estime à le nombre de civils belges et français tués par les Allemands au cours de représailles (Dans : Horne).. On note des désertions plus nombreuses au fil des années ( en 1916, en 1917, durant les cinq premiers mois de 1918)..