Michel Piccoli, né le à (Seine) et mort le Michel Piccoli, Fichier des personnes décédées-Insee, consulté le 3 décembre 2022... à Saint-Philbert-sur-Risle (Eure)., est un acteur français.
Biographie Enfance et formation Michel Jacques Daniel Piccoli est le fils d'Henri Piccoli (1889-1975), violoniste d'origine tessinoise par son grand-père « Il cinema, grande specchio dell'esistenza », swissinfo.ch, 15 août 2007., et de Marcelle Expert-Bezançon (1892-1990), pianiste et fille de l'industriel et homme politique français Charles Expert-Bezançon.
Il a . Il est placé dans un établissement pour enfants à problèmes où il se retrouve .
Les engagements du jeune Piccoli, notamment politiques et , se comprennent par l'opposition à la personnalité de son grand-père maternel, sénateur de la , financier du Parti radical, et important industriel de la peinture, accusé par la gauche syndicale et par Georges Clemenceau d'avoir intoxiqué ses ouvriers à travers le blanc de plomb qui cause le saturnisme.
Michel Piccoli suit une formation de comédien d'abord auprès d'Andrée Bauer-Théraud puis au cours Simon.
Carrière vignette|gauche|redresse|Michel Piccoli en 1945, photographié par le studio Harcourt.
Après une apparition en tant que figurant dans Sortilèges de Christian-Jaque en 1945, Michel Piccoli débute au cinéma dans Le Point du jour de Louis Daquin..
Cependant, c'est surtout au théâtre qu'il s'illustre au début de sa carrière, avec les compagnies Renaud-Barrault et Grenier-Hussenot ainsi qu'au Théâtre de Babylone (géré par une coopérative ouvrière et qui met en scène les pièces d'avant-garde d'Eugène Ionesco ou Samuel Beckett). Bien que remarqué dans le film French Cancan en 1954, il poursuit sur les planches et travaille avec les metteurs en scène Jacques Audiberti, Jean Vilar, Jean-Marie Serreau, Peter Brook, Luc Bondy, Patrice Chéreau ou encore André Engel.
Durant la même période, il se fait connaître dans des téléfilms populaires tels que Sylvie et le fantôme, Tu ne m’échapperas jamais ou encore L’Affaire Lacenaire de Jean Prat.
Devenu athée après un deuil familial, il rencontre en 1956 Luis Buñuel, réalisateur connu pour son anticléricalisme, et prend ironiquement le rôle d'un prêtre dans La Mort en ce jardin.
En 1959, il tourne Le Rendez-vous de Noël, court métrage d’André Michel d’après la nouvelle de Malek Ouary, Le Noël du petit cireur, qui se passe à Alger..
Les années 1960 marquent le début de sa consécration, remarqué dans Le Doulos de Jean-Pierre Melville, il est révélé au grand public avec Le Mépris de Jean-Luc Godard aux côtés de Brigitte Bardot.
Dès lors, il tourne avec beaucoup des plus grands cinéastes français (Jean Renoir, René Clair, René Clément, Alain Resnais, Agnès Varda, Jacques Demy, Alain Cavalier, Michel Deville, Claude Sautet, Claude Chabrol, Louis Malle, Jacques Doillon, Jacques Rivette, Leos Carax, Bertrand Blier), européens (Luis Buñuel, Costa-Gavras, Marco Ferreri, Alfred Hitchcock, Jerzy Skolimowski, Marco Bellocchio, Ettore Scola, Manoel de Oliveira, Otar Iosseliani, Theo Angelopoulos, Nanni Moretti) et venus d'autres horizons (Youssef Chahine, Raoul Ruiz, Hiner Saleem).
vignette|redresse|Dans Le Coup de grâce (1965).
Il devient l'un des acteurs fétiches de Marco Ferreri, avec sept films, de Dillinger est mort à Y'a bon les blancs en passant par Touche pas à la femme blanche ! , de Luis Buñuel avec six films : Le Journal d’une femme de chambre (1964), Belle de jour (1967), La Voie lactée (1969), Le Charme discret de la bourgeoisie (1972), Le Fantôme de la liberté (1974) et Cet obscur objet du désir (1977) ainsi que de Claude Sautet, avec Les Choses de la vie, Max et les Ferrailleurs, Mado et Vincent, François, Paul… et les autres. Il joue également dans le singulier Themroc.
Il entame la décennie 1980 par le prix d'interprétation au festival de Cannes en 1980, avec Le Saut dans le vide de Marco Bellocchio, et celui du festival de Berlin en 1982, avec Une étrange affaire de Pierre Granier-Deferre. Il travaille avec le jeune cinéma français, comme Jacques Doillon (La Fille prodigue en 1985), Leos Carax (Mauvais sang en 1986), n'hésitant pas à casser son image bienveillante avec des rôles provocateurs ou antipathiques, avant de s'essayer lui-même à la réalisation.
