thumb|Panzergrenadiers autrichiens progressant devant leur blindé thumb|Char Panzer III accompagné par des Panzergrenadiers - Russie, 1942 Le terme Panzergrenadier (au pluriel Panzergrenadiere)Note sur l'orthographe. En allemand, le pluriel de Panzergrenadier est Panzergrenadiere ; de même celui de Panzerdivision est Panzerdivisionen et celui de Regiment est Regimenter. Dans cet article, l'orthographe francisée avec un s (des panzergrenadiers, des panzerdivisions...) est également utilisée. Par ailleurs, pour les mots composés comme Panzer-Division ou Panzer-Grenadier-Division, que l'on trouve dans les documents allemands datant de la Seconde Guerre mondiale, Panzerdivision ou Panzergrenadier-division sont également utilisés. désigne, dans les forces armées des pays de langue germanique, et notamment dans la Bundeswehr allemande, la Bundesheer autrichienne et l'Armée suisse, l'infanterie mécanisée qui accompagne les chars. Les Panzergrenadiers sont principalement équipés de véhicules de combat d'infanterie (VCI) plus lourdement armés et mieux protégés que les véhicules de transport de troupe qui équipent l'infanterie motorisée. Ils peuvent combattre en restant à bord de leurs engins en utilisant des sabords pour leurs armes individuelles ou bien à pied après avoir débarqué.
Le terme apparaît en 1942 pour décrire l'infanterie spéciale des divisions blindées (Panzerdivisionen) allemandes. Avant cette date ces fantassins étaient simplement appelés Schützen (tireurs - ou soldats - en allemand) mais, à la suite d'une décision d'Hitler, tous les fantassins allemands deviennent des Grenadiers et les "Schützen" des panzerdivisions, des Panzergrenadiers.
Alors que l'infanterie motorisée des autres pays se déplace en véhicule mais combat à pied, les panzergrenadiers allemands, quand ils sont dotés d'engins blindés semi-chenillés SPWSPW, prononcé en allemand S,P,V, est le diminutif de mSPW qui signifie mittlere Shützenpanzerwagen ou véhicule blindé pour l'infanterie - moyen. Son autre appellation MTW (pour Mannschaftstransportwagen - véhicule de transport de troupes) est moins usitée. Sa référence technique complète, Sd.Kfz. 251 signifie SonderKraftFahrzeug (véhicule spécial) modèle 251. Il existe aussi un véhicule plus petit, le Sd.Kfz. 250 "le SPW", (le pour leichter - léger). Ce dernier, apparu en 1941, sert principalement comme véhicule de commandement ou de reconnaissance. peuvent accompagner les chars quelle que soit la nature du terrain et combattre sans débarquer. En cela, ils sont les précurseurs de l'infanterie mécanisée moderne. Cependant, l'Allemagne n'arrive pas à produire le SPW en quantités suffisantes et la majorité des unités de panzergrenadiers sont équipées de camions.
Enfin, le terme est également employé à partir de 1943 pour désigner les anciennes divisions d'infanterie motorisée qui reçoivent un bataillon blindé et deviennent des divisions de Panzergrenadiers (Panzergrenadierdivisionen). La différence entre les deux types de division (Panzer et Panzergrenadier) s'amenuise au cours de la guerre et disparaît pratiquement en 1945. .
Wehrmacht (1935-1945) vignette|SdKfz 251/3 de la Panzerdivision, France, 1940. Heinz Guderian converse avec le général Adolf Kuntzen.