Il tourne également plusieurs films avec Manoel de Oliveira, de Party (1996) à Belle toujours (2006) en passant par Je rentre à la maison (2001).
En 2001, il reçoit le Prix Europe pour le théâtre. Il propose à cette occasion, au Teatro Massimo "Bellini" de Catane, le spectacle Piccoli-Pirandello, à partir des Géants de la montagne, interprété avec Emmanuelle Lafon.
Habitué du festival de Cannes, il fait partie du jury de la compétition officielle du festival en 2007 sous la présidence de Stephen Frears.
Amateur de littérature, il a également enregistré la lecture des Fleurs du mal de Charles Baudelaire et de Gargantua de François Rabelais.
En 2011, il joue dans Habemus papam de Nanni Moretti, présenté en compétition à Cannes. Le dernier film où apparait Michel Piccoli est le film Le Goût des myrtilles, de Thomas de Thiers en 2013.
Engagement politique
vignette|redresse|Michel Piccoli au festival de Cannes 2013.
Engagé politiquement à gauche, membre du Mouvement de la Paix (communiste), vice-président du Syndicat français des acteurs (CGT) en 1964., Michel Piccoli s'est illustré par ses prises de position contre le Front national, et s'est mobilisé pour Amnesty International.
Après avoir soutenu François Mitterrand en 1974Raphaël Proust, « 1974, Giscard peopolise la campagne de la droite », slate.fr, 18 avril 2012. puis en 1981, il reste fidèle au camp socialiste. En , il signe avec cent cinquante intellectuels un texte appelant à voter pour Ségolène Royal, , pour « Avant qu'il ne soit trop tard », Le Nouvel Observateur, mars 2007..
En , il cosigne, avec Juliette Gréco, Maxime Le Forestier et Pierre Arditi, une lettre ouverte« Les acteurs et la loi “Création et Internet” » sur lemonde.fr. à l'attention de Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste, appelant les parlementaires socialistes à adopter la loi Création et Internet.
Famille et vie privée En 1954, Michel Piccoli se marie avec l'actrice Éléonore Hirt avec qui il a une fille, Anne-Cordélia PiccoliNécrologie d'Éléonore Hirt, lemonde.fr, 30 janvier 2017. ; en 1966, il épouse la chanteuse Juliette Gréco, puis en 1978. la scénariste Ludivine Clerc., avec qui il adopte deux enfants d'origine polonaise, Inord et Missia..
Mort Michel Piccoli meurt le à la suite d’un accident vasculaire cérébral dans son manoir à Saint-Philbert-sur-Risle dans l'Eure. Son décès est révélé par sa famille six jours plus tard () à l’Agence France-Presse. Ses obsèques ont lieu à Évreux le , où il est incinéré, ses cendres sont dispersées au sein de la propriété familiale.
Théâtre Comédien
Metteur en scène 1988 : Une vie de théâtre de David Mamet, adaptation Pierre Laville, théâtre des Mathurins
Filmographie
Discographie 1970 : Les Choses de la vie - La chanson d'Hélène en duo avec Romy Schneider (45 tours Philips réf. 6210.005). 1976 : L'Art d'aimer 1983 : Narrateur dans le documentaire Romy Schneider, les choses de sa vie réalisé par Jacques Meny avec un texte de Danièle Heymann 1983 : Narrateur dans l'enregistrement d'Œdipus rex d'Igor Stravinsky, avec Jessye Norman, Thomas Moser, Siegmund Nimsgern et l'Orchestre symphonique de la Radiodiffusion bavaroise sous la direction de Colin Davis (Orfeo) 2002 : Reprise du Déserteur sur Autour de Serge Reggiani, album hommage à Serge Reggiani 2003 : Narrateur, Les Essais de Montaigne, Livre 1, Frémeaux & Associés 2007 : Narrateur, Les Essais de Montaigne, Livre 2 & 3, Frémeaux & Associés
Radio 1960-1965 : Hélène et son destin de Jean Chouquet, feuilleton quotidien diffusé sur Europe 1 : Commandant Paul Guérin.. 1963 : Les Maîtres du mystère, épisode Une si charmante soirée de Charles Maître, France Inter : Commissaire Dubois.
Publications Dialogues égoïstes, écrit avec la collaboration d'Alain Lacombe, Olivier Orban éditeur, 1976 J’ai vécu dans mes rêves, écrit avec la collaboration de Gilles Jacob, Éditions Grasset, 2015
Distinctions Récompenses
Nominations
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Robert Chazal, Michel Piccoli le provocateur, Éditions France-Empire, 1989 Jacques Zimmer, Piccoli grandeur nature, Éditions Nouveau Monde, 2008 Anne-Sophie Mercier, Piccoli. Derrière l’écran, Allary Éditions, 2020
Presse
Liens externes
Michel Piccoli en 1964, une archive de la Télévision suisse romande
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