Rappel historique Apparu pendant la Première Guerre mondiale le tank est le sujet de nombreuses études pendant l'entre-deux-guerresLes auteurs les plus connus sont les Britanniques John Fuller et Basil Liddell Hart, les Français Jean-Baptiste Estienne et Charles de Gaulle, et le Soviétique Mikhaïl Toukhatchevski - Source Thomas, 2017 - . Voir également Hughes & Mann, 2018 - . Un débat oppose notamment les partisans du char d'infanterie, utilisé comme appui de cette dernière et évoluant à sa vitesse, à ceux qui pensent que - pour employer une image - ce n'est pas le char qui doit accompagner l'infanterie mais le contraire. Dans cette optique, il faut créer, au sein même des formations blindées, des unités d'infanterie (mais aussi d'artillerie et de génieIl s'agit du génie "de combat" ou "d'assaut", constitué de sapeurs (en allemand Pioneer)s dont la mission est de permettre ou faciliter le mouvement des forces amies et d'interdire ou gêner celui des forces ennemies. Elle comprend la mise en place - sous le feu ennemi - de dispositifs de franchissement (ponts, routes et corridors protégés) ou d'obstacles (défenses diverses, mines) et la destruction ou la neutralisation de ceux de l'ennemi.) capables de se déplacer avec les tanks sur tous les types de terrains, à la même vitesse qu'eux, et de combattre à leurs côtés, en étroite collaboration avec l'aviation. Ces formations mixtes peuvent alors percer le front ennemi pour réaliser des encerclements ou des actions dans la profondeur. En Allemagne, cette idée est défendue par un groupe d'officiers dont le plus connu est le général GuderianIl faut également citer le général Lutz, son chef, qui joue un rôle essentiel avant d'être écarté par Hitler en février 1948 - Source Thomas, 2017 - . La doctrine qu'ils élaborent donnera la victoire à l'Allemagne nazie au début du conflit suivant : c'est la Blitzkrieg (guerre éclair).
Alors que les alliés ne déploient - au mieux - que des unités d'infanterie motoriséeL'Armée rouge ne dispose pas de réelles unités d'infanterie motorisée car elle manque de véhicules : les fantassins marchent ou sont transportés par les chars. Pour les Américains, S. Zaloga relève que le combat embarqué (caractéristique de l'infanterie mécanisée moderne) n'est pas préconisé dans l'armée américaine de l'époque qui n'utilise ses half-track que vous acheminer les soldats - Panzergrenadier versus US Armored Infantryman, Osprey Publishing Ltd, coll. « Combat », 2017 , l'Allemagne développe par la suite le concept d'infanterie mécanisée : dans les bataillons qui sont dotés de blindés semi-chenillés SPW, les Panzergrenadiers peuvent accompagner les chars sur presque tous les terrains et combattre à partir de leurs véhicules. Ces bataillons sont cependant peu nombreux et les Panzergrenadiers restent majoritairement équipés de camions pendant le conflit.
Le concept du char d'infanterie reste cependant très largement appliqué par tous les belligérants tout au long du conflitPar exemple, les divisions d'infanterie de l'armée américaine sont presque systématiquement renforcées par des bataillons indépendants de chars et de chasseurs de chars. L'Armée rouge déploie des régiments autonomes de chars ou de canons d'assaut pour renforcer son infanterie.. Dans la Wehrmacht, ce rôle est principalement tenu par le canon d'assaut ou SturmgeschützSteven J. Zaloga T-34 vs Stug III - Finland 1944 Osprey Publishing Oxford, UK, 2019 Le canon d'assaut est un canon automoteur blindé destiné à accompagner l'infanterie pour lui fournir un appui rapproché. Construit sur un châssis de char mais sans tourelle il est moins coûteux à produire que ce dernier et souvent moins vulnérable grâce à sa silhouette basse. Son arme principale est placée dans une casemate fixe, avec un débattement horizontal limité, qui oblige le conducteur a orienter le véhicule vers la menace. Le modèle le plus fabriqué est le Sturmgeschütz III. À partir de 1942, il est doté d'un canon long à haute vitesse initiale qui en fait un redoutable chasseur de chars., plus facile à produire et moins coûteux.
Les divisions rapides : Panzer et Infanterie motorisée Les divisions Panzer et leur infanterie thumb|Chars, fantassins et véhicules blindés SPW d'une Panzerdivision progressant dans la campagne autour de Varsovie, août 1941.
Créées à partir d', les Panzerdivisions (en abrégé, PzDiv) sont des formations interarmes - c'est-à-dire qui associent chars, infanterie, génie et artillerie. Leur format évolue tout au long de la guerre. Ainsi, lors des campagnes de 1939 et 1940, une division blindée compte généralement deux régiments de chars et un régiment d'infanterieC'est une moyenne, en fait, pratiquement chaque division est différente des autres mais la majeure partie d'entre elles se rapproche de ce modèle..
À partir du milieu de l'année 1940, cette proportion va s'inverser. En effet dix nouvelles divisions blindées sont créées, ce qui permet de doubler leur nombre avant l'attaque de l'URSS. Mais comme le nombre total de chars ne change pas, la Panzerdivision type 1941 ne comprend désormais plus qu'un seul régiment blindé tout en gagnant un régiment d'infanterie supplémentaireLe ratio infanterie/chars évolue dans toutes les armées pendant la guerre. Dès 1943, l'armée US ressent le besoin d'augmenter le nombre de fantassins dans ses divisions blindées et ajuste le nombre de bataillons en conséquence (voir notamment S. Zaloga, Panzergrenadier versus US Armored Infantryman, 2017, ). L'armée soviétique cherchera également le bon équilibre entre infanterie et blindés mais sera constamment pénalisée par le manque de véhicules chenillés ou semi-chenillés capables d'accompagner ses chars..
Dans les panzerdivisions, les fantassins sont appelés SchützenInitialement, le nom des régiments était Schützen-Regimenter (mot.) (mot. pour motorisé), ce suffixe disparaît en 1939. Source : Thomas 2017 (en allemand, le mot Schütze décrit un tireur ou un simple soldat). Ils doivent pouvoir se déplacer à la même vitesse que les panzers afin de les protéger puis de préparer et d'accompagner leur engagement. Lors d'une offensive, leur mission est de "nettoyer" les poches de résistance que les chars ont contournées. Ils doivent également protéger ces derniers des fantassins ennemis qui essaient de les détruire avec des armes à courte portée (fusil antichar, grenades, charges creuses portables et autres cocktails Molotovs). Enfin dans certains cas, ils les précèdent - avec les démineurs - pour préparer le terrain ou pour détruire les armes antichars ennemies. Pour cela, ils sont dotés de camions, de motocyclettes et de véhicules semi-chenillés non blindés. À partir de 1939, ils commencent à recevoir leurs premiers semi-chenillés blindés : les SPW.
Les divisions d'infanterie motorisée thumb|Camions allemand - la Wehrmacht n'a jamais réussi à créer un parc suffisant - et homogène - de camions. La création en 1937 des quatre premières divisions d'infanterie motorisée (Infanterie Divisionen - motorisierte abrégé en Infanterie Divisionen (mot)) constitue une étape importante. Ce sont des divisions d'infanterie - donc sans chars - mais elles sont dotées de leurs propres véhicules et sont donc extrêmement mobiles. Leur principale mission est d'accompagner les divisions blindées en protégeant leurs flancs et leurs arrières lorsqu'elles percent le front ennemiLors d'une percée, une formation blindée (division ou corps) peut se déplacer de plusieurs dizaines de kilomètres par jour, avec une consommation très élevée de munitions et de carburant. Il est donc essentiel de protéger ses arrières et ses lignes d'approvisionnement sous peine de la réduire à l'impuissance - ou même de la voir encerclée.. Treize autres divisions motorisées seront créées entre 1937 et 1943 mais, comme dans les autres armées de cette époque, la grande majorité des divisions d'infanterie allemandes ne disposent pas de leurs propres véhiculesMême l'armée américaine, malgré ses moyens immenses, revient en arrière après avoir créé ses premières divisions d'infanterie motorisée et les reconvertit en divisions d'infanterie traditionnelle car ces dernières consomment moins de ressources et surtout moins de place à bord des navires lors des déploiements outremer ref : Gordon L Rottman Word War II US Armored Infantry Tactics Osprey Publishing Ltd, 2009 De plus - et paradoxalement - la Wehrmacht, dont l'image est associée à la Blitzkrieg, reste largement dépendante de la traction hippomobile pour les bagages et les canons de ses divisions d'infanterie traditionnelles (non motorisées) pendant toute la guerre..